‹ Recherches sur la librairie de Charles V (volume 2)Chapitre 190 sur 211 · T. I, p. 85, 88 et · texte numérisé non relu

T. I, p. 85, 88 et

LIVRES DE JEAN DE FRANCE

fait une étude approfondie de l’illustration du ms. 18014 et a montré, par de très judicieux rapprochements, que la meilleure partie de l’illustration de ce beau volume doit être attribuée à Jacquemart de Hesdin*.

Je dois ajouter que le texte du ms. 18014 olfre la plus grande analogie avec l’état primitif des Heures dites de Turin complétées par les morceaux reconnus aujourd’hui en avoir fait partie, comme il sera expliqué dans la note suivante.

Je ne saurais parler des Grandes et des Petites Heures du duc de Berry sans indiquer les affinités qu’elles nous présentent avec le livre d’heures, n" 1855 de la Bibliothèque impériale de Vienne. Je connais seulement ce mannscrit par le jugement de Waagen, qui le plaçait à côté de nos Grandes Heures, et par la description, accompagnée de la reproduction de sept pages, publiée par M. le D’’ Rudolf Beer^, à l’occasion d’une exposition organisée en 1902 à la Bibliothèque impériale de Vienne. Les pièces principales de la décoration du calendrier (l’accord de l’Ancien et du Nouveau Testament figuré par les prophètes et les apôtres, la ruine de la Synagogue mise en regard du développement de l’Église, et la prédication de saint Paul) sont une fidèle réplique des mêmes sujets tels qu’ils sont traités dans les petites Heures du duc de Berry, de sorte que le manuscrit de Vienne doit entrer dans le groupe de manuscrits représenté en France par le Bréviaire de Belleville, par le très beau Bréviaire de Charles V, par les grandes et les petites Heures du duc de Berry 3, en Angleterre par les Heures de Jeanne de France, reine de Navarre, appartenant à M. Henry Yates Thompson'*.

Ce qui m’induit à rattacher le manuscrit de Vienne à la famille des manuscrits exécutés par les artistes du duc de Berry, c’est la place qu occupent sur les marges du fol. 67 les animaux favoris du prince, ce que M. Beer appelle spirituellement « la bouffonnerie des différents membres de la famille des ours » .

1. Les Miniatures d’André Beauneveu et de Jacquemart de Besdin, dans Monuments et mémoires de la Fondation Piot, 1896, t. III, p. 98 et suiv., et p. 111 et suiv.

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