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H. ÉTUDES. — SC. NAT. XXVI. 9. — ART. N

Ainsi, malgré le peu de distance qui existe entre l’île Auckland et l'extrémité sud du groupe Néozélandais, la faune avienne de la première de ces terres, a des caractères particuliers dont il convient de tenir note.

Un des Ansériens les plus importants à signaler dans la région magellanique est le Canard à ailes courtes, l’Anser cinerea (1), dont les anciens voyageurs ont souvent parlé comme ressemblant à un petit cheval de course plutôt qu'à un oiseau ordinaire (2). En effet, 1l est, en général, impossible à cet oiseau de voler (3), mais il nage avec une rapidité surprenante en s’aidant de ses ailes courtes et rappelant par leur forme ds véritables rames (4); à terre, sa démarche est, au contraire, si embarrassée que les matelots l’appellent communément le Lourdaud ou Leggerhead Duck. À l'exemple de Lesson, la plupart des ornithologistes les plus récents le considèrent comme devant être classé dans une division particulière à laquelle on a donné le nom de Micropterus (5).

Cet oiseau niche aux îles Falkland (6), et sur divers points

veaux ou peu connus (Ann. des sciences naturelles, 2° série 1841, t. XVI, p. 320.) — Gray, Handlist, t. IE, p. 91.

(1) Get Oiseau comme la plupart des autres a reçu plusieurs noms différents. C’est l’Anas cinerea de Gmelin, (Linn. syst. nat., édit. XIE, €. I, p.506). — L'Anas brachyptera. (Latham, Index ornith.,t. W, p. 834.) —L'Anas pteneres, de Forster. (Descript. animal. p. 338.) — L'Oidemia patagonica, King. (Proceed. Zool. Soc., 1831, t. I, p. 15.)

(2) The Race horse Duck, Pernetty, (Journal, p. 213). —Cook, Voyage, t. IV, p. 43.— Siteamers (Darwin, Narr. of the Surv. voyages of the Adventure and the Beagle, t. I, p. 257).

(3) D’après Cunningham qui a eu l’occasion d'observer les allures de ces Oiseaux, les jeunes individus seraient aptes à voler un peu, mais cette facilité disparaitrait à l’âge adulte (Notes on the natural history of sh'ait of Magellan, p- 94).

(4) Darwin, op. cit., L. III, p. 257.

(5) Lesson, Traite d'ornithologie, p. 650.

(6) Quoy et Gaimard, Voyage de l’Uranie, Zool., p. 139,pl. 39. — Darw in Op. cit.,t. III, p. 257.

des îles Magellaniques (1). Il est commun à Chiloë (2), et sur la côte ouest de l'Amérique méridionale.

L'Oie de Magellan (3) ou l'Upland Gaose des voyageurs anglais, constitue aussi un type sous-générique très distinct qui, à certains égards, établit le passage entre les Bernaches et les Céréopses et qui a reçu le nom de Cloephaga (4). I niche aux iles Falkland (5). En hiver, cette espèce descend sur les côtes du Chili (6).

Une autre espèce du même groupe sous-générique la Cloephaga poliocephala (7) est commune sur les côtes de la Patagonie et dans le détroit de Magellan (8) et se montre parfois aux iles Falkland (9).

On trouvedans les mêmes parages un quatrième représentant de ce type, qui figure dans les catalogues ornithologiques sous le nom de Cloephaga rubidiceps (10) et de Bernicla inornata (M).

Le naturaliste voyageur Forster a désigné sous le nom d’Oie antarctique (12) un Anséride qui diffère davantage de l'Oie de

(1) Notamment dans le canal de Noël sur la côte sud de la terre de Feu, près le cap Horn (Cook, op. cit., t. IV, p. 492) dans le Havre du Nouvel an sur la côte nord de la petite île appelée la terre des États (Cook, Op. cit, t. IV. p. 72). — Forster, Descriptiones animalium. p. 338. — Gray, Handlst, t. WI, p. 89, et dans le détroit de Magellan (Sharpe, Birds collected by the Alert. Proced. Zool. soc., 1881, p. 13.)

(2) Micropterus cinereus (Gay, Historia de Chile, Zool., t. T1, p. 457).

(3) Anas Magellanica, Gmelin, Linn., Syst. nat., édit. XII, t I, p. 505 et Anser picta. Gmelin, loc. cit., p. 50%. — Oie des îles Malouines, Buffon, Oiseaux, t.IX, p. 69.

(4) Eyton, À Monographie of the Anatidæ, p.13 et p. 82.

(5) Abbott, op. cit. Ibis, 1861, p. 157. — Lecomte, Proceed. of the Zool. Soc., 1868, 527. :

(6) Schlegel, op. cit. Anseres, p. 99. — Branta (Cloephaga) magellanica. Gray, Handlist, t. I, p. 77. — Bernicla magellanica, Gay, Hist. de Chile, Zool., t. Il, p, 443.

(7) Gray. List genra of Birds, p. 127.

(8) Cunningham, op. cit., p. 185. — Sharpe, Proc. zool. soc., 1881, p. 13.

(9) Abbott, op. cit. (Ibis, 1861, p. 159).

(10) Sclater, Proceed. Zool. soc., 1860, p. 387.

(11) Gray, Voyage of the Erébus and Terror. Birds, pl. 24.

(12) Antarctic Goose, Forster. — Cook, Voyage, t. I, p. 186. — Anas antarctica, Gmelin. Les marins anglais désignent aussi cet Oiseau sous le nom de Kelp-Goose.

4% ALPH. MILNE ÆDVWARDS.

Magellan, mais qui appartient aux mêmes parages. Elle miche aux iles Falkland (1), aux îles Magellaniques (2) et à l'ile Chiloé (3); elle fréquente aussi les côtes du Chili (4).

La tribu des Cygnes compte dans une partie de la région australe deux représentants très remarquables ; le Cygne à col noir et le Coscoroba ou Cygne anatoïde.

Le premier (5) niche sur les bords du détroit de Magellan et habite toute la partie sud du continent américain jusqu’à la Plata (6). IT se montre aux îles Falkland (7) et dans l’île de la Terre de Feu (8); mais il n’est commun que sur la côte orientale de la Patagonie (9), au Chili (10) et dans la République argentine (11).

Le Coscoroba (12) habite les mêmes stations, notamment la Terre de Feu (13), les bords du détroit de Magellan, les îles Falkland (14) et le Chili (15). L'ile Élisabeth près la côte

(1) Bernicla antarctica, Gould, Birds of the Falkland islands (Proc. 2001. soc, 1859, p. 96).

(2) Gay, Hist. de Chile. Zool.,t. HI, p. 443. — Sclater and Salvin, op. it. (Ibis, 1869, p. 289.) :

(3) Branta (Tænidiestes) antarctica, Gray, Handlist, t. WE, p. 76.

(4) C'est l’Anas hybrida de Molina.

(5) Anas nigricollis, Gmelin, Syst. Nature, t. 1, p. 502. — Amas melamocorypha, Molina, Hist. nat. du Chili, p. 207.— Cygnus melanocephalus, Vieillot. Encyclopédie méthodique, p. 352.

(6) Cunningham, Notes on the natural history of the strait of Magellan, p. 267.

(7) Abbott, op. cit. (Ibid. 1861, p. 159.)

(8) Schlegel, op. cit. Anseres, p. 80.

(9) Cunningham, op. cil., p. 267. — Sharpe, 0p. cit. (Procedings o, the zool. soc., 1884, p. 14).

(10) Gay, Historia de Chile, Zool..t. WI, p.446.

(11) Collection du Muséum.

(12) Anas Coscoroba. Molina, Hist. nat. Chile, p. 07.

(13) Schlegel, op, cit., Anseres, p. 83.

(14) Sclater and Salvin, op. cit. (Ibid., 1861, p. 139).

(15) Gay, Op. cit. Zool., t. WE, p. 46.

sud de la Patagonie est un de ses lieux de reproduction (1).

Le groupe zoologique des Anatides contribue aussi très largement à la composition de la faune avienne de la portion américaine: de la région australe. L’Anas cristuta (2) est une des espèces les plus communes dans le détroit de Magellan (3), il niche aussi aux îles Falkland (4), il fréquente les: côtes du Pérou eb de la Bolivie (9).

L'Anas chaleoptera (6) désigné par King sous le nom d’Anus specularis et d'Anas specularoules est um Canard très, voisin du précédent, mais quis’en distingue par som plumage; 1k se trouve aussi dans le détroit de Magellan (7) el & été observé sur la côte: ouest de l'Amérique méridionale, jusqu’en Bolivie.

On a trouvé aussi dans ces parages un Canard très voisin:de nos Pilets, lAnas (Dafila) spinicauda (8). Le:musée de Leyde en possède des exemplaires provenant du Chili, des Falkland et du Brésil (9). I à été trouvé aussi sur la côte occidentale à Talcahuano (10).

Un représentant de nos Canards siffleurs, le Mareca chiloensis (11) habite l’île Chiloé etles côtes du Chili (12) jusqu’à Coquimbo (13) ainsi que dans le détroit de Magellan (14); 1l

(1) Cunningham l’a trouvé, nichant ainsi que le Cygne à col noir, à l’île Elisabeth près la côte nord du détroit de Magellan, op. cil., p. 207.

(2) Anas cristala, Gmelin, Systema Nature, t. 1, p. 540.

(3) Cunningham, Notes on the nat. hist. of the Strait of Magellan, p: 154. — Sharpe, op. cit. (Proced. zool. soc, 1881, ps. 13.)

(4) Abbott, op. cit. (Ibid. 861, p. 160).

(5) Le musée britannique en possède des exemplaires provenant de tous ces pays (Gray, Handlist, t. UE, p. 82).

(6) Kiutlitz, Mem. de l'Acad.. de Saint-Pétersbourg, 1835, t. II, n° 474, pl. 5. — Jardine and Selby, Hlustr. Ornith., pl. 40.

(7) Gray, Handlist, t. IL, p. 82.

(8) Anas Oæyura, Meyen. Dafila oæyura, Gray. Handlist,.t. II, p. 81.

(9) Schlegel, Anseres, p. 38.

(10) Sharpe, op. cit. Proced. zool. soc. 1881, p. 14.

(41) King, Birds from the straits:of Magellan (Proced.. Zool. Soe., 1321, p. 15). — Eyton, Monograph of the Anatidæ, p.117, p. 21.

(12) Gay, Historia de Chile. Zool.,.t. I, ps 447.

(13) Sharpe, op. cit. (Proceed. zool. soc, 1881, p. 13.)

(14) Sclater et Salvin, op. cit. Ibis, 1869, p. 284.

se reproduit à Falkland (1) et il s'étend vers le nord de l'Amérique méridionale jusqu’à Cayenne (2), mais sa présence n’a pas été signalée dans l’extrême sud.

L’Anas urophasianus (3) qui appartient au même sous-genre et qui habite l'Amérique septentrionale paraît se trouver aussi à Falkland (4).

Indépendamment de la Querquedula creccoides qui est commune au Chili et qui niche en grand nombre aux îles Falkland (5), on voit dans cette station trois Sarcelles qui habitent le continent américain, savoir : la Querquedula versicolor (6), la Querquedula oxyptera (7) et la Querquedula cyanoptera (8). Cette dernière qui est rare dans le détroit de Magellan (9) se trouve aux îles Falkland (10) et aux îles Chiloé (11). Du reste,

ai

on la rencontre à la Nouvelle-Grenade (12) et jusqu’en Californie (13).

CHAPITRE X. — OISEAUX TERRESTRES DE LA RÉGION ANTARCTIQUE ET RÉSUMÉ GÉNÉRAL.

Les faits exposés dans les chapitres précédents de ce mémoire montrent que la région antarctique possède une faune avienne

(1) Abbott, Birds of the Falkland islands (Ibid., 1861, p. 160).

(2) Eyton, op. cit., p. 117.

(3) Vigors, Sketches in Ornilthology (The Zoological Journal 1829, t. IV, p. 397). — Dafila urophasianus, Eyton, Op. cit., p. 112, pl. 20.

(4) Dafila urophasianus, Abbott, Op. cit. (Ibid., 1861, p. 161.)

(5) Voy. ci-dessus, p. 40.

(6) Jardine et Selby, Ilustr., 10, pl, 23. — Anas Fretensis, King op. ct. ( Proced. zool. soc., 1830-31, p. 15.) — Querquedula versicolor, Abbott, op. cit. (Ibid., 1861, p. 161.)

(7) Sharpe, op. cit. (Proced. zool. soc., 1881, p. 14.)

(S) Vigors, Zool. Journ. supplém., pl. 29. — Jardine and Selby, op. cit. — Sharpe, op. cit. (Proced. Zool. Soc., 1881, p. 14.)

(9) Cunningham, op. cit., p. 215.

(10) Querquedula cyanoptera, Abbott, Birds of the Falkland islands (Ibid,

(11) A. Rafflesi, King, op. cit. Zool. Jour., 1820, t. IV, p. 79.

(12) Verreaux, Notes manuscrites.

(13) Schlegel, op. cit., Anseres, p. 52.

FAUNE DES RÉGIONS AUSTRALES. 47 spéciale, caractérisée par plusieurs types zoologiques fort remarquables et offrant à peu de choses près une composition similaire tout autour du globe, mais dont divers membres s'étendent à des distances très variables sur certaines parties adjacentes, de manière à exercer une influence plus où moins grande sur les caractères de la population ornithologique de ces dernières régions.

Des mélanges en sens inverse ont eu lieu aussi, mais 1l sont en général de minime importance, et leur nature varie avec les relations géographiques qui existent entre les différentes parties de la zone antarctique et les terres habitées par des faunes aviennes particulières, notamment avec l'Amérique du Sud, avec l'Afrique, avec l'Australie et avec la Nouvelle-Zélande.

Tantôt ce sont des visiteurs qui se montrent ainsi dans quelque station antarctique sans s’y établir et y faire souche ; d’autres fois ce sont des émigrants qui ytrouvent des conditions biologiques compatibles avec leur multiplication, s’y fixent et y fondent des colonies locales. Les oiseaux terrestres manquent complètement ou sont tout au moins fort rares dans les stations de la région antaretique. Ni le capitaine Ross, ni Dumont d'Urville, ni les naturalistes de lPexpédition commandée par Wilkes n’en ont aperçu sur les terres de l’extrème sud et, en lisant attentivement les narrations des autres marins qui ont visité les nombreux groupes d'îles situées au sud du cap Horn Je n’y ai aperçu aucune irdication de nature à me faire croire à l’existence d'oiseaux non aquatiques dans ces parages.

Les iles isolées qui sont situées très loin au sud de l’océan Indien, entre le trente-cmquième et le soixante-seizième degré de longitude est, savoir : l'ile du Prince-Édouard et lile Marion, les Crozet, Kerguelen, puis vers le nord-est, Saint- Paul et Amsterdam ne sont habitées aussi par aucun oiseau terrestre. Ainsi jules Verreaux, qui visita Saint-Paul il y a environ cinquante ans, n’y aperçut que des Palmipèdes et les naturalistes de l'expédition autrichienne de la Novara n’y trouvèrent que les cinq espèces suivantes :

Le Manchot à aigrettes jaunes (Eudyptes chrysocoma); l Alba-

48 ALPH. MILNE EDWARBS.

tros à bec jaune (Diomædea chlororhyncha) et deux hirondelles de mer, la Sterna vittata et la Sterna melanawhyncha.

J’ajouterai que les observations faites récemment par MM. Vélain, Lantz et de L'Isle, pendant le long séjour de l'expédition astronomique française dans la même station, tout en allongeant notablement cette liste d'oiseaux pélagiens, n’ont rien changé aux connaissances que nous: avions du caractère de la faune avienne de l’île Saint-Paul et qu’en explorant l'ile Amsterdam 1l n’y ont constalté l’existence que des mêmes espèces (1).

A Kerguelen, île moins petite et moins stérile, située beaucoup plus au sud-ouest, la faune avienne-est un peu plus variée et participe davantage aux caractères de celle existant à Falkland, et sur les autres îles de l'Amérique australe.

En effet, on y trouve, outre les Manchots et les oiseaux de haut vol qui sont répandus presque partout dans la région antarctique, des Ghionis qui ne volent jamais au loin et qui ne nagent pas aussi bien que les Palmipèdes (2). I y a aussi à Kerguelen un oiseau qui est côtier plutôt que pélagique, c’est la Sarcelle d’'Eyton (3); mais dans cette ile, de même qu’à Saint-Paul, les oiseaux terrestres font complètement défaut et la faune est uniquement antarctique (4). Ce sont les Man-

(1) La collection faite a l’île Saint-Paul en 1875 par MM. Lantz, Velain et de l'Isle, pour le Muséum d'histoire naturelle se compose des espèces suivantes :

Eudyptes chrysocoma. Lestris antarcticus.

Diomædea exœulans. Ossifraga gigantea.

D. fuliginosa. Sterna vittata.

D. chlororhynchka. S. frontalis.

D. melanophrys.. Prion vittatus.

M. Velain fait mention du Procellaria capensis et du P. Hæsitata, du Puffinus equinoxialis comme S'y trouvant aussi. À l’île Amsterdam, ce dernier voyageur vit les mêmes espèces à l’exception du Prion vittatus (Vélain, op. cil., p. 48 et 96).

(2) Voy. ci-dessus, p. 24.

(3) Voy. ci-dessus, p. 40,

(4) Je rappellerai que depuis la rédaction de mon travail général sur la faune des régions australes déposé à l’Académie des sciences en 1875, l’histoire naturelle de. Kerguelem à été l’objet d'études nouvelles faites par les

FAUNE DES RÉGIONS AUSTRALES. 49 chots, les Albatros et les Procellariens qui donnent à sa population avienne ses principaux caractères (1).

Aux îles Crozet et à l'ile du Prince-Édouard, situées moins loin du cap de Bonne-Espérance, la faune avienne est à peu près la même qu’à Kerguelen. Un ingénieur anglais, M. Harris, quiavait habité pendant plusieurs mois l’île du Prince-Édouard, rocher où les navigateurs n’abordent que rarement, a constaté que les oiseaux de mer y nichent en grand nombre et que Fon y trouve l’Albatros fuligineux, aussi bien que Albatros errant, le Stercoraire austral, le Procellaria géant, et quelques Canards que maintenant l'on sait être la Querquedula Eutoni, dont je viens de rappeler la présence à Kerguelen; enfin le Chionis.

Aux îles Crozet 1l y a aussi le Prion Branksi (2).

La petite ile Marion, située un peu au sud de lile du Prmce- Édouard, est aussi une station de reproduction pour les oiseaux pélagiens de la région antarctique, mais sa faune n’est que peu connue (3).

membres des expéditions anglaise, américaine et allemande pour l'observation du passage de Vénus devant le soleil en 1874, mais les faits dont la science est redevable à ces savants ne modifient en rien d’essentiel ce que j'en avais dit précédemment.

L'expédition plus récente du Challenger ne nous a rien appris de nouveau relativement à la composition de cette petite faune locale (Voy. : Sclater, On the Birds of Kerguelen island, Voyage of the Challenger z0o1., vol. IN, p. 115.)

(4) Voici la liste des espèces dont l’existence a été constatée à Kerguelen :

Chionis minor, Querquedula Eatoni, Larus dominicanus, Slercorarius antarcticus, Sterna virgata, S. vittata, Pelecanoïides wrinatrix, Daption capensis, Majaqueus œquinoxialis, Prionus Kuhli, Thalassoica tenuirostris, OŒstrellata brevirostris, OE. Lessoni, OE. Mollis, Procellaria nereis, Ocea= nites tropica, 0. oceanica, Prion vittatus, P. desolatus, Halobæna cœrulea, Ossifraga gigantea, Diomædea eœulans, D. melanophrys, D. culminata, D. fuliginosa, Phalacocorax verrucosus, Tachypetes aquila, Aptenodytes longirostris, Pygoscelis papua, Eudyptes chrysolophas, E. chrysocoma.

(2) Voy. Hutton. Notes on some Birds inhabiting the southern Ocean (Ibid, 1865, $ 2, vol. I, p. 296).

(3) Dans la partie zoologique du voyage du Challenger, qui a paru récemment, on trouve l’indication des espèces suivantes recueillies à l’île Marion 1° Aptenodytes Pennanti ou À. longirostris; 2 Pygoscelis papua ou P. tæniatus ; 3° Eudyptes chrysocoma, Prion Banksi, Diomædea exulans.

50 ALPEX. NSELNE EIVV ARBRES.

Sur les îles antarctiques de locéan Pacifique qui, au point de vue de la géographie physique, sont des dépendances de la région néo-zélandaise, l'influence du voismage de la faune avienne de celle-ci se fait nettement sentir.

A l’île Campbell, les naturalistes qui accompagnèrent le capitaine Ross, dans son voyage aux terres antarctiques, ne rencontrèrent aucun oiseau non nageur. Mais M. H. Filhol qui, en 1873, y séjourna pendant plusieurs mois, lors de l'expédition astronomique pour l'observation du passage de Vénus (1), en a rapporté un pelit Passereau, le Zosterops lateralis qui fréquente en troupes nombreuses diverses parties de la Nouvelle-Zélande, et qui parait être originaire de la Tasmanie (2).

A l'ile Macquarie, située au sud-ouest de l’île Campbell, l'expédition américaine, commandée par Wilkes, trouva à côté des Manchots quelques Perruches qui sont venues probablement de la Nouvelle-Zélande, car elles paraissent ne pas différer spécifiquement du Kakiriki des Maoris. Ce dernier Oiseau dont la coloration varie notablement, même dans sa patrie originaire, à été désigné par les ornithologistes sous beaucoup de noms différents tels que Psiltacus pacificus, Psittacus Nove Zelandie, Platycercus erythrotis et Platycercus Cooku, ete.; mais M. Finsch, qui a fait des Psittaciens une étude très attentive, n’admet pas ces distinctions et son opinion à cet égard est complètement partagée par M. Buller, dans son ouvrage sur la faune avienne de la Nouvelle-Zélande (3).

Il est également à noter que ce n’est pas seulement vers

(1) Les oiseaux nageurs trouvés à l'ile Campbell par ce naturaliste, sont : VAptenodytes Pennanti, l Eudyptes chrysocoma, VE. antipoda, le Diomædea eæulans, lOssifraga gigantea, le Lestris antarcticus, le Larus dominicanus, le Puffinus tristis, le Phalacrocorax Campbelli et l'Anas superciliosa.

(2) Voy. Buller Hist. of the Birds of New-Zealand, p. 80.

(3) Voy. Finsch, Die Papageien, monographisch bearbeitet, B. IE, p. 273.

> Buller, History of the Birds of New-Zealand, p. 58.

FAUNE DES RÉGIONS AUSTRALES. o1 le sud que cette Perruche à colonisé; elle s’est établie vers l’est, à Pile Chatham (1) et vers le nord, à l'ile Norfolk (2). Enfin elle ne diffère que très peu d’une Perruche de la Nouvelle-Calédontie, le Platycercus Saisseti.

L'ile Auckland, située beaucoup plus près de la Nouvelle- Zélande que ne le sont l'île Macquarie et l’île Campbell, possède outre la Perruche dont Je viens de parler une autre espèce ou variété du mème genre qui est très commune à la Nouvelle- Zélande et qui a été appelée Platycercus auriceps (3). Le naturaliste Mac Cormick, qui accompagna Ross dans l'expédition anglaise vers le pèle sud et qui visita l'ile Auckland en 1840, dit que les Oiseaux terrestres y sont peu variés et même en petit nombre; cependant il y signala l’existence de plusieurs Passereaux (4),et les collections qu'il forma dans cette localité contenaient quatre espèces de cet ordre, (9) ainsi que deux espèces

(1) Les individus provenant de cette station ont été catalogués par G. R. Gray, sous le nom de Platycercus Rayneri (Ibid, 1862, p. 228). — Voy. Finsch., op. cit., p. 276.

(2) Les individus provenant de cette station ont été décrits par Charles Bonaparte sous le nom de Platycercus aucklandicus ; mais ne paraissent pas devoir être distingués spécifiquement du Psittacus pacificus de Forster (Descript. anim., p. T3, fig. Psitt, n° 4%, 46) appelé ensuite Psittacus Novæ Zeelandiæ, par Sparmann (Mus. Carls, pl. ?8) et Platycercus Novæ Zelandie, par Gray, Erebus and Terror, Birds, p. 9, et par Buller, Birds of New-Zealand, p. 61, pl. 6, fig. 2.

(3) Kuhl, Conspectus Psittacorum, p. 46 ; Erebus and Terror, Birds. — Buller, op. cit., p. 61, pl. 6.

(4) Geological remarks on the antarctic continent by R. M'Cormick. (A Voyage of discovery in the southerm and antarctic region by, J. G. Ross, t. Il, p.412). |

(2) Ces Oiseaux ont été décrits par G. Gray, Voyage of the Erebus and Terror, Lool. Birds, ce sont :

1° Certhia cincinnata, Forster, op. cit., p. 78. Merops Novæ Zeelandie, Gmelin, op. cit., p.464. Prosthemadera Nov Zeelandiæw, Gray, Erebus and Terror, p. 3;

2 Certhia olivacea, Forster, op. cit., p. 79 (et icones ined, n° 62). — Certhia melanura, Sparmann, op. cit., pl. 5. — Philemon Dumerilii, Lesson. Voyage de la « Coquille », Zool., p.644, pl. 21, fig. 2.—Anthornis melanura, G. Gray; Erebus and Terror, p. 4.

3 Turdus minutus, Forst, op. cit., p. 83 (et icones ined, n° 149). — Parus macrocephalus, Gmelin, op. cit., p. 1013. — Miro Forsterorum, Gray, 0p.

n9 ALPH. MILNE EDWARDS.

d'Échassiers de rivage (4), et un Oiseau de proie, le: Falco Nove Zelandie (2).

Je rappellera aussi que le Chionis y habite et que parmi ces Oiseaux nageurs de l’ordre des Palmipèdes, il en est plusieurs qui n'ont pas été trouvés dans d’autres régions, notamment uw grand Manchot dont j'ai parlé précédemment (3). Quant aux Pétrels et aux autres Oiseaux de haute mer qui se montrent partout dans cette zone froide, 1l serait superflu d'y revenir 1C1.

L'influence exercée sur la composition de la faune avienne de la zone circumpolaire australe par le voisinage d’autres régions zoogéniques est mise encore mieux en évidence par l’examen comparatif des stations ornithologiques situées dans l’extrème sud de Atlantique. En eflet cette comparaison fait voir que la dissémination desespèces terrestres est subordonnée à la grandeur des distances à franchir par les colonisateurs plus encore qu'aux différences de température entre la patrie originaire de ces espèces et les stations où elles peuvent arriver.

L’Archipel Fuegien qui dépasse le cmquante-cinquième degré de latitude sud, et qui n’est séparé du continent américain que par des bras de mer très étroits, possède une faune avienne mixte : les Oiseaux marins appartiennent presque tous à la

cit., t. Dieffenbach, Travels in New-Zealand.— Petroica macrocephala, Gray, Erebus and Terror, Birds, p. 6.

(1) 1° Le Thinornis Rossi, Gray, Erebus and Terror, Birds, p. 12,pl. 11. — 2° Le Gallinago aucklandica, Gray, op. cit.,.p. 13, pl. 13: — Buller, Birds of New-Zealand, 196,

(2) Gmelin, Syst. nat , p. 268. — Falco australis, Hombron et Jacquinot (op. cil., Annales des Sciences naturelles, 1841, p. 312)et Falco Novæ Zelandiw. Voyage au pôle sud, Zool., t. HI, p. 47, pl. 1, fig. 1. — Buller, Birds of New-Zenland, ete., p. E.

(3) Le Megadyptes antipodes, voy. chapitre IH, article 4; la Nesonetta aucklandica et le Merqus australis.

(a) Darwin.et Gould, op. ail., p. &:

FAUNE DES RÉGIONS AUSTRALES. 93 faune antarctique ; mais les Oiseaux terrestres, au lieu de manquer complétement ou d'être en très petit nombre comme dans ies stations isolées de l'océan austral, s'y trouvent en nombre considérable et sont tous des représentants de types quiexistent en Patagonie, au Chili et souvent aussi, beaucoup plus loin, vers le nord, dans le nouveau monde. La Terre de Fen qui est la principale ile de ce groupe et qui est très bien boisée, a été explorée par Ch. Darwin ainsi que par quelques autres naturalistes ; elle est habitée par beaucoup de Passereaux et par quelques Rapaces, tels que le Cathartes awra où Vultur jota des Chiliens (1), qui se montre sur le continent américam, depuis le quarante-cinquième degré de latitude nord Jusqu'à l'extrémité du groupe fuegien, par cinquante-cinq degrés de latitude sud; le Caracara où Polyborus brasiliensis (2), le Milvago pezoporus (3), le Buteo erythronotus (4) et an Oiseau de proie nocturne, l’Ulula rufipes (5). Parmi les Passereaux de cette localité, je eiterai une Grive (6) plusieurs espèces de la fanmille des Moucherolles (7); deux espèces de

(1) Gould. Birds. (Voyage of the Beagle, p. &.)

(2) Falco tharus, Molina, Storia nat. del Chili, t. AL, p. 173. — Caracura vulgaris, Gay, Hist. du Chili, Zool., t.1, p. 207, pl. 1. — Polyborus caracara, Spix. aves Brasil,t. 1, pl. 1. — Polyborus tharus, Cassin, Iustrations of the Birds of California, p. 143. — Polyborus brasiliensis, Audubon, Birds of North America, pl. 161. *

(3) Aquila pezopora, Mayen (Nova acta Acad. nat. 183%, sappl. pl. 6). — Milvus pezoporus, Gould, Voyage of the Beagle. Birus, p. 13.

(4) Gay, op. cit., t. 1, p. 215. — Buteo tricolor, d'Orbigny, pl. 3.

(5) Strir rufipes, King, Animals of the Str nits of Magellan, AUDE, » Journ. 1828, t. III, p. 426. — Uhr ru DES, Gould, loc. cit., p. 34.

(6) Le Turdus Falklandicus, Pernetty, Hist. d'un voyage aux iles Malouines, t. M, p. 20. — Quoy et Gaimard. Voyage de l'Uranie. Zool., p. 104. — Darwin et Gould, Voy. of the Beagle, p. 59. C’est la femelle de cette espèce de a été appelée Turdus magellanicus, par King (op. cit., Zool. Journ., t. IL p. 430).— Sharpe, Birds collected by the « Alert » P) aceed. Zool. So. 5" or:

(7) Savoir :

1° Le Myiobius albiceps où Muscipeta albiceps, d'Orbigny et Lafresnaye, Magaz. de Zool. de Guérin, 1837, p. 47. — Gould et Darwin, op. cit., p.. 47).

2° Le Myiohius parvirostris, Gould (op. cit., p. 48).

3° Le Serpophaga parulus (Muscicapa parulus), Kittlitz (Mém. de l'Acad. de

la famille des Kourniers ; lOpetiorhynchus vulgaris (D) et l’'Opetiorynchus patagonicus (2). Un Roitelet (3), une Fauvette (4), plusieurs autres petits Passereaux et un Martin pêcheur (3).

Un peu plus au nord, sur le bord continental du détroit de Magellan, les colonies aviennes de provenance chilienne ou argentine sont plus variées et plus importantes. Ainsi on y trouve un des Oiseaux les plus caractéristiques de la faune sud-américaine, le Gygne à col noir.

De mème que dans le sud de locéan Pacifique, quelques représentants de la grande famille des Psittaciens s'étendent dans le nouveau monde jusque dans la région antarctique. Mais, ce sont des dérivés d’un type différent dont le foyer zoogénique se trouve plus au nord sur le continent américain et dont les dérivés ne se montrent ni dans l’ancien monde ni dans la région australienne ni dans l'Océanie. La présence de Perroquets dans un pays aussi froid est un fait dont les anciens navigateurs, dans le détroit de Magellan, ont parlé avec

Saint-Petersbourg, 1831, pl. 9.— Culicivora parulus, d'Orbigny ei Lafresnaye, (lobe; p. 541).

4 Le Muscicapa pyrope, Kittlitz (loc. cit , pl. 10) ou Xolmis pyrope, Darwin et Gould, op. cit., p. 55.

(1) Uppucerthia vulgaris, d'Orbigny et Lafresnaye (loc. cit., p. 23). — Opethiorhynchus vulgaris, Darwin et Gould (loc. cit., p. 66).

(2) Patagonian Warbler. Latham, Synopsis, t. IV, p. 634. — Motacilla Patagonica, Gmelin; Forster, Descrip. anim., p. 324. — Furnarius chilensis, Lesson, Voyage de la « Coquille »,t.1, p. 571.—Opethiorhynchus rupestris, Kittlitz (loc. cit., pl. 8). — Opethiorhynchus patagonicus, Varwin et Gould, op: Ci, PAbT:

(3) Le Troglodyles Magellanicus, Gould, Proceedings of the Zoological Society, 1836, p. 88; ressemble beaucoup à notre Troglodyte et s'étend depuis les parties chaudes de l'Amérique jusqu’à la Terre de Feu (Darwin et Gould, op. Cil., p. 14)

(4) Scytalopus Magellanicus qui habite les Falkland, les îles de la côte ouest de la Patagonie et le Chili (Darwin et Gould, loc. cil., p. 74).

(5) L’Alcedo torquata de Gmelin ou Ceryle torquata, Ch. Bonaparte, qui est très commun à Chiloé et s'étend de la Pluta, du Brésil ou même des Antilles jasqu’au Cap Horn où il se nourrit de Crustacés (Darwin et Gould, op. cit, p. 42).

FAUNE DES RÉGIONS AUSTRALES. 55 surprise (1) et qui, en effet, est très digne d’attention, car il montre que les Oiseaux de ce groupe essentiellement tropical peuvent s’accommoder de conditions biologiques variées, sans subir dans leur organisation des modifications notables.

L'un de ces Perroquets des terres magellaniques est le Conurus patagonus où Conurus cyanolyseos qui habite la Patagonie, le Chili, (2) et la République argentine (3). Il niche sur la côte est de la Patagonie, par trente-neuf degrés de latitude sud à Bahia Blanca, (4) et sa présence a été constatée à Punta Arenas (9). Mais on ne sait pas s’il se reproduit dans cette Localité. Au Chili, il est très commun (6). Une autre espèce du même genre, le Perroquet émeraude (7) ou Conurus smarragdinus (8), se trouve en Patagonie aussi bien qu’au Chili et à Port-Famine, sur la côte septentrionale de la Terre de Feu.

Les Oiseaux mouches qui abondent dans les parties chaudes de l'Amérique continentale et appartiennent exclusivement au nouveau monde s'étendent non moins loin vers le sud dans l'Archipel fuegien. Le voyageur King a vu à Port-Galand, sur le bord du détroit de Magellan, la plus grande des espèces de cette famille (9) que Vieillot a figuré la première fois sous le nom de Trochilus gigas (1C) et que les ornithologistes de nos jours considèrent comme devant être classée dans un genre particu-

(1) Olivier Van Noort; voyez : de Brosses, Histoire des navigations aux Terres australes, t. 1, p. 299 (1756). — Spilbergen, voyez de Brosses, op. cil., t. 1, p. 345. — Wood, Voyage through the straits of Magellan, in 1699.

Buffon révoqua en doute l'existence des Perroquets à des altitudes si élevées (Hist. nat. des Oiseaux, t. VI, p. 262).

(2) Maracana Patagon, Azara, Apuntam, t. II, p, 420.

Psittacus patagonus, Vieillot, Encyclopédie méthodique, p. 1400.

(3) Burmeister. Reise durch die La Plata Staaten, t. IL. p. 441.

(4) Darwin, Zool. of the voyage of the Beagle, t. XXXVII. Birds by Gould, p. 113.

(5) Cunningham, Notes onthe Natural history ofthe strait of Magellan, p.76.

(6) Gay, op. cit., Z.,t 1, p. 367.

(7) Vieillot, Ornithologre, t. HI, p. 1398.

(8) King, op. cit. (Zool. Journal V, t. HI, p. 430).

(9) King, op. cit. (Zool. Journ., t. U, p. 431).

(10) Galerie des Oiseaux, pl. 180. — Lesson substitua à ce nom celui d’Ornismya tristis (Hist. nat. des Oiscaux-Mouckhes, p. 43, pl. 3).

lier (4). Probablement ces Trochihens n’y sont que des visiteurs temporaires, car, même au Chili où ts rmchent, on les voit arriver vers le mois d'avril et repartir pour le nord après trois mois de séjour dans ce pays (2), Il est aussi à noter qu'ilsiont les ailes extrêmement longueset qu'ils fréquentent non seulement les côtes et les montagnes de la région du sud, mais aussi les parties élevées des Andes, dans le Pérouet dans l'Équateur.

Les Passereaux collectés sur les bords du détroit de Magellan ou sur quelques points adjacents de la côte patagonienne par M. Cunningham, appartiennent à des espèces qui, presque toutes, habitent aussi le Chili (3).

Le Condor n'est pas rare à Punta-Areñas (4), et plusieurs autres Rapaces dont l'existence n’a pas été signalée plus au sud, se montrent aussi sur la partie extrème de la Patagonie continentale (5).

Je dois citer également, parmi les Oiseaux qui fréquentent l'extrémité sud de la Patagonie continentale, l’Attagis, le Thi-

(1) Patagona gigas, G. Gray, Hand-List, t. 1, p. 150, n° 1945.

(2) Gould, Monograph of the Trochilidæ, t. 4, pl. 232.

(3) Voici la liste que MM. Sclater et Salvin en ont dressé (his, 1868, p. 185). Turdus falklandicus; Mimus patagonicus; Troglodytes magellanicus; Hirundo Meyeni; Zonotrichia canicapilla: Phrygillus Gayi: P. formosus ; P. fruticeli: P. meianoderus ; P. xanthogrammus: Sycalis arvensis; Chrysomitris barbata; Sturnella mililaris : Carœus aterrimus : Cinclodes fuscus ; C. patagonicus: Upucerthia dumetoria; Eremobius phænicurus ; Oxyurus spinicauda ; Synallaæis sordida : S. anthoïdes : S. aegithaloïdes : Scytalopus magellanicus : Agriornis marilima ; À. microptera ; Tœænioptera pyrope ; Muscisaxicola mentalis ; Centrites niger ; Anœæretes parulus : Serpophaga parvirostris : Elainea modesta.

Aucune addition importante n’y a été faite par les voyages plus récents, notamment par l'expédition de l’Alert dont les collections ernithologiques ontété étudiées par M. Sharpe. (Account of the zoological collections made during the survey of H.M. S. « Alert » in the straits of Magellan and on the coast of Patagonia (Proceed. zool. soc., 1881, p. 6.)

(4) Cunningham, Letter (Ibis, 1868,, p. 125).

(5) MM. Sclater et Salvin (Ibid, 1868, p. 188) ont reconnu dans les eollections formées dans le détroit de Magellan, par M. Cunningham, outre le Poly-

borus caracara, les espèces suivantes : — Puteo erythronotus ; — Accipiter chilensis ; — Tinnunculus sparverius ; — Circus macropterus; — Bubo magellanicus: — Glaucidium nanum; — Otus brachyotus; — Pholeoptynx

cunicularia.

nocore et plusieurs Echassiers, notamment un Flamant (1), un Vanneau (2), un Pluvier (3), un Huitrier (4), une Bécasse (5), un Chevalier (6), et un Ràle (7).

Sur le groupe des îles Falkland qui est situé moins loin vers le sud que le détroit de Magellan, mais qui est séparé de l'Amérique par un bras de mer large d'environ cent lieues, et par conséquent moins facile à coloniser par les oiseaux terrestres de la Patagonie, les oiseaux pélagiens abondent, mais les oiseaux non nageurs y sont peu variés. Gette petite faune avienne a été étudiée attentivement il y à plus d’un demisiècle, d’abord par Quoy et Gaimard (8), puis par Garnot (9) ; récemment elle a été examinée par plusieurs ornithologistes

anglais, au nombre desquels je citerai en première ligne Ch. Darwin, M. Sclater et M. Abbott (10), elle est donc assez bien connue et cependant la liste de ses espèces est très courte (11).

(1) PhϾnicopterus ignipalliatus.

(2) Vanellus cayennensis.

(3) Eudromias modesta.

(4) Haematopus leucopus.

() Gallinago Paraguaie.

(6) Tringa fuscicollis.

(7) Rallus antarcticus (Sharpe, op. cit.),

(8) L. de Freycinet, voyage à bord de l'Uranie, Zool., p. 48.

(9) Remarques sur la zoologie des îles Malouines (Ann. des sciences natur., 1826, t. VIT, p. 39).

(10) Gould, List of Birds from the Falkland Islands collected principaly by Cap Abbott (Proceed. Zool. Soc., 1859, p. 93).— Notes on the Birds of the Falkland Islands (Ibis, 1861, p. 149). — Sclater Catalogue of the Birds of the Falkland Islands (Proceed. Zool. Soc., 1860, p. 382).

(11) Les espèces suivantes y ontété observées par les naturalistes de l'expédition de la Coquille et enregistrées par Garnot (Remarques sur la zoologie des iles Malouines, Annales des sciences naturelles, 1826, t. VIL, p. 41). Lu plupart d’entre elles y ont été collectées plus récemment par M. Abbott.

Un Vautour, Vultur aura Vieillot.

Une Buse, Falco polyosoma Quoy et Gaimard, op. cil., pl. 14.

Un Busard, Falco histrionicus Quoy et Gaim., op. cit., pl. 15 et 16.

Un Caracara, Falca brasiliensis.

Ure Chouette indéterminée.

Une Grive, Turdus Falklandie (. et G.

Une Grive, Grive guivron.

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