ANATOMIE DES MYSIS
Ce n'est pas une description anatomique complète que nous comptons présenter ; nous nous sommes borné à l'étude des appareils qui nous ont paru avoir le plus d'importance et dont un nouvel examen pouvait avoir le plus d'intérêt.
Nous commencerons cette étude par le squelette tégumentaire ; mais, avant de décrire les diverses parties qui le constituent, nous nous arrêterons un instant à l'examen des diverses théories qui ont été tour à tour proposées.
L'étude véritablement comparée des pièces du squelette ne date que des premières années de ce siècle, et nous devons nous attendre à ne trouver des traces de cette étude chez les animaux articulés qu'à une époque trèsrapprochée de nous.
On a d'abord décrit chaque pièce séparément, et ce n'est que fort tard qu'on à songé à les comparer toutes entre elles.
Il en a été de même du squelette des articulés.
Au commencement de ce siècle, la bouche, les pattes et toutes les parties de la charpente des insectes étaient décrites par les auteurs avec plus ou moins de soin, mais on ne s'occupait guère des homologies et des analogies : on faisait de l'anatomie descriptive, et on ne songeait même pas qu'il y eùt autre chose à faire.
Les insectes suceurs étaient censés ne pas avoir de mandibules, et partout où un organe ne se développait pas au point de remplir complétement son rôle, on le déclarait absent. Cette absence est souvent réelle, mais seulement sous le rapport physiologique. Une pièce ne manque pas parce qu'elle est à l'état rudimentaire : l'enfant peut ne pas avoir de dents, aux yeux de la mère, mais il en a aux yeux de l'anatomiste, qu'elles aient percé ou non, du moment qu'elles ont surgi même sous les gencives.
Savigny, le premier, a fait entrer ces intéressantes études dans une voie scientifique !. I a trouvé que la bouche des insectes et des apiropodes (myriapodes, arachnides et crustacés) renferme les mêmes éléments anatomiques, mais que ces éléments se modifient selon les besoins : tantôt les pièces s'allongeront, tantôt elles se rapetisseront, conformément aux besoins exigés par le régime.
Il s'est livré aux mêmes recherches à l'égard des pattes. Ces organes ont tous la même valeur anatomique; mais, ici, ils vont aider à la mastication , là , ils facilitent le saut ou la course , ailleurs , ils se modifient en rames pour la vie aquatique. Aussi les travaux de Savigny font-ils époque dans la science, et ses recherches sur la bouche des insectes seront-elles toujours son plus beau titre de gloire.
M. Audouin a continué ces travaux ?. Il a approfondi plus encore cet inépuisable sujet des parties homologues, et, dans un travail intéressant sur le thorax des insectes , il a coordonné le résultat de ses nombreuses investiga-
{ Mémoire sur les animaux sans vertèbres. Paris, 1816. 2? Sur la structure du thorax des insectes (Académie des sciences, 15 mai 1820); Annales des sciences naturelles, t. I.
lions. Audouin ne désespérait pas de reconstruire la têle des articulés en segments rattachés à leurs appendices relatifs.
Tous les organes formant un prolongement de segment sont compris sous le nom d'appendices, depuis les premières antennes jusqu'aux appendices abdominaux et sexuels. Ce n’est que de l'accroissement semblable ou dissemblable des segments, de la réunion ou de la division des pièces qui les composent, du maximum de développement des uns, de l'état rudimentaire des autres, que dépendent toutes les différences qui se remarquent dans la série des animaux articulés.
Audouin et Savigny ont le mérite d’avoir jeté les fondements de cette partie de l'anatomie.
Dans son Æistoire naturelle des crustacés, M. Milne Edwards a traité cette même question avec la hauteur de vue qui lui est habituelle : le savant professeur du Muséum y parle de la composition anatomique du squelette tégumentaire , de la portion annulaire comme de la portion appendiculaire, et met en relief tout ce qui est définitivement acquis à la science. L'organisation du squelette tégumentaire des crustacés est effectuée d’après un plan uniforme, ou du moins beaucoup plus uniforme qu'on ne laurait pensé avant d'en avoir fait une étude approfondie et comparative !.
Chaque appendice, au fond, se compose d'une tige, d'une palpe et d'un fouet : la tige est la partie principale. Ces parties sont quelquefois réunies, même à l'état adulte, soit autour de la bouche, soit aux organes sexuels ; mais le plus souvent il n’y en a qu'une ou deux qui persistent. La dernière patte thoracique des mysis porte, en dehors de la tige, ou la patte ou le fouet, et en dedans, la palpe , sous la forme d’une lame qui constitue avec les palpes voisines la poche incubatrice.
Dans un travail spécial, le savant professeur du Muséum à repris, dans ces derniers temps, ce même sujet pour les crustacés, et propose un système de nomenclature qui ne peut que rendre les descriptions plus intelligibles et surtout plus laconiques ?.
list. nat. des crustacés, vol. 1, p- 0.
? Milne Edwards, Observations sur le squelelte téquim. des crustac. décapodes, AN. sc. NATUR., VOÏ. XVI, p. 221; 1851.
SUR LES CRUSTACES.
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La carapace n’est plus considérée dans ce travail comme les pièces tergales d'un seul anneau antennaire où mandibulaire, mais plutôt comme la réunion de deux arceaux tergaux, dépendants du troisième et du quatrième anneau de la tête, et la portion thoracique du corps se compose normalement de sept segments ou somites, qui portent, selon leur place, le nom de protosomite, deutosomite, mésosomile , tétrosomite , etc.
La portion abdominale des décapodes se compose, comme le thorax, également de sept somites.
Les antennes, les pièces de la bouche ou les pattes étant tous appendices homologues, sont formées de pièces qui se correspondent, et, si les articles des antennes sont nommés, à commencer par la base, coxocérithe, basicérithe , ischiocérithe, mérocérithe, carpocérithe et procérithe, les appendices de la bouche sont formés de coxognathite, basognathite, ischiognathite, mérognathite, carpognathite; prognathite et dactylognathite, où de coxopodite, basopodite , ischiopodite, méropodite, carpopodite ; propodite et dactylopodite , S'il s'agit des pattes.
Chaque pièce de ce squelette est comparée à un os, et chaque os a recu un nom distinct.
Un savant entomologiste de Berlin, que la zoologie à eu le malheur de perdre bien jeune, Erichson, s’est aussi occupé de cette question. Sa théorie est fort simple et assez satisfaisante au premier abord. Les insectes forment son point de départ. Il admet la lèvre inférieure comme une paire d’appendices soudés, et par conséquent les insectes portent régulièrement six paires d'appendices, trois à la bouche et trois au thorax. Les arachnides en montrent, d’après lui, le même nombre; mais la lèvre inférieure avec sa palpe devient pate, ce qui élève ces organes au nombre de quatre paires. Les crustacés décapodes montrent les six paires des insectes et des arachnides en même temps à la bouche, sous le nom de mandibules, de mâchoires et de predsmâchoires , etles pattes de ces articulés, comme leurs fausses pattes, sont des appendices nouveaux qui n'existent pas chez les premiers. Nous ferons remarquer en passant que les pièces de la bouche paraissent simultanément avec les pattes thoraciques, sous la même forme, dans les mêmes conditions , avec les mêmes caractères, et qu'il est difficile de faire de ces appendices
deux catégories distinctes, Dans les crustacés édriophthalmes, deux paires de pattes-mâchoires se transforment en pattes véritables, et, au lieu de cinq paires, ils en ont sept. Voilà en quelques mots la théorie d’Erichson, qui ne s'éloigne guère de celle de Savigny.
Selon Zenker !, ee n'est ni la nature, ni la fonction des appendices qui font connaitre leur homologie: il faut la chercher dans leur origine et dans leurs dispositions anatomiques. Il trouve trois points fixes dans l’économie de ces animaux : les yeux , la bouche et l'anus. Les appendices qui naissent entre les veux et la bouche sont les antennes, ceux qui naissent entre la bouche et l'anus s'appellent mandibules, mâchoires, pattes fausses, pattes incubatrices , rames, ele. Is sont done tous sur la même ligne. Les antennes tirent leurs nerfs des ganglions sus-æsophagiens, et, comme les mandibules et les màchoires des arachnides, reçoivent leurs nerfs de cette même souche : ces appendices sont des antennes, comme on lavait déjà dit, du reste. De cette manière les arachnides n'ont que quatre paires d’appendices en dehors des antennes. Zenker admet ainsi quinze segments dans le corps des articulés , et, à ses veux, il v a quinze paires d’appendices dans les crustacés malacostracés, c’est-à-dire six paires de pièces de la bouche, cinq paires de pièces thoraciques ou pattes et quatre (sic) paires de pattes abdominales ( After Füsse ).
Nous verrons qu'il existe une succession dans l'apparition de ces pièces, que l'on peut prendre cette succession comme base d’une division, et que le nombre quinze ne correspond évidemment pas au nombre de segments des crustacés supérieurs. Nous comptons cinq paires d’appendices à labdomen comme au thorax , une paire à la queue, et le nombre normal est, pour M. Milne Edwards comme pour nous, vingt et un.
D'après Agassiz, les régions du corps se divisent par trois ou son multiple chez les crustacés. Ainsi, chez l'écrevisse , il compte trois parties pour la bouche, six pour la tête, six pour le thorax et neuf pour la queue ?.
Quelques naturalistes anglais ont traité ce même sujet avec une véritable distinction : ce sont surtout MM. Spence Bate et Thomas Huxley 5.
! Troschels’ Archiv, 1854, p. 118.
? Proceed. Amer. Assoc. adv. se., 4 meel., p. 122. New-Haven; 1851.
Spence Bate, Ann. nat. histor., p. 152, 1857, et Thomas Huxley, On the agamic reproduction and morphology of Aphis, Transacr. LINNEAN Soc., vol. XXIT, p. 198: 1858.
D'après ces savants distingués, chaque crustacé normal comprend vingt segments ou somites, et la tête du crustacé, comme celle de l’insecte, est formée de six somites unis par coalescence. La carapace des podophthalmes est formée de six somites céphaliques et de huit thoraciques, de sorte que quatorze éléments sont unis par coalescence. Les yeux, qu'ils soient sessiles ou non, ont leur somite, et, en accordant huit segments au thorax et six à l'abdomen, on obtient le nombre de vingt somites.
Ce nombre vingt se trouve même dans beaucoup d'insectes, d'après M. Thomas Huxlev, en admettant six segments dans la tête, trois dans le thorax et onze dans l'abdomen.
I n’y à que les branchiopodes et les trilobites qui en aient davantage.
Dans les crustacés, la carapace est formée évidemment d’un nombre de pièces variables, même dans les podophthalmes , et, selon le savant professeur de l'École des mines, les podophthalmes en général ont une carapace de quatorze somites , les mysis de douze ou treize, les eumas de neuf et les squilles de quatre seulement.
Sur le nombre total de somites , on est donc à peu près d'accord, quand il s'agit des crustacés les plus élevés, mais les divergences deviennent grandes du moment qu'on analyse les crustacés inférieurs ou les classes voisines.
Ce nombre vingt, admis par ces naturalistes au lieu de vingt et un, provient de ce que le telson n’est pas compté par eux comme un somite distinet. La carapace se terminant en avant par un rostre, ils pensent que le segment caudal se prolonge en arrière en telson.
Ce n'est pas notre avis : le telson correspond à un somite véritable, quoiqu'il n'ait jamais d’appendice et, dès le principe, il est distinet.
Passons en revue les divers appendices des mysis, en tenant compte surtout de leur situation, de leur développement et des divers éléments qui les constituent.
La première paire d’appendices, à commencer d'avant en arrière, comprend les appendices ophthalmiques, qui portent les veux. HIS sont toujours formés de deux pièces ou sclérodermites , le basophthalmite et le podophthalmite , d’après le système de nomenclature proposé par Milne Edwards.
On pourrait leur donner le nom de podophthalme.
Dans l’ordre d'évolution embryonnaire, ces pédicules oculaires ne se développent qu'après les appendices gnatho-thoraciques et après que la premiére mue s'est complétement effectuée.
Chez les homards, ces appendices font leur apparition plus tôt que chez les mysis, et on les voit surgir en même temps que les antennes.
Le genre Podopsis est remarquable par l'extrême développement en lonsueur du podophthalmite , c’est-à-dire du second article qui porte Fœil compose.
Les deux paires d'antennes se développent simultanément et sont toujours les premiers appendices dans l'ordre de leur apparition. Is ont déjà une certaine longueur, qu'on ne voit point encore surgir les premiers tubercules des appendices gnatho-thoraciques futurs.
Ils sont tous les deux d’abord simples, c’est-à-dire ne consistant que dans une tige unique , et ne deviennent bifides qu'après la première mue.
Les antennules des HMysis chameleo adultes sont formées d’un pédieule composé de trois articles parfaitement distinets et mobiles : le coxocératite , le basocératite et l'ischiocératite, et e’est le basocératite qui est le plus large. L'ischiocérithe porte à son extrémité deux tigelles d’une longueur égale, multi-articulées , les procérithes de Milne Edwards ; ces procérithes atteignent à peu près le double de la longueur de la tigelle des antennes véritables. La tigelle interne se fait remarquer d’abord parce que, seule, elle se couvre de taches de pigment, et qu’ensuite elle ne montre sur son trajet que de ioutes petites soies qui ne rappellent aucunement la disposition pectinée de l’autre procérithe ; à la base de cet organe naissent plusieurs soies pennées el courtes , ainsi qu’à la base du basocératite.
Le procérite externe se fait remarquer par une longue rangée de soies, placées avec la plus parfaite régularité et qui sont alignées, comme les denis d’un peigne, sur le bord antérieur , dans presque toute sa longueur : ce sont des soies fort roides, recourbées en avant et en haut, et constituant une sorte de barrage le long de cet organe.
Ces deux tigelles ou procérithes ont à peu près le même diamètre et présentent les mêmes articulations dans toute leur longueur.
Les mâles portent au bout de lischiocérithe , outre les deux procérithes . une lamelle terminale hérissée de fortes soies et qui mériterait bien un nom particulier.
La seconde paire d'antennes , ou les antennes proprement dites, est composée d’abord d’un coxocérithe assez volumineux , qui porte en dedans une üigelle montrant trois articles distincts à sa base; cette tigelle est multiarticulée, couverte de soies très-fines, semblables aux deux tigelles des antennules; en dehors, le même coxocérithe porte une lame très-large et solide, tronquée obliquement au bout, couverte de taches de pigment et garnie sur tout son bord interne, mais seulement sur ce bord depuis la base jusqu'au sommet, de soies pennées, roides et fortes qui en font un véritable treillage. Au bout de cette rangée de soies, on aperçoit une épine assez forte, et le bord externe est uni.
Pendant la natation, ces antennes sont déployées de façon qu'il v a toujours deux procérithes étendus, placés dans l'axe du corps, et deux autres pliés transversalement de chaque côté, à quelque distance l'un de l'autre, formant un angle droit avec les premiers, de manière à servir d'éclaireurs dans un rayon assez étendu. Chaque poste est doublé. I y à deux filaments explorateurs en avant, autant à droite et à gauche, sans compter les lamelles des antennes véritables, qui préservent la tête; mais les filaments groupés ensemble n’ont jamais la même origine. L’exploration se fait ainsi à une grande distance du corps, aussi bien en avant que sur le côté, et les sentinelles sont placées de telle sorte, qu'ils peuvent explorer un vaste rayon en demi-cercle au-devant de l'animal.
Il est même à remarquer que les procérithes plumeuses des antennes des podopsis logent toujours un organe opaque, que l'on ne peut s’empécher de considérer comme un organe de sens, d'autant plus qu'on en à signalé de semblables dans d’autres crustacés. Si, comme nous le supposons, le sens de lolfaction réside dans ces lamelles, les appareils qui veillent le plus eflicacement à la conservation sont portés tous les deux au bout d'une même tige.
La bouche est limitée en dessus par une pièce médiane ou sclérodermite isolé, qui porte en avant, sur la ligne médiane, un tubereule semblable à un goupillon couvert de soies courtes et roides.
Les mandibules ou les protognathes, d’après la même nomenclature, sont remarquables par leur solidité autant que par la singularité des dents qui hérissent la surface libre. Les deux mandibules agissent l'une sur l'autre, non comme des dents à couronne aplatie, mais plutôt comme des molaires à tubercules épineux. Ces tubercules sont uniques et légèrement courbés, du moins les antérieurs ; les autres, qui sont placés en dessous, ont une forme différente et ont leur bord dentelé.
Chaque mandibule est garnie d’une palpe ou d’un exognathe , composé de trois articles distincts, dont le médian est le plus volumineux. L'article terminal est arrondi au bout. Ces deux pièces sont couvertes de soies entremélées d'épines.
Les protognathes forment bien un somite distinct, puisque nous les voyons armés d’un véritable appendice. Quand même les mandibules dépendraient des voies digestives , comme les plaques de l'estomac , il n’y aurait pas moins un somile propre.
Nous avons représenté quelques-unes des soies et quelques-uns des piquants qui hérissent les pièces de la bouche, ainsi qu'une soie plumeuse.
Les deutognathes , où les premières mâchoires, recouvrent complétement les mandibules, tout en ne prenant pas une grande extension; plusieurs sclérodermites entrent dans leur composition. On pourrait bien trouver l'endognathe, Vexognathe et même l'épignathe, mais aucun d'eux ne prend de l'importance. Le selérodermite, le plus important de ces mâchoires, est un article terminal , légèrement renflé vers le milieu, et dont le bord libre est garni d'une couronne de crochets. Il y a des semences qui lui ressemblent. On trouve les divers articles garnis de fortes soies de différente forme.
La seconde paire de màchoires, ou les itognathes, ne diffère que médiocrement de la précédente ; elle la recouvre complétement; il est indispensable de les isoler si on veut les reconnaitre.
On peut distinguer toutefois un endognathe dont la pièce terminale est bordée de soies pennées; l'appendice médian est formé de deux articles, dont le dernier est garni non-seulement de soies, mais d’épines dentelées sur le bord comme la scie d’un Préstis. Enfin, en dedans, trois ou quatre sclérodermites, hérissés également , forment la bordure de la bouche.
Les autres appendices qui suivent portent tous, comme les pattes tho-
raciques véritables, une tigelle multi-articulée très-soyeuse, et il n'existe pas de ligne de démarcation entre les pattes proprement dites et les gnathopodes ou pattes-màchoires : c’est à cause de cela que les opinions des auteurs ne s’accordent même pas sur le nombre de pattes que portent les mysis.
Continuons simplement notre description , sans nous arrêter à cette divergence d'opinions.
La première paire de pattes-mâchoires, ou le {étragnathe, présente, entre les deux appendices paires, une barre qui clôt l'orifice de la bouche de ce côté et qui représente la lèvre inférieure. Ce tétragnathe est formé dun endognathe véritable , composé de quatre ou einq articles à peu près également développés et qui sont tous hérissés de piquants, surtout le dernier; d’un talon en dedans, bordé également de fortes soies, et, en dehors, d'un exognathe, sous la forme d’une tigelle multi-articulée, ayant pour coxagnathite une pièce assez forte et comparativement très-large. La tigelle est garnie, avec beaucoup de régularité et dans un ordre parfait, de soies plumeuses qui s’étalent dans toute la longueur.
La seconde paire de pattes-màchoires, en envisageant ces appendices au point de vue des décapodes ordinaires, c'est-à-dire les gnathopodes ou les pemptagnathes, ressemble beaucoup à la paire précédente, et n’en diffère même que par un développement un peu plus grand des articles. Ces pemplagnathes montrent également : un talon en dedans, un erdognathe formé de cinq articles, tous un peu plus longs que dans l’'endognathe précédent, mais comme eux tous sélifères , surtout le dernier ; enfin un exognathe, dans lequel on compte quinze pièces à soies plumeuses, porté sur un coxagnathe solide.
La paire suivante, c’est-à-dire l'hectognathe, présente une’ modification qui n’est pas sans importance, puisque, en s’éloignant des autres pièces de la bouche, elle prend tous les caractères d’une patte thoracique véritable. Au bout de deux articles qui se suivent, on voit, en dedans, la patte proprement dite, comme dans les cinq paires de pattes véritables, et, en dehors, une tigelle multiarticulée, un exognathe semblable à celui qui garnit les deux paires précédentes, aussi bien que les suivantes.
Viennent maintenant les cinq paires de pattes proprement dites, qui ont
valu aux crustacés qui les portent le nom de décapodes ou de crustacés supérieurs. Dans les mysis, ces pattes sont toutes doubles ; elles sont formées d'un endopode et d'un exopode et représentent la forme embryonnaire des homards à la sortie de l'œuf.
Chaque endopode, indépendamment d’un coxopodite fort court, d'un basopodite et d'un ischiopodite assez longs, est formé de plusieurs articles d'une importance à peu près égale et qui, au nombre de sept, semblent former le tarse. Au lieu de sept, on n’en voit que quatre dans les deux dernières pattes, et cinq ou six dans les autres. Chaque article est entouré de soies formant un verticille autour de lui.
Les exopodes, consistant partout en une longue tigelle multiarticulée , sont garnis de soies plumeuses fort longues sur toute leur étendue. Ces appendices se meuvent dans l’eau avec une rapidité extrême, et ils la font tourbillonner avec force, quand ils mettent ces organes en mouvement : ce sont exactement les roues d’un steamer. Hs servent surtout de nageoires pour la nage; mais quand le corps est en repos, ils viennent au secours de Ja respiration, comme un ventilateur qui change leur air liquide. Ce ne sont pas des branchies véritables comme on l'a supposé, puisque leur intérieur ne se trouve pas dans le courant qui mène le sang au cœur. La cireulation S'y effectue seulement comme dans tous les autres appendices. Les deux ou trois premières paires sont habituellement couchées sur le céphalothorax d'avant en arrière, se meuvent de manière à balayer la carapace et établissent un courant régulier dans le milieu ambiant.
Combien y a-t-il maintenant de pattes proprement dites dans ces animaux ? Faut-il en admettre cinq, six ou huit ?
On pourræ répondre diversement à ces questions ; mais c’est précisément à cause de cela qu'il faudrait partir d’un principe. Ce n’est pas la forme qui peut servir de guide; car le scorpion, avec ses palpes en pince, serait un décapode; ce n’est pas non plus la fonction, puisque les mêmes pièces en changent constamment. Serait-ce donc le développement? Mais nous voyons les appendices de la bouche, sauf les mandibules , surgir tous simultanément sous la même forme , avec ceux du thorax, et se différencier seulement dans le cours de l'évolution. Ne faudrait-il pas considérer comme homologues et
désigner sous le même nom tous ceux qui présentent les mêmes caractères embryogéniques ? Nous voyons cinq apparitions successives d’appendices chez les mysis : l’antennulaire, lophthalmique , la céphalothoracique , la caudale et abdominale. I n’y à que la formation céphalothoracique qui présente des difficultés, puisque, dans les autres, il Y a une véritable succession.
Il faut nécessairement considérer les mysis au milieu de leurs congénères , les décapodes , question sur laquelle il ne peut y avoir de doute, et, si les décapodes ont en général cinq paires de pièces à la bouche et cinq paires au thorax, c’est-à-dire cinq gnathopodes et cinq péréiopodes, il faut en admettre le même nombre dans les mysis. Il y a trois paires de gnathopodes qui prennent l'aspect de pattes , et, quoiqu'il y ait six paires de pattes exactement semblables, on ne doit cependant en compter que cinq. C'est d'après cette ressemblance totale que beaucoup d'auteurs accordent six paires de pattes à ces articulés, mais il faudrait alors admettre aussi cinq paires de pattes dans les scorpions. Thompson dit que les mysis sont des schizopodes ou fissipèdes à cause de leurs pieds, et comme le nombre est de huit de chaque côté, ajoute-t-il, et que tous sont doubles, il en compte seize destinés à la préhension et les seize autres à la nage.
Ainsi on doit, si nous ne nous trompons, accorder cinq paires de pattes aux mysis comme à tous les décapodes, et considérer les trois paires de pieds-màchoires comme prenant la forme de pattes.
Avant de quitter ces appendices , nous avons à mentionner les deux dernières paires, à cause des feuillets membraneux qu'ils fournissent pour former la poche d’incubation. Ces feuillets correspondent sans doute aux épipodes.
Chaque épipode s’élargit, prend la forme d'une feuille dont les bords s'élèvent et se garnissent tout autour de longues soies plumeuses formant une véritable galerie. Les deux feuillets de chaque côté s'adaptent de manière à ne former avec ceux du côté opposé qu'une seule poche, qui ressemble à une nacelle suspendue sous le thorax et dont les bords sont garnis tout autour d’un filet, comme on en voit le long du bastingage des steamer.
C'est dans cette nacelle suspendue que les œufs sont déposés, et, comme les embryons y subissent leur évolution complète, iln’est pas sans importance de garnir les bords de ce nid d’un filet, pour que la progéniture ne soit pas
lancée par-dessus le bord au premier bond que fait la mère en prenant la fuite. Les mouvements de ces crustacés sont en effet si brusques et si désordonnés que, sans quelque précaution, cette progéniture atteindrait dificilement le terme de son évolution. Grâce à ce filet de soies plumeuses, l'eau peut se renouveler constamment dans l'intérieur, et les embryons y subir leur mue, sans cesser de recevoir en abondance l'oxygène et la pature.
Ces feuillets se flétrissent-ils après l'époque de l’incubation ? Nous le supposons. On ne trouve pas de femelles avec la poche vide, et les crustacés évidemment n'’atteignent pas, comme les insectes, le terme de la vie avec l'époque des amours. Ils continuent même longtemps encore à croître , puisqu'on voit souvent des femelles couver déjà des œufs avant d’avoir atteint la taille ordinaire. Dans les crustacés, la ponte n’est pas du tout un indice que l'animal ne croit plus.
Nous avons trouvé jusqu'à quarante-six embryons dans une seule poche, tous au même degré de développement et non loin d'être mis en liberté. A voir la capacité de cette poche, on ne se douterait pas que ces quarante-six jeunes mysis aient pu se loger dans un espace en apparence si étroit.
Sous ce rapport, ces jolis crustacés diffèrent notablement des décapodes en général. Les œufs, au lieu d’être attachés les uns aux autres ou collés aux appendices abdominaux , sont au contraire déposés librement dans la bourse thoracique, absolument comme des œufs d'oiseaux dans leur nid.
Nous venons de passer en revue les appendices qui dépendent de la tête et du thorax ; nous en avons trouvé quatre pour les organes de sens , cinq pour la bouche et cinq pour le thorax, et comme chacun de ces appendices dépend d'un somite, le nombre de ceux-ci est de quatorze à la région céphalothoracique : c’est aussi ce nombre qui concourt à la formation de la carapace des mysis.
L'abdomen se compose de sept somites parfaitement séparés, dont les six premiers sont semblables entre eux et dont le dernier, le telson, terminant le corps en arrière, affecte une forme particulière.
Cinq somites appartiennent à la région abdominale et deux à la région caudale.
Tous ces segments portent leur appendice propre, leur pléopode ou leur uropode, sauf le dernier, le telson.
Les cinq premiers ont de commun d'être couverts de soies plumeuses ou pennées dans une partie plus ou moins grande de leur étendue, chez les mâles comme chez les femelles.
La première paire a la forme d’une rame courte et assez large; elle est composée d’une seule pièce, garnie sur tout son bord externe de soies plumeuses au nombre d'une vingtaine.
La deuxième paire est un peu plus longue et moins large; elle porte du même côté vingt-sept soies plumeuses d’une longueur à peu près égale.
La troisième paire est biramée; elle se compose d’un article basilaire et de deux articles terminaux, dont lun a plus du double de la longueur de l'autre. La portion basilaire a la longueur de l’article le plus court. Les soies garnissent les deux bords des appendices.
La quatrième paire diffère considérablement dans les deux sexes : par sa longueur, sa composition et son usage, il s'éloigne de tous les autres. Il est biramée chez le màle comme l’appendice de la troisième paire, mais il dépasse en arrière, quand il est étendu, la pointe de l'appendice caudal. L'article basilaire très-court est suivi d’un second article unique, plus long et assez fort, qui supporte, comme dans les pléopodes précédents, outre deux articles pennés placés bout à bout, une patte longue et étroite quinqué-artiticulé, dont la dernière pièce, la plus longue, porte, vers la pointe, des aspérités nombreuses et petites formant des tours de spire. Le sommet de l’article terminal est légèrement renflé, et la surface en est lisse ; les aspérités disparaissent ainsi à une certaine distance de l'extrémité libre.
Dans la Mysis vulgaris, cet appendice mâle a une tout autre conformation : des soies plumeuses assez longues et sur un rang garnissent un des bords du long article, et au bout, au lieu d’une pièce terminale unique , il y en à deux de longueur égale, dentelées légèrement sur le bord et disposées en pince.
La cinquième paire est formée de deux pièces d'une longueur égale, placées bout à bout et garnies de scies plumeuses sur toute leur longueur.
Voilà pour les appendices abdominaux.
La sixième paire, ou plutôt la première paire caudale , puisqu'elle appartient à la catégorie des appendices caudaux, appendices qu'on pourrait appeler uropodes , est formée de deux larges rames qui prennent un grand développement en largeur, dépassent en longueur le somite dont elles procèdent, et constituent la partie latérale de la nageoire caudale ou l'éventail de la queue. Elles sont bordées de soies plumeuses de deux côtés et jouissent d'une mobilité fort grande. La rame externe est un peu plus longue et plus large que l’interne.
C'est dans la rame interne que se trouve l'otolithe , que l'on distingue fort bien à l'extérieur.
Ces soies plumeuses sont très-longues et, pour les tenir en respect , il y à, de distance en distance, vers le milieu, des piquets ou tuteurs droits et roides, sur lesquels elles s'appuient. Nous n'avons pas vu de ces piquets sur les pièces latérales.
C'est dans ce somile que s'ouvre l’orifice anal.
Le septième somite ou le dernier segment , le £el/son, fait la partie moyenne de la nageoire caudale et termine le corps en arrière. Il est échancré au bout, un peu plus large à la base qu’au sommet, et porte sur le côté une rangée de dents également espacées, à l'exception des deux dernières. La forme de ce dernier somite , surtout sa pointe, fournit d'excellents caractères pour distinguer les espèces entre elles. Quelques naturalistes ne regardent ce telson que comme une dépendance du somite précédent.
Nous trouvons donc, d’après les appendices, vingt somites dans ces crustacés ou vingt et un plutôt, puisque nous devons y comprendre le felson.
Ce nombre est celui des crustacés décapodes.
Ce qui nous frappe ici, c’est que ces somiles, qui ne sont autre chose que les vertèbres des animaux supérieurs, montreraient une régularité si grande dans lembranchement qui nous occupe et, au contraire, une variété extraordinaire dans les poissons comme dans les autres classes de vertébrés. Le nombre de vertèbres varie dans les ordres ou même dans les familles naturelles, et si, dans certaines classes, on trouve quelque chose de constant , c'est le nombre de vertèbres de certaines régions , comme la région cervicale des mammifères et la région caudale des oiseaux.
Du reste, dans la classe des insectes même , classe si uniformément régulière , si la région céphalique et la région thoracique présentent une composition identique sous le rapport des somites, il n’en est pas de même de la région abdominale, puisque, d’après Huxley, on en compte onze dans quelques ordres et neuf dans le plus grand nombre.
Plusieurs auteurs se sont déjà occupés, à diverses reprises , de l'oreille des crustacés !. On ne trouve pas de traces d'oreille à la base des antennes des mysis, comme dans les autres crustacés décapodes; mais M. Leuckart à observé une capsule dans l’intérieur de l’appendice caudal wropode, qu'il compare à une oreille interne. Nous partageons cet avis de notre ami Leuckart : nous avons trouvé cet organe toujours à la même place dans toutes les espèces de mysis, ainsi que dans le genre Podopsis.
Kroyer a étudié également cet organe singulier de l'appendice caudal des mysis, et il a même vu un nerf, qu'il considère comme auditif, sortir du dernier ganglion abdominal, puis aller se perdre sur cet otolithe. Le savant naturaliste de Copenhague considère done aussi cet organe comme remplissant les fonctions d'oreille.
On voit que cet organe de sens est formé d’une capsule contenant, au centre, un otolithe, et, si on laisse dessécher d’abord cet appendice auriculaire, qu’on l’humecte après et qu’on mette la capsule en liberté, ce qui est très-facile , on voit, au grossissement de quatre-vingts à cent fois, le contenu de la capsule affecter exactement l'aspect d’une géode en agate montrant une régularité extrême dans la juxtaposition des couches : c’est absolument une de ces pierres siliceuses polies, enchâssée dans un chaton comme un bijou. On voit, au centre, des granulations , puis, par couches concentriques, des lignes d'épaisseur variable. La comparaison que nous venons de faire avec une géode est on ne peut plus exacte.
Dans la Mysis vulgaris, cet otolithe présente les mêmes couches concentriques et montre, de plus, quelques tubercules de différentes gran-
1 Leuckart, Troschel’s Archiv., 1853, 1, p. 255. — Huxley, Note sur les organes auditifs des crustacés, Anx. sc. nar., vol. XV, p. 255, 5° sér., 1851. — Kroyer, Genre SEGESTES, Det Kongelig Danske Selskabs Skriften , p. T1, 1856.
deurs disposés en cercle, mais plus gros que Leuckart ne les à figurés.
La preuve que c’est une oreille manque; mais nous dirons avec Leuckart que la situation à l'extrémité postérieure du corps n’est pas une preuve du contraire, puisque d’autres organes de sens, non moins importants que l'oreille, se trouvent quelquefois aux deux extrémités du corps. Ne savonsnous pas depuis bien longtemps que les Amphicora sabella, quoi qu'en ait dit Ose. Schmidt, portent les yeux à l'extrémité caudale, et que les Polyophthalmes de M. de Quatrefages ont des yeux sur chaque segment du corps? Il est vrai, ce sont des vers, mais il nous suffit de faire remarquer qu'en dehors des animaux supérieurs, les yeux comme les oreilles peuvent se loger aussi bien dans la queue que dans la tête !.
Külliker parle d’un ver , le Branchiomma Dalyelli, de la famille des serpules, qui porte sur les bras du panache, autour de la bouche, de dix-huit à vingt paires d'yeux composés que protégent des couvereles pendant leur retraite *?.
Du reste, ne voit-on pas, chez les mollusques acéphales, l'oreille se loger également à une extrémité du corps qui n’est pas la tête? Il est vrai, ces otolithes se sont déplacés ici avec les ganglions sous-œæsophagiens. Mais ne voyons-nous pas aussi, dans les mêmes acéphales , les peignes, par exemple, les yeux se placer aussi loin que possible de la région céphalique et garnir le bord libre du manteau ?
Cet otolithe des mysis n’est pas le même dans les diverses espèces, et il nous à paru aussi proportionnellement plus grand dans le Podopsis.
Dans ce dernier crustacé, nous croyons avoir vu , comme Krovyer, les filets nerveux du dernier ganglion se perdre sur lotolithe.
Un appareil olfactif d’une extrême simplicité est logé dans les procérithes plumeux des antennes , etse montre surtout dans les Podopsis. Nous en avons fait mention plus haut en parlant de ce genre.
On peut voir tout le tube digestif à travers les parois du corps comme des
{ M. Léon Dufour a considéré, dans un travail récent (Comptes rendus de l’Acad. des se., 15 août 1860, p. 252), le bouton abrupte qui termine les antennes de l'Ascalafus meridionalis, comme siége à la fois de l’ouïe et de l’odorat.
2? Amntlicher Bericht uber die 54 Versamm. Deutsch. Naturf. und Artze in Carlsruhe, p. 218. Carlsruhe, 1859.
muscles, et l'estomac forme presque toujours, à cause de son contenu surtout, une tache noire vers la partie antérieure du céphalotorax.
L'estomac, membraneux et en forme de ballon, est généralement tapissé, chez les décapodes, de plaques calcaires parfaitement ajustées et qui, en se rapprochant, broient avec facilité tout corps qui est pris dans cet étau. L’estomac des mysis fait exception : au lieu de plaques calcaires, on voit, dans leur intérieur, des cadres en chitine , hérissés de pointes comme des chevaux de frise et qui couvrent toute la surface interne. C’est une chambre dans laquelle la voûte, le plancher et les parois des murs sont littéralement couverts d'instruments de supplice. Nous aurons bien de la peine à donner une idée, soit par une figure, soit par une description , de ce singulier vestibule de l'appareil nutritif.
Plusieurs auteurs ont déjà parlé du canal digestif des mysis, mais on est loin de se douter, d’après ces descriptions, de la singulière conformation de leur estomac. Nous avons été émerveillé à la vue de ces milliers de piquets, de brosses, de dents, de scies et de soies dont la surface interne est tapissée. H n'y a pas d’arsenal qui renferme des armes aussi redoutablement variées et qui soient disposées dans un ordre aussi parfait.
Un tube membraneux assez court et large, transparent comme du verre, représente lœsophage, qui s'élève perpendiculairement de la bouche dans l'estomac.
L'estomac est petit, globuleux, à parois également minces et comme vitrées; placé sur le côté, il se divise en deux compartiments, et montre au milieu un appareil de mastication de l'aspect le plus bizarre.
Cet appareil de mastication consiste, comme nous venons de le dire, dans un cadre chitineux qui remplit, de chaque côté, la cavité de l'estomac et dont les bords se touchent sur la ligne médiane dans presque toute la largeur, Les bords externes soutiennent les parois de la cavité digestive.
Les bords internes, qui se rapprochent en arrière un peu plus qu'en avant, sont garnis d’une palissade de soies serrées et roides, qui font l'effet d’un peigne dont les dents seraient attachées par le moyen d'articulations. En arrière, des soies se multiplient tellement que le passage en est littéralement obstrué. Le bord postérieur se couvre d'instruments que l’on peut comparer à