Voici le signalement des deux manuscrits 246 et
1. Ms. 246. Premiers et derniers mots du long titre mis en tête ; Cl En ce livre ci est contenu premièrement le Genesy et le fait des Hebricx, et cornent il alèrent en Egypte. Après, du roy Ninus et de Semiramis sa famé. . . — ... Après, comment il (César) fist tant par son sens et par sa chevalerie qu’il fu empereur deRomme. Après, comment il monta en si grant orgueil que il vouloit que quanque il disoit fust tenu pour loi, et, en la fin, comment il fu tuez de greffes el capotole de Romme. » Titre final et souscription du copiste : « Cy termine Suetoines la vie et la geste César. — Hic liber fuit scriptus per Mathiam Rivalli, clericum Pictavensis ‘diocesis, a festo sancti Remigii quod fuit anno Domini M” CCC“ LXIIIP, usque ad Pascha
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inde sequens et infra, in civitate, in vico novo Beate Marie Parisius. »
Le frontispice est divisé en huit compartiments à bordures tricolores. — Au bas, un lion entre une sirène et un centaure.
Le deuxième feuillet commence par : Car contre ce.
Sur la dernière page, vestiges de la signature du duc de Berry.
Note indiquant que le volume a appartenu à Jacques d’Armagnac : « En ce livre à IP XVII feulles et LXX histoires. » — Certificat de Robertet attestant que le volume appartenait au duc Pierre II, duc de Bourbon.
IL Ms. 301. Titre du commencement : « Ci commence l’ystoire de Thêbes, et comment elle fut destruite environ V“ et LX ans ains que Rome fust commencée ne fondée. »
Titre final : «... Ici finissent les livres, hystoires du commencement du monde..., et du commencement de la cité de Rome, et des grans batailles que li Romain firent, jusques à la naissance de Nostre Seigneur Jhesu Crist, qu’ilz conquistrent tout le monde. »
Frontispice à quatre compartiments encadrés de bordures tricolores.
Premiers mots du second feuillet : Les paroles que...
233. Le manuscrit français 263 est un des plus beaux manuscrits du duc de Berry. En tête, Flamel a tracé ce titre : « C’est Titus Livius, lequel est à Jehan, fils de Roy de France, duc de Berry et d’Auvergne, conte de Poitou, d’Estampes et Bouloingne et d’Auvergne. J. FLAMEL. »
233-236 bis. Ces articles nous ont conservé le souvenir de cinq exemplaires du Tite Live en français qu’a possédés le duc de Berry. Il devait attacher beaucoup de prix à en avoir un exemplaire dont le texte fût correct, et c’est évidemment pour le travail d’un de ses copistes qu’il emprunta l’exemplaire original de la traduction de Pierre Bersuire, déposé à la librairie du Roi, comme nous l’apprend le Catalogue de Gilles Malet : « L’original de Titus Livius en françois. La première translation qui en fut faite, escript de mauvaise lettre, mal enluminée et point historiée. Presté à Mons. de Berry. » — Voir l’Inventaire des livres de Charles V, article 975.
234. Note sur le second volume de ce Tite Live, qui est au Musée Condé à Chantilly :
Volume in-folio, sur parchemin, qui dut être relié au xvm' siècle aux armes
DUC DE BERRY
de Condé et dont la peau des plats, au moment de la Révolution, pendant le séjour du manuscrit à la bibliothèque de l’Arsenal, fut remplacée par du papier, pour faire disparaître les armes de l’ancien possesseur.
Il contient la deuxième décade de Tite Live, en français. En tête du manuscrit : « Ci commaicent {sic) les chapitres de la seconde decade de Titus Livius ; commance le premier livre... » — Fol. 2 de cette table : de la destruction. Fol. 9. C’est le chapitre de la déclaration des moz qui n’ont point de propre françois... » — Fol. 10, deuxième feuillet du glossaire ; Appelloii citoien... — Fol. 13 : « Ci commance li premiers livre de la seconde decade de Titus Livius... » — Fol. 14, deuxième du texte, coté 16 ; « Força d’accorder... »
Dernier feuillet du manuscrit : « Ci fenist le X“ livre de la seconde decade de Titus Livius. » Et au-dessous, de la main du duc de Berry : « Ce livre est au duc de Berry : Jbhak. »
Le volume se termine par un feuillet sur lequel Jean Flamel a tracé l’inscription monumentale : « Ce livre de la seconde decade de Titus Livius est à Jehan, fils de roy de France, duc de Berry et d’Auvergne, conte de Poitou et d’Estampes, de Boulogne et d’Auvergne : J. Flamel. »
Les petites peintures qui devaient orner le commencement des livres n’ont pas été exécutées.
235. J’ignore le sort de ce Tite Live français, en trois volumes, pour l’achat duquel le duc emprunta 675 1. à Jean de La Cloche, trésorier de France :
Pour un livre de Titus Livius, en trois volumes, historié, couvert de veloux cramoisy vermeil, qu’il a retenu par devers luy pour le pris de 600 escuz, pour ce 675 livres tournois. » Compte de 1413, cité dans les Inventaires du duc de Berry, t. II, p. 338.
236 bis. Outre les exemplaires du Tite Live français que mentionnent les Inventaires du duc de Berry, le prince en a dû posséder un troisième, que j’ai admiré en 1896 à la bibliothèque de Genève, où il porte le n“ 77 dans la série des manuscrits français, et sur lequel j’ai pris ces notes :
Énorme volume in-folio, relié en maroquin rouge, avec de très fines dorures (genre Le Gascon), aux armes de Petau. Belle écriture à deux colonnes. Le frontispice est orné d’une grande peinture, divisée en quatre compartiments quadrangulaires, dans chacun desquels se voit un tableau encadré d’une bordure quadrilobée tricolore ; sur le premier de ces tableaux, présentation du livre au roi. Au bas de la page, entre la dernière ligue du texte et la bordure de rinceaux, de petites scènes ont été peintes avec délicatesse : à gauche, des paysans dansant au milieu des fleurs, à droite, un singe jouant de la cornemuse. La première page de la seconde décade et celle de la troisième sont ornées dans le même goût et suivant la même disposition; le premier compartiment de chacune de ces deux peintures renferme l’image d’un religieux au travail devant un
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pupitre. U y a aussi des tableaux plus petits en tête de chaque livre de l’ouvrage, soit pour le tout 3 peintures à quatre sujets et 26 peintures à sujet unique. Le volume se termine par ce titre ; « Cy fenist le IX" livre de la tierce decade de Titus Livius, » au-dessous duquel était une souscription à peu près entièrement disparue ; « Ce livre est au duc de Rerry : Jehan. »
Le Tite Live de Genève peut bien être celui qui fut l’objet d’un procès en 1416 et que Jean Flamel avait acheté pour son maître, en même temps qu’une Bible, au prix de 500 francs. Cette somme n’avait pas, semble-t-il, été payée au vendeur Jean GifFart, dont le neveu Andriet GifFart produisait, à l’appui de sa réclamation, une reconnaissance souscrite par Jean Flamel.
Celui-ci soutenait que la réclamation ne s’adressait pas à lui personnellement, mais aux exécuteurs testamentaires du duc de Berry. Les deux parties exposèrent leurs raisons au Parlement le 11 mai 1417. L’affaire fut alors renvoyée au Conseil, qui dut faire droit; mais j’ignore quelle en fut la solution.
Entre maistre Jehan Flamel, d’une part, et Andriet Giffart, d'autre part, pour cause de ii livres, Titnlivius et une Bible, que acheta feu Monseigneur de Berry francs, comme dit ledit Flamel, qui conclud que, par ce, Giffart lui rende sa cedule, et à ce soit condempné et contraint, et ait despens, saltem des defaulx qu’il a obtenus céans.
Giffart dit, au contraire, que la cause estait contestée en Chastellet entre les dictes parties au temps du renvoy céans, et n’y cheoit point de garand, car Flamel promist en son propre nom rendre les livres ou l’argent, et ne fait la cedule point de mencion du duc de Berry ; sy sera tout renvoié on dit Chastellet, où les parties estaient appoinctées en faiz contraires; quant au default n’en ara point de prouflt ; et conclut à ce et au renvoy. Flamel dit au contraire que Jehan Giffart, oncle de Andriet, bailla les livres au dit duc, et encores en poursuit les exécuteurs d’icelui duc pour la paye.
Appoinct[és] au Conseil, et verra la court cedules et actes, et fera droit.
(Registre des Matinées dn Parlement, an 11 mai 1417; Arch. nat. X. 4791.)
238. Sur ce manuscrit, qui paraît avoir renfermé la Chronique de Guillaume de Nangis, voir François Delaborde, Bibliothèque de V École des chartes, 1890, t. LI, p. 98.
241. Cet article est cité par M. Lacabane dans la Bibliothèque de l École des chartes, 1''® série, t. II, p. 71. J’ignore quelle en est la source et quelle confiance on doit lui accorder.
243. La mention du manuscrit de Froissart donné au duc de Berry par Guillaume Bois Ratier, en 1407, me fournit l’occasion d’ajouter
DUC DE BERRY
ici quelques mots sur les goûts de ce prélat pour les beaux livres. Quand il était au service du duc, il avait l’habitude de lui offrir des étrennes qui consistaient d’ordinaire en manuscrits plus ou moins somptueux. Le 1®’’ janvier 1403 (n. st.), ce fut un très beau Pontifical^; le l'” janvier 1404 (n. st.), l’ouvrage connu sous le nom de Sidrac^; le l®’’ janvier 1405, une mappemonde de la Terre sainte®. Le duc tenait encore de la générosité de Guillaume Bois Ratier un livre des Sentences, en « lettre lombarde », c’est-à-dire en caractères italiens ; la traduction française des Problèmes d’Aristote, offerte en septembre 1405 ® ; le volume des Chroniques de Froissart, en « lettre de court », donné le 8 novembre 1407. Je puis citer plusieurs des volumes qu’a possédés Guillaume Bois Ratier, notamment le Pontifical qu’il fit exécuter en 1408 après sa nomination à l’évêché de Mende, sur le frontispice duquel il fit peindre ses armes : d’azur à trois croix fourchées d’or et à la bordure engrêlée de gueules. Ce pontifical, qui était jadis à Paris chez les Jésuites du collège de Clermont, a depuis fait partie des collections du comte d’Ashburnham, n“ XLVII de l’Appendice®. Sur deux volumes de la bibliothèque de Tours, j’ai relevé les notes suivantes : « ... ab executoribus domini Guillelmi Bois Ratier habui hune librum pro certo precio; — secunda pars Moralium beati pape Gregorii, de libris Guillelmi Bois Ratier de Bicturis. » Cette dernière note se trouve dans le ms. 319, qui a été légué à Saint-Martin de Tours par Pierre des Vaux, de Bourges^.
253. Sur le tome II d’un exemplaire de la traduction française de la Chronique de Guillaume, évêque de Burgos, conservé à la bibliothèque de Besançon, voir un mémoire de Castan, dans la Bibliothèque de t École des chartes, 1883, vol. XLIV, p. 265.
256. Sur le ms. français 12201 (la Fleur des histoires de la terre d’Orient), l’un des trois exemplaires de cet ouvrage que le duc de
1. N» 88 du présent Inventaire. Guiffrey, t. II, p. 174, n" 143.
2. N" 149 de cet Inventaire. Guiffrey, t. I, p. 245, n" 938. C’est le ms. 11113 de la Bibliothèque royale de Belgique.