‹ Recherches sur La Force ducceur AortiqueChapitre 3 sur 9 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

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La force du cœur a-t-elle été considérée, par Borelli, Keill, Hales , etc., sous un seul et unique point de vue ? oubien, loin de rechercher la même chose, ces auteurs, tout en étudiant {a force du cœur, n’ont-ils pas voulu déterminer, l'un, la somme des forces que la puissance mouvante dépense dans chaque contraction du cœur; l'autre, l'effort dynamique de cet organe; un troisième, son effort hydrostatique, etc.

Pour résoudre cette question, qui nous a paru offrir quelqueintérêt, à cause de l’identité que supposent, d’après Haller (1), les auteurs modernes, dans l'étude qui a été faite de l’action du cœur, nous

(1) Élém. phys., vol. 1°%., p. 446 et suiv.

n'avons qu'à passer en revue les travaux qui se rapportent à ce sujet. Dans l'exposition que nous allons donner, nous n ’examinerons pas la valeur des moyens que les uns et les autres ont employés ; un pareil travail nous éloignerait de la solution pure et simple de la question que nous nous sommes posée ; cependant, tout en nous renfermant dans les bornes du sujet, nous ne pourrons taire quelques réflexions critiques, dont le but sera d'éclairer l'intelligence des procédés employés, ou bien de faire connaître, à la première vue, toute leur nullité. |

Nous commencerons par Borelli.

Borelli, dans la première partie de son ouvrage .De motu anima- lium, traite de l’action des muscles externes; dans la seconde partie, de la force des muscles internes , et par conséquent de celle du cœur; comme il se fonde, pour déterminer cette force, sur un certain nombre de propositions prises dans la première pexiés occupons nous d’abord de ces propositions, tout à faii nécessaires à l'intelligence de la question.

Pour évaluer la force des muscles, supposons, par exemple, qu'il s'agisse des muscles biceps et brachial antérieur réunis (1). Le membre supérieur étant dans wne position horizontale, l’avant-bras est alors maintenu par l’action de ces deux muscles ; il applique à l’extrémité des doigts de la main un poids qu'il augmente successivement, jusqu’à ce que l’avant-bras ne puisse plus être soulevé; ce poids est de vingt-six livres ; ensuite il prend le poids de lavant-bras, et ayant égard à son centre de gravité, il remplace ce poids par deux livres appliquées au même point que les vingt-six livres , de sorte que les deux muscles font équilibre à un poids de vingt-huit livres, abstracüon faite du bras du lévier; il mesure la distance du point où sont appliquées les vingt-huit livres au point fixe du lévier, point qui se trouve au centre de la poulie que présente l'extrémité inférieure de

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1) De motu animalium. La Haye, 1745, in-4°., part. 1, cap. 8, prop. 22.

l'humérus; il détermine le rayon de cette-poulie;- et le regärde égal au moins à la vingtième partie de cette distance; dés forces agissant , l'une, suivant la direction des muscles, l'autre, à l'extrémité de la main, se faisant équilibre, elles sont'en: raison invérse de leurs distances au point fixe du lévier ; il trouve par là la puissance des muscles biceps et brachial antérieur égale au poids decinq cent soixante livres, c’est-à-dire que ces deux muscles, en se contractant, feraient équilibre à un poids de 560 livres appliqué à lune: de leurs extrémités et dans une direction qui serait la prolongation dé celle de ces muscles. | |

I1 détermine (1) d’une manière analogue la force des muscles masselers et temporaux, et trouve qu'elle équivaut au poids de 300 liv.

Il suit une marche semblable pour la plupart des muscles externes, ayant égard toutefois à l'insertion obliqué des fibres musculaires sur les tendons ou. à la forme rayonnée qu’elles peuvent présenter. Ainsi, le: muscles fessiers feraient équilibre à un poids de 2621 livres (2) en se contractant; le deltoide à un poids de 750 livrés (5), ou de 1520 livres en remarquant qu’il fait un égal effort sur l’os auquel est fixée son extrémité supérieure.

Dans ce que nous venons de rapporter on voit une très-belle application de la Statique à la puissance des muscles volontaires ; mais Borelli ne s’en tient pas là dans la détermination de l'effort musculaire; nous poursuivons : |

Il suppose que la fibre musculaire (4) en se contractant, de droite qu'elle était avant la contraction, se trouve alors composée d’une suite d’anneaux, qu'il assimile à des rhombes, de sorte que chaque fibre d’un muscle contracté aura la forme que présente la figure 1. Il ne peut concevoir le rapprochement des deux extrémités d’un

(1) Part. I, cap. 15, prop. 8.

(2) Id., cap. 15, p. 83.

(3) Id. , cap. 15, prop. 84.

(4) Id. , cap. 17, prop. 113, 114, 116.

(10) muscle lorsqu'il se contracte, sans le supposer ainsi composé de fibriles formées d’une suite de vésicules ou pores unis entreux à la manière d’une chaîne. Ces vésicules, auxquelles il donne gratuitement la forme rhomboïdale , se remplissant lors de la contraction, rendent néccssaire le raccourcissement du muscle. “54

Sans rappeler ici les belles expériences faites dans ces derniers temps sur la contraction musculaire ; par MM. Prevost et Dumas, ni l'expérience de Barzoletti, qui renverse à elle seule l'hypothèse de Borelli ; nous continuons :

. Puisque la fibre musculaire dans l’état de contraction n'est autre chose qu’une chaîne formée de rhombes; déterminer les forces qu'il faut appliquer aux extrémités de chaque diagonale transversale F G, HT, etc. ( fig. 1), pour qu'en agissant ces forces raccourcissent la chaine, et par suite fassént équilibre à un certain poids R, suspendu à l’une desextrémités ; l’autre, M, étant supposée hiée à un point fixe, c’est rechercher /a force entière qu'exerce la nature pour enfler toutes les porosités d’une fibre musculaire ; et, par conséquent, en ayant égard au nombre de ces fibriles qui entre dans un muscle, c'est, suivant BoreLLi, déterminer la force totale de ce muscle.

Dans une suite de théorèmes (1), il recherche le rapport qui existe entre le poids R et la somme de toutes les forces appliquées aux extrémités de chaque diagonale transversale des rhombes qui composent ja fibrile; il démontre que le poids R restant le même, si le nombre des rhombes devient double, triple, quadruple, etc., la somme des forces dilatant transversalement les rhombes deviendra elle-même double, triple, quadruple, etc, Enfin, supposant un faisceau de fibriles À BC D (/ig. 2), et soutenant le poids S, tl regarde comme égale à S , la réunion des forces dilatant les rhombes de la première série C D; de sorte que, pour obtenir la force totale du faisceau , ou li somme de toutes les forces qui dilatent tous les lozanges

(1) Bart. 1, prop. 92-112.

(11) de ce faisceau, il répète S autant de fois qu'il y a de rhombes dans la hauteur À D. L . Voyons, en appliquant ces principes aux muscles dont il a déjà déterminé la force statique, à quelle évaluation il est conduit.

Un des élémens de la question est de savoir combien il y a de rhombes contenus dans une longueur donnée d’une fibre; or, après avoir reconnu (1) qu'il y a au moins cinquante de ces rhombes où machinules dans la largeur d’un travers de doigt, il n’en suppose que vingt, afin de rester toujours au-dessous de la force qu'il veut déterminer. Reconnaissons donc avec lui vingt rhombes dans la largeur d'un travers de doigt : cela posé, prenons, par exemple, le muscle deltoide (2), dont la force statique a été évaluée à 1540 livres; il mésure la longueur des fibres, et latrouve, toute compensation faite, égale à l'étendue de deux travers de doigt : il y aura donc quarante Rhombes ou machinules dans chaque fibre de ce muscle, et comme la première série soutient un poids de 1540 livres, d’après ce que nous venons de dire , ce poids répété quarante fois nous donnera 61600 livres, qui représenteront l'effort de la nature pour enfler les vésicules dudit muscle.

- En procédant de la même manière pour les muscles fessiers (3), il trouve que leur force motrice est égale à 375420 livres.

Enfin, d’après les mêmes données, les muscles masseters et tempo- raux (4) auraient une force motrice égale à 6000 livres, et par suite on aurait 3000 livres pour celles des deux muscles temporal et masseter. + |

Maintenant, dans l'impossibilité où il est d'appliquer aux muscles du cœur les mêmes principes de statique auxquels peuvent se préter les muscles externes , il admet que deux muscles de même

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