‹ Recherches sur la faune littorale de BelgiqueChapitre 16 sur 39 · ZOANTHAIRES · texte numérisé non relu

ZOANTHAIRES

ORDRE DES ACTINIAIRES.

Actinies.

DoN'.xELi. , Fiirther observations on tlie power exerciled bt/ ihe Actiniœ ofoiir shores in killing

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Nous avons vu des actinies pondre des jeunes par la bouche avant l'apparition des tentacules, d'autres avec quelques-uns de ces organes. Ot.-Fr. Miiller dit également, comme Baster, avoir observé que ces animaux sont vivipares.

Depuis longtemps 31. Hogg *, et sans doute bien d'autres, ont fait l'observation que des fragments se détachent du pied de certaines actinies [Aclinia plumosa surtout) , que ces portions de pied restent accolées aux parois

* Qtiarlerly Jour, microscop. se, t. V, p. 258.

de raquariuin quand raclinic se déplace, el donnent ensuite naissance à autant d'actinies qu'il y a eu de fragments. Tous ceux qui ont observé des animaux marins dans des a(|uariunis ont été témoins de ce phénomène. Aussi ce n'est pas sans élonnemcnt que nous avons vu en Angleterre une discussion s'élever à ce sujet entre MM. Wright, Barrelt et Ilincks. Ce n'est, à notre avis, ni l'effet d'une gemmation, ni le résultat du passage d'œufs dans le pied de l'actinie : c'est une portion détachée de l'animal qui reproduit un animal complet, comme un fi-agment d'hydre reproduit une autre hydre '. La détermination des espèces d'actinies n'est pas facile : elles n'ont aucune partie dure et résistante, et la forme change constamment. Il y a non-seulement des différences fort grandes entre l'animal épanoui el l'animal contracté; mais même entre l'animal très-frais et vivace et l'animal malade et fatigué, des modifications profondes surgissent. Si on ajoute à ces difiîcultés les changements sans fin de couleur, les diversités de forme et de nombre de tentacules selon l'âge, l'on n'aura encore (ju'une faible idée des changements que chaque espèce présente.

AcTiNiA cocciNEA Ot.-Fr. Millier.

(PI, XIX, lig. l-i) Synonymie. — Actinu coccinea, 0(.-Fr. Miillcr, Zooloijia danica, lab. LXIII, fig. 1-3.

On la trouve assez souvent sur les grandes huitres [Oslrea hippopus). Elle habite par conséquent les profondeurs.

C'est avec raison que Johnston admet, d'après Forbes, celle espèce dans sa seconde édition des Brilish zoophytes.

Le nom de Coccinea, donné par Ot.-Fr. Millier, convient fort bien au plus grand nombre ; il y en a toutefois parmi elles qui sont pâles de couleur et jaunâtres.

Cette espèce est parfaitement distincte et facile à reconnaître quand on l'a observée en vie. Elle présente des différences considérables, comparée à YActinia crassiconiis. Elle ne devient jamais aussi grande que la dernière.

' Vlnstilut, n" du 23 mars I8.j9 , p. 100.

QO;

Elle n'acquiert pas plus de deux ou trois centimètres de hauteur et autant à peu près de largeur. Le corps est cylindrique et tronqué aux deux bouts.

Tout le corps, sauf les tentacules et les espaces intertenlaculaires, sont d'un beau rouge, et des tubercules blanchâtres, formant quelquefois des rangées régulières de haut en bas , recouvrent la peau. La surface du corps est ainsi légèrement bosselé.

Les tentacules sont assez nombreux , gros et obtus comme certaines épines d'oursins, ne présentant aucunement ni cette grande flexibilité ni cette extrême extensibilité de quelques espèces. Ils sont annelés, c'est-à-dire montrant des cercles blancs et brunâtres qui alternent. On voit trois ou quatre cercles sur chaque tentacule. Tous ces appendices montrent à leur base des rayons noirs et jaunes qui convergent vers l'orifice de la bouche. Les tentacules de la rangée interne sont les plus gros ; ceux qui les entourent n'ont (|ue la moitié de leur diamètre et de leur longueur.

AcTiNiA CANDIDA Ot.-Fr. MiUlei'.

Synonymie. — Actinia candida, Ot.-Fr. Millier, Zool. daii., pi. Hli.

— — M. Edwards, Coralliaires , vol. J, \). 2'(ii.

Nous avons observé cette espèce vivante sur la grande huitre Pied de cheval et elle nous semble parfaitement distincte.

Le corps est d'un jaune pâle un peu sale et tirant sur le gris. H est un tant soit peu strié longiludiualement. 11 présente de grandes variations do longueur et de diamètre. Il s'étend à la longueur de deux à trois fois le diamètre du pied, et souvent s'étrangle vers le milieu.

Les tentacules sont très-nombreux, assez réguliers et serrés les uns contre les autres; leur longueur, comme leur grosseur, ne varie guère dans les circonstances ordinaires. Ils forment une sorte de collerette autour de la bouche, quand l'animal est fatigué et légèrement contracté.

Les tentacules sont blancs, assez transparents, offrant quelquefois une strie brunâtre longitudinale. Nous avons vu, à travers l'épaisseur de la peau, le liquide de la cavité générale circuler dans les tentacules. Le liquide mon-

SIR LHISTOIRE iNATURELLK DES POEYPES. i»l

tail régulièremont dans un sons, puis dcscondail avec la même régiilarilé en sens opposé.

Ces tentacules peuvent acquérir le double au moins de la ionguenr (iu"ils ont habituellement.

Autour de la bouche, des stries d'un jaune de soufre partent en s'iri-adianl vers les tentacules.

Il n'y a certes pas de tubercules calicineux placés en dedans de la couronne tenlaculaire, comme Ol.-Fr. Muller l'avait soupçonné. C'est sans doute un dessin peu achevé (|ui aura donné lieu à celte erreur.

Celte espèce vit fort bien dans les aquariums.

ACTINIA CRASSICORNIS.

Zkesciiaft, Ba.stcr, .V(((»»(/,. iiilsjj., Ul''" dcci, [). 140, pi. XIII.

Après VActinia plumosa, c'est la plus grande de nos espèces. Elle a les tentacules fort gros, ce qui lui a valu son nom spécifique. Cette espèce est commune sur nos côtes. On en voit de toutes les nuances , et nous ne possédons pas d'animal à couleurs plus vives. On rencontre souvent plusieurs teintes sur un seul animal. On en voit de rouges, de brunes, de vertes, de blanches et d'oranges j souvent ce n'est qu'une partie du corps qui est colorée.

On la trouve sur les pierres et les huîtres.

Cette espèce est difficile à conserver au delà de quelques jours dans les aquariums ordinaires.

Baster a vu cette espèce donner des petits vivants.

Au jardin zoologique de Hambourg, on conserve cette espèce parfaitement en vie ; nous y avons vu un grand nombre d'individus qui étaient là depuis des mois. C'est que non-seulement l'eau est renouvelée dans ces a(|uariums, mais on injecte constamment de l'air pour remplacer l'effet des vagues. Nous ferons remarquer en même temps que l'on y fait une distribution de vivres pour ces animaux inférieurs comme pour les mammifères et les oiseaux, ("ihacun reçoit, à des intervalles réglés, sa pitance de moules ou de poisson.

ACTINU PLUMOSA Ol.-Fl". Mull.

AcTiMA PLUMATA, Ot.-Fr. Millier, Zoolog. danim., 111, pag. 12, lab. LXXXVIII, fig. 1-2.

Cette espèce atteint jusqu'à un demi-pied de longueur. Elle a toujours des couleurs pâles uniformes; quelques fois elle est toute blanche.

Ce qui la distingue surtout, indépendamment de la taille, ce sont les lobes qui entourent la bouche et le grand nombre de tentacules qui les recouvrent.

C'est l'espèce qui vit le mieux dans les aquariums. On conserve plus facilement les jeunes que les adultes.

VActinia plumosa est fort abondante sur notre littoral. C'est l'espèce que les pêcheurs trouvent le plus souvent sur la grande huître Pied de cheval.

Les actinies, même les espèces ordinaires, sont, dans certaines circonstances, gemmipares, mais ces circonstances sont difïïciles à apprécier.

J'avais une Actinie de cette espèce en vie depuis un an. Je l'avais apportée très-jeune. Dans ces derniers temps , elle a bien mangé et elle s'est beaucoup développée. Elle s'est fixée elle-même sur les parois latérales du bocal, aussi haut que possible. 11 faut qu'elle incline le corps pour que les tentacules soient immergés.

Un jour j'avais remarqué une languette poussée par le pied, coiiime si, en se déplaçant, elle avait laissé aux parois une partie effilée de son dis(|ue charnu.

SUR LHISTOIKK NATIUKLLE DES POLYi'ES. 195

Mardi. — Il s'élèvo au milieu de la laugiielle une jeune actinie pourvue de deu\ rangs de tenlaculos; un rang interne, coniprenanl les })lus grands, au nombre de huit, alternant avec un rang plus petit placé en dehors, comme on le voit chez les polypes à deux rangs d'appendices.

Mercredi. — La languette a entièrement disparu. Les individus se sont séparés. On ne pourrait soupçoimer sa filiation.

L'aclinie-mère, qui a donné ce gemme, a pris, quchpies jours après, le caractère de VAclinia dkinthus dans la disposition des lobes tentaculaires.

J'ai eu , dans le même aquarium , une actinie avec deux bouches , et à chaque bouche sa couronne ordinaire de tentacules. Les cavités digestives étaient en communication. Souvent, quand j'en nourrissais une, je voyais, au bout de peu de temps, l'autre évacuer le résidu. J'avais donné un jour une néréide à manger : elle était saisie avec avidité; une partie entre par une bouche, tandis que le ver se tortille et se débat par l'autre extrémité. Successivement la néréide y passe cependant, et, quelques heures après, je vois l'autre bouche évacuer la peau avec les piquants. Je les ai vus très-jeunes ainsi, et je crois que, dès le principe, ce sont deux embryons soudés ensemble. Elles sont sœurs.

• ACTIMA TROGLODYTES JohuSlOU.

(PI. XlX.fig. 7.)

Celle espèce vil cachée dans le sable; elle est commune sur nos côtes; elle se tient surtout au fond des flaques d'eau, au milieu des katei/eii. On en voit de toutes les couleurs.

Elle vit très-bien dans les aquariums.

AcTiNiA EQuiNA Linu.

Pa.vudeschaft, Houttuyn, XIV, p. 275, n° I , pi. XIX, (ig. I.

Cette espèce, de couleur brune lie devin, de la grosseur généralement d'une noix, se trouve en abondance dans la Manche, sur les côtes d'Angleterre et de France, el se voit beaucoup moins souvent sur nos côtes.

Elle a la vie très-ténace et résiste parfaitement dans les aquariums.

Nous avons étudié de très-jeunes Aclinia equina, et pendant assez long-

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