‹ Recherches sur la faune de Madagascar et de ses dépendancesChapitre 27 sur 61 · PROCELLARIA GIGANTEA · texte numérisé non relu

PROCELLARIA GIGANTEA

Un bel individu de cette espèce tué dans l'ile de la Réunion, se trouve au Muséum de Saint-Dénis. |

PROCELLARIA CAPENSIS.

C'est encore au Musée de Saint-Dénis que sont conservées les dépouilles d'individus de cet oiseau tués dans l’île de la Réunion. Je fais ici la remarque que pendant mon voyage d'Europe à la Réunion en 1863, nous n'avons pas vu un seul oiseau de cette espèce dans les parages du Cap, où ils sont ordinairement si nombreux.

DIOMEDEA CHLORORHYNCHA.

Un individu de cette espèce a été tué dans l’île de la Réunion pendant un grand ouragan; il se trouve au Muséum de Saint-Dénis. On l'observe assez souvent au Sud de Madagascar, mais elle ne fréquente que par hasard les mers des îles Mascareignes.

STERCORARIUS CATARACTES.

Un individu de cette espèce tué à la Réunion se trouve dans le Musée de Saint-

Dénis. Elle fréquente du reste assez souvent les côtes Malgaches,

LARUS RIDIBUNDUS.

Une mouette qui parait se rapporter à cette espèce, a été observée par nous à Madagascar, dans les parages de Nossi-falie, mais il nous fut impossible de la tuer.

STERNA GALERICULATA.

Lichtenstein, Verzeichniss, 1823, p. 81, N°. 834. — Sterna cristata, Swainson, West- Africa, IL, p. 247, pl. 30. — Pelecanopus Bergii et Phaetusa galericulata, Hartlaub, West-Africa, p. 254, N°. 716 et 717. — Sterna et Thalasseus elegans, Gambel. — Voir Schlegel, Muséum, Sternae, p. 7.

Cette grande espèce fait partie du petit nombre de celles qui habitent en même temps l'ancien et le nouveau Monde. Elle avait été jusqu'à présent observée au Brésil, dans la Sénégambie et à la Côte d’or; mais elle vit aussi à Madagascar. Ce fait est d’autant plus curieux que toute la Côte orientale d'Afrique, depuis la Mer rouge jusqu’au Cap de Bonne Espérance, nourrit une autre espèce, savoir la Sterna Bergii de Lichtenstein ou velox de Rüppell (voir mon Muséum, I. c., p. 11), très différente de la galericulata par son front blanc dans toutes les saisons et ses parties supérieures d’un gris enfumé.

Gris des parties supérieures clair et pur. Front noir jusqu'à la base du bec, au plumage parfait.

Au plumage imparfait, le bec est en partie noirâtre, en partie jaune et jaune orangé, mais, avec l’âge, cette dernière teinte se répand uniformément sur toutes les parties du bec. Pieds et iris de l'oeil noirs.

Aile 12 pouces 10 lignes; queue 6 pouces 4 lignes à 6 pouces 9 lignes; bec 25 à 29 lignes; tarse 12 lignes; doigt du milieu 10 lignes à 10 lignes et demie.

Cette espèce est commune dans les mers de Madagascar et surtout dans le canal de Mossambique. Suivant les indications des marins des îles Mascareignes, ces oiseaux doivent nicher en grande quantité sur les petites îles d’Aldabra, de Tromlin, de Juan de Nuova et de Cargados. Les malgaches donnent en général aux oiseaux de la famille des hirondelles de mer le nom de Sambé, ce qui signifie dans leur langage »navire”’.

STERNA AFFINIS.

Rüppell, Atlas, p. 23, pl. 14 (nec Horsfeld). — Sterna media, Horsfield. — Sterna maxuriensis, Ehrenberg. — Sterna Torresii, Gould. — Thalasseus affinis, Bonaparte. — Sterna velox, Hartlaub, Madagascar, p. 86 (nec Rüppell). — Voir Schlegel, Muséum, Sternae, p. 6.

Front noir jusqu’à la base du bec dans le plumage nuptial.

Iris de l’oeil brun; bec jaune; pieds noirs.

Nos individus de Madagascar ne diffèrent en rien de ceux que nous possédons de la Sicile, de la Mer rouge, de Ceylan, du Bengale et de la Malaiasie. L’individu type de la Sterna velox, Hartlaub, 1. c. (nec Rüppell), rapporté par Sganzin de Madagascar et décrit dans les manuscrits de J. Verreaux, fait partie du Musée des Pays-Bas: voir Muséum, p. 7, Sterna aflinis, N°. 4.

Aïle 9 pouces 6 lignes à 10 pouces 2 lignes; queue 4 pouces 8 lignes; bec 23 lignes à 23 lignes et trois quarts; tarse 10 lignes; doigt du milieu 8 à 9 lignes.

Cet oiseau est plus commun à Madagascar que la Sterna galericulata. Il vit en famille. Il est nullement farouche et facile à tuer, surtout pendant la grande chaleur du jour quand il se perche sur les rochers ou sur les troncs d’arbres morts qui se trouvent le long de la côte. J'ai vu ces oiseaux en très grand nombre dans les environs de Mourounsanga à la côte Nord-Ouest de Madagascar. Je les ai également rencontrés dans l’île- de Mayotte, près de l'îlot Bandéli.

STERNA CASPIA.

Nous n'avons jamais observé cette grande espèce dans les mers de Madagascar et des îles Mascareignes. M. Kirk l’a vue dans le pays du Zambèse où elle niche. Il est probable

que les individus provenant de Madagascar et dont le Muséum des Pays-Bas possède un rapporté par Sganzn, appartiennent à des oiseaux égarés dans cette île.

STERNA MELANOGASTRA.

Un individu de cette espèce tué dans l’île de la Réunion pendant un ouragan se trouve au Muséum de Saint-Dénis. Nous n'avons jamais observé nous-mêmes cet oiseau.

STERNA DOUGLASII.

Montagu, Ornith. Diet. — Sterna Dougalii, Temminck. — Sterna paradisea, Keyserl. et Blasius (nec Brünnich). — Sterna gracilis, Gould: individus à bec rouge, mais terminé de noir. — Sterna Versteri, Pollen in litteris. — Voir Schlegel, Observations zoologiques,

IT, dans le Nederl. Tijdschr.: Sterna Douglasii.

Nous avons constaté, Obs. I. c., que la couleur du bec de cette espèce est sujet à varier, soit suivant les individus, soit suivant les différentes colonies qui composent l'espèce. il est en effet, tantôt noir, tantôt rouge et à extrémité noire, tantôt rougeâtre, jaunâtre

ou verdâtre avec ou sans partie basale noire.

Cet oiseau habite en grand nombre les roches et bancs de Cargados situés au Nord 19*

de Mauritius et Rodriguez, à 15 degrés L. M. Le Musée de Saint-Dénis à la Réunion possède des individus tués dans cette île, et M. Alfred Newton nous en a communiqué un obtenu par son frère à Mauritius.

Le mâle adulte obtenu dans ces lieux isolés a le plumage un peu usé. Il offre du reste les particularités suivantes.

Aile 7 pouces 9 lignes; queue 5 lignes; bec 16 lignes; tarse 7 lignes; doigt du milieu 7 lignes.

Bec rouge, mais au tiers terminal noir. Pieds rouges. Iris de l'oeil noir.

Dessus de la tête avec la nuque et la moitié supérieure des freins d’un noir profond. Manteau, dos, dessus des ailes et de la queue d’un gris blanchâtre passant sur les grandes rémiges au noirâtre plus ou moins saupoudré de grisâtre. Barbe interne de ces rémiges très largement bordée de blanchâtre. Parties inférieures de l'oiseau blanches.

Cette petite hirondelle de mer a été observée par nous pendant notre traversée de Nossi-bé à l’île de la Réunion, à la hauteur de l’ilot Cargados. Au Muséum de Saint- Dénis, on voit un individu de cet oiseau tué dans l'île de la Réunion; il y porte l’épithète de Sterna hirundo.

STERNA PANAYENSIS.

Gmelin, 1, p. 607. — Sterna panaya, Latham. — Sterna fuliginosa, Lichtenstein, Verzeichniss (nec auct.). — Sterna infuscata, Lichtenstein, nec Rüppell. — Sterna antarctica, Cuvier, nec Forsten et Lesson. — Voir Schlegel, Muséum, Sternae, p. 26.

On sat que cet oiseau se rattache sous beaucoup de rapports à la Sterna fuliginosa de Gmelin (voir mon Muséum, Sternae, p. 25), et que ces deux espèces sont répandues dans la plupart des mers des régions chaudes.

Dans le cercle géographique de Madagascar, la Sterna fuliginosa n'a été observée jusqu’à présent que sur les côtes de Mauritius, d’où nous possédons un individu au premier plumage. Nous croyons encore qu’il faut rapporter à cette espèce l'individu du Musée de Paris, également originaire de Mauritius, et dont Hartlaub, Madagascar, p. 86, fait mention sous le nom d’Haliplana panayensis.

Notre individu de la véritable Sterna panayensis est un mâle adulte tué le 5 Octobre 1865 dans l’île de Nossi-bé, à la Côte Nord-Ouest de Madagascar. Il ne diffère en rien de ceux obtenus de la Mer rouge, de l'Océan Indien et de la Malaiasie. Nous rappelons que le bec, les pieds et l'iris de l'oeil sont noirs dans cette espèce.

Nous n'avons tué qu'un seul individu de cette espèce dans les mers de Madagascar, où elle appartient très probablement aux oiseaux rares. Au Muséum de Paris se trouve un individu provenant de l’île Maurice. Suivant M. Jules Verreaux, il se trouverait aussi un individu de cette espèce et de la même contrée dans la collection de

feu de Lafresnaye. J'en ai vu, au Muséum de Saint-Dénis, des échantillons tués, pendant un ouragan, dans l’ile de la Réunion.

STERNA STOLIDA.

Linné, 1, p.227. — Anous Rousseau, Hartlaub, Madagascar, p. 86: jeune individu. — Voir pour les autres détails relatifs à la synonymie, les caractères et la répartition de cette espèce: Schlegel, Muséum des Pays-Bas, Sternae, p.36.

C'est la plus grande des espèces que l’on a réunies dans le sous-genre Anous. Elle n'est pas rare sur les Côtes de la Réunion. Elle a les yeux bruns, le bec et les pieds noirs. Les jeunes ont le plumage plus ou moins fortement lavé de roussâtre et le grisblanc du dessus de la tête est très peu ou nullement sensible.

Aile 9 pouces 3 lignes à 10 pouces 4 lignes; queue 5 pouces 4 lignes à 6 pouces: bec 18 à 21 lignes; tarse 10 lignes à 10 lignes et demie; doigt du milieu 13 lignes à 14 lignes et demie.

Nous ferons observer en passant que M. Hartlaub, Madagascar, p. 86, fait mention d'un individu de la Sterna tenuirostris, envoyé de Mauritius au Musée de Paris. On sait que cette espèce est d’une taille beaucoup moins forte que la Sterna stolida et qu’elle a le bec beaucoup plus fluet.

Cette espèce appartient aux oiseaux de mer les plus communs de l'ile de la Réunion, où elle vit en bandes considérables, et souvent en société de la Sterna tenuirostris. Les Créoles donnent à ces oiseaux le nom de Macoua, à cause de leur couleur noirâtre, qui rappelle celle des nègres de la tribu des Macoua’s. Ils se tiennent pendant la nuit, réunis par bandes considérables, sur les rochers escarpés qui entourent cette île et surtout sur le rocher situé entre Saint-Dénis et la Possession et que l’on nomme le Gouvre. C’est là qu'on voit, pendant certaines saisons de l’année, vers le soir, venir des milliers de ces oiseaux, afin d'y passer la nuit. Ils se trouvent, pendant le jour, en pleine mer, pour faire la pêche. Les montagnards qui habitent les lieux élevés entre Saint-Dénis et la Possession prennent à cette époque, pendant la nuit, une quantité considérable de ces oiseaux, pour les vendre crus ou boucanés au bazar de Saint-Dénis. Ces gens hardis descendent le long d’une corde vers la place où se trouvent ces oiseaux et les prennent au glu pendant leur sommeil. Suivant les Créoles ils nichent sur un petit rocher en face de la ville Saint-Pierre. Nous n'avons jamais observé cette espèce dans les mers de Madagascar, mais il est très probable qu’elle se trouve dans cette île ; d’ailleurs, on voit au Musée de Paris un individu rapporté de Madagascar par M. Rousseau. Cet oiseau habite également Maurice.

STERNA TENUIROSTRIS.

Cette espèce se trouve également dans l’île de la Réunion. Elle a les mêmes habitudes que la Sterna stolida. On la trouve aussi à Maurice et probablement à Madagascar.

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