TEMPÉRATURE
Baromètre en milimètres.
en millimètres Moyenne
Humidité relative
763.311331.80| 16.84 163.831212.90| 18.15 766.131109.10! 24.38 Automne 764.30/229.20| 21.71 Moyenne annuclle|364.391883.00| 20 27
Avec son obligeance habituelle, le capitaine Chaves a bien voulu me dresser le tableau suivant, qui donne assez exactement, d’après lui, une bonne idée du climat de S. Miguel, et, par conséquent, des Açores. C’est, en quelque sorte, un résumé de toutes les observations recueillies jusqu’à ce jour.
(4) Archivo dos Açores, t. II, p. 94.
(2) Ibidem, t. XII, p. 372.
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Enfin on trouvera aux annexes, à la fin de ce mémoire, un exposé très complet des observations détaillées faites en 1894 et un tableau donnant la pression atmosphérique horaire pendant cette même année 1894 ; c’est un document fort intéressant et qui manquait jusqu’à ce jour pour les Açores. On ne saurait trop féliciter le capitaine Chaves du zèle infatigable qu’il met au service de toutes les branches de la science.
Voici quelles conclusions nous pouvons tirer de l’étude de ces tableaux, dressés d’après un total considérable d'observations : |
La hauteur barométrique moyenne est de 764,49 ; La température moyenne de l’année est de 17° et se
distribue ainsi suivant les saisons (1).
Hiver Printemps Été Automne
Température moyenne: 14°62 14°85 20° 18°45
Les mois de Juillet et d’Août sont les plus chauds avec des températures maxima moyennes de 24°5 à 25°; les moisles plus froids ceux de Février et de Mars avec des températures minima moyennes d'environ 11°.
Les mois de plus grande pression sont ceux de Juin et de Juillet; de moindre pression, ceux de Novembre et de Février.
. Les mois pluvieux par excellence sont ceux de Novembre et de Décembre; c’est en Juin et en Juillet qu’il pleut le moins.
(1) Ces chiffres ne concordent pas complètement avec ceux qu'a adoptés Euske RecLus (Nouvelle yéographie universelle, t. XII, p. 26) sur l'autorité de HARTUNG, qui les tenait lui-mème de seconde main, les ayant glanés de droite et de gauche dans les ouvrages de Bullar, de Boïd, de Blunt, de Bettencourt, etc...
Voici en eftet les moyennes données par le géographe français :
Hiver Printwmps Été Automno Ponta-Delgada (S. Miguel)...... Et Pre 16° 8....... APT: 19% 4 Horta (Favalhissssscesssuvss : ET PR PT 74 Éd PES 188
ce qui donne pour la moyenne annuelle 177 pour Ponta-Delgada et 173 pour Horta.
L'évaporation est à son maximum en Août et à son minimum en Décembre.
Les mois les plus humides sont ceux de Novembre et de Décembre; les moins humides, ceux de Juillet et d’Août.
Le nombre des jours de pluie est en moyenne de 175 par an (1), qui se traduisent au pluviomètre par une hauteur de 890 millimètres. Aussi l'humidité relative atteint-elle un chiffre élevé aux Açores, chiffre certainement supérieur pour beaucoup de points à celui de 73,92 p. ‘, fourni par l'observatoire de Ponta-Delgada: dans la vallée de Sete- : Cidades, par exemple, Chaves a constaté à plusieurs reprises que son psychromètre marquait jusqu’à 93 et 94 p. °,,. Il est peu commun, pour ces raisons, de rencontrer aux Açores un ciel entièrement serein; presque toujours, même en été, vers le matin, et surtout vers le soir, avant le coucher du soleil, d’épaisses nuées s’accrochent de toutes parts aux aspérités des cimes et voilent la vue des sommets : il est bien rare de voir, par exemple, le Pico entièrement dégagé.
Grâce à ces excellentes conditions d’humidité et de chaleur, d’une chaleur régulière, sans brusques variations, sans grand écart hibernal (10° en moyenne), la végétation est luxuriante aux Açores, et tout le monde sait que les jardins de S. Miguel sont réputés parmi les plus beaux qu’il y ait au monde. Ceux de MM. José et Ernesto do Canto, de M. le comte de Jacome, de M. Borges sont de véritables merveilles où l’on trouve réunies les plantes les plus belles et les plus rares de l’Europe aussi bien que de l'Amérique, de l’Asie aussi bien que de l'Afrique et de l’Australie. Quant à la flore indigène, bien connue maintenant, elle a
(4) À Horta, les pluies sont plus fréquentes et plus abondantes encore, d'après de Bettencourt:
Jours de pluie dans l'année .................... 196
Jours de grêle — a 8 Quantité de pluie tombée ................,.... 1"
un cachet tout à fait européen et ne comprend guère qu’un nombre restreint de formes spéciales.
La faune des Açores présente absolument les mêmes caractères dans ses grandes lignes, ainsi que Drouet (1) et Morelet (2) l’ont établi dès leurs premières recherches : tous les travaux récents n’ont fait que confirmer ce fait (3).
Jusqu'en 1886, c'était seulement la faune marine et la faune terrestre (Mammifères, Oiseaux, Insectes, Mollusques, - Arachnides) qui avaient été étudiées ; la faune lacustre, à part le Cyprin doré, l’Anguille (Anguilla canariensis, comme on l’appelait) et la Grenouille, était totalement inconnue, ou, pour mieux dire, ilétait admis qu’en dehors de ces trois formes, les eaux douces des Açores étaient privées de tout habitant (4).
A cette époque, le zoologiste allemand Simroth fit un assez long séjour dans l’archipel afin d’en étudier surtout la faune malacologique. Dans une publication de Bœttger (5), qu’il avait chargé de déterminer les Reptiles et les Batraciens des Açores et du Portugal, Simroth intercala une courte note pour dire qu’il avait trouvé dans les lacs un Copépode
(1) DROUET : Faune açoréenne.
(2) MorELET : Notice sur l'histoire naturelle des Açores, suivie d'une description des Mollusques terrestres de cet archipel. Paris 1860.
(3) On trouvera la liste de ces travaux dans un excellent compendium publié par M. le docteur ERNESTO Do CaNTo sous le titre de: Bibliotheca açoriana. — Noticia bibliographica das obras impressase manuscriptas nacionaës e estrangeiras concernentes as Ilhas dos Açores. Ponta-Delgada 1890.
(4) Voici ce qu'écrivait M. Fouqué en 1873 (Revue des Deux-Mondes , avril 1873) : «Les recherches les plus minutieuses n’ont pas amené la découverte du plus petit Mollusque, ni dans les lacs, ni dans les marécages, ni dans les cours d'eau, ni dans les petites fontaines des régions montagneuses qui sont si nombreuses et jamais complètement à sec. A part la (irenouille, dont l'introduction est toute récente, l'Anguille et le Cyprin, dont l'importation me parait évalement certaine, les eaux douces des Açores ne contiennent d'autres organismes vivants que quelques larves d'Insectes et quelques plantes aquatiques. »
(5) BoETTGER : Verseichniss der von Herrn D' Simroth aus Portugal und von den Asoren mitgehrachten Reptilien und Batrachier. Sitzungsber. k. preuss. Akad. Wise. Berlin, 1887, n° XII, p. 175-194.
(lequel paraissait toutefois manquer à Sete-Cidades), des larves de Libellule, des Notonectes et un Bryozoaire (sans autres déterminations). Il fit en outre paraitre, dans un journal de vulgarisation, une relation de son voyage, au cours de laquelle il signala la présence, dans les auges des fontaines de Ponta-Delgada, de « petits Vers, de Crustacés de Physa et de Pisidium (1) ».
L’année suivante, au mois de Juillet 1887, le prince de Monaco, au cours de ses campagnes eitihques sur le yacht l’Æirondelle, fit une relâche de quelques jours dans les iles de Fayal et de S. Miguel. Le baron de Guerne, qui était à bord, en profita pour étudier la faune des lacs de Sete-Cidades et de la Caldeira de Fayal. Les résultats de ses explorations, très fructueux étant donné le peu de temps que ce zoologiste avait pu passer à terre, parurent dans un important mémoire, rempli de détails et de considérations générales, auquel nous aurons plus d’une fois l’occasion de renvoyer le lecteur (2).
Quinze jours aprèsledépart del Æirondelle, dont j’ignoruis la croisière en ces parages, j’arrivais moi-même à Ponta- Delgada, dans le but d’instituer des recherches sur la faune lacustre de l’archipel.
L'ile de S. Miguel étant la plus importante en mème temps que la plus riche en lacs et en eaux douces de toute espèce, je la choisis pour quartier général. J’y suis resté six semaines, parcourant l’île en tous sens et ne négligeant
(4) H. SiIMROTH: Ausfluge nach der Westhalfte von San-Miquel (Azoren). Globus, Bd. LI, n° 15, p. 23%. Toute une série d'articles de Simroth ont paru dans cette même année du « Globus », soit sur S. Mivuel, soit sur les autres îles : aucun n'offre d'intérêt particulier au point de vue spécial qui nous occupe.
Dans un travail postérieur (Zur Kenntnis der Azorenfiuna. Archiv für Naturyeschichte, 54 Jarhg., Bd I, p. 179 — 234, 1888). Simroth a donne, d'après Glessin, la détermination de ces deux Mollusques (/’ysa acuta Drap. et lisidiun fossarinum Clessin).
(2) J. DE GUERNE: Excursions 20ologiques dans les iles de Fayal rt de San- Miguel (Açores), Paris, 1888. Depuis lors M. de Guerne a publié quelques descriptions d'espèces nouvelles, de Florès principalement, sur lesquelles je reviendrai au cours de ce travail.
aucune des indications que je pouvais recueillir : en dehors des mares, des abreuvoirs et des nombreuses fontaines que j'ai toujours explorés sur ma route, je n’ai pas visité moins de dix-huit torrents et de vingt-deux lacs, tant petits que grands, compris entre 261 et 828 mètres d’altitude, dont la plupart ne figurent même point sur la carte du capitaine Vidal.
Ces lacs ont tous une même origine ; le rassemblement des eaux du ciel au fond d’un cratère éteint, de ce qu’on appelle une Caldeira (chaudière) aux Açores. Le climat des iles est, nous l’avons vu, d’une humidité extrême: les pluies sont fort fréquentes et les hauts sommets des pics sont revêtus d’une épaisse couche de Mousses spongieuses (Sphagnum cymbifolium) sur laquelle se condense incessamment la vapeur d’eau des nuées. Ces Sphaignes, ainsi 1mbibés, laissent suinter en abondance de minces filets d’eau qui, en se réunissant, forment de véritables torrents dont les uns s’écoulent jusqu’à la mer, tandis que les autres, suivant jusqu’au fond les pentes internes des cratères, viennent s’ajouter aux pluies accumulées, donnant ainsi naissance à ce queles Açoréens appellent un Zagoa. Certains de ces Lagoas sont de véritables lacs, et par leur étendue, et par leur profondeur, d’autres sont bien plutôt de simples mares, parfois même des marécages.
Bien que S. Miguel ait été plus particulièrement exploré par moi que les autres îles, j’ai pu néanmoins faire d’intéressantes observations à Terceira et à Ffayal, enfin j’al profité d’une courte escale à S. Jorges et à Gracioza pour donner quelques coups de filet dans les fontaines de Villa das Vellas (S. Jorge) et de Santa-Cruz (Gracioza). Les résultats généraux de ces recherches ont été publiés dans une série de notes préliminaires (1).
(1) Matériaux pour servir à l'étude de la faune des eaux douces des Açores. 1. Hydrachnides, par Théo. Rarrois, Lille 1887.
Il. Aotifères et III. Protosoatres, par THéoD. BarRoits, Lille 1888.