‹ Recherches sur la faune littorale de Belgique (volume 2)Chapitre 10 sur 70 · EMBRYOGÉNIE · texte numérisé non relu

EMBRYOGÉNIE

I y a eu un temps, et il n'est pas très-éloigné de nous, où l'on se demandait si les crustacés subissent des métamorphoses !. Il est toutefois bien reconnu aujourd'hui que les crustacés décapodes ne subissent pas tous leur évolution de la même manière. Il faudra étudier, sous ce rapport, famille par famille pour ne pas dire genre par genre. Les zoés et les mégalopes sont de jeunes crabes, mais est-ce à dire que tous les décapodes ont passé par la forme de zoé? Évidemment non. Dans ce groupe si naturel des crustacés supérieurs , les uns, ceux surtout qui ont les œufs petits et nombreux, comme les langoustes, changent de forme dans le cours de leur évolution, tandis que les

! Dans la Physiologie de Burdach, les crustacés décapodes sont considérés comme ne subissant point de changements semblables et sortant parfaits et complets de leurs œufs. L'em ryogénie à fait bien des progrès depuis.

autres, à œufs grands et peu nombreux , comme les homards, se développent directement. Nous avons déjà relevé cette erreur !, que le homard commence par se montrer sous la forme de Zoé, fait qui avait été annoncé avec tant d'assurance dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences?. À aucune époque de la vie, ni avant ni après l’éclosion, le homard n’a rien de commun avec cette forme transitoire. À la sortie de l'œuf, le jeune homard a une carapace ordinaire et des segments abdominaux légèrement épineux ; mais ce qui le distingue des adultes, c’est que les pattes portent des exopodes flottants et extérieurs, comme les mysis, et qui servent, comme chez eux, de rames pour la natation.

En répétant les observations de Rathke, M. Joly dit s'être convaincu que l'écrevisse fluviatile fait également exception à la loi des métamorphoses 5. Un intérêt nouveau s'attache donc à l'étude du développement des crustacés, et nous verrons bientôt si la règle que nous avons posée sur le nombre et le volume des œufs est générale, et si elle nous autorise à reconnaitre à priori les crustacés qui subissent des métamorphoses après leur éclosion et ceux qui les subissent avant, ou, pour n’exprimer comme on le fait généralement. qui n’en subissent pas.

HISTORIQUE

Il est presque impossible de ne pas faire de lembryogénie quand des mysis tombent sous la main de l’observateur. On trouve nécessairement des embryons en voie de développement dans leur poche incubatrice , et il n’est guère possible de résister à la tentation d'étudier cette curieuse et instructive évolution.

C'est ainsi que O.-F. Müller, à une époque où l’on ne faisait que le relevé des espèces et où le besoin des recherches anatomiques et d’embryogénie ne se faisait pas encore sentir, figurait, à côté de l'animal adulte, des mysis à l’état d’embryons avec un nombre d'appendices différent de celui des adultes.

Mémoire sur l'HisrriogpezLa, Bulletins de l'Acudémie royale de Belgique. 29 mars 1858, p. 605. Journal L'Institut, 7 avril 1858, p. 118. Mélamorph. des crust. décapodes, Courtes renous, 19 avril 1858, p. 789.

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