‹ Recherches sur la faune littorale de BelgiqueChapitre 15 sur 39 · C.VMPANULAUIA SyRINGA Lillll · texte numérisé non relu

C.VMPANULAUIA SyRINGA Lillll

Synonymie. — Campanularia syringa, Vnn Bcii.. Mémoire sur tes Caiitpunulaires, pi. III, fiiç. It. — — Th. llinc'ks, .Yulcs on the reprod. of the Caïujiauiila-

riades, Ann. mag. of nat. iiist.; aug. d852, p. 81, pi. III, lig. 1-5.

Nous n'avons rien à ajouter à la description que nous avons donnée de cette espèce. La loge du polype tentacule est couverte d'un cône pendant la rétractation de ranimai, et les parois s'écartent pendant la protrusion; mais cette disposition, que nous ne connaissions que dans celte seule espèce, se reproduit également dans la Campa nularia lacerata, ainsi que dans la Campanulina tennis.

M. Hincks a eu l'occasion de voir leur reproduction. Des capsules de forme ovale sans cercles, portées sur un pédicule de deux anneaux, donnent naissance à des planules isolées, sans que l'atrophion perde ses caractères primitifs de sporosac. La forme médusaire est complètement sautée.

Campanularia exigua Sars.

C'est encore une campanulaire que nous avions remarquée depuis longtemps, mais que diverses circonstances nous ont empêché de signaler plus tôt. C'est une espèce bien remarquable, et que M. Gegenbaur a reconnue dans la Méditerranée avec les mêmes caractères qu'elle présente dans la mer du Nord ^ iM, Gegenbaur en fait avec doute une espèce nouvelle.

La colonie est composée d'un tronc principal qui porte souvent dès sa base des capsules médusipares assez grandes, ovales, allongées, et des loges fort larges pour les polypes nourriciers.

Cette espèce est parfaitement distincte des autres. Nous trouvons seulement que l'hydrier est plus développé sur nos côtes, si nous en jugeons du moins par la figure donnée par iM. Gegenbaur.

' Voyez Aider, Cutcdog., p. 51; Luo)n. lungissima Pallas.

iU

Campanularia exiytw.

.Vous adoptons le nom iinpos(' par M. Sars, puisque M. Gegenbaur n'en a point proposé.

Sijnonymie. — Campanularia sp. nov., Gcgcnbaur, Ziir Lehre vom Generutiunsirerlt.sel , tatj. I, fig. 5-7.

Laomedea Kxrr.uA , Sars, fî^/ray. . . Reisebemœrkniiujer fra Italien; Ciiristiania . 1857, p. 30.

Hab. — Nous Favons trouvée sur nos cotes, mais pendant fort longtemps nous Pavons confondue avec la Campanularia (jelatinosa , dont elle s'éloigne cependant par des caractères fort importants.

Caractères. — L'hydrier est érigé , et d'après Laniouroux , il ferait partie des vraies Laomedea. Il n'y a qu'une seule tige, sur laquelle sont implantées les loges des polypes agames et les capsules de la progéniture. Les capsules sont assez largement ouvertes et prennent la forme d'un entonnoir. Les pédicules sont annelés et courts. On compte de six à sept anneaux dans chacun d'eux , et ils sont assez forts. Les capsules des polypes reproducteurs sont fort allongées, presque sessiles et dépassant à peine les autres loges en diamètre.

Souvent plusieurs colonies se réunissent et forment un buisson assez épais, qui peut s'élever à la hauteur de deux pouces.

Cette espèce n'est pas très-commune.

Campanularia elongata Van Ben.

Celte espèce est tellement petite qu'avec une bonne loupe ordinaire on la distingue à peine; elle nous avait longtemps échappé. Elle nous est tombée sous les yeux à la fin de nos recherches, en explorant le fond du bocal, qui contenait d'autres campanulaires avec la loupe de Brucke. Nous croyions d'abord que c'était une jeune Hydraclinia iti in uta .

La loge est extraordinairomenl longue et étroite, quelques anneaux, trois ou (juatre, se trouvent aux deux bouts du pétiole, qui est un peu renflé vers le milieu.

Les tentacules sont au nombre d'une vingtaine. Ils n'ofl'renl rien de particulier. On distingue très-bien les cloisons dans Pinlérieur, et la composition annulaire au bout.

Nous n'avons pas vu de loges à méduses.

Nous ne trouvons aucune espèce qui s'en rapproche, cl l'on conçoit, (|u';i cause de sa petite taille , elle ail jusqu'ici échappé aux investigations des naturalistes.

La Campamdaria elongala se dislingue :

4" Par la colonie trè^-peu ramifiée et formée de quelques individus seulement; 2" par les pédoncules qui sont excessivement allongés et grêles; ;r par les loges qui sont longues, étroites et à bords unis; 4" par le polype (|ui porte un proboscis très-long, mais ne se penche pas hors de sa loge; 5° par les tentacules qui sont excessivement longs.

Genre CLYTHIA.

Il 'serait bien plus facile de faire une histoire des médusaires à tous les âges , si l'on ne connaissait rien de ces animaux. On en connaît trop pour oublier complètement le rapport de leur organisation et de leurs affinités zoologiques. 11 faudrait pouvoir faire abstraction de la place et du nom que le polypule occupe dans la série zoologique, comme il faudrait pouvoir oublier le nom et les affinités de la méduse. Une campanulaire produira une méduse pareille à une lubulaire, et tout éloignés que sont les polypules entre eux, lestéléons pourront se rapprocher par leurs caractères; les affinités de ces derniers doivent évidemment prévaloir.

Nous avons à parler ici d'une campanulaire, quand l'animal est en voie de développement, et d'une océanie, quand il a atteint le cours régulier de son évolution complète.

Clythia volubilis.

(PI. XIV, lig. 1-10.)

Le téléon de la Camp, volubilis des auteurs n'ayant que quatre cirrhes complètement développés et quatre autres atrophiés, il est évident que nous ne pouvons la laisser dans le même genre que les autres campanulaires; aussi, pour ne pas créer un nom nouveau, conservons-nous celui de Clythia qui a été donné à quelques-uns d'entre eux, à cause de la disposition de leurs liges rampantes. Les campanulaires à tiges érigées étaient pour Lamouroux des Laomedeu.

Nous avons fait voir que ces genres, établis parmi les campanulaires sur la nature des tiges de l'hydraire, quand même les méduses ne nous en feraient pas une loi, ne peuvent être conservés, puisqu'on voit tous les jours, dans les aquariums, des tiges droites et érigées s'étaler, dans certains cas, comme des tiges rampantes, et changer complètement la physionomie et les caractères de la communauté.

Dans ces dernières années cette campanulaire a été également l'objet des recherches de plusieurs naturalistes distingués. Ils l'ont vue, pour la plupart, sous sa dernière forme mèdusaire. J'ai vu un des premiers ce polype dans son état complet.

Dès 1847 ^ je l'ai figuré sous son état de téléon, dans une notice sur la reproduction des animaux inférieurs.

Dans une note sur la leproduclion des campanularidés, le révérend Thomas Hincks en donne une description, et fait connaître sa forme et ses principaux caractères.

Cette espèce a été étudiée depuis fort longtemps dans sa forme agame; il en est question dans Boddaert, Linné, Fabricius et Rose, sous le nom de Seriularia volubilis et sous le nom générique de Clythia dans Lamouroux. Dans ces dernières années, elle est une des espèces que les auteurs ont étudiée avec une certaine prédilection. MM. Gegenbaur et Sars l'ont examinée avec beaucoup de soins dans la Méditerranée pendant que MM. Aider, Hincks, Strel. Wright et d'autres , en faisaient le sujet d'observations suivies sur

* /iiilletiii de l'Âcad. royale de lietgkjiie, t. XIV, ii° 5, fig. 7.

les côtes (rAnglelerrc. In some points, dit M. Hincks en parlant du téléon, // reminiled me of the madeeria figured in prof essor Forbes's monograph on the nahed-eyed médusa. .ALM. Stret. Wright, Aider et Dallas ont observé également le développement d'une eampanulairc , que nous rapportons à la Camp, volubilis. Les œufs de cette espèce, pondus par le téléon, ont engendré de nouvelles colonies '.

Caractères. — La colonie est grimpante; les cloches sont grandes et découpées sur leur bord libre; les loges à méduses sont cerclées sur toute leur longueur; les méduses se développent complètement dans les loges et la formation des organes sexuels est tardive.

Les méduses n'ont que quatre longs cirrhes et quatre autres très-courts, avortés et situés entre les organes de sens.

Celte espèce est figurée dans notre Mémoire sur les campanulaires , pi. III, fig. 7 et 8, mais pour Thisloire complète voyez la pi. XIV, tig. 1-10.

Synonymie. — Seutularia volubilis, BoclJacrt, Natuurl. Iiist., vol. I, p. 153. Clythia volubills, Lamouroux, Pol. flex., p. 202.

Campanularia volubilis, Lamàrck, Anim.s.verlèb., 2" édit.; Briix., vol. I, p. 1118.

— — Van Bcncdcn, Mémoire sur les Campanulaires de la

côte d'Ostende (1840), p. 56, pi. III, fig. 7, 8. —Un

mot svr la reproduction des animaux inférieurs,

Bull, de l'Acad. uoï. de Belgique, 1847, t. XIV, fig. 7.

Camp. nov. spec, Gegenbaur, Zur Lehre vom Generations-Wechsel.... Wurzbourg,

Camp. Gege.nbaurii , Sars, Bidrag lil Kundskahen om middelh. lilloral-fauna..., îVyt. Macazin fou natur., vol. IX; Christiania, 1836, p. 48. Campanularia volubilis, Th. Iliiicks, Notes on the reproduction of the Canipanulariades , Axn.

and MAC. NAT. HisT. SEC. SER. ; aug. 1832, p. 84, pi. 111, fig. 5. Campa.nularia JoiiissTOjyi Th. Hincks, Gosse, T. Stret. Wright, Description of new Protozou ; Edinbiirgh, 1838, The Edinh. new phil. Journal, fiev,' ser.; april, 18.38, vol. VII, pi. Vil, fig. ô.

— — AUinan, Add. observât, on the Morphologtj of the reprod. org. of ihe

liydroid Polypes.

' .Stret. Wright. New Protozoa, 1838, p. 13.

- La Campanularia volubiliformis Sars, Gegenbaur, Zur Lehre, pi. 1, lig. 8, appartieni à une autre espèce, qui est peut-être propre à la Méditerranée.

Celte espèce est très-répandue et se développe avec profusion sur les côtes de Norwége comme sur les côtes d'Ecosse, sur les côtes de Belgique et de Bretagne comme dans la Méditerranée. Aussi se conserve-t-elle très-facilement dans les aquariums. Il ne lui faut que fort peu d'eau.

Elle envahit comme une mousse les coquilles et les polypiers de divers ordres surtout des Serlularia, des Plumularia, et fixe son gîle partout où un corps solide se présente sur son passage. Nous en avons même observé, et assez souvent encore, sur les appendices sous-abdominaux des homards.

Nous en avons vu pendant toute Tannée à tous les degrés de développement.

M. Aider pense que, sous le nom de Camp, volubilis, on a confondu plusieurs espèces, et que la campanulaire, décrite sous ce nom par Ellis, diffère de celle observée par Johnslon , aussi bien que de celle étudiée par M. Hincks et par moi; il en résulte, si les observations de noire savant confrère se confirment, que chacun de nous a eu une espèce distincte sous les yeux, et qu'au lieu d'une seule clyihia, il faudrait au contraire en inscrire quatre dans le catalogue général des polypes. Pour le moment, nous ne pouvons nous rallier à cet avis, et nous ne pouvons même pas voir une espèce distincte dans la campanulaire que M. Gegenbaur a observée dans le golfe de Naples, et dont il a vu tous les âges. Si nous tenons compte de l'exécution un peu grossière des dessins, nous trouvons dans Miijdraire comme dans le léléon les mêmes caractères qui distinguent les individus de nos côtes.

Avant de se prononcer définitivement sur cette question , il sera prudent croyons-nous, d'attendre que des observations faites sur la forme sexuelle sanctionnent ces distinctions. Sans oser rien préjuger , nous dirons que des différences souvent assez notables s'observent dans une seule et même espèce , aussi bien sous le rapport de la taille (|ue pour le nombre des anneaux et la forme des créneaux sur le bord du calice.

Nous connaissons heureusement le cycle complet de cette évolution, et M. Lacaze-Duthiers nous a remis le résultat de ses observations, ainsi que (le fort beaux dessins, sur les principales phases de ces curieuses générai ions.

SUR LHISTOIKK NATURELLE F)ES POLYPES. IGî)

Ces observations de notre savant collègue m'ont été communiquées dans une lettre, dont je reproduis on note les principaux passages '.

Sur la tige rampante apparaissent des loges médusipares, c'est-à-dire des individus qui, au lieu de se nourrir comme les autres, et de pourvoir à leur entretien par des bras spiculifères et une bouche, se nourrissent aux dépens de la communauté et engendrent des méduses.

Ces méduses deviennent complètes dans les loges. On en voit de tout âge, depuis le premier linéament gemmaire jusqu'à la méduse qui puise dans sa loge étroite pour en faire sauter les parois.

Cette méduse est charmante et difîère complètement de celles qu'engendrent les autres campanulaires.

Le 14 juin, nous avons vu des capsules pleines de téléons complets, prêts à éclore , sur des appendices sous-abdominaux de homards venant directement de Norwége.

Dans une colonie, on en trouve ordinairement à tous les degrés de développement. Nous avons plus d'une fois donné naissance à des individus qui n'étaient pas encore à terme; mais, comme les autres, en sortant de la loge,

' » Dans une localité voisine ilo Saint-Malo, aux Hébiens , ]c ne pouvais faire puiser de l'eau de nier, inécril M. Lacaze-Dutliiers dans une lettre datée de I.ille le 5 avril 1856, sans y rencontrer une petite méduse. Je pensais done qu'il me serait facile de voir et de trouver les campanulaires qui les produisent. .le plaçai dans le flacon une lame de fucus, qui m'avait paru

chargée de campanulaires Je laissai la feuille en observation, et j'examinai le bocal deux fois '

par jour. Les quatre premiers jours , rien ne se produisit, mais au bout de ce temps une ascidie pondit un nombre considérable de têtards jaune orange , qui vinrent se fixer sur les parois du bocal. C'est en suivant la transformation de ces êtres si singuliers, que j'aperçus d'abord les petites méduses; ensuite les larves en forme d'infusoires. Les petites méduses se reproduisaient avec une rapidité extrême; j'en faisais la pêche deux fois par jour avec une pipette, et, quelques instants après, il en paraissait tout autant. Elles avaient paru depuis deux jours environ, quand, en regardant les ascidies, je reconnus qu'il y cn'avait de deux formes différentes. C'est alors que je remarquai ces grosses larves en forme de paramécies, d'un demi-millimètre et plus de long, qui tantôt rampaient contre les parois du vase, tantôt s'agitaient dans l'eau à la façon des anguillules; je vis ensuite ces larves s attacher aux |)arois du vase, devenir globuleuses, perdre leurs cils vibratiles, et bientôt présenter à leur centre une sorte de croix, dont les rayons à bords un peu irrcguliers avaient une teinte un peu différente de celle de la masse. Puis un prolongement s'éleva et s'avança vers l'intérieur du vase; enfin la cauipaiiulaire su dévelop])a. (i'estdu 13 au 2!) septembre que j'ai vu la germination de la larve. La même campanulaire nliondc sur toutes les côtes du littoral français. •

ils déployèronl rapidemenl leur ombrelle , el leurs cirrhes ne lardèrent pas à s'éleiulro en longueur. Comme la chrysalide se secoue en prenant l'habit du papillon, la jeune méduse systole aussitôt qu'elle devient libre.

La méduse a une forme toute différente de celle des autres espèces de campanulaii-es. Elle ressemble à une sphère à base tronquée. En effet, du côté où se trouve l'estomac, le corps est sphérique, et, à la naissance des appendices, il se coupe brusquement. Il s'éloigne par là aussi des tubulaires.

L'estomac est proportionnellement fort petit et jouit d'une grande mobilité. On reconnaît un mouvement circulatoire dans son intérieur, longtemps avant qu'il ne se soit détaché. On distingue très-bien ce mouvement à Iravers ses membranes , au milieu même de la loge.

De l'estomac partent en dessus quatre branches qui se rendent en dehors à la base des appendices. Ici on voit distinctement la branche anaslomotique par laquelle s'établit une communication entre tous les canaux. Nous avons vu distinctement la circulation dans leur intérieur.

Au milieu, entre les appendices, ce vaisseau se dilate légèrement et les globules s'y accumulent.

Une membrane fort mince se trouve entre les différents appendices, et s'étend entre eux comme une peau sur un tambour. Cette membrane est pourvue d'une ouverture arrondie au milieu, par laquelle le liquide pénètre dans la grande cavité du corps. L'estomac peut s'ouvrir directement au dehors par ce diaphragme.

La peau est hérissée sur toute la surface de petites pointes.

Les appendices, au nombre de quatre, el correspondant aux (pialre vaisseaux, ne ressemblent d'abord qu'à des tubercules, mais peuvent prendre une Irès-grande extension quand l'animal est entièrement épanoui. Il peut atteindre jusqu'à dix fois la longueur du corps.

Les organes des sens sont incolores, au nombre de huit. Ils consistent eu deux vésicules emboîtées l'une dans l'autre.

Les œufs semés par les méduses éclosent de toutes parts dans les vases qui les renferment pendant quelque temps, et de beaux embryons à corps ciliés remplissent bientôt l'aquarium, décrivant des cercles mystérieux. Leiu-

corps est uni, allongé, un peu eflilé à l'un des bouts, légèrenienl arrondi à l'autre.

Ils vagabondent comme une folle jeunesse dans cette première période.

Mais bientôt toute la vie est dépensée , et le scolex cilié perd insensiblement les poils mobiles qui le hérissent, et dont il n'a plus (|ue l'aire, dès qu'il a choisi le lieu où doit naître et grandir sa riche postérité.

L'animal perd sa forme allongée, devient plus ou moins discoïde, s'étale comme un pain à cacheter, et du milieu du disque s'élève bientôt un tubercule qui est le futur polype.

En même temps, une gaine mince et transparente a fait place aux cils, et quelle (]ue soit la simplicité de la forme, le jeune animal est déjà protégé par un |)olypier.

L'animal a la forme d'une toupie renversée.

Peu de temps après, ce plateau ou ce disque présente des échancrures au bord, se divise en lobes, et le pied de la colonie n'est pas sans ressemblance avec certaines fleurs de crucifères qu'on aurait placées le pétiole en l'air.

Le tubercule du milieu du disque prend la forme d'une lige, on dirait une bougie sur un plateau^ et quand cette lige est arrivée à une certaine hauteur, il se forme un boulon qui doit se transformer en polype. Mais celui-ci n'est pas encore formé, que déjà un nouveau gemme apparaît sur le côté, et, arrivé à une certaine hauteur, ce second genmie s'arrondit au bout comme le précédent, et se transforme presque simultanément en corps de polype.

Après cela les tentacules surgissent, le polypier s'élargit autour du corps en forme d'entonnoir, l'orifice de la bouche apparaît et des polypes surgissent, qui vont engendrer par voie agame des colonies entières.

Celte lige n'étant pas assez forte pour soutenir les générations qui se suivent, elle fléchit, se couche, devient rampante, et c'est de cette tige couchée, semblable à un rhizome, que naissent les nouvelles campanulaires qui s'élèvent perpendiculairement el monlrenl les loges à méduses à leurs pieds.

M.Stret. Wrighl nous apprend que des méduses de Camp. Johnslonii, que

nous rapporlons à la même espèce, placées dans un vase rempli d'eau de mer, avaient engendré de jeunes campanulaires au bout d'une semaine; elles étaient attachées au fond du vase. M. Hincks paraît avoir fait la même observation, en automne, à Pile de Man, et M. Dallas, d'Edimbourg, dit avoir vu la même campanulaire se reproduire dans un vase au printemps '. En toute saison, dit Stret. Wright, cette espèce produit des méduses.

Genre CAMPA'NULINA Van lieiu

(Planche XIII.) ■

Dans une notice intitulée : Un mot sur le mode de reproduction des animaux inférieurs, publiée en 1847 ^, nous avons désigné sous le nom générique de Campanulina , l'intéressant polype dont il est question ici. Depuis longtemps nous avions cru pouvoir compléter ces premières recherches.

Sans ressembler entièrement à des campanulaires, c'est toujours de ces polypes que ce nouveau genre se rapproche le plus, même au premier coup d'œil , et c'est ce (jui nous a déterminé à lui donner le nom de Campanulina.

On le trouve sur des coquilles, des pierres ou des plantes. Nos dernières observations sont faites sur des colonies entières qui ont surgi inopinément sur une feuille d'^/*'a latissima, dans un aquarium.

J'ai aperçu les premières colonies vers la fin du mois de février, et déjà elles formaient des touffes fort épaisses. Il en a paru d'autres sur divers corps déposés au fond du vase , et successivement elles ont envahi diverses campanulaires.

Ces Campanulina ont continué à se propager par gemmes jusque vers le milieu du mois de juin ; alors de grandes capsules ont surgi a côté des polypes, montrant de magnifiques petites méduses, d'un vert pâle, aussi belles de couleur que les plus belles émeraudes, puisant et se débattant dans leur étroite loge pour rompre les parois et prendre leur liberté.

' Sliit. NVright, Observ. on Biil. Zooph., I808, p. 13. - Bulletinfi de l'Acad. roy. de Belgique, t. XIV, n" 5.

SLK LUISTOIKE NATURELLE DES POLYPES. 175

(]'esl une organisation excessivemenl curieuse, comme on peut le voir par la description (pii suit. Les longs bras des polypes, gracieusement étalés en deux cercles, la membrane transparente qui les réunit à leur base, la loge cylindrique, ainsi que les deux longs cirrhes, à l'âge proglottoïde , leur donnent, dans leurs deux formes, une physionomie toute particulière.

Il y a peu de temps, W. Aider a retrouvé ce même animal, et il le décrit sous le nom de Laomedea amminata, ne connaissant pas la notice que favais publiée sur ce sujet. Ce savant a beaucoup contribué à étendre nos connaissances sur les animaux inférieurs des côtes britanniques ^

Enfin M. Stret. Wright a observé de son côté le même polype, pour lequel il conserve le nom de M. Aider et le fait connaître sous ses deux formes de hydrier et de téléon '.

A la fin du siècle dernier, Slabber, au milieu de tant de belles observations qui, pour la plupart, ne commencent qu'à être appréciées, fait mention d'une petite méduse sous le nom de Gladde, Beroe (Beroë lisse) qui a beaucoup d'analogie avec celle que nous décrivons ici , mais dont il n'a connu que la dernière phase d'évolution. Toutefois les couleurs ne s'accordent pas exactement : le Beroë de Slabber a le corps d'un bleu pâle , les cirrhes et les canaux sont d'un brun jaunâtre, tandis que notre petite méduse se dislingue par sa couleur du plus beau vert pâle '".

Ayant affaire à un polype si complètement différent des autres par ses formes et ses allures, aux diverses époques de son évolution, nous n'avons pas cru devoir hésiter à l'ériger en genre.

Le polype agame a les bras excessivement longs, réunis à leur base par une membrane transparente, formant deux cercles; le polypier est ramifié, Irès-irrégulier et rampant : les loges sont cylindriques et portent un couvercle en douves.

Le polype sexué ou le téléon est sphérique, avec deux longs cirrhes dépassant jusqu'à dix fois la longueur du corps, huit capsules sensitives et

' A catalogue of llie Zoupli. ojWnrlhuinberland , Tiia.ns. of the tvnes. natuh. field club.. 1857, p. .14, pi. 111, fig. ;j-8, et Ann. of nat. histor.; décembre 1857.

■î Observai, on Brit. ZoopL, Edi.nb. sew phil. Jodrn.; january , 1858, p. .■5,pl. 1 et II. ' 3 Slal)bcr, .Vatink: Verliislig, p. 89, pi. II, fig. 1-2.

Torifice buccal bordé de quatre franges; il se développe dans une ii,rande loge cylindrique qui ne renferme qu'un seul individu à la fois.

Campanulips'a tenuis Van Ben.

(Planche XIII.)

Synonymie. — Campaxllina te.nuis VaiiBciicden, Un mol sin- lu n-prodmiiou des unim. iii/h., BULLET. DE l'AcAD. nOY. DE BELGIQUE, t. XIV, n° D, fig. 6," 1847. Laomedea acumikata, J. Aider, A Cataloyue of ihe Zoopliytes , Tuansaciioxs tu

THE TVNESiDE NATUIIAMSTS IIELD CLLB. NcWCasllc-UJjOlI-

Tyne,d8S7.

— — Description of threc neic britisli Zoophytes , Ann. and mag.

OF >AT. HIST., scct. II, vol. 18, pi. XVI, fig. 5-8.

— — Tliorn. Slret. Wright, Observations on britinh Zoophytes ,

pi. I cl II. Edinb. neu-. phil. Jour a. Jamiary 1838.

Le polype, sans les bras, mesure à peu près deux millimètres de longueur comme eux; entièrement épanoui il peut atteindre, les bras y compris, de cinq à six millimètres.

Le téléon a un millimètre de diamètre.

Ces polypes se conservent fort bien dans les aquariums et n'exigent qu'un petit volume d'eau ; aussi se développent-ils dans des eaux peu profondes. Ils envahissent les coquilles des mollusques, la carapace de divers crustacés et les feuilles de plantes marines.

La colonie est formée d'une tige rampante plus ou moins tortueuse, trèsirrégulièrement ramifiée et de laquelle s'élèvent de distance en distance des pédoncules à polypes.

Le polypier est fort mince et très-délicat.

La loge du polype, ou clochette, est cylindrique, tronquée à sa base et terminée au sommet par des douves formant un couvercle conique qui abrite complètement l'animal.

Les pédoncules présentent en gros les anneaux des tiges de campanulaires, mais ces anneaux sont si irréguliers, les replis se montrent dans un ordre si peu complet, que le souvenir seul des campanulaires peut les faire reconnaître.

SrR LHISTOIRE NATURELLE DES POL^ PES. J75

La loge du léléon est également eylin(lri(iuo, li-ès-grande, ef dans chacune d'elles il ne se forme qu'un seul individu méduse. C'est encore une particularité fort remarquable à signaler.

Description. — Le jeune polype naît par voie gemmipare au bout d'un pédicule dont le sommet s'élargit et se couvre d'un cercle de petits boutons : les tentacules futurs. Nous avons vu au sommet de ce polype en voie de développement, des vésicules allongées et transparentes, semblables aux vésicules spiculigères qui couvrent les teniacules. Elles sont peu régulièrement placées.

Le polype, entièrement épanoui, dépasse la loge à peu près de toute la longueur du pédicule; aussi le corps prend-il alors la forme linéaire, le mamelon buccal devient saillant et conique, et une rangée de très-longs tentacules, au nombre de vingt-quatre au moins, projettent leurs stylets meurtriers à de très-grandes distances. Ces cirrhes sont d'une très-grande ténuité quand ils sont complètement étalés. Ils s'élargissent par la contraction.

Les tentacules sont réunis à la base par une membrane très-fine et délicate qui éloigne nettement ces animaux des autres polypes. On peut dire que les tentacules sont palmés.

Nous avons vu dans l'estomac d'un de ces polypes un heniipsilus entier encore vivant. Le lendemain, le nématode ne donnait plus aucun signe de vie.

M. Aider ne leur donne que vingt tentacules. Nous en avons compté vingtquatre sur nos dessins. On sait avec quelle facilité on peut se tromper sur le nombre. Ce qui nous étonne davantage, c'est que le savant naturaliste de Newcastle trouve de la ressemblance entre les tentacules et les bras des hydres. Nous ne pouvons partager cet avis. Les bras des hydres s'allongent en effet très-gracieusement, et montrent une certaine souplesse dans tous leurs mouvements, mais jamais ces bras ne s'étendent comme des piquants sous la forme d'un double cercle autour de la bouche ; ici , au contraire, quand le polype est parfaitement en repos, il allonge en effet ses tentacules outre mesure; mais, dans celte position, tous ces organes sont droits ou légèrement infléchis vers le sommet, en formant un entonnoir en avant et un second cercle un

peu plus bas. Il est entendu que les cirrhes sont pleins comme dans toutes les campanulaires et tubulaires.

Polype agame de CumpanuUna lenui-t

Téléon.

A côté de la loge à polypes , s'élève sans plan déterminé une logo le double plus grande, d'abord entièrement remplie de la masse commune, mais au milieu de laquelle surgit une méduse. Il n'y en a qu'une seule, et l'orifice

SUR LHISrOIKE NATLRELLE DES POLYPES. 177

est loujours siUié dans la même direction que la bouche du polype agame. Celle loge prend une teinte d'un verl pâle d'émeraude qui lui est communiquée par la méduse.

La méduse puise dans Tintérieur de sa loge; puis, quand elle est à peu près complète, la loge s'ouvre, l'animal devient libre, mais reste encore un certain temps attaché à son pédicule. Les pulsations continuent, puis, tout d'un coup, il se détache et va prendre librement ses ébats.

La méduse est sphéri(|ue; la cavité stomacale peut s'ouvrir entièrement comme un disque, mais plus communément la cavité est plus ou moins close et divisée en quatre. De la base de l'estomac partent quatre canaux qui se rendent au vaisseau marginal, et par lesquels s'établit une communication entre le cercle marginal et l'intérieur des bras.

Il n'y a que deux bras Irès-développés; les deux autres sont rudimentaires; les premiers prennent une longueur excessive et atteignent au moins jusqu'à dix fois la longueur de la méduse.

Entre chaque bras se trouve deux capsules auditives dont le nombre est par conséquent de huit.

Chaque capsule consiste dans une double vésicule et un globule à contour net et dur dans l'intérieur. Ces capsules sont incolores et sessiles.

Le diaphragme est fort distinct.

Toute la surface du corps est couverte de spicules, mais ce sont particulièrement les bras qui en sont garnis sur toute leur étendue.

Nous possédions depuis longtemps le dessin de cette méduse en poilefeuille avant d'avoir reconnu son origine. Nous l'avions trouvée entièrement développée, étalant les deux bras d'une manière extraordinaire.

SERTULARIDES.

Les seilularides ne diffèrent essentiellenieni des campanidarides que par les loges et les capsules qui sont sessiles; c'est la même organisation dans les deux groupes , avec cette différence seulemcnl , que l'on ne connaît pas de sertularide médusipare.

Jos. Aldeu, a Cululogxe iif ihe Zoophyle-s itf Xurthunihi-iiuitd luiil Durlnim, Transact. of ihk

Tynesid. xatir. field club, -1837.

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DE Belgique, 1847, vol. XIV, \" part., p. i49.

Sertularia cupressina Linn.

(Phnche XVI.)

On ne peut guère trouver un animal présentant aussi compItMement la physionomie d'une plante que la serlulaire qui nous occupe ; et ce qui complète l'illusion, c'est que tous les ans, au printemps, ses branches se couvrent de tleurs et de fruits, qui ne sont des œufs et des embryons que pour le naturaliste.

Descriplion. — Chaque colonie se compose d'un tronc principal fixé au sol par une racine discoïde, tronc qui projette des branches latérales dans toute sa longueur. C'est vers le milieu de la hauteur que les branches sont les plus longues et ce sont elles aussi qui se chargent de capsules sexuelles.

SUR LHISTOÏKK NATL'UELLE DES POLYPES. 179

La Sirtidaria cupressina esl fort abondante à Oslende. On la trouve à une certaine profondeur, non loin de la côte. Pendant les gros temps, on en voit régulièrement le long de la plage, au printemps surtout, et si on veut suivre les pêcheurs de crevettes (pii l'ont cette pèche de pied , on est sûr d'en trouver de frais et de propres à rétude.

Le corps est fort protractile ; il dépasse pendant qu'il est épanoui la longueur de la loge de toute son étendue, c'est-à-dire que le polype a presque tout le corps penché hors de la loge.

Des deux côtés, on voit vers le milieu de chaque loge une lanière charnue, insérée d'une part aux parois du corps de l'animal, et d'autre part à la face inlerne des parois : ce sont des muscles rétracteurs. Plus bas , au fond, il y a encore deux autres lanières qui présentent une insertion semblable et jouent le même rôle dans la retraite. C'est par leur action que le corps du polype s'abrite complètement. Nous ne voyons pas d'organes pareils dans les campanulaires dont ces sertulariens sont cependant bien voisins.

Chaque polype porte une couronne de vingt à vingt -quatre tentacules sur un seul rang, mais insérés alternativement en dedans et en dehors, comme dans les familles précédentes. Chaque tentacule est plein et porte plusieurs étages de némalocystes.

Le corps de l'animal se termine en avant comme un pain de sucre placé au devant des tentacules et au sommet se trouve rorifice de la bouche.

On ne voit pas de traces de cils vibratiles.

Au fond de chaque loge, le tissu charnu continue d'un polypule à l'autre, et tous les individus sont mis en communication par un tissu commun. La cavité s'étend de même de chaque animal à tous ceux de la colonie, et c'est le mouvement circulatoire du liquide qui la remplit, que Cavolini avait déjà comparé à une circulation sanguine.

Chaque colonie est mâle ou femelle.

Sur certaines branches des colonies femelles, celles du milieu, s'élèvent, dans un ordre déterminé , des loges plus grandes que celles (|ui renferment des polypes agames et qui servent à la reproduction : ce sont les téléophorps , ou les gonophores de Allmann.

Dans répaisseiir de la niasse charnue ou cœnosarc, se forme une capsule qui correspond morphologiquement au léléon ou à la méduse, mais qui conserve toujours l'aspect primitif d'un sporosac. C'est dans son intérieur que se forment les œufs ou les spermatozoïdes, selon le sexe des colonies. Ces œufs présentent tous les caractères de véritables] œufs. Nous leur avons trouvé en effet, au milieu du vitellus, la grande cellule germinative, et, au centre, une autre vésicule correspondant à la vésicule de Purkinje. Dans celte serlulaire, on voit une demi-douzaine d'œufs dans chaque capsule. Ils sont fécondés par les spermatozoïdes d'une colonie voisine. Ces œufs grandissent assez rapidement, sortent de la loge tout en restant entourés de leur ovisac et font hernie au bout de la capsule. Ces œufs prennent une couleur rosée , et leur situation régulière fait nécessairement naître l'idée d'un polype en fleurs.

Ces œufs réunis font penser aussi à la segmentation d'un œuf unique.

Quand les œufs ont atteint leur complète maturité, le sporosac s'ouvre, et chaque œuf devient le Jouet des vagues. Il est nécessairement entraîné par le courant.

Tous les œufs ne sont pas simultanément évacués de ce sac herniaire; ceux qui sont mûrs et ensuite pondus sont remplacés à leur tour par d'autres (pii viennent du fond de la capsule. H y a ainsi une succession dans les sacs herniaires, et les téléons sont étranglés vers leur milieu.

Bientôt cette masse vitelline, qui forme tout l'œuf, est couverte de cils vibratiles, et le jeune polype nage librement, atïectant les allures et la physionomie de cerlains infusoires , sauf l'agilité.

Leurs mouvements, en elïet,sont fort lents. Quand on en voit plusieurs réunis, c'est plutôt par les changements de rapports entre eux que par une progression réelle, qu'on s'aperçoit de leur mouvement de locomotion. Nous ne les avons jamais vus quitter le fond.

De rosés qu'ils étaient d'abord ils deviennent blancs.

Le polype est à l'état de Planula.

Il prend librement ses ébats à cette époque de son évolution , et il linit par faire choix d'un lieu convenable, où il va jeter les fondements d'une nouvelle colom'e.

La forme du jeune animal est peu variable à cet âge, et on ne saurait dislinguer ni la famille ni le rang auquel il appartient. Tous les inouvemenls se réduisent à une natation régulière dans Tun ou l'autre sens, et la Plnnula glisse véritablement au fond de Teau. Le corps, de sphérique (pril était d'abord, prend ensuite la forme d'un cylindre, s'arrondit aux deux bouts, se resserre tantôt vers le milieu du corps, tantôt aux extrémités, jusqu'à ce que les cils vibratiles se flétrissent complètement à la surface : c'est le signe; (|u'il a fait cboix d'un emplacement. On voit ensuite un des pôles, celui par lequel il s'attache, s'élargir et former un disque qui donne à tout l'animal l'aspect d'un cbandelier. Puis le pied du chandelier ou le disque, pour s'étendre davantage et offrir une base plus large, s'élargit encore par des ramiflcations et modifie sa première physionomie.

Ce disque continue à s'étendre, la peau se durcit à sa surface, une enveloppe chitineuse surgit, et le jeune animal est protégé par un polypier.

La tige s'élève verticalement à une certaine hauteur ; il se forme un étranglement dans les parties molles, et l'indication du premier polypule devient évidente. De légers tubercules s'élèvent en cercle au bout du pôle libre; ces tubercules s'élèvent en s'étirant, une bouche se forme au milieu d'eux, une cloison plus ou moins complète sépare le corps du polypule de la masse commune, et le premier individu de la nouvelle communauté va bientôt s'étaler au fond de sa loge.

A la hauteur de son corps, un tubercule s'élève, se remplit de masse commune , s'élargit et s'allonge , et un nouveau polypule , semblable en tout au premier, apparaît à côté de lui; la colonie se compose de deux individus.

Toutes les autres loges se formeront de la même manière, affectant la même forme, se développant toujours à une place indiquée d'avance, jusqu'à ce que la colonie entière ait sa physionomie propre.

Il est inutile de pousser ces investigations plus loin; les seuls changements qui surviennent ensuite, c'est que, à l'époque des amours, des loges l)articulières se forment avec des polypules sans bouche et sans bras, et (jui sont de véritables propagateurs.

On voit ces propagateurs apparaître au mois d'avril.

J'ai pu garder des colonies ou portions de colonies en vie, el, au bout de six jours, je Irouvais souvent des enijjryons éclos, nageant librement au fond des vases.

Voici les notes que j'ai prises :

Le k mai. — J'ai placé un certain nombre de planulas dans un verre de montre avec des conferves, et ils étaient presque tous encore en vie au bout de vingt-quatre heures. Ils rampaient lentement sur le fond du verre. Quelques-uns avaient le corps un peu plus allongé.

Puis j'ai placé le verre de montre avec les embryons au fond d'un acputrium, en prenant toutes les précautions nécessaires pour que l'immersion ne les dispersât pas; le lendemain ils étaient encore bien portants.

Le 5 mai. — J'observe un peu plus de vie. Quelques-uns d'entre eux sont plus allongés, et il y en a qui s'allongent assez notablement, puis se recourbent à droite et à gauche comme une planaire, dont ils ont, du reste, complètement l'aspect. 11 y en a aussi qui ont pris une forme parfaitemeni sphérique, et qui, malgré leur immobilité, sont très-bien en vie. Ce sont des individus qui ont fait choix d'un emplacement, et qui vont jeter les fondements d'une nouvelle colonie.

Pendant quelques jours, on ne s'aperçoit d'aucun travail organique. — L'embryon cilié ne se mouvant plus, on ne sait s'il est encore vivant. Bientôt on dislingue ceux (|ui vivent encore par une sorte de boulon qui semble sortir du milieu d'un disque : c'est le commencement de la lige.

Du 5 au 14 mai, ce bouton s'élève lentement, et, à mesure qu'il s'étend, une couche épidermique surgit, devient de plus en plus distincte, el constitue le polypier chilineux.

Le 14 mai.^ — Je trouve un polype entièrement formé et montrant, sur le côté, le gemme d'où doit sortir un second polypule.

Le polypier s'est plus nettement séparé au pied , et dans l'intérieur du disque d'adhésion on voit la partie molle se diviser plus nettement, connne des racines d'un arbre.

SUR LHISTOIUK NATURELLE DES l>OLYPES. 183

Sertularia rugosa Linn.

(PI. XVII, lig. 1-8.)

Si/iiinti/mif.— LucERXE, Ellis, ConiUnes , p. 4^, |)I. XV, et, A, n" 23.

Ellisia nuGOSA, Wcsicndorp, Iterherches sur les polypes flexibles; Hriii^i's, 1840 , p.22,pl. IX-XI.

On le trouve Irès-communémenl sur les fluslres. Les liges soûl couehées et rampantes.

Celte espèce a une physionomie particulière par la forme de ses loges, qui ressemblent à des barillets, et les capsules léléopbores; les unes comme les autres présentent des côtes et peuvent être comparées à des lanternes chinoises. Les capsules sont proportionnellement grandes. Les œufs qu'elles contiennent sont de couleur rosée.

Les polypules sortent assez loin des loges. Ils ont la forme et les caractères ordinaires. Les tentacules sont au nombre de seize à vingt.

Chaque loge est fermée par un couvercle à quatre côtes qui produisent en petit l'effet d'un pavillon chinois.

Sertularia operculata Linn.

Cheveu de mer, Ellis, Corallines..., p. 21, |)1. IIl, h, B.

Cette jolie espèce n'est pas rare sur nos côtes. Elle s'attache à différents corps et les couvre comme une chevelure.

Sertularia abietina Linn.

Saim.n de mer, Ellis, Corallines , ji. 18, pi. 1, ii° 2, b, B.

Cette espèce est fort commune. On la voit souvent sur les moules et les huilres.

La colonie atteint de quatre à cintj pouces de hauteur. Des spirorhes se fixent souvent à sa surface.

Les capsules ou léléopliores sonl très-simples, un peu plus longues que larges.

Basler ne croit pas que ces polypiers soient l'œuvre des polypes.

Seutil.vuia ARGENTE a Linu.

Queue d'écubeuil, Ellis, Corallines , p. 20, pi. II, ii° 4, r, C

Celte sertulaire est commune à Ostende.

On la trouve sur toutes sortes de corps solides, même les moules et les huitres.

Les colonies atteignent la hauteur de six à huit pouces.

TiiOA HALEciNA Linu.

(Planche XVIII.)

AnnÊTE DE iiAiiENcs. Ellis, Essai.... corallines, pi. X.

— — VanBcncden, Un mot sur la reproduction des

animaux inférieurs, Bulletin de l'Acad. iioï. DE Belgique, 1847, vol. XIV, 1" part., p. 449.

Quelques naturalistes ont douté tout récemment de Tcxactitude des ohservations d'Ellis sur le (lioa , comme on peut voir dans les notes de la seconde sertuiaria abietimi édition dc Lamark ; toutefois, nous pouvons con-

firmer en tout point ce que cet habile observateur a avancé; et s'il n'a pas poussé ses recherches plus loin , c'est qu'il vivait à une époque où on commençait la confection d'un inventaire général, et où on ne cherchait encore dans l'organisation que des caractères distinctifs pour l'établissement des classes et des espèces.

Cette espèce est fort commune sur nos côtes. On la trouve attachée à des coquilles ou des pierres, et la mer en rejette régulièrement après un peu d'agitation. Le polype agame ne pouvant s'abriter complètement dans sa loge, qui n'est pas assez spacieuse, on le trouve rarement Irais et intact pour l'étude.

Le polypier est arborescenl et ramifié, et comme dans la Sertularia cupressina, ce sont seulement les branches latérales, vers la moitié de la hauteur de la tige, qui portent des capsules sexuelles.

Ces loges sont placées les unes à côté des autres avec plus ou moins de régularité et dans la même direction. Un ,pédicule grêle , semblable à celui (jui porte les polypes, soutient les capsules; elles sont arrondies, sans piquants, avec les bords de l'ouverture découpés. Cet orifice n'est pas placé dans Taxe de la capsule.

On compte généralement de quatre à cinq œufs dans chaque capsule. Les œufs sont blancs ou légèrement rosés. Ils renferment les vésicules germinatives, que Ton parvient même assez facilement à isoler par une pression mesurée.

Ce que nous avons vu de plus remarquable dans cette espèce , c'est que la loge qui produit les œufs produit quelquefois des polypules semblables à ceux qui se développent sur les branches ordinaires. Ce phénomène ne semble pas avoir d'autre signification que celle de polypules qui surgissent partout où il y a du cœnosarc en vie. C'est ainsi que des polypes nouveaux naîtront au bout d'une branche qui a perdu ses anciens habitants. C'est l'hydre qui engendre (le nouvelles hydres dans toutes les parties du corps. Chaque portion du corps prolifie. Nous ne croyons donc pas qu'il y ait dans cette disposition quelque chose d'analogue à ce que nous montrent certaines tubulaires, qui arrivent à une évolution presque complète, et engendrent des œufs sans avoir pris la forme sexuelle.

Johnston a mal dessiné ce polype , à moins qu'il n'ait voulu figurer une autre espèce.

Le corps du polypulc varie singulièrement de forme : il s'allonge ou se raccourcit selon les impressions qu'il reçoit du dehors, et diffère surtout des autres scrtulariens en ce qu'il ne peut s'abriter dans sa loge. Les tentacules sont au nombre de vingt ou de vingt-quatre, et se contractent de manière à simuler une couronne de boutons.

Au milieu de la couronne tenlaculaire se montre un mamelon proboscidieu percé au milieu et formant l'entrée de la cavité digestive.

En dessous des tenlacules, le corps est renflé et se rétrécit ensuite jusqu'à l'épaisseur de la lige polypiaire. Quoique ce polype ne s'abrîle point dans une loge, et qu'il soit constamment exposé à la violence des vagues et aux atta- (|ues de nombreux ennemis, nous ne remarquons chez lui aucune disposition qui le dislingue des autres genres de cette famille.

Dynamena PUMiLA Liun.

(PI. XVll.fig. 9-10.)

I>!)naiiicnn pumila.

CiiKNE DE MER, EUis, Corulliiies...., p. 23, pi. V, n° 8, a, A. — IJndstroni, Sur le développemenl du Serhilaria

pumila, BuLLET. de i/Acad. roy. de Siède; Slokiiolni, 1856, p. ôCn.

Cette espèce n'est pas très-rare. Nous l'avons souvent trouvée sur des Luminaria, et elle peut vivre, par conséquent, à de grandes profondeurs. On la voit aussi sur le Fucus vesiculosus.

.... « Au mois de juin 1754, je découvris, » dit M. Ellis en parlant de cette espèce « (|ue les vésicules de la coralline Chêne de mer étaient habitées par une espèce de grands polypes, qui parlaient du corps charnu, occupant le milieu de la lige droile et des branches, cl qui paraissaient ne faire qu'un tout avec lui '. »

Nous avons eu l'occasion de voir ce polype complètement s'épanouir comme on peut le voir pi. XVII, fig. 10.

Le corps qui est couvert de ce polype prend un aspect chevelu.

Ellis , Corcdlines , p. 1 1 ii.

Antennulauia amenmn.v Linn.

On on trouve toujours sur la cote quand la mer a été agitée. — On voit des colonies d'un pied de longueur, cl des toulïes de plusieurs pouces d'épaisseur.

Nous n'avons pas réussi à en Irouvei- avec leurs polypes vivants.

Plumularia falcata Linn.

CoiiAi.i.iNi: A FALCILLK, Ellis , CoraUiiivs , pi. vil, ((, A, ii" 1 i.

On peut dire que c'est une des serlulaires les plus communes à Ostende, et aussi une des plus faciles à reconnaître par sa tige spirale. La colonie a quelques pouces de hauteur.

Pourvu que la mer ait rejeté quelques objets sur la plage, on est certain de rencontrer ce polypier painii eux.

Plumularia cristata.

CouAij.i.NE A COSSES. Ellis , CoraUvies , pag. 27, pi. Vil. h, li, ii 1^.

Nous avons trouvé celte espèce sur des Fucus, mais très-rarement.

Plumularia setacea.

Ellis, Corallines, pi. XXXVIII, n° 4.

La colonie ne dépasse guère un pouce de hauteur.

Nous ne Pavons observée qu'une seule fois; elle Plumularia crisiata. était étcuduc sur uuc racinc de Lam'nmria.

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