‹ Recherches Sur La Fonction ThyroïdienneChapitre 3 sur 49 · ANS · texte numérisé non relu

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du corps oué Dans la Seine-Inférieure, région où lendémie goitreuse n’est pas signalée, nous avons compté à l’Asile Saint-Yon, dans un service de 450 chroniques femmes, un total de 25 goitres ‘d C’est là une propor tion intéressante de 1 goitre sur 18 aliénées. \ Nos malades se répartissent ainsi

Goitres simples : 13 Délire de persécution hallucinatoire : 2 Démence précoce : 8

: Imbécile : Alu,

Démence délirante : Dre Goitres symptomatiques | de maladie de

= Basedow : 12 Psychoses périodiques : 6

Fe Ge Délires survenus à la ménopause : 2 Démence précoce : Lo Paranoïa périodique devenue chronique : 1

= Cette énumération comporte seulement les goitres nettement : - caractérisés, dont le volume dépasse pour plusieurs la taille du poing.

: Nous y voyons la coïncidence de lhypertrophie thyroidienne avec des > : états mentaux fort différents : dans le premier groupe, un seul cas

à rapprocher de la description de l’idiotie myxoœædémateuse de Bour- < £ neville ; dans le second, des malades chez lesquels les symptômes E

nerveux du goitre éxophtalmique déjà signalés par Trousseau, puis

décrits par Delasiauve, se retrouvent mais peuvent sembler d'intérêt

secondaire devant l’expressiqn psychopathique. Entre ces diverses psychoses et la présence du goitre, existe-t-il d’autres rapports qu’une simple association fortuite ?

Les recherches de M. Gley ont prouvé que le corps thyroïde esl indispensable au développement du cerveau et nous pourrons rattacher notre cas d’imbécillité à la dysgénésie thyroïdienne eoncomitante. Par contre, pour les douze autres goitres simples, l’interdépendance thyropsychique n’est pas évidente.

Les renseignements évolutifs nous ont manqué pour la discuter.

Mais, chez certaines de nos Basedowiennes, le syndrome psychique a présenté des relations variées avec la -psychose ; nous reviendrons sur ce fait au cours de notre travail.

Il faut faire la séparation nette des cas de goitre sans influence sur la psychogénèse morbide : il s’agit souvent de faits d’espèce dont chacun mérite une discrimination spéciale. Signalons cependant la prédominance de groitres chez les D. P., du syndrome de Basedow chez les périodiques. :

Nous avons tenu d’ailleurs à rassembler ces goitres, car des traits psychiques secondaires, mais communs, permettent de les rapprocher. Ce sont les éléments de la constitution goitreuse.

Il existe chez ces goitreux un fond spécial, du caractère, retrouvé chez tous, fait de susceptibilité et de méfiance foncière. Ils sont insociables, s’isolent, ne communiquent pas avec leurs camarades, ne se livrent pas à l’interrogatoire, et lors d’une souffrance physique refusent tout secours du médecin. Ils ont une perpétuelle tendance à l'interprétation préjudicielle, ce qui commande leur méfiance. Mais ils ne paraissent pas orgueilleux et différents par là des paranoïaques. On les voit sujets à de fréquents emportements impulsifs, ils passent par des alternatives d'amitié et de haine envers leurs voisins et, même dans leurs actes, mettent parfois une véritable méchanceté.

Retranchons ce dernier élément, donnons à notre malade de la confiance en lui-même, de l’euphorie, de l’excitation psychomotrice, nous croirons reconnaître un hypomaniaque.

Nous avons noté, en effet, dans l’hypomanie, les traïts essentiels de l’état décrits par Sainton, sous le nom de Basedowisme. Nous

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avons examiné cinq hypomaniaques : chacune d'elles porte un

goitre fruste, accompagné de tremblement, de troubles vaso-moteurs, de troubles menstruels, avec même instabilité des sentiments affectifs, explosion de colères non justifiées.

C’est donc dans les psychoses périodiques ou dans les états”

voisins que la fréquence des signes de dysthyroïdie retient plus

spécialement l’attention.

Depuis une quinzaine d'années, la question des psychoses thy-

roïdiennes a occupé une place importante dans la nosologie psy-

chiatrique. On la trouve traitée au congrès de Dijon, en 1908.

M. Laignel-Lavastine, dans son rapport sur les « troubles psychi-

ques par perturbation des glandes à sécrétion interne » fut amené

à délimiter le rôle de l’intoxication endocrinienne. Agrandissant la

conception de Régis sur la pathogénie toxique des délires, il soulignait Pinfluence de l’auto-intoxication d’origine endocrine.

L’étude des psychoses thyro-toxiques a suscité des travaux considérables. Dans une série de publications, le professeur Parhon, de Bucarest, leur a attaché son nom.

Si nous rangeons sous le titre de Thyroidoses l’ensemble des troubles psychiques provoqués par la viciation des sécrétions thy-

roïdiennes, il faut séparer :

D'une part, les faits d'insuffisance :

congénitale : cause du myxœdème, d’état d’agénésie cérébrale. ou acquise

avec instabilité |

certains cas de démence précoce. ou Dstharoidiel

De l’autre, ceux d’hyperthyroïdie : plus spécialement rapportés aux Psychoses Périodiques. Cette dernière notion étiologique a évolué suivant deux phases principales. La première voit paraître des observations isolées signalant les rapports de la maladie de Basedow : avec la manie, dès 1871, par Meynert, Laehr, Yung, Johnston, Landouzy ; avec la mélancolie (1865) Paul, Delasiauvé, Nœtel ; avec l’hystérie Brüch (1862) ; avec les délires, elle dure jusqu’en 1906.

La seconde date de Ja revue originale de Parhon et Marbe parue en 1906 dans l’Encéphale. Ces auteurs instituent la lésion thyroidienne à l’origine d’états mentaux parfaitement définis, tels que la manie et la mélancolie, et limitent cette influence à la Psychose

= « Recherches sur les glandes à sécrétion interne dans leurs rapports | avec la pathologie mentale ,», Parhon dresse une statistique des cas de Syndrome de Basedow accompagnés de troubles mentaux. Sur 87 cas, 57 cas doivent être rapportés à la maniaque dépressive, y et en rapprochant dix cas de psychasténiques (assimilation auto-

colie sur une base d’anxiélé, et leur parenté de symptômes), il “ “englobe sous le nom de « psychoses affectives » la majeure partie = des psychoses thyroïdiennes. Pour lui, une description nosologique

“et de mélancolie, dans une étiologie commune. ASS idées de Parhon ont reçu leur confirmation par l’adoption d’une thérapeutique antithyroïdienne, basée sur l’organothéraphie,

. vations de Parthon et ses élèves, de Ballet et Delmas, Brissot, Laignel- Lavastine, ont apporté des résultats favorables.

De nombreux faits anatomo-pathologiques ont été PUDRES d’au- tre part.

Dans une NS faite en 1921, à la Faculté de Paris, M. Laignel-Lavastine confirme la fréquence des troubles thyroïdiens dans les psychoses périodiques.

Nous avons recherché les symptômes de dysthyr®idie dans les états mentaux périodiques. Sous ce nom, nous avons envisagé la psychose maniaque dépressive tout entière, au sens Kræpelinien, observant des malades au cours de récidives, ou d’un premier accès.

Nous comprenons également dans cet examen des formes mixtes d'états délirants hallucinatoires, ou d'états paroxystiques de l’humeur à forme périodique.

Une entité spéciale, sur laquelle nous nous proposons de revenir ailleurs a fait partie aussi de nos recherches : la confusion mentale périodique. Nous appellerons ainsi des états confusionnels, survenus chez des périodiques, caractérisés par l’incohérence des

l'athymie, des troubles délirants et hallucinatoires variables, et l’'amnésie lacunaire de accès. Nous ferons remarquer la fréquence de cette forme confusionnelle chez les périodiques de longue date,

| maniaque dépressive de Krœpelin. En 1910, dans: son livre

risée par l’évolution commune de la psychasthénie et de la mélan-

. devra placer à côté du syndrome de Basedow, les états de manie

la thyroïdectomie partielle, ou la radiothérapie ; et plusieurs obser-

Pendant une année nous avons pu nous consacrer à cette étude.

idées et des actes, l'indifférence émotive et affective complètes,

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de vue spécial endocrinien.

tion de ces fonctions. La méthode expérimentale est indispensable

à récidives. rapprochées, et sa coexistence avec des signes l'ntone cation nn L | | pue

dans LÉ recherche d’une D Race oétinine D Te + Tous ces états possèdent pour caractères communs : l’inter-

mittence, l'absence de déficit intellectuel intercalaire et le même lien : > pathogénique : constitutionnel et toxique. de Ils sont à ‘séparer nettement de la psychose épiteptique et des de formes circulaires de la démence précoce. 1 Nous avons eu l’occasion de recueillir quatre observations d 50 Basedowiennes, chez lesquelles le syndrome physique a subi une ÿ recrudescence parallèle à l’évolution de l’accès. se Fe À

Nous nous sommes efforcés de déterminer les modifications organiques caractéristiques de ces accès, considérées sous le point

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Mais lassociation de Basedow n’est pas constante, l'exposé ï des symptômes physiques, l'apport de faits cliniques restent insuffisants pour faire la preuve des troubles thyroïdiens : nous avons voulu pratiquer chez les périodiques l’étude des tests pharmacodynamiques. RO CUT ‘1 RER

Les réactions spétifiques, suivant, l’état des fonctions endocrines, fournissent le véritable critérium physiologique d'explora- 4

pour vérifier ou infirmer chez cette catégorie de malades la participation thyroïdienne.

- Il ne nous semble pas qu’un travaïl de ce genre ait été jusqu’à présent réalisé, en France, tout du moins.

C’est dans le service. de M. Gassiot que nous avons fait ces expériénces. Nous remercions particulièrement notre médecin-chef

de l’Asile Saint-Yon, de sa bienveillance et de la liberté qu’il nous a accordée. L” intérêt qu’ ’il nous porte et ses encouragements nous,

sont précieux.

A MM. Candellier et Bretteville, qui se sont chargés de ce travail avec tant d’amabilité et d’empressement, nous adressons notre très vif remerciement: DE

sä M.

. nous ont RP AAA touché. Ê Se ___ Ses conseils nous ont permis de mener à bien ie travail.

s exprimerons à M. Claude notre très respectueuse reconnais-

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