‹ Recherches sur la faune littorale de Belgique (volume 3)Chapitre 21 sur 103 · C. VERTICILLATUM. Rud · texte numérisé non relu

C. VERTICILLATUM. Rud

(PL. XIL.)

Caractères. — Les crochets sont grèles et diffèrent peu entre eux; les Bothridies forment, au devant des crochets, trois ronds qui peuvent faire fonction de ventouses, et, en dessous des crochets , elles portent les trois aréoles communes aux trois espèces de ce genre.

Chaque article ou segment porte quatre lobules, qui, dans le Strobila, recouvrent le segment suivant.

Syn. — Bor. verricccarus, Rud. Synopsis, pages 124 et 484. = — Leuckaert, Zoo!. Bruchstücke, p. 56, pl. EL, fig. M. — — Du Jardin, Æist, nat. des Helminthes, p. 621.

Je crois que Rudolphi est le seul qui ait vu ce ver jusqu’à présent, du moins à l’état frais; et encore n’a-t-il observé que quelques exemplaires, dont un seul pourvu de tête. Leuckaert a fait sa description d’après un fragment sans tête provenant de Rudolphi. Ces détails, on le pense bien, sont très-incomplets, et il n'existe aucune figure de ce ver, si ce n’est celle donnée par Leuckaert, qui, du reste, ne représente que quelques segments d’un exemplaire conservé dans la liqueur.

Scolex et Strobila. — Les quatre Bothridies sont extraordinairement mobiles : elles se meuvent souvent deux par deux et prennent la forme d’une pointe de flèche. Chaque Bothridie porte deux paires de crochets longs et très-grêles ; il existe un certain espace entre eux qui les sépare complétement les uns des autres. Is sont engagés dans les parties molles, par une base assez large et propre à chacun d’eux. Au devant des crochets, on voit la Bothridie former trois ronds, dont celui du milieu est le plus en avant; ces ronds ne sont pas sans analogie avec le miroir d'une fenêtre gothique. Chaque Bothridie présente en dessous des crochets deux bandes en travers, comme dans les autres espèces, d'où résultent trois aréoles. Les deux bords de cet organe peuvent se rapprocher, former une

gouttière ou un sillon et on voit constamment se modifier la forme de cet appendice. Quand la Bothridie s’écarte, on voit les brides qui unissent cet organe au corps.

Comme Rudolphi l'avait observé déjà, il n’y a pas de cou; on voit les segments apparaître immédiatement derrière les Bothridies. Sur un segment on découvre déjà les rudiments d’appendices ou les laciniures qui ont valu à cette espèce le nom de verticillée.

On ne peut se faire une idée du degré de finesse auquel se réduit cette partie antérieure du corps du Strobila, quand on la tiraille pour découvrir la tête. Les premiers segments, lorsqu'ils sont étirés, deviennent jusqu'à dix et douze fois plus longs que larges. C’est un long fil sur le trajet duquel on remarque, de distance en distance, des filaments flottants. Étalé dans l’eau et soumis à l'examen du microscope simple, ce ver n’est pas sans analogie avec un long Myriapode. C’est tout au plus si, avec une bonne loupe, on peut apercevoir cet Helminthe. Aussi atteint-il une finesse et une longueur extraordinaires et ne suis-je aucunement surpris que Rudolphi seul ait vu jusqu'à présent la partie antérieure du corps. Il n’est pas très-rare dans nos poissons Plagiostomes, mais si le poisson sur lequel on l’observe n’est pour ainsi dire pas vivant, le corps est entortillé, les segments se détachent par le moindre effort et la tète reste accrochée aux parois intestinales. Il n’est presque pas possible de lavoir en entier. Je connaissais depuis longtemps ce ver par ses segments si caractéristiques, mais ce n’est qu'au mois d'août dernier que j'ai pu me le procurer complet.

Quand on l’observe vivant dans de l’eau de mer, les laciniures qui se relèvent ou s’affaissent et les segments qui, en se contractant, rapprochent ces appendices les uns des autres, donnent à cet Helminthe laspect de certaines Annélides. Il est à remarquer aussi que, dans cette espèce surtout, on voit plusieurs segments se dilater fortement pendant que d’autres se rétrécissent, et il se forme des étranglements qui contribuent à donner à ce ver une physionomie particulière. C’est le plus joli Helminthe que j'aie vu.

Si, en avant, le Strobila est tellement grêle que l’on ne saurait le distin-

guer à l'œil nu, il n'en est pas de même de la partie postérieure, surtout quand les segments approchent de l’âge adulte.

Proglotus. — Cet Helminthe est grand et se fait remarquer par les quatre lobules qui terminent le corps en arrière; ces lobules sont d’un blanc mat, tandis que tout le reste du corps est plus ou moins transparent.

L'appareil générateur s'ouvre sur le côté vers le tiers antérieur du corps; on voit très-distinctement la bourse du penis à côté de la vulve.

Le vagin se dirige obliquement en dedans et en arrière, et on le voit pénétrer jusqu'à la partie postérieure du corps, où il se recourbe et donne naissance à une vésicule copulative. Le long du vagin, on voit une poche qui lui est accolée et qui est remplie d'œufs : c'est la matrice. Ces œufs sont encore réunis en chapelet dans cet organe, ce que je mai observé dans aucune autre espèce. Ces chapelets se meuvent dans lintérieur de la matrice, et ils s'étendent en avant jusqu'à la hauteur du testicule.

La glande qui occupe toute la partie postérieure du corps est très-remarquable, en ce qu'on la voit distinctement composée de deux lobes unis au milieu par une commissure transverse et formée par de nombreux cœcums, dont quelques-uns même sont bifurqués au bout. C’est une dépendance de l'organe femelle que j'ai désignée sous le nom de germigène; cet organe est tout à fait disposé comme l’ovaire de plusieurs Trématodes. Autour de la matrice et du testicule, on aperçoit, comme dans tous ces Helminthes du reste, les vésicules transparentes qui se remplissent de cellules.

L'appareil mâle se compose d’un penis qui n'offre rien de remarquable, d'une poche qui le loge et du testicule qui occupe une grande partie de Ja cavité antérieure du corps. Je n’ai vu le penis que médiocrement saillant.

On aperçoit les canaux longitudinaux dans le ver adulte.

J'ai vu un jeune Strobila chez lequel les premiers segments montraient déjà les rudiments des lobes si caractéristiques de cet Helminthe.

Habitat. — Jai observé ce ver dans le Mustelus vulgaris où il n’est pas

rare; mais on le rencontre aussi, quoique plus rarement, sur le Galeus canis et le Squatina angelus.

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