‹ Recherches sur la faune des eaux douces des AçoresChapitre 30 sur 63 · LAGOA DO FO06GO · texte numérisé non relu

LAGOA DO FO06GO

De mème superficie environ que le Lagoa das Furnas, ce lac n’occupe point non plus le fond d'une caldeira, mais remplit la partie basse d’une sorte de cirque entouré de tous côtés de hautes cîimes, dont la plus élevée est, à l'Ouest, le Serro (2) d' Aqua de Pao (935 mètres.

Certains auteurs ont admis, comme date probable de la formation du Lagoa do Fogo, l’année 1563, durant laquelle une formidable éruption eut lieu dans le massif de la Serra d Aqua de Pao (3). L'étude des faits ne semble en rien justifier cette hypothèse; voict d’ailleurs à ce sujet l'avis motivé du capitaine Chaves, si compétent en tout ce qui touche à l'étude géologique et orographique de l’ile de S. Miguel : « Quant à la date de la formation du Lagoa do

part de ces sources sont captées, et l'on ne peut prendre la température à l'endroit même où elles jaillissent ; il faut en excepter toutefois les Caldeiras dos Vimes. de Asmodeu, grande et da Lagoa. pour lesquelles j’ai toujours pu placer mon thermomètre à maxima au centre mème de la gerbe.

» L'influence du captage est très nette : ainsi, la source de Pad,e Jose, après s'être tarie un instant, avait une température bien supérieure à l'ancienne; il en fut de même pour Agua Santa, après une réparation exécutée en Juin 18#8.

» Ni les grandes pluies, ni les changements de température extérieure, ni les tremblements de terre (ainsi que j'ai pu l'observer à deux reprises différentes) n'ont d'influence sur la température propre des sources de Furnas. Malgré le dire des habitants de la vallée, je n'ai pu davantage remarquer que les sources jaillissaient avec plus de force avant et après les secousses sismiques. »

(4) Par allusion, sans doute, à l'éruption dans laquelle on suppose qu'il a pris naissance. (2) Serra veut dire pie, tandis que Serra s'entend d'une chaîne de montagnes.

(3) Voyez à ce sujet: Vulcanismo nos Açores, VI, .Inno de 1563, duns Archivo dos Açores, t. Il, p. 85-93, 1880.

Fogo, on n’en peut rien dire, sinon qu’elle semble être antérieure à la découverte mème de l’île, ainsi qu’il ressort des considérations suivantes. La ÆAibeira grande, sur Île versant Nord, et la Ribeira da Praïa, sur le versant Sud. prennent naissance, suivant toute probabilité, aux dépens d'infiltrations provenant du Lagoa do Fogo (1); s’il en était autrement, il faudrait supposer l'existence de grands réservoirs intérieurs, d’épaisses couches imperméables, hypothèses que ne permettent ni la constitution, ni la configuration des terrains. Dès leur arrivée dans l'ile, les premiers colons avaient reconnu les deux rivières en ‘question, leur donnant le nom qu’elles portent encore aujourd’hui. Nous sommes donc conduits à admettre que le réservoir qui alimentait ces deux cours d’eau — c'est-àdire le Lagoa do Fogo — était déjà formé à cette époque. Du jour où les colons débarquèrentà S. Miguel, jusqu’en 1563, aucune éruption n’eut lieu dans cette partie de l’île ; c'est seulement durant les mois de juin et de juillet 1563 que de nombreuses et puissantes éruptions se succédèrent sans trève aux environs de la Serra d’'Aguu de Pao, ou dans d’autres cratères voisins du Lagoa do Fogo. D'après Gaspar Fructuoso, une de ces éruptions fit disparaître les deux rivières les plus grandes et les plus nécessaires, la Ribeira grande et la Ribeira da Praïa. Ont-*lles cessé de couler parce que le lac s’était desséché ? Je ne le crois pas, d'autant plus que quinze jours après, la Ribeira grande avait repris son cours primitif. Je pense que les deux rivières avaient disparu sous les déjections de l’éruption, éruption si violente que, durant près de trente jours, raconte Fructuoso, les cendres rassemblées en épais nuages

(1) Le sentier de mulet qui “onduit au Lagoa do Fogo, suit presque tout le temps (jusqu'a quelques centaines de mätres du lac), la vallée de la Ribheira da Praia qui, contrairement aux autres rivières de S. Miguel, débite toute l'année, mème au plus fort de l'été, une quantité d'eau relativement considérable, formant plusieurs cascades sur son parcours : le Sperchon brecirostris Kœnike y est fort corminun.

obscurcirent Ja vue du soleil. J’ai vu moi-même, à Furnas, en 1881, une rivière disparaitre sous des éboulements de tuf provoqués par un tremblement de terre. »

[e1 encore nous en sommes donc réduits aux conjectures, et il semble bien difficile d'accepter, même à l’état d'hypothèse, une date quelconque: tout ce qu'on peut avancer avec Chaves. c'est que la formation du lac semble remonter à une époque antérieure à l'arrivée des colons et, par conséquent, à 15643.

Les eaux du Lagoa do Fogo ont été analysées sommairement par le professeur Lambling ; ce sont les plus pures

que nous ayons rencontrées, ainsi qu on en Jugera d’après

le tableau ci-dessous, établi pour un litre d’eau filtrée :

Résidu fixe {desséché à + 115)...................... Orr.067 Matières organiques......... ........... hiediienss . 0, 030 Matières minérales. ............. RE …. 0, 037 Chlore (exprimé en Nu CL.................,...,..... 0, 024

Réaction neutre. — Saveur agréable.

Altitude, — 5SÔT mètres d'après les observations du capitaine Chaves, 558 mètres d'après les miennes (1:.

Dimensions. — Le Lagoa do Fogo est très irrégulier de forme et ses dimensions sont, par ce fait même, difficiles à apprécier ; 1l mesure 1750 mètres dans sa plus grande longueur, de l'Est à l'Ouest, et 1040 mètres dans sa plus grande largeur, du Nord au Sud. La surface, calculée sur la carte de Vidal, estapproximativement de 149 hectares (2).

Profondeur. — 21 15 d'après Vidal (15 fathoms) ; je n'ai

(4) Hartung est bien certainement dans l'erreur quand il admet le chiffre de 900 mètres (loc. ctt., pl. IV, fig. 2).

(2) Cette appréciation se rapproche beaucoup de celle de de Guerne, soit 141 hectares. J'ai dit plus haut ce que je pensais des différentes méthodes employées pour évaluer le volume approximatif des lacs ; A titre de renseignement, je signalerai le résultat obtenu par de Guerne pour le Laywon do Fogo, soit 5.000.000 de mètres cubes.

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pu contrôler ce chiffre, car il n’y a point de barque sur le Lagoa do Fogo, situé dans des régions désertes.

Température. — Je suis retourné à deux reprises au Lagoa do Fogv et le capitaine Chaves a bien voulu, de son côté, y faire une excursion. Voici les chiffres que nous avons relevés :

Le 19 Août 1887 | Température extérieure — 24° 6 à midi. | » de la surface — 22° 15 Le 27 Septembre 18R7 | Température extérieure — 18° 75 à 10 h. du mutin. | » de la surface — 20° 60 Le 17 Novembre 1888. Température extérieure — 13° | » de la surface — 14° 5 Fuatne. — La maigre liste qu’on trouvera consignée

ci-dessous ne répond évidemment point à la réalité ; la faune du Lagoa do Fogo doit certamement être plus riche que l’indique ce tableau. L’exploration du lac est difficile et 11 faudrait, pour la mener à bien, monter jusque dans ces hauteurs un canot portatif.

Protozoaires. —

Dinobryon sertulariu Ehr. Arcella vulgaris Khr. Rotifères. — Brachionus pala Khr.

Copépodes. — Cyclops viridis Fischer.

Cladocères. —

Daphnia pennatu O. F. Müller. Chydorus sphericus O. F. Müller. Daphnella brachyura Liévin.

Bryozoaires.— Plumatella repens L.

Poissons. — Cyprinopsis awratus L.

Batraciens. — Rana esculenta L.

LAGOA DO CONGRO

C’est un des lacs les plus pittoresques des Açores, en

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raison de la luxuriante végétation qui revèt les parois internes de l’ancien cratère. Partant d'une métairie voisine, appartenant à M. José do Canto, le chemin qui accède au jac suit d’abord une longue avenue de Buis, hauts de plusieurs mètres, pour arriver à la cime de la Caldeira ; 1l descend ensuite jusqu’au lac en serpentant entre une haie vive d'Horteusiis gisantesques, aux fleurs d'un bleu céleste, alternant avec des Scilles aux teintes pius sombres.

Les petits torrents qui alimentent le lac et bruissent doucement sous les pierres tapissées de Sphaignes,hébergent en grande quantité le Sprrchon brevirostris elle Planaria polychroa, mais ces deux formes ne se retrouvent point sous les galets du lac ; j'ai déjà insisté sur ce fait en parlant du Lagoa das Furnas.

L'eau du Lago do Congro est loin d'être aussi limpide et aussi pure que celle du Lagoa do Fogo ; sa composition wénérale se rapproche étroitement de celle du Lagoa das Furnas, ainsi qu’on le verra par le tableau ci-dessous, dû, comme tous les autres, à l’obligeance du professeur

Fambling :

Résidu fixe {desséché à + 115... . O8r140 Mütières organiques............,................ 0, 045 Matières minérales..................... int 0, 095 Chlore ‘exprimé en Na Cl... ne ee 0, 0:30

Réaction neutre. — Saveur agréable.

Allitude,— 427 mètres, d'après mes mesures: 397 1m. seulement d'après Chaves qui a bien voulu relever la côte du lac avec le plus grand soin.

Dimensions. — Le Lagoa do Congro est irrégulièérement réniforme d’après la carte de Vidal, il mesure environ 600 mèlres dans sa plus grande longueur (du N.-0. au S.-E.); et 350 mètres dans sa plus grande largeur. Sa surface serail approximativement de 16 à 17 hectares, ce qui me parait exugéré.

Profondeur, — Aucun sondage n’a encore été fait dans

le lac, mais à en juger par ses bords à pic et la coloration très foncée de l’eau, la profondeur doit être assez grande.

Température. — Le 23 août 1887, { Température extérieure — 22° 15 à l heure du soir. | » de la surface — 24° 65

Le capitaine Chaves a bien voulu, de son côté, faire plus récemment une excursion au Lagoa do Congro et y a relevé les indications suivantes :

T ? L — 0 Le 12 octobre 1889. empérature extérieure .

> de la surface — 20 Faune, — Protozoaires. — Arcella rulgaris Ehr. Diffluyta pyriformis Khr.

Centropyris aculeata Khbr.

Copépodes. — Cyclops riridis Fischer.

Cladocères. — Daphuia pennata O. F. Müller. Alona testudinaria Fischer. Chydorus sphœrirus O.'F. Müller.

Bryozoaires. — /luwmatella repens L.

Poissons. — Cyprinopsis auratus L.

Batraciens. — Rana esculenta L.

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