‹ Recherches sur la librairie de Charles V (volume 2)Chapitre 196 sur 211 · Édit, de G. Doutrepont, p. 99, n · texte numérisé non relu

Édit, de G. Doutrepont, p. 99, n

DUC DE BERRY. *307

Thompson, il a été soigneusement décrit en 1902 par M. Cockerell'. Nous lisons à la fin :

Ce livre est au duc de Berry : Jehan. — Cy flnist le second volume du livre du Mirouer historial, et contient ce volume unze livres, comme dit est à l’encommencement d’icellui, lequel est à Jehan, ülz de roy de France, duc de Berry et d'Auvergne, conte de Poitou, d’Estampes, de Bouloingne et d’Auvergne. J. Flamel.

Pendant que ces notes étaient à l’état d’épreuves, M. H. Yates Thompson, avec la clairvoyance dont il a donné tant de preuves, a reconnu dans une vente faite à Londres le tome premier du Miroir historial du duc de Berry ; il en a fait l’acquisition le 15 décembre 1906, pour pouvoir le placer à côté du second, précédemment recueilli à Ashburnham Place. Le second feuillet commence par les mots la voie, ce qui suffit pour établir l’identité avec l’exemplaire décrit dans l’Inventaire du duc de Berry. Le volume nouvellement acquis contient les treize premiers livres du Miroir; il consiste en 447 feuillets et est orné de 558 miniatures.

M. Thompson a donné à la Bibliothèque nationale (Département des manuscrits) la photographie de deux pages de son manuscrit du second volume (n" 79). Il lui a offert en même temps la photographie d’une cinquantaine de petites miniatures conservées au Musée britannique (n° 6416 du fonds additionnel) et qu’il croit avoir été découpées dans le t. Ill d’un Miroir historial du duc de Berry.

En mars 1900, M. P. Gauchery, de Vierzon, m’a montré des feuillets d’un bel exemplaire du Spéculum historiale qui ont servi à couvrir d’anciens registres de minutes d’un notaire de Meung-sur-Yèvre. C’était une très belle copie ayant bien l’apparence des livres copiés pour le duc Jean.

208. M. Guiffrey [Inventaires du duc de Berry, 1. 1, p. clxxix) est porté à croire que le ms. français 226 de la Bibliothèque nationale est un exemplaire original des Nobles hommes et dames de Boccace offert au duc de Berry par le traducteur. Il s’appuie sur la beauté de l’exécution et sur « la miniature placée en tête de la dédicace, qui montre l’auteur offrant son livre au duc de Berry, bien reconnaissable aux traits du visage et à la tenture fleurdelisée, engrêlée de gueules, qui recouvre le siège et le dais du prince ». Il reconnaît

1. A Descriplive catalogue of the second sériés of ftfty mss. in the collection 0/ H. Y. Thompson, 1902, p. 193-206.

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toutefois que dans le ms. 226 les premiers mots sont na en soi aucune félicité^ et non il ont plaisir .

210-210 ter. J’ai tenu à bien distinguer les trois Josèphe qu’a possédés le duc de Berry :

l» Un exemplaire du texte latin, de lettre bien ancienne, en deux volumes, ornés d’images de style italien (ouvrage de Lombardie), notamment une miniature de la Création en tête du premier volume et d’une miniature d’Hérode au commencement du second. Ces deux volumes, donnés par le duc Jean à la Sainte-Chapelle de Bourges, furent conservés dans cette église jusqu’au milieu du xvi® siècle. Ce sont eux qui sont désignés par les mots « Joseph! de Antiquitatibus volumina duo », qu’on lit dans l’inventaire de 1552. La trace en est perdue;

2“ L’exemplaire de la version française classé à la Bibliothèque nationale sous le n“ 6446 du fonds français, qui porte la souscription du duc Jean et qui, avant d’arriver chez nous, est passé par la librairie des ducs de Bourgogne ;

3” Un second exemplaire de la version française, qui est aussi revêtu de la souscription du duc de Berry et dont les deux volumes portent, dans la série des manuscrits français, le n" 247 de l’ancien fonds et le n" 21013 des Nouvelles acquisitions. L’illustration de ce magnifique exemplaire, inachevée au moment de la mort du duc Jean, a été complétée, du temps de Louis XI, sous les auspices de Jacques, duc de Nemours. Ce complément d’illustration est justement considéré comme’le chef-d’œuvre du peintre Jean Fouquet. Ce n’est pas ici que peuvent être indiqués les nombreux travaux dont cet admirable manuscrit a été l’objet; il suffit de rappeler la reproduction de quatre pages dans le grand ouvrage du comte de Bastard, les chromolithographies de Curmer, l’autotypie de deux grandes peintures que M. H. Y. Thompson a rapprochées pour montrer que la partie importante des deux tomes est due au même artiste, la reproduction phototypique de toutes les peintures des deux volumes qui a été exécutée sous la direction de M. Omont, et le grand ouvrage que M. le comte Paul Durrieu est à la veille de publier sous les auspices de l’Académie des inscriptions pour accompagner les héliogravures de Dujardin.

Le tome II a été donné en 1906 à la Bibliothèque nationale par S. M. le roi d’Angleterre et par le grand bibliophile anglais M. Henry Yates Thompson.

DUC DE BERRY

211. En 1375, le duc de Berry donna 10 livres tournois à un religieux, frère Jean de Saint-More, pour lui permettre d’acheter une Légende dorée. (Guiffrey, t. II, p. 337.)

211 bis. Une édition de cette Vie de Jésus-Christ, en caractères gothiques, a été publiée à Lyon par Buyer : « Cy commence une moult belle et moult notable devote matière, qui est moult proffitable à toute créature humayne. C’est la Vie de nostre benoit sauveur Jhesus Crist, ordonnée en brief langayge ou parolles... Et fut translatée à Paris, de latin en françois, à la requeste du très hault et puissant prince Jehan, duc de Berry, duc d’Auvergne, conte de Poytou et d’Etampes, l’an de grâce mil CCC LXXX. » Il y en a un exemplaire au Cabinet des livres du Musée Condé, n° 1010 du Catalogue des anciens livres, p. 212. — Une autre édition du même livret existe à la Bibliothèque nationale (Réserve, A 3301); sur le premier feuillet elle est intitulée : « L’Enfance de Nostre Seigneur », et il est assez probable que le même titre devait se trouver en tête de l’exemplaire conservé à Chantilly.

213 bis. Je connais par une édition gothique la Vie abrégée de Notre-Dame, que le duc de Berry fit traduire en 1380, en même temps que la Vie de Jésus-Christ ou l’Enfance de Notre-Seigneur, citée un peu plus haut (n” 211 bis). Il est dit, au commencement, que cette vie fut « translatée à Paris, de latin en françoys, à la requeste de très hault et puissant prince Jehan, duc de Berry..., l’an de grâce mil CCC LXXX. » La note que je trouve dans mes papiers n’indique pas dans quelle bibliothèque j’ai vu ce livret.

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