I. Zntroduction des Salmonidés dans le lac de Sete-Cidades
1878, Février. — 1000 œufs de Truite commune (Sa/mo fario L. — Salmo trutta Lacep. — Trutta fario Siebold. — Salar Ausonii Valenc.) furent importés d'Angleterre. Quelques-uns arrivèrent à éclosion, mais les alevins moururent rapidement.
1879, Février. — 2.000 œufs de la même espèce furent à nouveau introduits d'Angleterre; immédiatement après la résorption de la vésicule ombilicale, on essaya de transporter 300 alevins de Ponta-Delgada à Sete-Cidades, mais aucun p’arriva vivant. Par contre, lorsque les jeunes Truites eurent atteint l’âge de un an, elles supportèrent parfaitement le voyage et on put en jeter un peu plus de 200 dans les lacs de Sete-Cidades durant les mois de Février et de Mars 1880 (époque de la première introduction de Truites dans le lac).
1881 , Janvier. — 2.000 œufs d’'Omble-Chevalier (Salmo salvelinus L. — Salmo umbla Block — Salmo alpinus Lacépède! furent expédiés de Paris, mais arrivèrent perdus.
1882, Février. — 2 000 œufs de Gillaroo ou Gizzard Trout(Salmostomachicus Gunther), provenant d'Angleterre donnèrent un peu plus de 300 alevins , qui furent jetés dans les lacs.
1883, Février. — 2.000 œufs d’Alpin-Charr (Salmo salvelinus L.), envoyés d'Angleterre, ne purent supporter le trajet. |
1885, Janvier. — Nouvel essai d’acclimatation de l'Omble-Chevalier : 2.000 œufs, provenant d'Allemagne et venant par Lisbonne, se gâtèrent en route.
1888 , Février. — Du lac de Garde (Italie) sont envoyés 20.000 œufs de Truite des lacs (Salmo lacustris L. — Trutta lacustris Sieb. — Salmo trutta Ag. — Salmo lemanus Günther. — Trultla variabilis Lunel), qui fournissent 3.000
alevins bien portants, lesquels sont jetés, au commencement de 1889, dans les deux lacs de Sete-Cidades.
1888 , Février.— 10.000 œufs d’'Omble-Chevalier (Salmo salvelinus), importés d'Allemagne, donnent seulement quelques chétifs alevins, qui meurent peu de jours après leur éclosion.
1894, Janvier. — Cinquième tentative d’acclimation de l’Omble-Chevalier : 2.000 œufs, importés d'Allemagne comme ci-dessus, ne donnent que 12 alevins qui ne vivent que quelques jours (1).
1894 , Avril. — 2.000 œufs de Truite arc-en-ciel (Salno trideus, Rainbow Trout, en anglais), envoyés d'Allemagne par Lisbonne, arrivent perdus, en raison de la longueur du voyage. |
M. José-Maria Raposo do Amaral estime que cette espèce est une de celles qui sont appelées à réussir à Sete- Cidades , car c’est un des Salmonidés qui résiste le mieux aux températures un peu élevées.
IT. /ntroduction des Carpes à Sete-Cidades.
1889 , Février. — 123 Carpes à miroir (Cypiinus rex cyprinoïruin Bloch. — Cypr. speculum Lac. — Cyprinus macrolepidotus Meïid.) sont expédiées d'Allemagne, mais succombent en route, le navire qui les portait ayant eu à souffrir d’une violente tempête.
1890 , Décembre. — Ce nouvel envoi, expédié d’Allemagne également , comprenait :
1° 200 Carpes à miroir, d’un an.
2° 200 Carpes communes, d’un an, qui arrivèrent toutes
(les 400) en bon état el furent jetées dans les lacs de Sete- Cidades.
(4) C'est donc par erreur que M. E.-A. d'Albertis (Crociera del Corsario alle Az:ore, p. 169, Milan 1888), dit que l'Omble-chevalier (Sabno wmbla 1..)a été introduit dans les lacs de Sete-Cidades : tous les essais sont restés infructueux jusqu'à présent.
EN
8° 50 Carpes communes, de 3 ans, dont 30 seulement supportèrent le trajet, et furent transportées à Sete-Cidades avec les précédentes. |
III. — Zntroduction du Leuciscus macrolepidotus Steind. à Sete-Cidades.
En 1876, quelques exemplaires adultes furent transportés du fleuve Mondego (Portugal) à Ponta-Delgada, et jetés dans une citerne, où ils se reproduisuient. Vers 1888, la plupart moururent et il n’en resta plus que trois individus qui, en Janvier 1879, furent déposés dans le Lagoa grande, à Sete-Cidades. L’échantillon que j'ai reçu de Chaves a été soumis à l'examen du D' Boulenger, du British Museum, qui a eu l’obligeance de me le déterminer.
Batraciens.
Rana esculenta {. var. Perez Seoane.
D’après Drouet (1), la Grenouille verte a été introduite à S. Miguel vers 1820, par le Vicomte da Praïa, qui en lit venir du Portugal un certain nombre d’exemplaires ; ce Batracien s’est reproduit avec une extraordinaire abondance et, à S. Miguel du moins, on le retrouve dans tous les lacs et dans les plus petites mares. D’après les renseignements communiqués à de Guerne par Héron-Royer(2),la Grenouille des Açores, offre tous les caractères de la sous-espèce Perezi, créée par Lopez Seoane pour ies spécimens de l'Espagne et du Portugal.
Il est impossible de clore ce paragraphe sans parler des curieuses observations faites par Simroth sur les jeunes Grenouilles de Sete-Cidades (3). Le naturaliste allemand a
(4) DRoukr. Faune açoréenne, p. 408.
(2) DE GUERNE. Excursions zonlogiques etc..., p. 24.
(3) SIMROTH in BoETTGER: Verseichniss der von Hernn D' H. Sünroth aus Portugal und von den Azsoren mitgrbrachten Reptilien und Batruchier. Ne der kônigl. p'euss. Akad. der Wiss. zu Berlin, vol. XII, p. 193.
rencontré (et j’ai pu vérifier le fait) des Grenouilles gardant encore une queue longue de 6 "" alors qu’elles offraient par ailleurs tous les caractères de l’adulte, ayant notablement dépassé la taille habituelle de ces mêmes Batraciens lorsque, se développant normalement, ils sont déjà devenus complètement anoures. D’après Simroth, la lenteur de cette transformation serait due au défaut de nourriture d’abord, et à la grande humidité de la vallée de Sete-Cidades ensuite. De Guerne s’est déjà élevé contre cette manière de voir, en ce qui concerne le défaut de nourriture, et je suis tout à fait de son avis : la faune du lac, sans compter les Diatomées et les Algues, est bien assez fournie pour suflire à la nourriture des têtards et des jeunes Grenouilles. L’humidité excessive me semble le seul facteur qui puisse entrer en ligne de compte.
On sait quel rôle important jouent les oiseaux aquatiques dans la dissémination des espèces, et de Guerne, en particulier, est revenu à plusieurs reprises sur ce sujet. Je crois donc bon de rappeler que les Mouettes et les Goëlands se rencontrent, en plus ou moins grandes troupes, sur tous les lacs açoréens. À Sete-Cidades, j’ai également aperçu une Macreuse. Notons aussi que, lors des passages, le Canard (Anas boschas L.) et la Sarcelle (Anas crecca L.), s’abattent dans les lacs des Caldeiras ; enfin, Drouet (1) et Godman (2) ont également observé dans de semblables conditions un assez grand nombre d’espèces, en particulier : Ardea cinerea L., Ardea purpurea L., Totanus fuscus L., Gallinula chloropus L., Fulica atra L., Platalea leucorodia L. etc.
Pour terminer ce qui a trait aux deux grands lacs de Sete-Cidades, il me reste à dire quelques mots du limon qui
(4) DrouerT. Faune açoréenne.
(2) Gopan. Natural history of the Azores or Western Islands, p. 41-42, Londres, 1870.
garnit le fond de ces lacs dans les plus grandes profondeurs : il est gris, onctueux, de consistance si faible qu’on dirait d’une sorte de crème, pour employer l’excellente expression de de Guerne. Voici lu description qu’en donne ce naturaliste: « [étude du limon faite sur divers échantillons montre qu'il est formé en majeure partie de débris de ponces d’une extrème ténuité, reconnaissables à leur structure bulleuse. Les détritus végétaux sont assez abondants. On distingue çà et là quelques grains de pollen de Comifères, des sporanges de Fougères, des filaments de Conferves et un très grand nombre de carapaces de Diatomées. Parmi les corps figurés d’oriyine animale, Je n’ai reconnu que des Lests de Chydorus et des enveloppes de Rhizopodes du genre Difflugia (1) ».
Je me bornerai seulement à ajouter que les corps figurés d’origine animale sont plus variés que ne l'indique de Guerne, je citerai surtout: Plewroxvs nanus, Alona tesludinaria, Difflugia pyriformis et D. constricla, Trinema enchelys, Gentropyxis aculeata, etc... Ce fait est d’ailleurs de peu d'importance, car il n’ajoute pas un uom à la liste des espèces telle que nous l’avons donnée plus haut.
CALBEIRA GRANDE.
Deux cratères secondaires se sont formés dans le fond de la Caldeira de Sete-Cidades, à l’est des lacs principaux (voir la carte [) ; le plus grand et le plus septentrional de ces cratères porte le nom de Caldeira grande, ou encore Caldeira do Peixe (2) ou Caldeira de S. Thiago : le fond en est occupé par un lac.
Altitude. — D’après mes propres observations, la surface du lac serait à 396 mètres au-dessus du niveau de la mer;
(4) DE GUERNE. Excursions z0ologiques, etc...., p. 18. (2) Peixe veut dire Poisson en portugais.
ce chiffre serait un peu trop fort suivant Chaves, qui l’a fixé à 387 mètres, après une minutieuse observation.
Dimensions. — 590 mètres de longueur maxima dans son diamètre N.-S. sur 520 mètres de largeur maxima dans son diamètre E.-0., surface d'environ 20 bectares, d’après la carte à grande échelle de Vidal.
Profondeur. — Inconnue; les habitants de la contrée n’ont pu me donner aucuneindication à ce sujet.
Température.— Lors de excursion que je fis à la Caldeiragrande, le 12 Août 1887, la température extérieure était, à 8 h. 1/2 du matin, de 24°5 tandis que le thermomètre marquait 20° 5 à la surface du lac. L'année suivante à la même époque (premiers jours d’Août), Chaves a relevé les observations suivantes :
Température extérieure — 26° de la surface — 24°
Faune. — Les Lagoa azul et Lagoa grande sont, sans contredit, ceux dont la faune a été le mieux étudiée ; à deux reprises ]|’y ai passé quelques jours, et Chaves a bien voulu y retourner plusieurs fois, à des saisons différentes, depuis mon départ des Açores. (C’est pour cette raison que les listes qui vont suivre paraîtront relativement pauvres, à part pour certains lacs dont les habitants offraient un intérèt particulier et qui, en conséquence, ont été explorés plusieurs fois. Il faut ajouter que les Lagoas de Sete-Cidades sont en outre les seuls, avec le lac de Furnas, sur lesquels on puisse naviguer, les autres étant dépourvus de barques.
Protozoaires.
Arcella vulgaris Khr. Difflugia pyriformis Perty. Centropyris aculeata Khr.
Copépodes. — Cyclops ciridis Fischer.
Cladocères.
Daphnella brachyura Liévin. Alona testudinaria Fischer. Chydorus sphericus O. F. Müller. Pleurorus nanus Baird.
Bryozoaires. — Plumatella repens 1.
Poissons. — Cyprinopsis auratus L.
Batraciens. — Rana esculenta L.