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210,00 | 21,00 | 210,10 | 21912 | 19,00 À 100.25 Leno À 0,50 [210,50 | 200,75
Du tableau qu’on vient de lire, nous pouvons déduire les considérations suivantes :
1° La température moyenne de l'atmosphère à Sete- Cidades est de 15°, celle de l’hiver étant de 12° et celle de l'été de 1842.
2° La température de la surface dans les deux lacs varie beaucoup dans une même journée, spécialement près des bords, ainsi qu'il est naturel; cette variation journalière dépend surtout du soleil et du vent. La plus grande différence observée par Chaves, dans une même journée, à la surface du Lagoa grande, à l’endroit le plus profond et le plus éloigné des bords, a été de 4° 3, le 22 juillet 1894, la température étant à cinq heures du matin de 19°9 et de 22°, 2, à trois heures du soir. |
3° La température du Lagoa azul est un peu inférieure à celle du Lagoa grande; cette différence s'explique par le déversement dans le premier lac de deux sources (rivière dos Moinhos et Salto do Estrello), d’assez faible débit, il est vrai, mais de température constante (14°), et aussi par l'orientation naturelle du Lagoa azul, très encaissé, et dont les hautes parois, au Sud surtout, empêchent le soleil de réchauffer les eaux.
4 En hiver, la température dans les deux lacs est sensiblement la même de la surface jusqu’au fond.
9° Pour le Lagoa grande, le maximum d'été serait 23° le minimum d'hiver 12°
l'amplitude de la variation thermique 11° Pour le Lagoa azul,
le maximum d’été serait 21° 75 le minimum d'hiver 11° 50
l'amplitude de la variation thermique 10° 25 6° La couche du saut thermique — Sprungschichte de
Richter (1) — s’observe entre 15 m. et 20 m. dans le Lagoa grande (2) et entre 10 m. et 15 m. dans le Lagoa azul.
7° La courbe qui représente la distribution de la température pendant les périodes du printemps et de l’automne est presque la moyenne entre les courbes similaires des périodes d’hiver et d'été (voir les tracés ci-dessous).
DISTRIBUTION DE LA TEMPÉRATURE DANS LES DEUX GRANDS LACS DE SETE-CIDADES.
FiG. 2. — Lagoa grande. Le 3. — Lagoa azul.
10° 12° 147 16° 18° 20° °° 2° 14° 16° 18” 20°; 22° HE + o || RRRRRET HORS RRRRERE oml il IT ITE.
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me al | ] Êal +. ï Éd ul E 10° 12° 14° |] __— À, Courbe d'hiver.
B, Courbe de printemps et d'automne.
C, Courbe d'été.
(4) E. RicuTER : Die Temperatur-Verhältnisse der Alpenseen. Berlin, 1891.
(2) Ces chiffres sont à peu près exactement les mêmes que ceux que j'ai observés en été sur le lac de Tibériade (TH. BARRoIs : Sur da profondeur et la température du tac de libériade. Comptes rendus de la Sociétéde Géographie de Paris, n°: 17-18, 1893.
8° La température du fond dans les deux lacs malgré leur peu de profondeur reste sensiblement la même en hiver et en été ; elle est presque identique à celle de la surface en hirer (moyenne = 12 To), s'écartant davantage de la température moyenne de lair durant l'année (15.
ln conséquence, les Lagos des Sete-Cidades sont des lacs du éype tropical, à stralufication thermique toujours directe ; leurs couches profondes sont toujours au-dessus de la température du maximum de densité de l'eau, soit 4
Faune. — Dans ses recherches classiques sur la faune des lacs suisses , le professeur Forel à distingué, au point de vue biologique , trois régions (1) :
La région liltorale, qui s'étend le long des bords, depuis la grève jusqu à 15 à 2 mètres de profondeur ;
La réyion profonde, qui occupe tout le fond du lac ;
La région pélayique, qui comprend tout le reste du lac, la masse centrale et superticielle des eaux.
Bien que le Lagoa grande et le [agoa uzul soient les plus grands des lacs açoréens, l'aire des profondeurs de 25 à 30 mètres y est fort restreinte ; la région profonde y est donc peu étendue, tandis que la région littorale domine presque entièrement. |
De Guerne a cru bon de distinguer dans ces lacs les trois zones habituelles, estimant qu’à Sete-Cidades la faune pélagique est représentée avec ses caractères absolnment nels : « sans parler du Zeplodora hyalina, dont la détermination peut être considérée comme douteuse, Daphnella brachkyura, Asplanchna Linhofi et Pedalion mirmm appartiennent aux formes essentiellement ewpélagigres. Chydorus
(1) F.-A. Forer.: La faune profoide des lacs suisses. Soc. helvét. des sciences nat., 2" part., vol, XXIX, p. 1-2, 1885.
Sphœricus et Cyclops viridis représentent dans cel ensemble l’élément fychopélagique (1) ». |
Quelle que soit l’autorité de de Guerne en tout ce qui touche à la limnologie, je ne puis me ranger à cette manière de voir. Il me paraît, en effet, impossible de considérer comme une espèce essentiellement eupélayique la Daphnella brachyura, qui se retrouve non seulement dans toute l'étendue des lacs de Sete-Cidades, c’est-à-dire dans la région littorale, mais encore dans de fort petits lacs, tels que les Lagoas empadadas, le [agua de Pao-Pique, la Caldeira do Alferes, etc..., nappes superficielles de quelques ares, dont la profondeur ne dépasse point 1 mètre pour certaines. J’en dirai tout autant de l’Asplanchna Znhoft de Guerne (= À. Sieboldi Leydig, d’après Daday) que j'ai rencontré maintes fois dans les mares et mème dans les auges des fontaines de S. Miguel. Le Pedalion mirum n'a rien non plus de bien eupélagique, car Hudson dit lavoir recueilli pour la première fois « in a small road-side pond near the head of Nichtingale Valley at Clifton (2) ».
Reste le Zeptodera hyalina que de Guerne indique avec grande réserve, en se basant sur la présence de débris chitineux d’un certain volume, dont l’aspect rappellerait absolument celui de la poche incubatrice de ce Crustacé. Il ne semble difficile d'admettre qu’un animal d’aussi grande taille ait pu échapper, soit aux recherches de Chaves, soit aux miennes, alors que nous avons pêché au filet fin à plus de trente reprises dans les lacs de Sete-Cidades, à différentes époques de l’année (Juillet, Août, Septembre et
(1) DE GUERXE, Excursions zooloyiques, ete..., p. 17.
Il est juste de dire que l’auteur ajuote en note : « C'est à regert, et faute d'autres actuellement admises, que j'emploie les expressions exprlayique et tychopélayique. Les progrès réalisés dans la connaissance des faunes lacustres tendent effectivement à démontrer que les distinctions établies par Pavesi ne répondent à aucun fait général ».
(2) Hupsox ET Gosse : The Rotifera or Wheel-animulcules, vol. IT, p. 135, Londres, 1886.
Janvier). En résumé, on ne rencontre pas dans les lacs açoréens de types absolument eupélagiques , et il n’y a pas leu d’élablir dans notre étude une division pour la faune pélagique. Je me bornerai donc à rapporter simplement les noms des animaux recueillis, en indiquant ensuite en quelques lignes les conditions particulières dans lesquelles on les rencontre.
Flagellates. — Dinobryon sertularia Ehr.
Cilio-Flagellés. — Peridinium tabulatum Clap. et Lachm. Glenodinium sp.
Peridinium sp.
Rh1zopodes. — Arcella vulgaris Ebr. Euglypha alveolata Dui. Difflugia constricta Khr. Nebelu collarts Khr. D. pyriformis Perty. Centropyzis aculeata Klr. Trinema enchelys Ehr.
Infusoires. — Vorticella sp. Podophrya sp.
Presque tous ces Protozoaires se retrouvent dans la plupart des pêches de surface, en quantité d'autant plus grande que le filet a été trainé en des points où lu végétation des plantes flottantes ( des Polumoyelon, en majeure partie) est plus riche. Au dessus des grands fonds, on rencontre surtout : Dinobryon sertularia, Peridinium tabulatum, Peridinium sp. et Glenodinium sp. Les Podophryes et les Vorticelles sont abondantes, ainsi que l’a fait remarquer de Guerne, sur les corps flottants ou imimergés ; d’après mes propres observalions, d’autres Vorticelliens envahissent aussi souvent le C'yclops riridis : la contraction provoquée par la conservation dans l’alcool ne m’a pas permis de les déterminer plus exactement.
Nématodes. — Chaetonotus sp. | Dorylaimus stagnalis Duj. (1).
Turbellariés. — Planaria polychroa O. Schmidt Mesostoma viridatum Ehr. !?).
Oligochètes. — Naïs elinquis O. F. Müller.
Les Chaetonotus et les Vaïs sont très communs dans l’enduit vaseux, contenant une grande quantité de végétaux inférieurs, qui se trouve à la surface des galets situés le long de la grève par 0"50 à 1 mètre de profondeur. J’ai également rencontré dans ces mêmes conditions Dorylaimus stagnalis, très agile, et répandu dans presque toutes les eaux douces de l’île ; c’est probablement la même espèce qui a déjà été signalée par de Guerne.
Quant à Planaria polychroa, également fort abondante à S. Miguel, elle habite ordinairement sous les pierres des torrents, c’est-à-dire dans les eaux à température relativement basse, variant entre 14° et 15° ; le Lagoa azul est le seul lac où je l’aie rencontrée, et en voici, je pense, la raison. Dans la région Est de ce lac, la rive est extrêmement escarpée, l’inclinaison des flancs du cratère principal étant très forte en ce point ; deux torrents donnant de l’eau toute l’année roulent en bondissant sur ces pentes et viennent se jeter dansle Lagoa azul : l’un d’eux, le ruisseau dos Moinhos fait tourner la roue d’un moulin au pied de la Caldeira grande. l'autre, le Salto do Estrello, fournit une eau très limpide et très pure, fort fraîche | 14° le 6 Septembre 1887, la température extérieure étant de 24° ; 13° 75 en Janvier 18388 , la température extérieure étant de 11°), et très appréciée pour cette raison des touristes qui descendent à l'hôtel Travassos. C’est aux environs seulement de ces torrents, sous les pierres du bord à demi-plongées dans le
(1) J'adresse mes meilleurs remerciements au D' de Man, qui a bien voulu revoir cette détermination.
lac, que j’ai trouvé la Planaria polychroa ; dans le Lagoa grande, cette Planaire ne semble pas exister.
Un autre Turbellarié a été recueilli par de Guerne dans des dragages profonds, el rapporlé provisoirement par lui au Mesostoma viridatum.
Rotifères. — Melicerta tubicolaria Hudson. Pterodina patina Ehr. Cephalosiphon limnias Khr. Asplanchna Imhofi de Guerne. Philodina roseola Khr. Brachionus pala Ehr.
Rotfer sp. Pedalion mirum Hudson.
Furcularia sp.
La plupart de ces espèces appartiennent à des formes liltorales et sont fort communes, surtout dans les Potamogeton ; j'ai dit plus haut ce que je pense de l’'Asplanchna Imhofi en tant que type eupélagique : ce Rotifère semble habiter de préférence, pendant le jour, par des profondeurs de 1750 à 2 mètres. On sait que von Daday a proposé d'identifier l’4. Zmhoft à l'A Sieboldi Leydig (1).
Bien que mes recherches, ainsi que celle de Chaves, aient été nombreuses et minutieuses, nous n'avons pu retrouver le Pedalion miruin indiqué par de Guerne.
Au sujet du Prachionus pala, je ferai remarquer que jamais ce Rotifère n’a été recueilli dans les lacs de Sete- Cidades durant les pèches d’été, quelque nombreuses qu’elles aient été ; je ne l’ai vu qu’une seule fois, en assez grande abondance (en même temps que Daphnella brachyura, Chydorus sphæricus, Cyclops viridis), dans une récolte faite par Chaves vers les premiers jours de Janvier 1889, en plein milieu du Lagoa grande, par 1" 50 de profondeur (2).
(4) E. von Dapary : Revision der Asplanchna-Arten und die ungarländischen Repräsentanten. Math und Naturwiss. Ber. aus Ungarn, Bd. 1X, p. 86, 1891.
(2) Ce fait est d'autant plus intéressant que durant mon séjour aux Açores (Août-Septembre 1887), le Brachionus pala était excessivement abondant dans certaines mares et dans presque toutes les auges des fontaines de S. Miyuel.
— 5H — Tardigrades. — Macrobiotus sp.
Copépodes.
Cyclops viridis Fischer. Arquius foliaceus 1.
Le Cyclops viridis est. très commun partout ; durant la journée il se tient de préférence à 1 50 ou 2 mètres de la surface. En dehors du Cyclops viridis, de Guerne a signalé des débris de Canthocamptus sp. avec un point d’interrogation : je n’en ai pas rencontré.
Quant à l’Argule, il a été capturé par Chaves sur un Cyprin doré; ce parasite a été sans doute introduit en même temps que des Carpes, amenées vivantes d'Europe et jetées dans les lacs de Sete-Cidades.
Cladocères.
Daphnella brachyura Liévin. Alona testudinaria Fischer. Simocephalus exspinosus Koch. Pleurotus nanus Baird.
Chydorus sph@ricus O. F. Müller.
La Daphnella brachyura est assez abondante dans les différentes parties du lac, dès que la hauteur de l’eau dépasse 8 à 10 mètres, mais il faut la chercher assez profondément, du moins dans les jours de soleil ; au contraire, lorsque le temps est sombre ou durant l’hiver (1), Daphnelles se rapprochent de la surface. Il en est de même pendant la nuit, ainsi que j’ai pu m’en assurer par l’examen de plusieurs pêches que M. Chaves avait pratiquées entre 9 et 10 heures du soir.
Simocephalus exspinosus est très rare; le professeur Moniez (2) n’en a trouvé dans mes récoltes qu’un seul
(1) Je n'ai pas observé de très grandes différences entre les pêches d'été et celles que M. Chaves a bien voulu taire en janvier 1889, par une température de 13° (surface de l'eau); le fait le plus important à noter est la présence, à cette époque de l'année, du Bruchionus pala et l'absence, au contraire, — du moins dans mes tubes — de l'Asplanchna Imhofi (pèches pratiquées par 1" 50 de profondeur).
(2) Th. Barrois: Matériaux pour servir à l'étude de la faune des eaux douces des Açores : IV Crustacés. — Ostracodes, Cletaceres et Branchiopodes, par R. Monixz, p. 13, Lille, 1888.
exemplaire. Ce dernier avait été recueilli parmi les nénuphars,dans une sorte de mare, en large communication avec le Lagoa grande, qui se trouve à gauche de la chaussée conduisant de l’hôtel aux lacs.
Chydorus sphæricus pullule partout; Alona testudinaria (1) et Pleuroxus nanus sont beaucoup moins répandus.
Branchiopodes. — Fstheria sp.
Dans des échantillons de vase littorale des lacs de Sete- Cidades, le professeur Moniez a trouvé deux exemplaires très jeunes de ce curieux crustacé, dont il a donné (2) une description aussi complète que le permettait l’âge peu avancé des spécimens.
Diptères.
Culez sp. (larves). Chironomus sp. (lurves).
Hémiptères.
Corira atomaria Illiger (?) Aphis sp.
Pseudo-Névroptères.
Æschna sp. (larves). Agrion sp. (larves).
Coléoptères. — Paruus luridus Erichson.
Les larves de Diptères el de Pseudo-Névroptères sont très abondantes le long de la rive des deux lacs.
Parnus luridus est loin d’ètre commun; j’en ai recueilli seulement quelques exemplaires en compagnie de Plumnatella repens et de Planaria polychroa, sous les pierres à demisubmergées qui bordent la grève orientale du Lagoa azul.
A Sete-Cidades, comme dans la plupart des autres lacs, les feuilles de Potamogeton donnent asile à un petit puceron noir, que Simroth avait déjà remarqué.
(4) C'est probablement à cette espèce qu'il faut rapporter l'Alona signalée par de Guerne avec cette mention « carapaces très nombreuses, mais indéterininables ».
(2) R. Montez : loc. cit., p. 19.
Dans son tableau de la faune des Açores, à la colonne consacrée à Sete-Cidades, de Guerne mentionne sans commentaire la présence du Corixa atomaria Illiger ; le texte mentionne seulement que cet Hémiptère a été trouvé dans les flaques d’eau laissées en arrière par le retrait du lac ; rien n’indique que l’insecte ait été rencontré dans le lac lui-mème, où d’ailleurs je ne l’ai jamais vu (1).
Bryozoaires. — Plumatella repens L..
Très commune dans toute la zone littorale des deux lacs, tant sous les pierres que sur les tiges des plantes aquatiques.
Gastéropodes. — Aydrobia evanescens? De Guerne.
Cette espèce a été établie par de Guerne pour plusieurs exemplaires d’un petit Gastéropode ramenés dans une pêche de fond faite vers le milieu du Lagoa grande, par 20 à 30 mètres de profondeur. « Il s'agirait — dit de Guerne — » d'établir si c’est un embryon pris à la surface du feutre » organique. où bien quelque épave apportée de la mer par » les Palmipèdes qui ne cessent de voler du lac au » rivage (2).»
Le capitaine Chaves. dont l'attention avait été attirée sur ce point, m’écrit avoir minutieusement examiné de grandes quantités de limon recueilli dans le Lagoa grande, aux profondeurs indiquées par de Guerne, sans pouvoir arriver à rencontrer un seul 7ydrobia. J'ai obtenu un égal insuccès en faisant passer sous mon microscope le contenu de plusieurs flacons du même limon.
Poissons.
Cyprinopsis auratus L. Salmo fario Le.
Anguilla vulgaris Flem. S. lacustris L.
Cyprinus carpio L. S. stomachicus Günther.