PREMIÈRE PARTIE
RECHERCHES SUR L'ANATOMIE, LA PHYSIOLOGIE ET L'EMBRYOGENIE DE QUELQUES CRUSTACÉS.
LES MYSIDÉS.
LITTÉRATURE
MULLER. Zoolog. Danica, vol. Il, pag. 34, pl. LXVE.
Joux v. Taoupsox, Zoolog. Researches and illustrations. Cork (1828), vol. L.
RarTuke, Beobacht. und Betracht. ueber die Entwickelung der Mysis vuzcanis. Wegmann's
Archiv., 1859, p. 195.
Rarue, Beiträge zur Fauna Norwegens, Nov. Acr. NAT. CUR., VOL XX, p. [, p. 18.
Miixe Epwarps, Histoire naturelle des Crustacés, t. I, p. 456.
Frey uxp Leucrarr, Ueber die Gattung Mysis. Beiträge zur Kentniss… 1847, p. 110. Wregmans Archiv., A851, p. 416.
C. Srexce, On the british Edriophthalma, report of the 25 meeting. London, 1856, p. 18.
Du Janniv, Comptes rendus de l’Académie des sciences, 1843, t. XVI, p. 1025. Bnanor, Middendorf”s Siberische Reise, ZooLoce, pp. 79-161.
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HISTORIQUE
Les mysidés sont des crustacés du plus haut intérêt pour le zoologiste. Hs appartiennent à cette catégorie d'êtres qui semblent destinés à trahir les affinités secrètes que la nature met quelquefois le plus grand soin à cacher. Ils sont décapodes véritables, et personne ne se douterait, à la première vue, qu'il existe la moindre différence d'organisation entre eux et ces derniers ; néanmoins on en a fait généralement des stomapodes. Les premiers zoologistes les ont placés parmi les crangons, et nous ne craignons pas d’avouer que nous-même nous avions déjà eu plus de cent fois des mysis vivants sous les veux sans nous douter de leurs véritables affinités. Nous nous rappelons le jour où, pour la première fois, un de ces crustacés nous frappa par le développement singulier des pédoncules oculaires et par la grâce de ses allures vives et décidées. Cependant, que de différences, même anatomiques, quand on les examine de près! Ils ont des pattes doubles, dont un rang sert pour la marche et l'autre pour la nage ; ils ne se servent pas de leur queue pour la nage comme les autres décapodes, et on ne trouve sous le céphalothorax aucune apparence de branchies ou de cavité pour les loger. Ils ressemblent beaucoup, sous ce rapport, à de jeunes homards qui viennent récemment d'éclore et qui n'ont encore ni leur appareil respiratoire définitif, ni leur puissant appareil musculaire de l'abdomen, mais dont l'heure d'arrêt a sonné dans la voie de l’évolution. Les mysis, en effet, sont aux crustacés décapodes ce que les axolotl sont aux batraciens anoures, et cette seule considération caractérise la véritable nature de ces prétendus stomapodes.
Is ont occupé déjà beaucoup de naturalistes, comme nous venons de le voir : S.-F. Müller en a fait mention sous le nom de Cancer fleæuosus, dans sa Zoologia Danica; 3. Thompson, Rathke, Frey et Leuckart les ont étudiés
sous le rapport du développement et de l'anatomie. C'est Lamarck qui à introduit le nom et le genre, et, aux nombreuses espèces que l’on connait déjà, M. Brandt vient d'en ajouter encore une nouvelle, toute noire, de l'Aivatsch-Bay, dans les Middendorf's Siberische Reise, sous le nom de Mysis Awatschensis, pendant que Liljeborg, de son côté, en exhibe une nouvelle de Suède (de Kullaberg) sous le nom de Hysis mixta.
On connait des mysis de la côte de Groenland, de la mer du Nord (côtes de Suède, d'Écosse et de Belgique), de la Manche et de la Méditerranée.
Nous allons faire connaitre d’abord ceux que nous avons eu l’occasion d’observer sur nos côtes ; nous exposerons ensuite le résultat de nos observations sur leur structure anatomique , et, en troisième lieu, nous ferons connaitre les principales phases de leur embryogénie. Nous mettrons chaque fois en évidence l’état de nos connaissances pour mieux juger ce qui reste à faire.
Ce travail sur les mysidés a été fait en grande partie de 1855 à 1857: nous lavons exhibé, avec l'atlas, à la réunion des naturalistes allemande, à Bonn, en 1857 !; nous en avons retardé la publication, afin de pouvoir présenter un travail d'ensemble sur les crustacés de nos côtes.