PL XI
Synon. — BorurioceræaLus uxcnarus. Rud., Synopsis, pp. 142 et 485. — Oxcuosorarium unearum. De Bl., Dict. sc. nat., art. Vers, vol. LVIT, p. 597. = BorurioceeuaLus unciNaTus. Du Javd., p. 624, atlas, pl. 12, fig. J, 1-3.
M. Du Jardin a donné une figure du Scolex et des crochets; c’est la seule que nous connaissions.
Cette espèce est très-facile à distinguer, et cependant, ce n’est qu'après bien des hésitations que j'ose aujourd’hui en donner la description et la synonymie. Ce ver est semblable, pour le corps, à l'Onchob. coronatum , à tel point que j'avais supposé un instant que la figure de Bremser (B. coronatus) représentait le corps de cette espèce et les crochets d’une autre. Même après avoir vu le véritable coronatum, J'ai douté de l’exactitude de mes propres observations, et j'aurais hésité à me prononcer, si je n'avais été à même de revoir les mêmes vers et de nouveaux individus vivants. Il est donc bien évident pour moi que le Bothr. coronatus et uncinatus sont deux espèces parfaitement distinctes, malgré la grande similitude du corps; c’est l'espèce à dents fourchues, que j'ai dédiée à M. Du Jardin, qui est cause des embarras que cette détermination a suscités.
L'Onchobothrium uncinatum est un peu plus petit que l’Acanthobothrium coronatum; la tête est aussi un peu moins large et les articles ne sont ni aussi grands ni aussi longs. Les Proglottis sont toujours inférieurs en taille à ceux du coronatum.
Scolex et Strobila. — La tête est un peu plus large que le cou; quatre Bothridies très-contractiles sont flanquées sur le côté, comme dans les Helminthes de cette famille. Cette tête change aussi constamment de forme quand le ver est bien vivant; elle s’allonge en pointe ou se raccourcit
comme une boule. Ces Bothridies portent chacune en haut un double crochet; elles peuvent se creuser en dehors en trois compartiments, qui font alors l'effet de ventouses. J'ai tàâché de rendre cette disposition dans une des figures.
Il est à remarquer que ces crochets ne tombent pas immédiatement sous les yeux; au premier aspect, on ne les reconnaît pas. J'avais déjà dessiné le jeune âge de ce ver, avant l'apparition des articles, et ce n’est qu'au bout de quelque temps que j'avais reconnu ces organes. Je croyais avoir sous les yeux un Tétrarhynque ou plutôt un Rhynchobotrius avec les trompes rentrées. Le cou est extraordinairement long, si toutefois on peut donner ce nom à la partie qui suit immédiatement la tête et qui n'offre pas de stries transverses. On ne distingue pas les cordons longitudinaux à travers la peau, comme dans presque tous ces Helminthes; ils sont cachés par des faisceaux, sans doute de nature musculaire, qui tapissent la région du cou.
Le penis est régulièrement alterne, comme Rudolphi l'avait déjà observé.
Proglottis. — Après avoir étudié cet Helminthe en entier, je songeai à rechercher les Proglottis devenues libres spontanément, afin de me faire une idée de leur forme et de leurs caractères. À cet effet, je visitai les cavités spirales de l'intestin, à commencer par la dernière. J'avais déjà ouvert tout l'intestin sans découvrir des vers adultes; mais heureusement j'avais recueilli quelques corps étrangers au milieu des excréments dans l’intention de découvrir les animaux qui leur servent de proie. Ces corps étrangers, que Je regardai comme des portions non digérées , n'étaient autre chose que les Proglottis, ainsi que je le reconnus après. Je cite ce fait pour prouver que le hasard souvent nous sert admirablement. Je cherchai des Proglottis, j'en trouvai, mais je les pris pour tout autre chose. Quelques articles étaient encore réunis; le plus grand nombre était isolé. La forme a complétement changé depuis la séparation; le corps est à peu près aussi large que long; au lieu d’être aplati, il est bombé. Souvent il est légèrement échancré en avant et en arrière. Il est toutefois à remarquer que ces individus, quoique vivants encore, avaient
perdu de leur vitalité. On voyait, dans quelques individus, le penis saillant sur le côté. Cet organe est court et assez gros; je ne l'ai pas vu s’étendre au delà de la moitié de la longueur du corps. Il est légèrement hérissé à la surface. Jai vu parfaitement ce conduit se rendre horizontalement vers le milieu du corps et s’y courber, presque à angle droit. Je n’ai pas remarqué de bourse pour loger le penis.
On aperçoit distinctement les œufs dans des poches intestiniformes, d'où on les fait déloger très-facilement par la pression. Ces poches occupent le milieu du corps. Les œufs sont extraordinairement petits. J'ai reconnu une vésicule germinative. Il y a peu de globules vitellins dans l'intérieur.
Comme la tête est fort grande, les Bothridies montrent distinctement, et visibles à la loupe, les trois fossettes qui sont creusées profondément. Ces fossettes ressemblent à une ventouse ouverte de Distome.
Dimensions. — Strobila, longueur totale . . . . . . . 150-1407", Proglottis, largeur . 9m,
Habitat. — Rudolphi en a trouvé trois exemplaires sur le Squalus galeus, une tête isolée et deux individus de 7 lignes de long; M. Du Jardin ne l'a trouvé qu'une seule fois sur 80 Raies (Raia clavata). J'ai observé un seul individu sur la Raïe blanche, le 7 février et le 21 mars; le 28 février, un autre individu également seul sur la Raie bouclée, et le 10 mars, encore un autre tout seul dans le Trygon pastinaca. Cet Helminthe est réellement peu abondant.
Gexre CALLIOBOTHRIUM. Van Ben.
Caractères. — Ces vers se distinguent par leurs crochets simples non fourchus et recourbés, réunis deux par deux; il y en a quatre pour chaque Bothridie; chacune d’elles porte trois aréoles en dessus des crochets.
Une seule espèce était connue, mais très-imparfaitement; c’est elle que je décris en premier lieu.