EE
(1) Part. I, cap. 17, prop. 115.
(2) Id. , prop. 124.
(5) Id., prop. 125.
(4) Part. II, cap. 5, prop. 6%.
ia) le masse doivent avoir la même force; or, par expérience , il a trouvé (1) que le cœur a le même volume que les deux muscles temporal et masseter ; il reconnaît alors (2) que la. force que la nature emploie à enfler les fibres charnues du cœur dans ses contractions est égale à 3000 livres. | LE
I compare ensuite (3) cette force motrice du cœur évaluée à 3000 livres À la résistance que présente le sang dans le système artériel , ei trouve cette résistance 60 fois plus grande ; mais comme le cœur par son action surmonte cette résistance, il faut donc qu'il ait une force 6o fois plus grande que 3000 livres, c'est-à-dire 180000 livres (4).
Tel est le travail de Borelli sur la force du cœur:
Nous n'examinerons pas les théorèmes d’hydrodynamique par lesquels il reconnaît que la résistance du sang dans le système artériel est Go fois plus grande que 300o livres; nous ne parlerons pas de cette identité de forces supposée entre. le cœur et les muscles temporal ét masseter réunis, non plus que de tant d’autres assertions plus ou moins vagues qu'on rencontre dans le cours de louvrage; nous nous bornerons à dire que, s’ilest permis de chercher à ramener l'évaluation des forces de l’économie à des calculs mathématiques, c'est un tort inexcusable que de-recourir à des moyens: pareils de rechercheëet d'examen, lorsque la question même s'y refuse, et qu'on ne peut réellement la résoudre qu'à l’aïde d’hypothèses et de: combinaisons tout à fait hasardées, | Fes
Quoi qu'il en soit, concluons en disant que Borelli a détrminé, dans: son, travail, sur la force du:cœur, (a force qu'exerce:, suivant lui, la nature, pour enfler.les, fibnes musculaires de cet organe lors de sa'contraetion, Voyons.si.Keill s’est: proposé:le même objet.
(1) Part. II, cap. 5, prop. 66.
(2) Id. , prop. 6».
(3) Id. , prop. 70, 71, 72.
(4) Id. , prop. 53.
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Kell (1), pour déterminer la force du cœur, chérche d'abord fi vitesse possible (2) qu'a le sang au sortir de l'aorte; pour atteindre ce but , il compare les quantités de sang données, pendant le même temps, par l'artère et la veine crurale d’un chien, cés deux vaisseaux ayant été coupés transversalemént à leur direction; cès quantités de sang sont dans le rapport dé 7° à 3; faisant ensuite rémarquer que tout le sang qui passe dans l'artère ‘crurale passe aussi dans la veine de même nom , il conclut de cette supposition , détruite par les connaissances les plus superficielles en anatomie, que la vitesse du sang dans l'artère, sans empêchement, est à la vitesse du sang dans la veine (ou ce qui est la même chose dans l'artère, mais en la supposant intacte } comme 7 +: est à 3. $
Il a , d’ailleurs, déterminé (3) la vitesse du sang à sa sortie du cœur dans l’état normal, c’est-à-dire la vitesse du sang retardé, comme il le dit, par la résistance que présente celui déjà contenu dans le système artériel, et a trouvé que le sang parcourait 156 pieds en une minute. En s’autorisant de l'expérience précédente, qui indique que la vitesse du sang sans empêchement est à la vitesse avec empêchement, comme 7-+;est à 3; il reconnaît que le sang parcourrait, au sortir du cœur, dans l'aorte, 300 pieds en une minute, et par conséquent 6 pieds et demi en une seconde : telle est la vitesse possible qu'il assigne au sang à l’origine de l'aorte.
Nous ne nous étendrons pas sur l'incertitude que présente cette évaluation ; il nous suflira de faire remarquer que Keill suppose que deux onces de sang sont lancées par le cœur à chaque contraction, que le temps de la systole est exactement la moitié du temps de la diastole, que la vitesse du sang dans le chien est la même que celle du
(1) Tentamina medico-physica, tentamen 3, p. 5a. Londrès, 1718. (2) C’est-à-diré la vitésse qu’'aurait le sang lancé par le cœur, abstraction faite de la résistance que présente le sang déjà conteriu dans le système2rtériel.
(3) Tentam. med.-phys. de vetocitate sanguinis.
sang dans l’homme ‘que la vitesse du sang dans la crurale est la même que celle du sang dans l'aorte. à
Ayant ainsi déterminé la vitesse possible avec laquelle le sang serait projeté par le ventricule gauche dans l'aorte , il invoque un théorème de Newton, d’après lequel on sait que la force qui meut un liquide, sa vitesse étant donnée , est égale au poids d'un cylindre de même liquide dont la base serait l’orifice par lequel coule le liquide, et dont la hauteur serait le double de la hauteur verticale d’où doit tomber ce liquide pour acquérir la vitesse donnée. Il cherche donc, au moyen des formules connues de la chute des graves , la ligne verticale que doit parcourir un corps pour acquérir cette vitesse de 6 pieds et demi par seconde , et trouve cette hauteur égale à 0,704 pied ; cette hauteur doublée donne 1,408 pied, ou bien 17,76 doigts, hauteur du cylindre: l'orifice de l'aorte ou sa base est 0,/4187 pouces carrés, sa solidité est donc 5,436112 pouces cubes de sang, dont le poids est de 5 onces. Keilt conclut donc que la force du cœur est égale au poids de 5 onces.
Revenons sur cette évaluation, et voyons si elle ne donnerait pas la force dynamique du cœur, laquelle aurait été méconnue par Keill luimême. Supposons à cet effethun vase rempli d’un liquide de même densité que le sang , et soit pratiqué en un point de ses parois une ouverture dont l'étendue soit exactement la même que celle de l’orifice de Faorte; si le sang dans l'aorte se meut avec une vitesse égale à 6 pieds et demi par seconde, comme la hauteur due à cette vitesse est de 8 po. 6 lig. environ; si nous faisons la hauteur du niveau égale à 8 po. 6 hig. , le fluide coulant par l’orifice pratiqué aux parois du vase aura la même vitesse que le sang dans l'aorte, de sorte que nous pourrons très-bien remplacer, quant à l'effet de la force, le cœur considéré comme puissance motrice par notre vase, en supposant toutefois que le niveau soit constant. |
Or, chaque molécule fluide, arrivée à l'orifice, a acquis une vitesse telle qu’elle parcourrait, dans le même temps employé à la chute de 8 po. 6 lig., c'est-à-dire un cinquième de seconde environ, un espace
(15) double de 8 po. 6 lig. ou 17° (1). Ainsi, si à l’aide d'un tube recourbé le liquide sortant par l'ouverture pratiquée au vase s'élevait verticalement, il atteindrait la hauteur de 8 po. 6 lig., hauteur du niveau, et pendant un cinquième de seconde ; et le poids de la quantitéde ce liquide passant par l’orifice pendant le même temps serait celui d'un cylindre de même liquide qui aurait pour base cet orifice et pour hauteur 17 pouces, c’est-à-dire un poids de 5 onces. Ainsi, /a force du cœur serait donc capable d'élever à la hauteur de 8 po. 6 lig. et pendant un cinquième de seconde une quantité de sang dont le poids serait égal à 5 onces. Cette force, que Keill a évaluée à 5 onces , représente donc l'effet dynamique du cœur et rien autre chose.
Nous venons d'interpréter la force du cœur donnée par Keil!, en supposant exacts les élémens dont il a fait usage. Nous reviendrons bientôt sur ce résultat, après avoir parlé de l'effort statique du cœur dont s’est occupé Hales.
Quant à la trajectoire donnée par le jet de sang d’une artère piquée, et d’après laquelle Keill détermine d’une autre manière la vitesse possible du sang au sortir du cœur, nous n’en parlons que pour témoigner tous nos regrets de voir que des moyens aussi ingénieux soient appliqués à des données aussi incertaines.
Il serait superflu de faire remarquer que l'évaluation de la force du cœur, suivant Keil!, devait nécessairement s'éloigner beaucoup des calculs de Borelli, puisqu'il est démontré que l’un et l’autre ont considéré la question d’une manière tout à fait différente.
Hales (2}, physicien anglais, s’est occupé, non de l'effet dynamique, mais bien de la force statique du cœur. Il prend (3) un tube de
ne à
(1) Physique de Pelletan, p. 426.
(2) Hémastatique de Hales. Genève, trad, par Sauvages. (3) Ibid. , p. 1 et suiv.
(26) verre long de 9 à 12. pieds, et l'introduit soit dans l’arière crurale, soit dans la carotide d’un animal , après avoir recourbé son extrémité inférieure , afin de lui conserver une position verticale. En vertu du principe de l'égalité de pression , la hauteur à laquelle s'élève le sang dans le tube donnera nécessairement. la pression à laquelle-est soumis un point quelconque du cœur , et par conséquent l'effort bi: 2 du,cœur.
Hales répète cette expérience sur différens animaux, et trouve les résultats suivans :
Hauteur " de la colonne de sang (1).
ARTÈRE GRURALE d’une jument (2). ................. 8 pieds, 13, Pousen id. d'un.éheral(S). ie aise ei 9 8 F CarominEe d’un chien (4) de 52 livres............... 6 8 id. id. AO lee dite) de RAR a 8 id. id. de 18 RSS ETS RD A 8 id. id. GT PES PME se ce 3 3 id. id. ide Sn TARN 7 11
Il suppose ensuite que pour l’homme, la hauteur du.sang dans le tube doit être probablement de 7 pieds 6 pouces ; et, partant de cette hypothèse , il cherche la surface interne du cœur gauche; il l'évalue à quinze pouces carrés; ensuite, multipliant cette aire par 7 pieds 6 pouces, il trouve que le cœur est pressé par le poids de 1350 pouces cubes de sang, quand il commence à se contracter ; cette quantité de sang correspond à 51,5 livres.
es de nn à cer
(x) Nous verrons bientôt que ces hauteurs devaient peu différer l’une de l’autre, et pourquoi elles présentent chez Hales d’aussi grandes variations.
(2) Hémastatique, première expérience, p. 1.
(3) lbid., deuxième expérience.
(4) Tbid., p. 35.
Telle est la force du cœur évaluée par Hales ; elle n’est autre chose que la somme des forces qui pressent chaque point de la surface du cœur. Ainsi, si l’on voulait avoir la pression opérée sur un pouce carré de cette surface, on multiplierait ce pouce carré par 7 pieds 6 pouces, hauteur de la colonne de sang dans le tube.
Remarquons seulement que 51,5 livres ne représentent nullement l'effort statique du cœur, mais que cet effort serait égal au poids d’un cylindre de sang qui aurait pour hauteur 7 pieds 6 pouces, et pour base, non pas la surface interne du cœur aortique; mais bien l'aire que présenterait une coupe du cœur faite de la base au sommet. Cette aire, suivant Hales , étant le quart de la surface interne, on obtiendrait alors pour l'effort statique du cœur 12,87 livres.
Si maintenant nous examinons les diverses hauteurs des colonnes de sang données par le tube de Hales, appliqué à différens animaux , nous les trouverons toutes erronées. Effectivement , on sait que le sang passant des vaisseaux d’un animal vivant dans des tubes inertes , se coagule presque aussitôt. Le tube dont il se servait avait : de pouce de diamètre ; des caillots se moulaient done dans son intérieur, et par suite l’ascension du sang devait être modifiée; car telle est la plasticité du sang des animaux , et particulièrement du chien, que si l’on coûpe la carotide primitive d’un chien, un caillot ne tarde pas à se former, et l'animal est soustrait à une hémorrhagie mortelle (1). Nous avons vu nous-mêmes ce singulier. phénomène sur des chiens dont nous avions coupé les deux artères carotides et les deux axillaires.
Ensuite Hales ne tient aucun compte de l'influence des mouvemens respiratoires sur la hauteur de la colonne de sang dans le tube; et nous verrons dans la deuxième partie de notre travail combien l’inspiration et l'expiration la modifient.
Dire par analogie que la colonne de sang doit s'élever à la hauteur
(1) Leçons orales de M. Magendie.
(18) de 7 pieds 6 pouces chez l’homme, sans alléguer aucune autre raison, c'est se prévaloir, comme expérimentateur, d’une autorité à laquelle nous sommes loin de nous rendre.
Quelque imparfait que soit le moyen employé par Hales, rendons lui cette justice de reconnaître qu'il s’est, plus que tout autre, éloigné de recherches purement spéculatives ; quoique, d’un autre côté, la force dynamique de Keil! ne fût pas à rejeter du domaine de la physiologie, si elle était exacte.
Daniel Bernouilly, dans une thèse inaugurale soutenue par son élève Passavant (1), se fondant sur les expériences de Hales, suppose (2) que le cœur, effectuant chacune de ses contractions en une seconde, lance à la hauteur de 8 pieds une quantité de sang égale à une once et demie; cela posé , les baitemens du pouls se répéteraient 4,000 fois dans une heure, et par suite le cœur élèverait dans le même temps, soit 6,000 onces de sang, ou 375 livres à la hauteur de 8 pieds, soit 3,000 livres à la hauteur d’un pied (3).
Dans cette évaluation, il est essentiel de tenir compte du temps pendant lequel ces 375 livres sont élevées par le cœur , et de la hauteur qu'elles atteignent; car, au premier abord, on serait tenté de croire cette estimation de la force dynamique bien supérieure à celle de Keill, lorsqu’au contraire elle est inférieure. En effet, si 5 onces, suivant Keil!, sont élevées, en : de seconde, à la hauteur de 8 pouces 6 lignes, on a 25 onces élevées à la hauteur de 8 pouces 6 lignes dans une seconde, par suite 2 onces 1 gros environ élevés à la hauteur de 8 pieds dans le même temps.-La force dynamique de Keill est donc plus grande que celle trouvée par Bernouilly.
(1) Bâles, 1748, De vi cordis, PassaAvant.
(2) Ibid. paragr. 5.
(3) Ibid. , paragr. 6.
(19) Bernouilly ayant pris pour point de départ les expériences de Hales, qui sont, ainsi que nous l'avons reconnu, erronées, nous ne nous arrêterons pas davantage sur cet auteur.
Boissier de Sauvages (1) invoque ce principe de mécanique en vertu duquel on peut, sans connaître la structure d’une machine ; trouver quelle est la force nécessaire pour lui faire produire l'effort dynamique qu’elle présente. Ainsi étant donné, le poids élevé dans un certain temps à une certaine hauteur par le cœur, la force dépensée par la puissance mouvante est au poids connu comme 27 est à 4 ( Belidor , architecte hydraulique }. Cela posé, adoptant l'effort dynainique déterminé par Bernouilly, il trouve que la force que dépense la puissance motrice pour contracter le ventricule gauche du cœur est de 71 onces élevées à chaque pulsation à la hauteur d’un pied.
Nous ne parlerons pas de Jurin, de Morgand, de Robertson, de Morland , de Tabor (2), attendu que les uns ne se sont occupés que de la vitesse du sang dans l'aorte, les autres sont partis dans leur évaluation de données aussi peu certaines que Keill. Tabor a pensé devoir faire entrer en ligne de compte la force capable de rompre les vaivules sigmoiïdes , etc.
Ce qui précède établit d’une manière incontestable que la force du cœur n’a pas été étudiée par les auteurs sous un seul point de vue; l'un a considéré d’une manière toute spéciale ce que dépensait la puissance mouvante, c’est Borelli; d’autres, Keill, Bernoui!ly, Sauvages, ont déterminé la force dynamique; Hales s’est occupé de son effort statique. De là ces différences, ces disproportions énormes dans les résultats obtenus par chacun d’eux, mais que nous sommes loin
(1) Hémastatique de Hales, trad. , p. 300 et 301. (2) Haller, Elementa phystot., vol. 1 , p. 452 et 455.
(20) | toutefois de regarder comme suffisantes pour exclure tout calcul mathématique dans l'évaluation de la force du cœur ; puisqu'en supposant rigoureusement exacts les principes de chaque auteur, la diversité de leurs estimations n’eût pas été moins grande. ;
Telle est notre réponse à la question que nous nous étions posée. « à , LL Q à ; .
Passons maintenant à l'exposition de notre travail sur le même objet.
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