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avoir fourni les courants branchiaux , et dans chaque somite abdominal un courant distinct s'élève de bas en haut et s’'abouche dans une grande lacune tergale qui baigne laorte descendante et l'intestin. Dans chaque segment abdominal, on voit aussi, à côté de ce courant veineux de bas en haut, un courant artériel de haut en bas qui va se mêler avec le courant principal médian.
Le sang veineux du grand sinus tergal se jette dans le cœur par des orifices latéraux, placés à l'origine de l'aorte postérieure. À l'origine de l'aorte antérieure, il existe des orifices semblables pour recevoir du sang venant du cerveau et des pédoncules oculaires.
En résumé, il ÿ a un cœur pulsatile, entouré d’un péricarde, une aorte médiane antérieure, deux aortes antérieures latérales et une aorte médiane postérieure.
Le sang de l'aorte antérieure latérale se réunit en un conduit unique qui s'étend le long de l'abdomen, et de ce courant central naissent d’abord plusieurs courants secondaires à la région branchiale, qui se rendent directement au cœur; puis autant de courants abdominaux qu'il y a de somites et qui se réunissent au dos en formant, après leur réunion, un courant en sens inverse qui s'abouche dans le cœur à côté de l’aorte postérieure.
Le cœur présente donc six orifices, deux médians, deux antérieurs et deux postérieurs.
L'aorte antérieure, qui fournit le sang au cerveau et aux pédoncules oculaires, ne renferme que du sang artériel, tandis que celui qui se rend aux autres viscères est plus ou moins mêlé.
Ce serait donc la répétition de ce qui existe temporairement dans les verlébrés supérieurs et régulièrement dans les reptiles; une partie du sang seulement est sans mélange.
Le plan général de l'appareil circulatoire est, par conséquent, le même que celui des homards et des écrevisses, avec cette différence toutefois que les veines sont remplacées par des courants et qu'il n'existe pas, comme chez le homard, une artère abdominale naissant de la partie postérieure et latérale du cœur et s'étendant en avant et en arrière dans toute la longueur du crustacé.
Il existe aussi, contrairement à ce qui s’observe dans les homards, un
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seul courant sous-abdominal d'avant en arrière et un double courant dorsal artériel et veineux.
La totalité du sang qui arrive au cœur à traversé préalablement l'appareil respiratoire chez les crustacés supérieurs, dit avec raison Milne Edwards; mais comme, dans les mysis, le sang revient au cœur de tout côté, ne faudrait-il pas en conclure que le phénomène de la respiration s'accomplit dans diverses régions du corps chez ces décapodes inférieurs?
Il n'y a pas d'appareil branchial propre, mais l'acte respiratoire s'accomplit principalement à travers les parois de la carapace. En effet, c’est dans la lacune de ce grand segment tégumentaire que s’aceumule le plus de sang et que l’action de l'oxygène sur ce liquide est le plus facile. À l'extérieur, en effet, l'eau se renouvelle constamment , soit par le simple déplacement de l'animal, soit par l'action des fouets locomoteurs ; et, à la surface intérieure, le renouvellement n’est pas moins actif par le courant sous- carapacique que produisent, d'un côté les fouets postérieurs pour faire passer l’eau entre la carapace et le premier segment abdominal, de l'autre côté, les fouets de la première paire de pieds-mächoires où plutôt du tétragnathe.
Quand on observe un de ces crustacés encore en vie, étalé sur le porteobjet dans une certaine quantité d'eau suffisamment chargée de corpuscules suspendus, on voit cette eau se précipiter avec force sous le bord postérieur de la carapace, passer entre celle-ci et les somites thoraciques ; puis, à l'appel incessant et fébrile de lexognathe de la première paire de pieds-machoires, échapper avec force au milieu des appendices de la bouche.
Dans aucun appendice, le mouvement du sang n'est assez distinct ni la masse assez importante pour admettre que le phénomène de la respiration s’accomplisse dans leur intérieur, et, puisqu'il + a un renouvellement constant dans la cavité branchiale des mysis, nous croyons que c'est dans cette région , comme chez tous les décapodes, que s'accomplit en grande partie celle importante fonction.
On ne doit surtout pas perdre de vue qu'il ÿ a une petite circulation qui semble avoir exclusivement pour effet de soumettre régulièrement du sang parti du cœur à l’action de l'oxygéne dans les feuillets de la carapace. Les
feuillets de la carapace correspondent done physiologiquement aux feuillets des ares branchiaux.
Ainsi rien ne justifie la supposition que les appendices externes des pattes servent à la respiration. Quoiqu'il n'y ait pas de feuillets branchiaux proprement dits, cette fonction s'accomplit en grande partie à la même place que dans les autres crustacés décapodes. C'est donc avec raison que l'avis de Thompson n'a pas été partagé et que les pattes ont été déshéritées de celte fonction.
Les sexes sont séparés et les femelles deviennent un peu plus grandes que les mäles. Les sexes présentent des caractères extérieurs qui permettent aisément de les distinguer. En dedans des deux derniéres paires de pattes thoraciques, on voit paraitre chez les femelles des feuillets qui se recourbent en dedans et forment une poche incubatrice pour loger les œufs. Nous n'avons pas vu de différence dans le développement de l'abdomen. Les mâles ont la quatrième paire de fausses pattes, ou les uropodes, tellement développées , que leur article terminal aboutit à l'extrémité de la queue. Par cet appendice , on peut distinguer les mâles à toutes les époques. Nous ignorons son rôle quoiqu'il ait une conformation toute particulière. IF est à remarquer aussi que cet appendice sexuel mäle s'observe dans plusieurs crustacés inférieurs. Le mâle des Mysis vulgaris porte en outre aux antennules un article libre assez long, légèrement courbé, un peu plus large au sommet qu'à sa base, et dont le bord interne est garni de soies nombreuses , courtes et serrées comme une brosse.
Le testicule consiste dans une série double de glandes sphéroïdales disposées en forme de chapelet, au nombre de huit ou dix couples, placés immédiatement au-dessus de l'intestin ; à droite et à gauche un canal excréteur se rend , en formant une courbe, directement à la base de la dernière paire de pattes. En isolant cet organe, on voit qu'il est formé de vésicules pyriformes qui s'abouchent sur un canal excréteur commun, formant une anse en avant et s'écartant en arrière pour aboutir à la base de la dernière paire de pattes thoraciques. On voit des spermatozoïdes à divers degrés de développement dans les vésicules, et on en trouve dans le même animal à tous les degrés de développement.
n’y a pas de vésicule de dépôt, le canal lui-même en tient lieu.
Au bout de ce spermiducte se trouve un pénis très-gros légèrement courbé et obtus au bout. Nous avons vu la liqueur fécondante s'épancher par son orifice.
Les spermatozoïdes sont extraordinairement grands; ils consistent en un très-long filament divisé en deux moitiés à peu près égales en longueur, mais dont l’une est un peu plus grosse que l’autre. Ces deux moïitiés sont repliées sur elles-mêmes à angle aigu en forme de V : c’est une forme bien singulière dans cette classe, si on la compare à celle des autres crustacés.
On ne trouve quelque ressemblance qu'avec ceux du Gammarus pulex , observés par von Siebold. Nous n'avons pas vu de mouvements dans ces filaments, et ils sont irrégulièrement éparpillés dans la liqueur.
Leuckart a étudié leur développement dans ces crustacés !.
Voici le résultat de nos observations à ce sujet. Dans quelques vésicules , on trouve des cellules simples à côté d’autres cellules de même grandeur et qui possèdent un noyau. Ces cellules s'allongent à l'un des pôles et prennent plus ou moins la forme de tétards. Puis la queue s'élargit, toute la cellule s’allonge et prend l'aspect tubiforme. Ces tubes sont enroulés sur eux-mêmes et dans leur intérieur surgissent des filaments en faisceaux, qui sont les vrais spermatozoïdes.
I n’y a évidemment pas de spermophores ici comme dans les groupes inférieurs de cette classe.
L'appareil sexuel femelle ne ressemble pas non plus à celui des autres crustacés. Au-dessus du canal digestif, à la même place que le testicule du male, on voit un ovaire placé en travers et dans lequel apparaissent les vésicules germinatives. Cet ovaire est très-petit. Plus tard, il se forme à côté de l'ovaire, à droite et à gauche, un tube placé dans l'axe du corps qui prend rapidement une extension assez grande pour couvrir entièrement l'ovaire proprement dit. Ces tubes sont disposés comme les deux jambes d’un H, et l'ovaire placé entre elles forme le trait d'union. Ces deux tubes se remplissent rapidement d'œufs juxtaposés et sont assez grands pour en occuper toute la largeur. On peut aisément les compter. C’est la matrice qu'on a pris pour
! Frey et Leuckart, p. 195.
l'ovaire, erreur que nous avions, du reste, commise d'abord nous-même. C'est de la partie postérieure et externe que nait, de chaque côté, un oviducte qui aboutit à la base de la dernière paire de pattes thoraciques.
Les œufs contenus encore dans la matrice montrent, au milieu du vitellus, leurs vésicules germinatives enveloppées de vésicules graisseuses.
Nous avons déjà dit que les œufs tombent dans une poche formée de deux paires de feuillets membraneux très-larges, bordés de franges et qui sont attachés aux deux paires de pattes postérieures : c’est une poche incubatrice dont les parois se chargent aussi d’un dépôt de taches pigmentaires et dans lesquelles nous avons compté jusqu'à une cinquantaine d'œufs ou de jeunes embryons à la fois.
Dans les Podopsis, dont le corps est d’une transparence complète, on voit les œufs en place dans l'ovaire , et il n’y à qu'un seul œuf dans la largeur de l'organe. On distingue encore les deux vésicules germinatives, et les globules vitellins ne paraissent que quand l'œuf est en place.