‹ Recherches sur la faune littorale de Belgique (volume 3)Chapitre 23 sur 103 · PI. XIV · texte numérisé non relu

PI. XIV

Caractères. — Les crochets sont minces, assez allongés; les internes médiocrement courbés. Le Strobila ne compte pas plus d’une dizaine de segments.

Cet Helminthe ressemble extraordinairement au C. verticillatum , par la conformation des Scolex, les lobes et les crochets y compris; mais tous ces organes sont développés dans des proportions un peu plus faibles. La petitesse du corps, l'absence de laciniures aux segments, le petit nombre de segments et la forme des œufs séparent nettement ces espèces l'une de l’autre.

Scolex et Strobila. — Les Bothridies sont terminées en avant par une

ventouse qui emprisonne l'air quand on retire un de ces vers très-vivant de l’eau. Ces organes sont étranglés à la hauteur des crochets et divisés par là, en deux parties inégalement développées. C’est dans la partie antérieure que la ventouse apparaît. La partie postérieure, qui est la plus grande, peut se prolonger en lèvres et disposer ces lobes en gouttière. Du reste, tout ceci peut se dire aussi du C. verticillatum.

Le Strobila ne se compose que d’une dizaine d'articles ; on ne voit pas de segments immédiatement derrière la tête.

Les vésicules transparentes sont situées avec une grande régularité, deux par deux, dans les premiers articles. On voit de très-bonne heure une vésicule, à la partie inférieure de chaque segment, remplie de corps arrondis qui se meuvent dans l’intérieur. Je crois que c’est la matrice avec des œufs.

Proglottis. — Le ver adulte est très-grand, eu égard surtout au volume du Strobila; j'en ai vu beaucoup qui dépassaient tout le Strobila en longueur.

Le penis s'ouvre vers le tiers inférieur; la poche qui le loge remonte directement en avant. On voit très-bien l'ouverture du vagin, et chez les plus adultes, on découvre aussi les canaux longitudinaux.

Les œufs de cette espèce se distinguent nettement de tous les autres; ils ont une coque composée d’une pellicule mince et transparente, terminée aux deux bouts par de longs filaments. Ils sont excessivement grands pour le volume de l'Helminthe.

Le vitellus ne m’a montré que des globules agglomérés sans symétrie. IL y à un certain espace entre lui et les parois de la coque.

Dimensions. — Longueur du Strobila, tête comprise . . . . . . . . 4à5"" — Job FN RPC Ve Un 0160 — crachetsne uit. 60 leo dél rc don‘ BAD O DERNIER SCORE EAN PrOSlOTtIS IONEUEUT. 00. 0 M ME. ce Eten NO dr Obursravecflaments. #5: 4; 2 NON par Les IG, 7en

Habitat. — 1 habite le Mustelus vulgaris.

Dans la liqueur, la forme de la tête est fort gracieuse ; les Bothridies sont écartées en arrière les unes des autres; la petite taille de ce ver ne permet pas de le confondre avec une autre espèce, d'autant plus que les anneaux sont très-peu nombreux.

De Tribu. — PnyLLorYNcniEns.

Cette section, peut-être la plus remarquable des trois, comprend des vers qui, depuis plusieurs années , ont le mieux su cacher les principaux phénomènes de leur curieuse évolution; nulle part, on peut le dire, les phases de développement ne sont ni aussi distinctes, ni aussi difficiles à suivre dans leurs transformations.

Caractères. — Ces animaux se distinguent d’abord par les quatre Bothridies communes à toute cette section et auxquelles correspondent quatre trompes rétractiles , hérissées de crochets disposés en quinconce et logées dans une gaïîne membraneuse. Il y a toujours une partie fort distincte, que l’on désigne sous le nom de cou, c’est la partie inférieure du Scolex. Des canaux longitudinaux parcourent toute la longueur du Scolex et du Strobila, et naissent en avant dans l’intérieur des Bothridies, comme dans les familles précédentes.

Historique. — S'il fallait placer dans cette section les vers que les auteurs ont décrits, sans les comparer soigneusement entre eux, j'aurais à mentionner plusieurs genres différents ; mais, ainsi que nous allons le voir, tous ces genres ne sont que nominatifs, et plusieurs d’entre eux ne reposent que sur des caractères accidentels ou des dispositions mal appréciées.

Les Anthocéphales de Rudolphi sont, comme on sait, synonymes des Floriceps de Cuvier; ils sont enveloppés encore de leur vésicule postérieure qui leur sert de prison, et ne diffèrent des autres genres que par leur âge. Les Tétrarhynques ne sont que des Anthocéphales plus avancés en âge. Rudolphi, en plaçant ces vers à côté des Cysticerques, avait donc bien saisi leurs affinités.

Les Gymnorhynques sont établis sur une erreur d'observation; les trompes ne sont pas dépourvues de crochets comme on le supposait, et le corps uni et long ne présente aucun caractère de quelque valeur. M. de Blainville a donc eu raison de réunir, dans son atlas (Dict. des sc. naturelles), lAnthocéphale macroure et le Gymnorhyÿnque rampant sous un seul nom.

On ne connaissait qu'une seule espèce de ce genre Gymnorhynque, que Bremser a figurée (Atlas, pl. XE, fig. 11-15); elle a un renflement vésiculaire en avant, et le Strobila ne porte point de traces de segments. A cette espèce, le Gymnorhynque rampant ou le Scolex gigas Cuv., M. Goodsir a ajouté dernièrement une seconde espèce sous le nom de G. horridus.

On a encore donné le nom de Tentaculaire à un autre ver de cette famille, mais cette distinction générique ne me paraît pas avoir plus de valeur que les genres qui précèdent. La figure de ce tentaculaire du Coryphena, publiée par Bosc, a été reproduite dans le Dictionnaire des sciences naturelles.

Il nous reste encore deux dénominations, celle de Tétrarhynque et de Rhynchobothrius; la première a été donnée depuis longtemps à des vers de cette famille dépouillés de leur vésicule et vivant librement, tandis que la seconde a été proposée seulement, dans ces dernières années, pour les vers qui ont l’âge des Strobilas. Laquelle faut-il adopter? 11 me semble que c’est le nom le plus ancien qui a encore l’avantage d’être beaucoup plus répandu. Si on devait s’en rapporter exclusivement à l’ancienneté, il faudrait adopter le nom de Floriceps de Cuvier ou d’Anthocephale de Ru-

dolphi.

Habitat. — On trouve ces vers dans les poissons aussi bien dans le jeune âge qu'à l’âge adulte; ce n’est qu’exceptionnellement que Rudolphi et Mayer, de Bonn, ont trouvé un Tétrarhynque dans des Kystes péritonéaux d’un jeune Testudo mydas. M. Peters pense que ces Tétrarhynques observés par Rudolphi et Mayer appartiennent à une seule et même espèce.

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