‹ Recherches sur La Force ducceur AortiqueChapitre 5 sur 9 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

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Le cours du sang est tellement soumis à l'action du cœur, que de nouvelles recherches sur la force de cet organe nous ont paru dignes de tout l'iutérêt des physiologistes, On dira que l’âge, le sexe, Le tempérament , l’idiosyncrasie , l’état de veille, de sommeil, d'exercice , de repos , de santé, de maladies, les passions , modifient plus ou moins la force du cœur. Nous reconnaissons l'influence de ces agens modificateurs; mais leur existence proscrit-elle tout travail qui aurait pour but de déterminer les limites de cette force? Nous ne le pensons pas.

Et d’abord, sous quel rapport devons-nous considérer la force du cœur ? La force statique nous a paru la moins spéculative et la plus susceptible d'application physiologique.

Dans cet état de choses, nous nous sommes demandé quelle est la force avec laquelle le cœur pousse le sang dans l'aorte; et cette force, pour lobtenir, nous n'avions qu'à chercher la hauteur à laquelle montait dans un fube vertical, appliqué à laorte, le sang ou tout autre liquide, dont la densité nous serait connue. En multipliant cette hauteur par l'aire de l'aorte à sa naissance, nous avions le volume d’un liquide dont le poids nous donnait alors /a force possible avec laquelle le sang se meut dans l'aorte, et, par suite, l’action du cœur gauche dans la circulation artérielle.

Nous décrirons bientôt ce tube , tout spécial à nos recherches, et qui devait seul assurer l'exactitude de nos observations.

En adoptant les idées reçues sur la circulation artérielle, nous nous disions : le cœur aortique , lançant , avec une certaine force, à chaque contraction, une ondée de sang dans le système artériel déjà plein, toute cette force n’est pas employée au même moment à la progression du sang dans les artères ; car, à chaque systole du cœur, les artères se dilatent, leurs courbures tendent à se redresser (1), et ces phénomènes ne s’opèrent qu’aux dépens de la force du cœur : or, ces causes d’affaiblissement, auxquelles plusieurs auteurs ont pensé devoir ajouter le frottement du sang contre les parois artérielles, sont d'autant plus prononcées qu’on s'éloigne davantage du cœur. D'après ces considérations , il paraissait donc évident que notre tube, appliqué en des points du système artériel différemment éloignés du cœur, devait donner des hauteurs d'autant moins grandes qu'on s’éloignerait plus de cet organe. Ainsi, pour avoir exactement la force du cœur ; il nous fallait appliquer le tube , non-seulement à l'aorte, mais encore précisément à sa sortie du cœur, c'est-à-dire à l'aorte ascendante. Mais, comme il était impossible de faire une semblable expérience sans que la mort de l'animal s’en suivit; il nous restait à appliquer notre tube le plus près possible du cœur, sur la carotide primitive, par exemple, à lier les artères axillaires le plus près possible du tronc, la carotide du côté opposé, l'aorte abdominale , audessus du tronc opistogastrique, et à observer la hauteur donnée par le tube; ensuite, ayant cherché l'accroissement de la hauteur due à la soustraction d’une portion d’artère dont la capacité nous était connue, On aurait pu obtenir, en mesurant les capacités des artères comprises entre le cœur et les ligatures, la différence en plus dont il fallait augmenter la hauteur observée dans le tube primitivement appliqué à la carotide, et, par là, la hauteur obtenue aurait été celle

en mure an

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(1) Physiologie de Richerand et autres modernes.

donnée par le tube appliqué à l'aorte ascendante elle-même : telle était la marche que nous nous proposions de suivre. Mais, dès les premières expériences, voulant vérifier si les opinions, émises à priori, étaient vraies, nous avons remarqué, à notre grand étonnement, que deux tubes étant appliqués simultanément à deux artères et à des distances différentes du cœur, donnaient des hauteurs qui étaient parfaitement égales , au lieu d’être différentes, comme nous l’avions présumé : de là une grande simplification dans le travail, puisqu’en appliquant l'instrument sur une artère quelconque nous obtenionsles résultats que nous aurions eus en le plaçant sur l'aorte ascendante elle-même.

Donnons la description de l'instrument que nous avons imaginé pour mesurer l’action du cœur ; nous nous occuperonsensuite, et des expériences qui constatent le fait que nous venons d’énoncer, et des conséquences que nous en avons déduit.

Soit un tube de verre (fig. 35), présentant une branche horizontale AB,une branche verticale descendante BC, et une troisième branche ascendante DE, courbé de manière à offrir en B un quart de cercle, et en C D un demi-cerclé : supposons que l’on mette du mercure dansla partie GCDH, le tube étant dans une position verticale, les niveaux G et H du mercure seront à la même hauteur dans les deux branches. Si le sang s’introduit dans la partie AB G par l’orifice À, abouché à une artère, il pressera sur la surface G du mercure ; le métal sera déprimé dans la branche BC de G en K, par exemple, lorsqu'il s’élèvera dans la branche DE en I. Il est évident, d'après les lois de l’hydrostatique, que la force totale, avec laquelle le sang se meut dans l’artère, sera mesurée par le poids d’un cylindre de mercure, dont la base est un cercle qui a pour diamètre celui de l’artere, et dont la hauteur est la différence IK des deux niveaux du mercure, déduction faite, bien entendu, de la hauteur de la petite colonne de mercure qui peut faire équilibre à la colonne sanguine BK.

Le sang doit donc s’introduire dans la partie À B G de notre tube: or, s’il se coagulait , on ne pourrait nullement observer la hauteur

(24) de la colonne de mercure, non plus que les modifications que cette

colonne éprouve, ainsi que nous le verrons bientôt. La première chose à faire avant d'aller plus loin, était donc de

trouver un corps liquide qui, introduit dans la partie ABG, et rece-

vant le sang au sortir de l'artère, pût transmettre sur la surface G du mercure la force dont est animé le säñg dans l'artère, et cela en empêchant sa coagulation ou plutôt en conservant sa liquidité. Nous le répétons , toute observation faite avec ce tube sans la présence d’un tel corps était entachée d’inexactitude.

Or, nous savions que la potasse, la soude, empêchent la coagulation du sang en dissolvant le caillot fibrineux qui tend à se former ; nous avons donc été conduits à faire des expériences sur cet objet; et nous avons vu qu'à la vérité une éprouvette d’un décimètre de longueur et d'un centimètre de diamètre dans laquelle on avait mis environ le quart de potasse liquide concentrée, et au milieu de laquelle on avait fait arriver un jet de sang donné par. une artère ; nous avons vu, disons-nous , qu’au bout de quatre ou cinq minutes le sang n'était point coagulé, mais était transformé en un liquide brun très-épais , très-visqueux, et trés-adhérent aux parois de l'éprouvette. La viscosité augmentait avec le temps, de telle sorte qu'au bout d’une heure environ, en renversant l’éprouvette , le sang présentait autant de solidité qu'il en avait offert au bout de deux minutes et demie, iniroduit dans une éprouveite qui ne contenait point de. potasse liquide, bat bi

Cette viscosité croissante du sang mêlé à la potasse s’opposait donc aux succès de l'expérience; en outre, si la colonne de mercure changeait à chaque instant de hauteur, une portion du mélange de potasse et de sang contenu dans la partie À BG entrait dans le torrent de la circulation, ce qui pouvait empoisonner l'animal, et cette considération seule nous empêcha de faire sur la soude les mêmes essais que sur la potasse, |

Je cherchai à rendre le sang moins coagulable en injectant. quelques pintes d’eau dans les veines jugulaires, et le résultat. ne fut

(25) autre que de retarder de trois minutes la coagulation : ce moyen n’atteignait donc pas plus le but que je me proposais.

Je pris alors du sous-carbonate de soude , et j'en remplis le quart de la capacité de l'éprouvette, dans laquelle je fis arriver un jet de sang artériel ; le sang, au lieu de devenir brun comme dans le cas de la potasse liquide , conserva sa couleur écarlate ainsi que toute sa liquidité pendant deux heures entières , après lesquelles nous vidâmes l'éprouvette en la renversant. D'ailleurs le sous-carbonate de soude liquide, introduit dans la circulation, n’a pas le même inconvénient que la potasse et la soude. À tous ces titres le: sous-carbonate desoude était donc le corps que nous cherchions.

Le tube chargé de mercure, ainsi que nous l'avons vu, je remplis de sous-carbonate de soude dissout dans l’eau la partie À BG : (dans toutes mes expériences , le liquide était saturé de ce sel). Un tube de cuivre (fig. 4), par sa concavité CD , reçoit l'extrémité A de la branche horizontale du tube de verre, et y est fixé avec de la cire d’Espagne. Ce petit tube présente à son autre extrémité un pas de vis qui est apte à recevoir un second tube de cuivre ( fig. 5), dont l'extrémité GH présente une cavité en forme d’écrou; l’autre extrémité K I, libre et destinée à s'introduire dans l'artère, porte un arrêt L'M. Comme nous avions à expérimenter sur des artères de différens calibres, nous eûmes sept tubes semblables, et qui ne différaient en- | tr'eux que par le diamètre de l'extrémité libre KT, laquelle présentait dans les uns et les autres depuis un millimètre jusqu’à sept millimètres de diamètre.

Tel est notre instrument.

Pour le mettre en communication avec le sang , on découvre l’artère , on passe au-dessous d’elle un fil ciré, on la comprime avec les doigts , on fait avec la lancette une incision longitudinale au-delà du point comprimé; les deux bords de cette incision, saisis chacun avec une pince, sont éloignés l'un de l’autre de manière à rendre l’ouverture à peu près circulaire ; alors on introduit le tube dans l’artére,

Lu

( 26 ) | et au-dessus de l'arrêt on fait une ligature; immédiatement après on cesse de comprimer, et le sang, passant de l'artère dans le tube , se méle au sous-carbonate de soude, et transmet, par l'intermédiaire de ce corps , la force qui le pousse à la colonne de mercure GC ; on est alors témoin des phénomènes que nous décrirons bientôt. ;

Ajoutons ici que la colonne de mercure’ variant par les diverses inclinaisons que peut prendre l'instrument , il est important de le tenir pendant tout lé temps de lobservation dans une position verticale. C’est dans ce but que nous avons adapté à notre appareil un fil à plomb. À partir des points H et G niveau du mercure dans les deux branches , se trouvent deux échelles dont les divisions sont des millimètres , le zéro de chacune se trouve en H et G..

Maintenant soit adapté l'appareil à l'artère carotide d’un chien , la distance BG qui mesure la hauteur du sous-carbonate de soude au-dessus du niveau du mercure doïitêtre déterminée. Supposons, pour plus de simplicité, que les parties GK C et H F'I du tube soient exactement de même diamètre, en sorte qu’en observant sur une seule et même échelle LM la hauteur HI, à laquelle s’est élevé le mercure, on reconnaîtra quäl s’est abaissé au-dessous du point G de la même quantité HI. Ainsi, pour avoir la hauteur du mercure due à la force du sang, nous n’aurons qu’à doubler la hauteur HI, et retrancher de ce résultat la pression du mélange de sang et de souscarbonate de soude, due à la colonne BCK=BG+GK—=BG HT:

Soit donc BG— 25 millimètres, soit H1 — 105 millimètres ; supposons en outre, comme nous l'avons trouvé, qu'une colonne de mélange de sous-carbonate de soude et de sang , de 10 millimètres de hauteur , fasse équilibre à une hauteur d’un millimètre de mercure : nous aurons pour la pression demandée |

1605 + 105 — — Loir Rio oi 9 13 — 199 mill.

LE, et pour une hauteur HE’ égale à 85 mill., par exemple, la pression

que nous aurions serait :

25 + 85 110 ; "it = 170 TO. == 170 — 11 —= 159 mill.

En cherchant la moyenne de ces deux pressions, nous aurions :

DIE 99" 996 "ES ill.

: 2 2 Nous aurions pu arriver à l'expression de cette moyenne par la disposition suivanie : :

1er, mélange de s.-carb. 2°. mélange de s.-carb.

Point le plus haut. Point le plus bas.

et de sang. et de sang.

105 + 105 85 L 85 25 + 105 25 85 Somme 380 mill. Somme 240 mill.

380 — 240 Pression moyenne 10 380 — 24 356 M NU TS FE "AU ae US me 178 mill.

Si on avait à prendre une autre moyenne , non entre deux pressions , mais entre deux pressions moyennes elles - mêmes, et dont les hauteurs HI fussent les nombres 105,85 ; 110,82, on l'obtiendrait alors évidemment de la manière suivante :

Point le plus haut. Point le plus bas. 1er mélange de s.-carb.s, 2° mélange de s.-carb.s.

et de sang. et de sang.

105 + 105 85 + 85 25 + 105 25 + 85 110 + 110 82 + 82 25 + 110 25 + 82 215 + 915 À 167 + 167 50 + 215 50 + 167 764 mill. 482 mill.

mi Moyenne 10 764 — 48,2 2, 715,8 TS Do null

( 28 ) Pour obtenir une moyenne entre trois pressions moyennes , dont les hauteurs respectives seraient 105,85; 110,82; 06,84, on aurait

encore :

Point le plus baut. Point le plus bas. Pibe mélange. Second mélange. 105 + 105 85 + 85 25 "105 25 + 85 110 — 110 82 + 82 25 + 110 25 + 82 96 + 96 84 + 84 25 + 96 25 + 84 311 + 311 251 + 251 95 + 311 75 + 251 usé I, mm"

1124 | à D 'RLES:

1124 — 71,2 102,8 L Moyenne pe TE a 175,46 mill.

On voit finalement que la pression moyenne entre quatre pressions moyennes elles-mêmes s’obtiendrait en divisant la différence qui existe entre la somme des deux premières colonnes et le dixième de la somme des deux dernières qui correspondent aux mélanges , par 2 X 43 et par 2X5,parzX 6,etc., selon qu'il s’agit de la moyenne entre 5 ou 6, etc., moyennesselles-mêmes.

On nous pardonnera ces détails de calcul en faveur de la clétté qu’ils vont répandre sur ce qui va suivre.

L’instrument est appliqué, disions-nous, à l'artère carotide primitive d’un chien. Aussitôt que le sang de l'artère s’introduit dans la branche horizontale AB, il fait effort sur le mercure en se mêlant au sous-carbonate de soude; et dans l'intervalle de moins d’une seconde, le mercure, en s'élevant dans la branche H E, atteint la hauteur de 105 millimètres, pour redescendre aussitôt après à 85 millimètres, remonter aussitôt pour redescendre encore. Il s'établit ainsi une suite d’oscillations en vertu desquelles le mercure monte et descend alternativement ; et lorsque les mouvemens respiratoires ont lieu régulièrement, que l'animal ne fait aucun effort, les ascensions et descentes de la colonne de mercure semblent osciller de la même quantité au-dessus et au-dessous d’un même point du tube qui, dans le cas dont il s’agit,

correspond à 95 millimètres. Lorsque les mouvemens respiratoires sont plus forts , l'élévation de la colonne et son abaissement s’éloignent alors beaucoup plus de ce point. C’est ainsi que le mercure s'élevait à 115 millimètres pour descendre immédiatement après à 75 millimètres. Cette sorte de régularité dans les ascensions et descentes de la colonne de mercure n'existent pas toujours, ainsi qu’on le voit lo:sque, dans de violens efforts de l'animal, à de grandes inspirations succèdent des expirations saccadées, et vice versé ; il y a alors pendant toui ce temps, dans la colonne de mercure, une sorte de tourmente qui porterait la plus grande indétermination dans l'évaluation de la hauteur cherchée, si on ne l'observait qu’à cette époque; mais l’animal cessant d’être fortement ému, et les mouvemens respiratoires devenant ordinaires , la colonne offre la régularité. dont nous avons parlé précédemment.

Nous devons faire observer que cette hauteur de 95 millimètres que nous venons d'indiquer n'est pas toujours la même. C’est ainsi que, dans l'expérience que nous rapportons, nous avons remarqué quatre fois de suite alternativement les hauteurs 06 et 84 ; la colonne s’élevait et s’abaissait de la même quantité à partir du point marqué par 90, plus bas que le précédent de 5 millimètres, de sorte que la force qui meut le sang dans les artères, et par suite celle du cœur, varierait d’un instant à l’autre pour revenir à son premier état, et ainsi de suite.

Après les nouvelles recherches de M. Magendie (1), touchant l'influence des mouvemens respiratoires sur le cours du sang dans les artères, il est inutile de dire que l’abaissement du mercure correspond à l'inspiration, son élévation à l’expiration. Ce sera donc en prenant la moyenne entre les deux colonnes de mercure qu’on obtiendra véritablement celle due à la force du cœur.

De ce qui précède nous concluons, que la hauteur du mercure dans le tube doit s’obtenir en prenant la moyenne de deux hauteurs consécutives, et si nous remarquons qu'indépendamment des modifica-

(1) Journal de physiologie , t. 1°., voir sur le même sujet un Mémoire de

M. Bourdon ; 1820.

tions introduites dans la hauteur de la colonne par les mouvemens respiratoires, cette hauteur varie d’un instant à l’autre de quelques millimètres ; nous verrons alors que pour avoir la hauteur correspondante à un certain nombre d'observations consécutives, il faudra déterminer la pression moyenne entre les pressions moyennes correspondantes aux hauteurs trouvées. Appliquons Cette marche aux hauteurs que nous a données l'instrument dans notre expérience, et rappelonsnous ce que nous avons dit précédemment sur la manière simple d'obtenir la hauteur moyenne entre des hauteurs moyennes ellesmêmes.

Hauteur à Hauteur Hauteur du mélange Hauteur du mélange dans l’expiration. dans l'inspiration. corresp. aux expirations. COrresp. aux inspir. 105 + 105 85 + 85 25 105 25 L 85 110 + 110 82 + 82. 25 + 110 25 + 82 96 + 96 84 + 84 Na5 LE "25 + 84 96 + 96 84 + 84 25 + 96 25 + 84 96 + 96 84 + 84 25 + 96 25 + 84 110 + 110 80 +. 80 25 + 110 25 + 80.

110 — 110 80 He 80 25 + no 25 + 8o 105 + 105 85 + 85 25 — 105 25 + 85 828 + 828 664 + 664 200 + 828 . 200 + 664 Somme 2984 Somme 1892 84 — 18 ,5 ï , Pression moyenne égale à Le = ru — 194,67 mil.

Après avoir décrit l'instrument dans sa forme et dans l'application que nous voulions en faire, disons un mot, avant d'entrer dans l’exposition du fait énoncé page 23, de tout le parti qu’en pourrait tirer la science.

Déterminer avec la dernière évidence les modifications qu'introduisent les mouvemens respiratoires dans la circulation artérielle et même veineuse :

Déterminer les modifications de la force qui meut le sang dans les

{ 64) artères, soit à raison de l’âge , soit qu’on rende artificiellement.le sang plus aqueux, soit qu’on en diminue la masse, soit qu’à l’aide de ligatures on isole de l’action du cœur une portion de système artériel (1),

soit qu’on fasse entrer dans le torrent de la circulation des substances : :

particulières, telles que le camphre, l’assa-fœtida, des alcoholiques,etc., soit que, par des moyens quelconques, on éveille chez un animal des émotions plus ou moins vives, etc.

Nous nous proposons, dans un mémoire subséqueni , de résoudre quelques-unes de ces questions, qui intéressent au plus haut point la pathologie interne et externe; et comme nos recherches seront essentiellement fondées sur les applications diverses de notre instrument, nous croyons devoir l'appeler hémodynamomètre, dénomination en rapport avec ses usages. | |

Il nous reste maintenant à établir qu’une molécule de sang est mue avec une force égale, quelle que soit la place qu’elle occupe dans le systéme artériel : la chose sera prouvée, quand on saura que deux hémodynamomètres placés sur deux artères différemment éloignées du cœur présentent des pressions exactemens les mêmes,

1°. Le sujet de cette expérience est un chien. On met à découvert lés artères carotide primitive et humérale gauches ,et on place, ainsi que nous l'avons dit, un hémodynamomètre sur chacune de ces artères. Il faut avoir soin d'observer au même instant la colonne de mercure dans l’un et l’autre de ces instrumens ; cette circonstance est de la plus haute importance pour l’identité que nous voulons établir. Qu'il me soit permis ici d'adresser tous mes remerciemens à M. D'Espine , mon ami, dont le zèle assidu m’a puissamment secondé dans cette partie de mes expériences. Ilest inutile d'ajouter que les branches horizontales des deux hémodynamomètres sont à égale distance de l'horizon.

(1) Dans sept expériences nous avons lié l’aorte abdominale au-dessus du tronc opistogastrique ; dans toutes , la pression indiquée par la hauteur du mer-

cure a presque doublé.

(32) La distance BG dans l’un et l’autre hémodynamomètre était de 170 millimètres.

PRESSION À LA CAROTIDE DE 5,20 MILLIM. DE DIAMÈTRE. PRESSION À L'HUMÉRALE DE 3 MILLIM. DE DIAMÈTR (Le point où est appliqué l'appareil est distant du cœur de 208 mill.) | (Le point où est appliqué l’appareil est distant du cœur de 2

en EEE ÉÉR C C E

HAUTEURS HAUTEURS HAUTEURS : HAUTEURS de la colonne de-mercure des mélanges correspondans de la colonne de mercure des mélanges correspoi nl RIT en Re) nn ES CR ae pendant pendant à à pendant pendant à 4 l'inspiration. expiration. | l'inspiration. l'expiration. || l'inspiration. l’expiration. l'inspiration. Re 7) PROG ÉTAT SE SI EPL PRRS mill. mill, mill, mill. mill. mill, nul, mill, mill. mill. mill. mill. a 80 + 80] 110 +. 110.) 170 + 80 170 + 110 85 + 85 105 + 105 6 90 + go] 100 + 100 170 + 90 170 + 100 90 + go 100 + 100 e 101 + 101] 109 + 109 YO EE ANTON 170 + 109 100 + 100 110 + 110 d 110 + 110] 1154 115 170 +1ça10 170 + 115 110 + 110 115 + 115 e 105 + 105] 113 + 115 170 +> 105 170 + 115 108 + 108 112 + 112 à 110 + 110] 115 + 115 170 + 110 170 + 115 110 + 110 115 + 115 g 105 + 105] 110 + 110 170 + 105 170 + 110 105 + 105 110 +- 110 h 1001477 106! rTot trs 170 + 100 170 + 115 105 + 105 110 + 110 ‘ 85 + 85] 105 + 105 | 170 + 85 | 170 + 105 | go + go | 100 + 100 k 95 + g5|] 100 + 100 170 + 95 170 + 100 95 + 95 100 + 100 { 85 + 85] 110 + rio 170 + 85 178 # 110 90 + go 105 + 105 rennes . 1066 + 1066! 1204 + 1204 | 1870 + 1066 | 1870 + 1204 | 1088 + 1088 | 1182 + 1182 | 1870 rene || ae LR Somme 4540 mill. Somme 6010 mill. Somme 4540 mill. Somme 6010 mill. 45io — 601 393 "4540 — 601 303 Pression moyenne Ta he — 179,04 mill. Pression moyenne me == — 179,04

‘Par l'identité que présentent ces résultats, on voit qu’une molécule de sang dans l'artère carotide d’un diamètre de 5,20 millimetres, cette moléculedistante du cœur de 208 millimètres se meut avec lamême force qu'une molécule de sang dans l'artère humérale, présentant un diamètre de 3 millimètres, distante du cœur de 303 millimètres.

(1) Toutes les observations marquées de ce signe ont été prises au moment où les mouvemens respiratoires étaient plus grands que dans l’état normal.

(35 ) 2°. Je: répétai cette expérience sur un autre chien ; les artères humérale et carotide donnèrent la même hauteur de mercure.

5°. On:laisse en place, dans l'expérience n°. 1, lhémodynamomètre de l’humérale ; on découvre l'artère iliaque primitive gauche; on y applique l’hémodynamomètre de la carotide , et les résultats que nous venons d'obtenir pour la carotide et l'humérale se vérifient pour l’'humérale et l'iliaque primitive, qui avait 5 millimètres de diamètre et distante du cœur de 808 millimètres.

4°. Ici nous opérons sur la carotide et la crurale. | 1

SSION À LA CAROTIDE DE {4 MILLIM. DE DIAMÈTRE. PRESSION A LA CRURALE DE 9,9 MILLIM. DE DIAMÈTRE.

où est appliqué l’appareil est distant du cœur de 180 mill.) || (Le lieu où est appliqué l’appareil'est distant du cœur de 515 mill.)

om RQ MMM HAUTEURS HAUT EURS HAUTEURS | HAUTEURS

| colonne de mercure des mélanges correspondans * de la colonne de mercure des mélanges correspondans

EE EE TS nn A AT ES,

ns dans à dans dans à à

ation, l’expiration. l'inspiration. linspiration. | Vl’expiration. l'inspiration. | expiration.

Tin mill, mill.} mill. mill. mill. mill.| mill. mill. Eu dou mill. mil.

- 4a,5[ 66,5 + 66,5! 133 + 41,5 44 +. 44 64 + 64 NRC E EN D DSL CE

- : 40 66 + 66 SEE TS 44,5, + 44,5|" 161,5; 4, 62,51 833.4 :44,5 LEE EN

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- 246,5! 396,5 +. 396,5] 198 + 246,5 | :198 + 396,5 | 267,5 + 267,5] 375,5 + 375,5 198 + 267,5 | 198 + 375,5 RTS nn AS NÉ CN 2 a ER RS. "27

ane. 1286 mills ‘© ‘] Somme 1059 mill, Somme 1286 mill. ‘+ Somme 1039 mill. 1986 — 103,9 — 1182,1 k À 1286 — 103,9 1182,1 | ON MOYENNE 5 T6 — 12 — 98,50 mill. Pression moyenne Ta MONT — 98,50 mill,

Les pressions données par la carotideetla crurale sont donc lesmêmes.

5°. La même expérience fut répétée en présence de M. Cruveilhier qui

voulut bien lui-même vérifier, sur l’'hémodynamomètre de la carotide,

‘ leshauteurs qu'annonçait monamiledocteur Blandin, chargé de suivre les hauteurs que présentait l'autre instrument placé à la crurale. 6°. L'identité des pressions des: artères carotide et crurale fut de nouveau constatée. en présence de M. Magendie, qui voulut bien , à cet effet, mettre-à notre disposition son laboratoire. |

7". Examinons s’il en est de même de la carotide et de l'aorte. ï

PRESSION À LA CAROTIDE DE 4 MILLIM. DE DIAMÈTRE. PRESSION À L’AORTE DE Q MILLIM. DE DIAMETRE.

(Lieu de la carotide distant du cœur de 180! mill. ) (Lieu de l’acrte distant'du cœur de 370 mill.)

D © à PPS

..… HAUTEURS ; HAUTEUBS HAUTEURS HAUTEURS de la colonne de mercure des mélanges correspondans de la colonne de mercure des mélanges correspond: dans dans à à dans : dans . a l'inspiration. Fexpiration. Piaspiration. | l’éxpiration. Pinspiration. "|" l'expiration. Fexpirati nes | RP OT TELE mil], mill. mill, mill. mill. mill. mill. mill, mill, mill. $ mill, a 46 + 46 | 4 + 4 |135+ 46 [133 + 47 | 46 + 46 À 47 + #47 33 + b'42 + 42 kg + 49 À 35 + 42 53 + 49 42 + 42 49 + 49 33 + & 4o + 4o 52 + 52 35 + 4o 33 si 52 ri + 41 51 + 51 33 + d'ROUNS TS 48:+ 48 33:+ 45 33 + 48 45 + 45 48° + 48 35 + e 47 + 43 49 + ‘49 35 + 4 33 + 49 46 + 46 50 + 50 |: 38ù + 137 40 87 55 + 55 55 + 3; 35 + 55 | 38 + 38 54 + 54 PER g 47 AS HSE 48 SA 45 35 + 48 HP 48 + 48 34 h 46 + 46 ET + 47 35 + 46 33 + 4 45 + 45 | 48 + 48 337 + | (ER | | Rene | enenememnneneemmnenmennaneeemennes | cour 348 + 548 395 + 395 264: + 348 264 + :395 348 + 348 1395, + 395: 264, + 2 Somme ‘1486! mil. Somme ‘1271 mill. * Somme “486 imill. °° | "Somme 293) mil. 7 ; Pression meyehne Me enr = re — 84,87 mill. | Pression moyenne MSG og = es — 84,8; mi

8°. Cette même expérience fut faite sur un autre cher eton sbtint les mêmes résultats: NPA

d°. la carotide ét la rénälé, sur url autre anitrial , "#6 de pas

de il ah différentes. a i FE!

10°, Surun autre chien, nous avons pris l’axillaire et la-crurale

PRESSION A L’AXILLAIRE DE 4,5 MILLIM..DE DIAMÈTRE. ; PRESSION A LA CRURALE DE 4 MILLIM. DE DIANÈTRE.

lieu où est appliqué l’appareil est. distant du cœurde 125mill.) || (Le lieu où est appliqué l’appareil est distant du cœur de 518 mill.)

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