‹ Recherches sur la faune littorale de Belgique (volume 3)Chapitre 72 sur 103 · APPAREILS DE LA VIE DE CONSERVATION · texte numérisé non relu

APPAREILS DE LA VIE DE CONSERVATION

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Appareil digestif. — Nous croyons que tous les Trématodes sont pourvus d’un appareil digestif et que tous les Cestoïdes en sont privés.

Cet appareil, tout en se dégradant facilement, semble avoir dans la classe des Vers une grande importance zoologique; les Hirudinées ont cet appareil complet, les Trématodes l'ont incomplet, et les Cestoïdes en sont compiétement privés.

Cet appareil montre généralement en avant une ventouse, au fond de laquelle est située la bouche; cette bouche s'ouvre souvent dans un second renflement semblable à la ventouse précédente, mais plus petit; c’estle bulbe pharyngien : de ce second bulbe part un canal flexueux qui peut s'étendre quand le Ver s’allonge, c’est l’œsophage. L'œsophage se divise en général, si pas toujours, dans deux tubes qui s'étendent dans toute ou une partie de

GER ER la longueur du corps. Ordinairement ces tubes se terminent de chaque côté en cul-de-sac; quelquefois cependant, comme dans le Polystomum integerrimum, l'Onchocotyle appendiculata, le Monostomum mutabile, les deux tubes communiquent entre eux par une véritable anastomose; dans le dernier genre, les deux tubes s'ouvrent en arriére l’un dans l’autre; dans l'Onchocotyle appendiculata, le Polystomum integerrimum et V'Octob: lanceolatum, la communication à lieu au contraire sur une partie du trajet au moyen de ramifications qui s’anastomosent en plusieurs endroits.

Ces tubes sont souvent droits et à parois unies, toujours minces et doués de mouvements péristaltiques trés-prononcés ; quelquefois aussi on voit sur toute leur longueur des cœcums ramifiés qui pénètrent dans l’interstice des organes. Ces cœcums sont situés du côté externe, dans les Epibdelles et la Fasciola hepatica; dans les Onchocotyles, les Axines, ils sont situés en dedans et en dehors. Les cœcums sont symétriquement ramifiés dans tout le corps chez les Diplozoon et lOctostoma merlangi.

On ne cite qu’un seul Trématode, avec un intestin simple et droit, terminé en cœcum, c’est l’Aspidogaster. Si Von ne connaissait leur appareil sexuel, il y aurait peut-être lieu de se demander si ce parasite n’est pas le Scolex d’un Ver encore inconnu à l’état de Proglottis (r).

Dans divers Scolex de Distomes, le tube digestif est réellement simple et occupe le milieu du corps, tandis qu'à l’état de Proglottis ces mêmes Vers ont le tube digestif double.

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Appareil excréteur. — Objet. — Les Trématodes sont-ils pourvus d’un appareil circulatoire, ou n'a-t-on pas confondu, sous ce nom, un appareil excréteur?

Si nous entendons par appareil circulatoire un appareil composé de vaisseaux, charriant un liquide dans une direction donnée, destiné à porter aux organes les éléments qui doivent réparer leurs pertes, évidemment non! Les Trématodes sont dépourvus de ces organes. Mais ils ont un appareil communiquant à l'extérieur par un ou deux orifices, composé de canaux pleins de liquide, qui est mis en mouvement ou par la contractilité des parois ou par l’action de cils vibratiles. C’est cet appareil que nous

(1) M. Hermann Aubert vient de publier un Mémoire très-interessant sur l'anatomie et le développement de ce Ver, dans le Journal de V. Siebold et Kolliker, vol. VI, 1854. { Note ajoutée )

(1) allons faire connaître avec quelque détail puisqu'il joue un rôle tres-important dans l’économie de ces Vers; les opinions les plus diverses ont été émises au sujet de sa composition et de son importance physiologique.

Historique. — Depuis longtemps certaines parties de cet appareil ont été observées ; mais, comme il arrive toujours, les premiers naturalistes ne font que des observations incomplètes, et les opinions les plus étranges sont émises sur leur nature; les uns reconnaissent un orifice à l'extérieur et en font un anus; d’autres voient des pulsations dans la terminaison du canal et dotent ces Vers d’un cœur; d’autres encore reconnaissent un liquide rouge, charrié par des vaisseaux, et qui ne peut être à leurs yeux que du sang; d’autres enfin regardent ces mêmes organes comme remplissant le rôle d'appareil digestif chez les Cestoiles et d'appareil circulatoire chez les Frématodes ; dans les mêmes Vers (les Cestoïides), une partie de l'appareil est prise pour digestive, une autre partie pour circulatoire. Enfin, et ceci nous montre combien ces observations sont difficiles, des naturalistes du plus haut mérite ont pris ces organes pour une dépendance de l'appareil générateur, et le produit des sécrétions pour des œufs.

L'historique de cet appareil est exposé tout au long dans un autre travail ; nous nous bornerons ici à citer l'opinion de quelques auteurs qui se sont occupés dans ces derniers temps de ce sujet.

M. V. Siebold a résumé son opinion sur l'appareil vasculaire et sécréteur des Trématodes, dans son Ænalomie comparée. Ce savant a fort bien reconnu l'appareil sécréteur dans plusieurs de ces Vers; il existe en effet, comme il le dit, un utricule contractile qui s'ouvre au dehors à l'extrémité caudale; cet utricule est quelquefois simple, d’autres fois ramifié et pourvu de branches qui s'étendent dans le corps entier. Cette description est parfaitement exacte, mais elle est loin d’être complète.

Dans un autre paragraphe M. V. Siebold dit que le système circulatoire est tres-développé dans les Trématodes, les Cestoides et les Cystiques; qu'il est pourvu de parois propres, dont les contractions président à la circulation du liquide nutritif. Il forme chez les Trématodes un réseau vasculaire contractile répandu par tout le corps, et dans lequel se font remarquer, par leur grandeur, deux troncs qui longent le cou et les côtés; ces vaisseaux sont remar-quables, ajoute ce savant en note, par leurs flexuosités très-prononcées.

Plus loin, M. V. Siebold ajoute qu'il faut se garder de confondre avec ces vaisseaux sanguins (1), comme cela parait s'être fait souvent, d’après

(1) V. Sresozv et Srannius, Manuel d’Anat. comparée, SU.

(1H) à lui, les canaux finement ramifiés de l'organe excréteur, Bojanus, Laurer el Nordmann seraient tombés à ce sujet dans la même erreur. Le liquide nutritif, qui circule dans le système vasculaire, se distingue par son aspect homogène et son manque de coloration, du contenu grossièrement granulé de l'organe excréteur, ajoute-t-il; enfin dans le Distomum tereticolle le liquide présente, d'après lui, une couleur rougeûtre qui, dans les vaisseaux capillaires les plus fins, tire sur le jaune.

En parlant de l'appareil respiratoire, l’illustre professeur se demande si les vaisseaux qui sont pourvus de cils vibratiles ont une destination spéciale et différente de ceux qui ne présentent rien de semblable: ils rappellent le système aquifere, mais ne communiquent pas au dehors et ne sont pas entourés de vaisseaux sanguins. Quant à la signification de ces derniers, M. V. Siebold n’est pas éloigné de croire, avec Burmeister (1), ces organes analogues au système trachéen des Insectes, surtout au système trachéen clos de toutes parts de quelques Insectes aquatiques.

Dans son Mémoire sur la génération alternante des Cestoides, M. V. Siebold parle en ces termes d'un réseau vasculaire qu'il a observé dans le Ténia de limace. On voit à travers la tête et la région postérieure du corps un systéme de vaisseaux transparents et trés-minces qui existent aussi chez les autres Cestoides, et qui correspond vraisembhlablement au système de canaux aquiferes. Je n’ai pu reconnaitre, ajoute plus loin ce savant, de quelle facon ce système vasculaire commence ou finit à l'extrémité de la région postérieure du corps.

Dans son Manuel d'anatomie comparée, M. V. Siebold adcode un appareil circulatoire avec des parois propres aux Cystiques, Cestoides et Trématodes; dans sa Notice sur le Ténia de la limace, les Trématodes seuls ont encore un appareil circulatoire. Ce savant a reconnu aussi la vésicule pulsatile, avec les canaux qui y aboutissent, dans le Scolex polymorphus et le Scolex de l'Eledone, comme je l'avais signalé quelques mois auparavant.

Il en résulte que depuis la publication de mes premières Notices, en 1849, sur les Helminthes, M. V. Siebold ne reconnait plus les Cystiques comme un ordre distinct; et au lieu de Vers simples, les Cestoïdes sont devenus définitivement composés et sont sujets à une génération alternante,

Nous différons encore sur ces deux points-ci :

Les Trématodes ont un véritable appareil circulatoire, dit le professeur de Breslau; nous disons que cela n'est pas, que ces pré tendus vaisseaux appartiennent aus appareil excréteur.

Q) Zeittschrift fur Wissensch. Zool., 1850: Ann. Sciences nat., 1991.

Les Vers cestoides n’ont pas un appareil aquifere, comme le pense M. V. Siebold, mais un appareil excréteur comme les Trématodes,

Dans un beau travail publié en 1849, M. Kôlliker admet l'existence d'un appareil vasculaire et d’un organe respiratoire dans le Tristoma papillosum (1).

M. Blanchard a injecté un grand nombre de Vers et croit devoir conclure de ses fines et délicates recherches, que les Trématodes et les Cestoïdes sont pourvus d'un appareil vasculaire (2). Cet habile naturaliste n’a injecté que l'appareil excréteur.

Il a paru en 1850 un Mémoire sur l'anatomie d’un Distome qui mérite d’être mentionné (3). M. Leydy à vu dans le Distoma vagans, non complétement développé, un système vasculaire formé d’un double tronc et d’une poche (bulbous dilatation) située au milieu à la partie postérieure du corps. Cette poche est en communication avec les vaisseaux et avec l'extérieur. Dans un âge plus avancé, il signale de chaque côté du corps quatre troncs vasculaires dont le principal porte des cils vibratiles, mais la poche contractile est dans un état de contraction permanente.

Ainsi, d'apres le naturaliste américain, ce Distome possède des vaisseaux qui sont en communication avec l'extérieur par l'intermédiaire d’une vésicule pulsatile; un des vaisseaux porte des cils vibratiles à l’âge adulte, et les pulsations d’abord assez régulières cessent plus tard.

Nous ne différons de M. Leydy qu'au sujet de la signification de cet appareil ; quant à l'observation, elle s'accorde parfaitement avec la nôtre.

Enfin, nous avons à citer l'opinion de M. Schultze, professeur à Greifswald. Dans un beau travail sur les Turbellariés, M. Schultze reproduit jusqu'à un certain point l'opinion de V. Siebold, qui est, du reste, celle de presque tous les helminthologistes allemands, si pas de tous. Ilexiste deux appareils distincts chez les Vers, dit ce savant, les uns à fouets vibratiles, les autres à parois contractiles ; les premiers, ou ceux à fouets vibratiles, correspondent aux trachées et représentent un appareil respiratoire ; les autres à parois contractiles sont seules de nature glandulaire. Les Trématodes sont pourvus des deux appareils; les Cestoïdes n’ont que l'appareil respiratoire. La vésicule pulsatile des Trématodes n'aurait rien de commun, d’après M. Schultze, avec celle des Cestoïdes.

(1) Ueber Tristoma papillosum, Ber. v. d. Kônigl. Zootom. Anst. zu Würtcburs., 1849. (>) Ann. Sc. nat., 3° série, et Voyage en Sicile, vol. III. (3) Journal of the Acad. of nat. Sciences of Philadelphia.

Il n'existe pour nous qu'un appareil sécrétêur dans les Frématodes et les Cestoides.

Voyons ce que les principaux genres de Trématodes nous enseignent à ce sujet; ils ont été étudiés dans ce but depuis les Epibdelles, si voisins des Malacobdelles, jusqu'aux Monostomes qui conduisent aux Cestoides {1 ).

Anatomie de l'appareil excréteur. — Cet appareil présente un grand développement dans le genre Epibdella, et montre des différences assez notables si nous le comparons à celui des Trématodes en général. En effet, les canaux qui entourent l'appareil générateur sont pleins d’une matière opaque d’un blanc jaunâtre, tandis que les autres sont remplis d’un liquide limpide: sur le côté du corps deux troncs naissent en arrière et s’anastomosent au devant de la bouche; deux autres troncs plus gros sont logés vers le milieu du corps, se dirigent au dehors, se dilatent en une grande lacune et représentent la vésicule pulsatile; l’orifice est situé de chaque côté au devant de la vésicule.

En employant un fort grossissement et en comprimant suffisamment le corps, on voit que toute la peau de ce Ver est tapissée d'un filet de canaux tres-fins, enveloppant tous les organes.

Dans le Tristoma papillosum, M. Kôlliker a fait connaitre une disposition qui se rapproche de celle-ci; les deux orifices sont situés également sur le côté du corps en avant.

Dans le Diplozoon paradoxum on voit distinctement deux courants en sens inverse dans toute la longueur du corps; les deux canaux se recourbent non loin de la bouche, et l’anse qu'ils forment reçoit des rameaux de toute la partie antérieure de l'extrémité céphalique. On découvre facilement les fouets vibratiles dans diverses régions du corps. Plusieurs observateurs les ont vus depuis longtemps. Nous n'avons vu dans ces Vers ni orifice, ni vésicule pulsatile. Il est à remarquer que ces cils ne sont pas constamment en activité, comme on l’a déjà remarqué ailleurs. Ce n’est que de temps en temps qu ils agissent.

L'Octobothrium lanceolatum présente la plus grande ressemblance avec le

‘1) Dans un beau travail sur l’Aspidoguster, M. H. Aubert vient de confirmer pleinement vos observations sur l'appareil excréteur; il reconnait à leur origine des fouets vihratiles; puis des canaux grêles encore, mais sans fouets vibratiles ; puis enfin deux gros troncs, qui s'ouvrent en arrière par le foramen caudale et qui recoivent en avant les troncs sans cils. Zeits. f. Wiss Zool., 1854, vol. VI, p. 349.

Il est reconnu aujourd’hui qu’il existe un appareil excréteur semblable dans les principaux groupes de Vers, depuis les Annélides jusqu'aux Némertes et Planaires. (Vote ajoutée. )

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Diplozoon, sous le rapport de son appareil excréteur. Les canaux sont à fouets vibratiles distincts, et ils s'étendent de la même manière dans toute la longueur du corps.

Cet appareil est très-développé dans le genre Gyrodactylus; d'après M. V. Siebold il est formé de deux troncs principaux, qui s’anastomosent en avant, et qui, dans le quart postérieur du corps, envoient de chaque côté une petite branche à la ventouse postérieure; ils se rapprochent vers le milieu du dos, les quatre troncs marchent quelque temps les uns à côté des autres, puis disparaisseht brusquement.

Nous connaissons cet appareil à peu pres au complet dans l'Onchocotyle appendiculata. Dans toute la longueur du corps, on distingue de chaque côté plusieurs canaux situés parallèlement, et qui sont liés entre eux par de nombreuses anastomoses. Nous en avons compté jusqu'a quatre de chaque côté, dont deux plus gros que les autres. Ils naissent en avant par de fines branches et s'ouvrent postérieurement dans deux grandes vésicules, logées dans les deux appendices postérieurs du corps. Chacune de ces vésicules a son orifice propre. Il y a donc un double foramen caudale que Kuhn avait déjà observé, mais qu'il avait pris pour deux anus.

Du testicule inférieur s'étend en arrière dans le Distoma tereticolle un canal blanc, situé sur la ligne médiane, qui est irrégulièrement bosselé et qui n'est pas sans ressemblance avec un vaisseau lymphatique de Mammnifère injecté au mercure; il se termine postérieurement, assez près de l'extrémité du corps. En le tenant en vue pendant quelques instants, on le voit par moments complétement disparaître ; puis il reparaît, s’élargit considérablement ou se rétrécit en tout ou en partie de la manière la plus irrégulière. Ce canal renferme un liquide blanc-jaunâtre, contenant de trèspetits globes arrondis et en petit nombre. Goeze avait déjà observé et même figuré ce canal, mais sans en connaitre la nature. Il l'a représenté comme un chapelet. C’est le tronc principal du canal excréteur auquel viennent aboutir tous les troncs éparpillés dans le corps. Nous avons fait connaitre cet appareil en détail il y a peu de temps (1).

Le Distomum nodulosum, provenant des intestins de la perche ( Perca fluviatilis) montre cet appareil bien singulièrement conformé; il semble conserver, à l’âge de Distome, les caractères qu'il a communément chez les Cercaires. Dans tous les individus, ceux qui sont remplis d'œufs, aussi bien que les autres, on voit, à la partie postérieure du corps, nne grande poche pleine

(1) Bulletin de l’Acad. roy. des Sc. de Bruxrelles,.t. XIX. Suppl. aux Comptes rendus, T. IL. 23

nd

de liquide, dans laquelle sont suspendus quelques petites sphères, à contours fortement ombrés, qui paraissent de nature grasse. Ces petites sphères se déplacent selon les contractions des parois du sac qui les contient, et elles passent d’un bout de la poche à l’autre. Quand les œufs ne sont pas encore développés, la poche s'étend ‘jusqu'à la ventouse postérieure, mais plus tard les œufs la refoulent en arrière et sa capacité en est considérablement réduite. On voit en avant un canal unique que l’on ne peut plus suivre au delà de la ventouse. |

M. Kôlliker a vu dans le Distoma Pelagiæ un double canal, dans la longueur du corps, replié en avant à côté de la cavité buccale, et se terminant en arriere dans une vésicule communiquant avec l'extérieur (1).

Le Disioma rufoviride a la vésicule postérieure fort grande et les parois en sont tellement contractiles, qu'elle échappe souvent à la vue, à moins, comme il arrive quelquefois, qu'elle ne se distingue des autres organes par sa couleur brune. Depuis la vésicule jusqu'à la ventouse, on voit un canal médian régulièrement étranglé et rempli d'une matière opaque d’un blane laiteux. Ce canal se détache sur les oviductes pleins d'œufs qui sont d’un jaune doré. À la hauteur de la ventouse abdominale, le canal médian se divise en deux branches qui remontent jusqu’au bulbe buccal et s'unissent ensuite l’une à l’autre.

M. Dujardin n'a pas connu, dans cette espèce, les rapports de la vésicule qu'il regarde comme respiratoire avec le canal blanc opaque et de nature glandulaire.

I y a plusieurs autres Distomes à canaux principaux opaques et qui se réunissent en dessus ou en dessous du bulbe buccal en formant une anse ; par exemple le Distoma appendiculatum, le Distoma reflexum , le Distoma tereticolle , etc.

Dans le Distoma retusum, le tronc principal se divise en deux branches formant avec lui un Y ; le contenu est opaque. En avant, au bout de cha: que branche, naissent deux canaux fort gréles et qui se rendent de chaque côté séparément jusqu'à la hauteur du bulbe buccal où ils se retournent en arrière. Ces canaux contiennent un liquide limpide. Dans l’intérieur, nous avons vu une palette mobile agissant comme un fouet vibratile.

Une autre disposition encore nous est offerte par le Distoma rarum du Cyprinus dobula. Le canal principal est formé d’un tronc uuique situé en dessous du testicule et qui est difficile à distinguer; ce canal unique se

(1) Xonigl. Zool. Anst. zu Wurzburg., 1849, PI. 11, fig. 6.

(179 ) bifurque, chaque branche se rend à peu prés vers le milieu entre les deux ventouses, où il se contourne sur lui-même et revient ensuite par un canal unique vers la partie postérieure du corps. Ces canaux sont transparents.

Le Distoma labracis montre encore une autre disposition : les canaux principaux, au nombre de deux, sont très-larges et pleins d'un liquide limpide ; ils longent toute la longueur du corps et se dilatent de chaque côté de l'œsophage en formant un large sinus.

Le Distoma ventricosum a un appareil sécréteur formé de troncs assez gros, qui sont remplis d’une matière opaque, et qui sont disposés à la partie postérieuré du corps comme le tube digestif l'est en avant. De chaque côté on voit un orifice avec un canal plus ou moins long, qui se bifurque pour se terminer brusquement en cul-de-sac.

Dans deux espèces d’ Holostomes, l'alatum et le pileatum , nous avons observé le foramen caudale à V extrémité postérieure du corps, mais les circonstances ne nous ont pas permis de nous occuper des canaux qui y aboutissent.

Le Monostomum mutabile montre le long de chacun des tubes digestifs, parallèlement à cet organe, un canal assez gros, à parois minces et coutractiles, rempli d’un liquide limpide légèrement jaunätre ; ce canal s’étend depuis le bulbe de la bouche jusqu'à la partie postérieure du corps; on voit naître sur toute son étendue d’autres canaux de même calibre situés à une égale distance les uns des autres. Tous ces canaux se terminent brusquement, formant des culs-de-sac, ou bien s'effilent à leur extrémité. C'est vers le milieu que ces organes sont le plus développés; en arriere, les branches sont irrégulières. En avant, les deux canaux s'anastomosent; en arrière, ils s’abouchent dans la vésicule pulsatile dont l'orifice est situé du côté du dos. Leur intérieur ne montre ni fouets ni cils vibratiles. Il faut étudier l’appareil en question sur des inaividus vivants, et encore faut-il quelques circonstances heureuses pour les voir apparaitre complétement.

L'appareil du Monostomum verrucosum, représenté par M. Blanchard comme circulatoire, se rapproche, au fond, de la disposition du Monostomum mutabile.

Le Monostomum cercatum montre à l'extrémité postérieure du corps une énorme vésicule pulsatile. #

Le Monostomum bijugum porte une vésicule avec foramen caudale distinct, tellement volumineuse, qu'elle envahit presque la moitié du corps; mais Miescher ne signale pas de canaux y aboutissant (1).

(1) Mrescaer, Beschreibung. des Monost. bijugum, in-4°; Basel, 1838. 27:

Organogénie de l'appareil excréteur. — Nôus avons été à même de faire quelques observations sur le développement de ces organes, qui ne contribueront pas moins que les recherches anatomiques à éclaircir ce point de Ja science. Dans différentes espèces de Cercaires, ou plutôt de Distomes, en voie de développement, nous avons été assez heureux de reconnaitre chez quelques-uns cet appareil au moment de son apparition; chez d’autres Cercaires, il était déjà dans toute la plénitude de son développement, tel qu’on le voit dans les Distomes adultes.

Depuis longtemps ces organes ont été reconnus dans les jeunes Distomes (Cercaires}; mais ici aussi des opinions diverses ont été émises sur leur na-

ture. Une des opinions les plus singulières est celle de M. Steenstrup (1). Cette vésicule des Cercaires a une autre signification que celle des Distomes M

aux yeux de ce savant : la vésicule pulsatile des Cercaires n’est que la cavité de la queue, qui s'étend jusque dans le corps.

La Cercaria armata montre, derrière la ventouse abdominale, une poche assez grande, à parois contractiles, et tendant à se développer en se divisant en deux branches. Il n’y a pas encore de vésicule pulsatile, ni de canaux proprement dits; il n'y a qu'un organe creux en forme de Y. é

Dans la Cercaria brunnea, les canaux s'étendent en avant, passent à côté

. L 4 de la ventouse abdominale, se retournent en dessous du bulbe de la bou-

che, et se perdent en deux fines branches, qu'on ne peut pas suivre plus loin.

Mais la Cercaria la plus importante sous ce rapport, c’est la Cercaria echi

nata, V. Siebold (Distoma militare, Rudolphi). Il part un canal sinueux de la vésicule postérieure qui se rend de chaque côté le long des tubes digestifs, jusqu'au bulbe œsophagien. Là ce canal se retourne, revient sur luimème, et se rend de nouveau jusqu’à la vésicule pulsatile, d’où il se dirige pour la seconde fois en avant, et se perd entre les deux ventouses : d’où il résulte que le même appareil montre deux canaux charriant d’arrière en avant et un autre d'avant en arrière. C’est sur des individus venant de perdre leur queue, et avant de s’enkyster, que nous avons le mieux observé cette disposition.

Ainsi cet appareil débute par une vésicule qui grandit assez rapidement,

s'échancre ensuite en avant, se divise en deux branches comme un Y, et chacune de ces branches, en s’allongeant, gagne le bulbe buccal, se replie sur elle-même, gagne la partie postérieure du corps, puis s'étend quelque-

(1) Gencrations-Wecshel, p. 8o et 81.

( 181 ) fois une seconde fois d’arrière en avant en donnant sur son trajet des canaux qui plongent dans l'épaisseur du parenchyme.

Nature du produit contenu dans l'appareil excréteur. — Le contenu de cet appareil est loin de présenter le même aspect dans les différerts Vers; ce produit est souvent limpide et parfaitement incolore, et ne montre aucun globule, ni corpuscule solide. D’autres fois le liquide montre de fines granulations, de même forme, qui s’observent surtout dans les gros troncs. Dans quelques Vers, ces granulations s'accumulent, les parois des canaux se dilatent; on les voit presque à l’œil nu dans toute la longueur du corps, et le contenu présente un aspect crétacé. Tout le canal est calculeux.

Certaines espèces, comme le Distoma rufoviride, ont toujours le tronc principal rempli d’une matière blanche, semblable à de la craie; d’autres, comme le Distomum nodulosum, portent toujours dans leur énorme vésicule pulsatile, des gouttelettes d'huile.

La couleur du liquide parait également variable. Le liquide incolore, qui remplit les fines ramifications, prend souvent une teinte rouge à un fort grossissement ; ce qui a fait croire quelquefois que l’on avait sous les yeux un liquide particulier, différent de celui qui remplit les gros troncs. C’est un phénomène analogue à celui que l’on observe dans les Infusoires quand l’espace pulsatile se remplit. C’est un effet d'optique.

Dans certains Trématodes, il existe toujours dans le même Ver des canaux blancs et opaques à côté de canaux limpides et transparents.

Ce phéonomène de coloration a-t-il quelque analogie avec celui signalé par Delle Chiaie sur une Annélide du golfe de Naples, qui a du sang rouge dans certains vaisseaux et du sang vert dans d’autres (1)?

En tout cas, ce n’est pas le même phénomène qui a été signalé chez quelques Tubicoles par M. de Quatrefages : le sang, en couches minces, est d’un jaune verdâtre chez certaines espèces et devient d’un rouge parfaitement caractérisé lorsqu'il est réuni en masse. Certaines espèces de Némertes montrent, d’après le même savant, toutes les nuances de ce phénomène, qui résulterait uniquement de l'accumulation de globules assez gros flottant au milieu du liquide.

Quant à la nature chimique du contenu, nous eussions vivement désiré pouvoir en faire l’analyse, mais il ne nous à pas été possible (2). Voici toutefois une observation qui n’est pas sans importance : en mettant un jour des

(1) Ann. Sc. nat., p. 379

(2) Des recherches récentes y ont fait découvrir de la guanine.

Jeunes Tenia serrata, provenant de Cysticerques pisiformes, dans l'acide acétique, nous fümes surpris de voir un grand dégagement de bulles de gaz, et un individu attira surtout notre attention, parce qu'il lui échappait, de la plaie résultant de la perte de la vésicule caudale, des bulles de gaz avec une extrême régularité. En portant ce Ver sur le porte-objet du microscope simple, nous vimes distinctement ces bulles sortir des canaux latéraux, qui étaient parfaitement injectés de ce gaz dans toute leur longueur.

De l'analogie entre l'appareil excréteur et quelques organes de nature problematique. — Si les Trématodes n’ont pas d'appareil circulatoire, mais bien un appareil excréteur, que l'on a confondu avec lui, observe-t-on dans les groupes les plus voisins de ces Vers des organes analogues ?

Mais voyons auparavant s’il y a lieu de s'étonner de trouver un appareil aussi important que celui de la circulation cesser brusquement dans des groupes aussi voisins que le sont, par exemple, les Hirudinées et les premiers Trématodes.

L'appareil circulatoire se dégrade chez les Vers comme chez les Mollusques et les Articulés. M. de Quatrefages a constaté que chez certaines Tubicoles la circulation cesse d’être vasculaire et s'effectue à l'aide de lacunes situées entre divers organes.

Dans une espèce d’ FR le sang n'est pas renfermé dans les vaisseaux, mais il se meut, d’après le même savant, dans l’espace compris entre la couche musculaire et une espèce de mésenthère.

Dans une Annélide, voisine des Syllis ( Doyeria), cet appareil est réduit à un simple vaisseau dorsal.

Dans l’Aphlébine, le sang est mis en mouvement par un systeme-de palettes microscopiques, qui sont constituées par des cils réunis en écharpe, dit M. Milne Edwards (1).

Voila donc une véritable dégradation dans cet appareil chez les Vers doiques, et nous ne devons pas nous étonner de voir le même phénomene se reproduire dans ces Vers.

Les Hirudinées forment évidemment la division la plus voisine des Trématodes, et nous n’aurons pas grande peine à montrer des organes de nature encore problématique, qui ont, avec l'appareil excréteur des Vers précédents, la plus grande ressemblance, sinon une complète analogie.

Il existe dans les Branchiobdella une paire de canaux recourbés qui s’ouvrent à l'extrémité postérieure du corps, et une autre paire qui s'ouvrent à

(1) Micxe Enwaros, Ann. des Sc, rat., 1844, vol. I, p. 18

la face ventrale, au commencement du second tiers du corps. Ces canaux se dilatent en une ampoule et donnent naissance à plusieurs branches recourbées en anse. Leur intérieur présente un mouvement ciliaire (x).

Si les cils vibratiles, tapissant ces canaux, manquent chez les autres Hirudinées en général, cela n’a rien d'étonnant. L’analogie est d’autant plus grande avec les canaux excréteurs dont il est question ici. Les cils sont remplacés par la contractilité des parois.

La Nephelis vulgaris présente à la face inférieure du corps une rangée d'organes qui consistent en une vésicule contractile qui s'ouvre au dehors, et à laquelle viennent aboutir des canaux entortillés que l’on regarde comme aquifères (Leydig) (2). M. V. Siebold semble les avoir confondus avec les renflements vésiculaires des vaissaux latéraux.

La Sangsue médicinale porte à la face inférieure du corps jusqu’à dix-sept organes, qui sont logés entre les poches digestives; ces organes consistent dans des canaux allongés, larges à une extrémité, étroits à l’autre, contractiles et terminés par une poche qui s'ouvre à l'extérieur. Ces organes ont reçu les déterminations les plus diverses.

Après les Hirudinées viennent les Lombricins. M. Henle à signalé dans l'Enchytreus (3) plusieurs organes respiratoires qui s'ouvrent à l'extérieur, à la face inférieure du corps et dans lesquels il trouve de l’analogie avec les singuliers organes des Lombrics. M. Henle signale aussi des cils vibratiles dans leur intérieur, et ne pense pas qu'ils servent à l'absorption de l’eau.

Il existe chez les Lombrics, d’après Duges, des vésicules intestiniformes très-repliées, flottantes dans la cavité commune’; les deux extrémités de chacune de ces vésicules cylindroïdes paraissent s'ouvrir à l'extérieur par des pores extrêmement étroits. Dugès se demande si ces anses vésiculeuses ont quelque rapport avec les vésicules pulmonaires des Sangsues (4).

Dans plusieurs espèces de Naïs, il existe un appareil semblable formé d'un canal tortueux en communication directe avec l'extérieur.

Sur le côté du corps on voit dans le Tubifex, d’après Leydig (5), un appareil qui s'ouvre au dehors et qui montre un renflement vésiculaire près de

(1) Hence, Muller’s Archiv., 1835.

(2) Ber., Zoo!. Ars., Wurzburg, 1849.

(3) Muller's Archiv., 1837.

(4) Ducis, Ann. des Sc. nat., 1828, vol. XV.

5) Zeits. f. Wissensch. Zool., 1851.

son orifice; ce canal s’ouvre à l’intérieur dans la cavité du corps et porte des cils à son orifice interne.

Dans tous les genres de Lombricins, dit M. V. Siebold, on trouve, au commencement de l'intestin, des canaux très-entortillés qui s'ouvrent par un orifice étroit à la face ventrale de chaque côté de la ligne médiane. Ces canaux sont incolores et quelquefois dilatés en ampoules avant d'aboutir au dehors. Les cils vibratiles se meuvent toujours dans la méme direction, ajoute ce savant. C’est un point important à noter (1).

Parmi les Annélides à branchies, on ne connait jusqu’à présent aucun organe qui ait quelque analogie avec l'appareil dont il est question ici.

Dans plusieurs Rotiferes on aperçoit, le long du corps à droite et à gauche, un organe rubaniforme, dans lequel s’étend un canal flexueux, rigide et vasculiforme, qui communique avec plusieurs vaisseaux latéraux courts; ces vaisseaux s'ouvrent librement dans la cavité du corps et présentent à leur orifice un lobule vibratile. Il y a de chaque côté deux ou trois de ces organes, et quelquefois on en compte Jusqu'à huit (2).

À l'extrémité postérieure du corps, les canaux se réunissent dans une vésicule commune à parois minces, mais tres-vivement contractiles, qui verse au dehors, par l'ouverture cloacale, le fluide aqueux qu’elle contient. C’est ainsi que s'exprime M. V. Siebold dans son Anatomie comparée.

Enfin, plusieurs Turbellariés ont depuis longtemps montré des organes analogues. M. de Quatrefages a vu dans une Planaire une ouverture extérieure qui pourrait bien donner accès dans son système de canaux pénétrant dans l’intérieur, dit ce savant.

MM. O. Schmidt (3) et M. Schultze (4) ont décrit, dans les Turbellaires rhabdocæliens des vaisseaux finement ramifiés, à cils vibratiles, et qui s’ouvrent directement au dehors. Ces vaisseaux sont désignés par ces auteurs sous le nom d'appareil aquif ère ( Wasser gefässystem). -

Les Turbellaires (Dendrocæliens, Rhabdocæliens et Némertines) possedent le même appareil que les Trématodes et lesCestoïdes, m'écrit M. Max

(1) Foyez les recherches plus récentes faites sur ce sujet par M. d’Udekem, Bullet. de l'Acad. roy. de Belgique, t. XXI. n®%1iret 12, et Mém. de l’Acad. roy. de Belgique, t. XVI et XVII des Mém. couronnes. (Note ajoutée.)

(2) Les Rotifères ont, comme les Cyclopes et les Distomes, des reins primitifs, dit Leydig, Zeits. fur W. Zoo, PL- HIT, fie 35"

(3) Die Rhabdocoel. Strudelwürmer. Jena, 1848.

(4) Beit. z. Naturg. der Turbellarien. Greisswald, 1551

(CreBt) Schultze, en juin 1852. La vésicule que les deux derniers ordres possèdent manque toutefois toujours chez les Turbellaires. J'ai distinctement vu les orifices de ces canaux chez des Dendrocæliens, Rhabdocoœliens et Némertines, me dit-il dans la même lettre. Ces orifices sont simples ou doubles ; jamais on ne voit chez eux une vésicule contractile.

Nous voyons ainsi presque tous les groupes de Vers dioiques et monoiques, à l'exception des Annélides errantes et tubicoles, des Siponculides et des Échinorhynques, pourvus d’un appareil excréteur, et qui est peut-être représenté, même dans les Nématoïdes, par ces organes glandulaires qui ont été signalés dans ces dernières années, non loin de la partie antérieure du corps. Ainsi, les Turbellaires dendrocæliens, rhabdocæliens, et méme les Némertines, tous Vers si éloignés des Trématodes, conservent encore tout cet appareil avec quelques légères modifications pour l'évacuation du produit. Toutes les Hirudinées en sont pourvues, ainsi que les Lombrics et les Naïs, les Planaires et les Rotifères.

Cet appareil a sans doute de l’analogie avec des Fppareils qu'on trouve dans des animaux d’autres classes. Les Céphalopodes ont leur système sanguin en communication avec les grandes lacunes viscérales. Cuvier à fait connaître que le contenu de ces vaisseaux se répand sans rupture dans ces sinus, et communique par conséquent avec l'extérieur. Les corps spongieux ont montré dans leur composition de l’urée, et partant on les a comparés à des reins. Le sang veineux évacue-t-il directement par ces reins, d’une constitution nouvelle, Purée de l’économie ? Et dans les Vers qui nous occupent, cette évacuation n’a-t-elle pas lieu d’une manière plus simple encore? Cela me paraît bien probable.

Tous les canaux ou vaisseaux, ceux ayant des cils comme ceux qui n'en ont pas, appartiennent à un seul appareil. — Les canaux à cils et ceux à parois contractiles appartiennent-ils à un seul et même système? Les premiers correspondent-ils à des trachées et représentent-ils un appareil respiratoire, tandis que les autres seraient excréteurs? Nous avons vu plus haut que c’est l'opinion de M. Schultze et à peu près celle des helminthologistes allemands. Les Trématodes auraient ces deux appareils; les Cestoides auraient seulement l'appareil respiratoire.

Nous ne pouvons partager cette opinion : les canaux qui portent des cils vibratiles dans quelques genres ne sont pas différents de ceux qui n'en ont pas. Les cils déterminent souvent le mouvement du liquide dans les

s troncs, tandis que les gros troncs ont, à la place des cils, des parois

Suppl. aux Comptes rendus, T. I. 2/4

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contractiles. La présence ou l'absence detils ne change en rien la nature

des canaux.

Du reste, la vésicule pulsatile est unique chez la plupart, et les pulsations s'effectuent régulièrement; d’autres fois ces pulsations ont lieu avec

tant de lenteur, qu’on ne peut presque pas les observer, et dans une espèce « de Distome (D. tereticolle), on voit le tronc principal composé d’une série

de vésicules pulsatiles semblables à un chapelet.

Ce canal à des parois contractiles sur toute la longueur, ou bien cette propriété est localisée dans un endroit. C’est le même phénomène que l'on remarque dans les vaisseaux. |

Les Cestoïdes ont une vésicule pulsatile; les parois des canaux qui v aboutissent sont tellement contractiles, que par moments ils disparaissent complétement à la vue. Nous avons vu distinctement la vésicule expulser le contenu, et les contractions s’opérer dans le même sens. Cet appareil est donc disposé comme dans les Trématodes.

L'opinion de M. Schultze au sujet des Trématodes n’est pas mieux fondée. Nous avons démontré que les deux prétendus appareils n’en font qu'un : il n’y à donc pas un appareil de sécrétion et un autre de respiration; les mêmes vaisseaux qui sont contractiles dans tel genre, sont à fouets vibratiles dans un autre. Il n’y a dans les deux groupes de Vers qu’un seul appareil, et cet appareil est de forme glandulaire.

Les Vers qui nous ont offert les cils ou fouets vibratiles les plus distincts sont le Diplozoon parodoxum et 'Octobothrium lanceolatum, ceux précisément chez lesquels nous n’avons pu découvrir de vésicule pulsatile. Il est toutefois probable qu’on trouvera ces fouets dans bien des genres où ils ont échappé jusqu’à présent. y

Leydy a vu une vésicule pulsatile dans le Distoma vagans non adulte, et des cils vibratiles plus tard quand la vésicule était dans un état de contraction permanente.

Le Distoma retusum, Duj., des intestins de la grenouille, montre à la hau: teur des testicules une palette se mouvant comme un cil vibratile.

RÉSUMÉ. — En résumé, si nous tenons compte de toutes les dispositions que nous venons de passer en revue, il devient extrémement facile de se représenter l’ensemble de cet appareil et tout doute doit être levé au sujet de la signification des divers organes qui le constituent.

Ainsi, dans la plupart des genres, la vésicule pulsatile et son orifice sont très-faciles à reconnaître. A cette vésicule aboutit un tronc unique, tantôt

étroit et rempli d'un liquide limpide, tantôt large et plein d’une matiere opaque ; ce tronc unique, logé sur la ligne médiane, se bifurque en avant, les deux branches contournent la ventouse postérieure quand elle existe, se rendent à la hauteur du bulbe buccal et s'ouvrent l’un dans l’autre en recevant les branches d’origine sur leur trajet; ou bien, ils se retournent

- brusquement en arrière, sans s’anastomoser ensemble. Sur leur trajet, ces

deux troncs reçoivent des rameaux nés dans le parenchyme des organes dans toute la longueur du corps.

Les parois sont souvent contractiles dans toute leur étendue, et il semble y avoir plusieurs cœurs sur son trajet.

Dans les Tristomes et les Épibdelles, la vésicule pulsatile s'ouvre sur le côté du corps, non loin de la bouche; dans les autres genres, elle s'ouvre à la partie postérieure du corps, ordinairement par un seul orifice, quelquefois par deux.

Appareil glandulaire. — Indépendamment de l'appareil urinaire, dont nous venons de parler, il existe dans plusieurs Trématodes, et peut-être même dans tous, une glande assez volumineuse qui s'ouvre au dehors non loin de l’extrémité céphalique ; elle est tantôt simple et avec un seul canal excréteur, tantôt double et symétrique avec des orifices latéraux.

Nous ne connaissons pas son usage.

Chez les Épibdelles et les Axines, cette glande est simple ; elle est double dans les Onchocotyles.

Cette glande nous rappelle la glande également problématique, quant à la fonction, de la tête des Nématoïdes.

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