Bulletin de la Soe, de$ AnUq. de France, 1901, p
2. Htureê de Turin, Quarante-cinq feuiUett à peintures provenant det T)rè$ ifelles Heures de Jean de France, duc de Berry. J^production en phototffpie
296* LIYRSS DB JBAN DB FKANCB,
toonim et meM diguutar eitndiM, et me lerfnm taom ic «iiifitaia popnlun michi oommlttam legas et dirigu, at aie tnnieeniiis per bona tiansaitoria qaod perreniamus féliciter ad etena. Amen.
Miserioon Deos et miierator, oonsolator et defensor, in te, Domine, oonfido. Serro too anxilinm et consilinm Fianconim régi triboe, qnia bella michi ▼ideo, bella parantnr meie. Hostiam meonim animoe et enoies conatriB^e mortalinm, ne oontva me debdlaie Taleant, ted propter inobedieatiam soam et eornm neqnidam tibi, Chriate, dévote sapplioo, at per tnam graciam obtineie ▼aleam yictoriam yiriliter corn boooie len pacem. Amen.
J'ai vu trop rapidement ce manuscrit pour être à même d'en apprécier les exquises peintures ; mais je m'estime heureux de pouvoir consigner ici le jugement d'un connaisseur tel que Castan. Voici ce qu'il m'écrivait à la date du 6 décembre 1885 :
Dans ce manuicrit, il y a an moins quinte miniatures qui sont des cheliid'œavre de premier ordre. La plupart sont flamandes et appartiennent à réeole des Van Syck; plusieurs sont françaises, dans la manière de Jean Fooqnet. Parmi ces merveilleuaes psges, il 7 a du flamand et de l'italien. Le tout peut être attribué aux dix premières années du xv* siècle. Le calendrier parait être d'inspiration flamande : saint Bavon y figure parmi les plus grands sainta. J'y ai remarqué plusieurs portraits, entre autres, au fol. 76 v*, odni dn roi Jean, en prières, sous sa tente, devant un oratoire portatit Vers la fin, un autre personnage, [le duc de Berry,] dont la figure est très expressive, prie la sainte Vierge, agenouillé sur un tapis aux armes de Berry. est vêtu d'une draperie rouge damassée; il a les cbeveux absoloment blancs et rejetés en arrière. C'est un portrait d'après nature ; l'image du roi Jean, quoique beaucoup plus parftite, n'a pas le même accent de vérité.
Du manuscrit, connu sous le nom de Heures de Turin, il subsiste seulement cinq feuillets, qui, anciennement coupés dans le volumei ont servi à l'illustration des évangiles publiés en 1864 par Curmer *, et qui sont arrivés au Musée du Louvre, par suite d*un don de M. Jules Maciet. Les miniatures du Louvre ont été comprises dans la publication de M. le comte Durrieu sous les n?* XIV, XX Vm, XXXIV, XXXV> et XLIL
M. le comte Durrieu a distingué dans les Heures de Turin trois séries de peintures, la première du temps du duc de Berry, la
d'après les origHunuc de la Biblsoieca nasionale de Turin et du Musée du Louvre, Paris, 1902. Petit in-lol. de 28 p. et de 45 planches.
1. Pages 100, 345, 346, 353 et 354. La description s'en trouve dans l'appendice aux Évangiles : Description des ornements, p. 79, 211, 220 et 223.
2. La planche XXXV reproduit le tableau des « Saints docteurs de l'église i, dont Ambroise-Firmin Didot possédait la copie en couleurs exécutée pour Gurmer en vue de l'édition des Évangiles, et annoncée dans le Cataiogue de la iHbUothéque Didot, vente de 1884, p. 59, arUcIe 76.
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denzième du temps de Guillaume IV de Bavière, comte de Hainaut et de Hollande, la troisième pouvant se rattacher à Tœuvre des miniaturistes qui ont travaillé en Flandre et dans les régions voisines vers le troisième quart du xv* siècle.
Deuxième morceau.
Le deuxième morceau du même manuscrit, qui a formé un volume, anciennement relié en maroquin rouge, aux armes de Du Plessis-Châtillon (écu chargé de trois quintefeuilles), appartenait, il y a une soixantaine d'années, au comte Victor de Saint-Mauris. Le marquis Léon de Laborde^ avait cru qu'il était « allé se réfugier à Berlin ». Il était, je crois, resté en France chez le comte Auguste de Bastard, qui le désignait sous le titre de Les Belles Heures du duc de Berry. Il est aujourd'hui chez la veuve du baron Adolphe de Rothschild. J'ai pu le feuilleter en 1885. On y compte, sauf erreur, 240 pages et 25 grands tableaux. Il contient, dans l'ordre suivant :
1® Le calendrier;
2® L'office de Notre-Dame;
3* Les sept psaumes de la pénitence;
4® L'office des morts ;
5* Les oraisons de la Passion;
6^ Les heures du Saint-Esprit;
7^ Les heures de la Passion ;
8^ Une prière à la sainte Trinité, commençant par les mots : « Summe summi tu patris unice... d
9^ Une prière aux Anges.
Le calendrier renferme une dizaine de notes nécrologiques, qui suffisent pour établir que le livre vient bien du duc de Berry et qui peuvent servir à en fixer exactement la date. Il n'est donc pas inutile de les donner ici :
II ktl. februarii. Obitus domine Johanne de Armegniaoo, dochisse Biturie. — (1387.)
V idas aprilifl. Obitus Johannis, régis Frande, aimo LXim. — - (1364.)
V kal. maii. Obitus Phillppi, docis Borgundie. — (1404.)
II non. maii. Obitus Ludoyici, comitlii Stamparam, anno IIII*. — - (1400.) X kal. septembris. Obitns Phllippi de Valesio, rez {sic) Franconim, anno L« - (1350.) m idns septembris. Obitus domine Bone, dnchisse Normannia. ~- (1349.) XVI kal. octobris. Obitns Karoli qainti, anno llll*, régis Francomm. — (13S0.) XII kal. octobris. Obitns Ludorici, régis Cecilie. — (1384.)
1. Les Dues de Bourgogne, 1. 1, p. cxxi, note. -* Conf. Gniffrey, t. II, p. 319.
296* L1YRS8 DB IBAlf DB FRANCK,
n idas dMenbrit. Obttt Johaua, nglM PnMle, «lor NgU PUlippé éb Valflftio. — (1348.)
La mort la plus récente qui soit mentionnée dans ces notes est celle de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, arrivée le 27 ayril 1404. Ainsi, les Belles Heures du duc de Berry, dont toutes les parties sont parfaitement homogènes, et qui ont été par conséquent achevées du vivant du prince, appartiennent à la période comprise entre les années 1404 et 1416. Je n'y ai remarqué les armes du duc de Berry qu'à un seul endroit : elles sont peintes six fois sur un catafalque dans la miniature qui est en tète de l'office des morts.
Dans la quatrième des peintures qui ornent l'office du Saint- Esprit (à la p. 173), on doit, selon toute apparence, reconnaître une représentation du duc et de la duchesse en prières. Mais je n'ose pas affirmer qu'il faille considérer comme des portraits de la duchesse les figures d'une dame à genoux, qu'on voit sous le tahleau de l'Annonciation, en tête de l'Office de la Vierge, et sous le tableau de l'Homme de douleurs, en tète des oraisons de la Passion. Il serait possible que ces deux figures eussent été ajoutées après coup, en même temps que les armes peintes à côté (fasce de ... et de ..., à 6 merlettes de ...).
D'ordinaire, les grandes peintures occupent la meilleure partie d'une page, dont le reste est couvert par trois ou quatre lignes de texte. Un petit tableau remplit l'intérieur de l'initiale du texte. La marge inférieure de la page a été mise à profit pour peindre de petites scènes fort élégamment composées. C'est ainsi que les sacrements de l'église sont représentés au bas des feuillets sur lesquels commencent les différentes parties de l'office du Saint-Esprit.
Du manuscrit dont il vient d'être question vient peut-être un feuillet couvert d'une miniature dont une reproduction inachevée s'est trouvée parmi les planches laissées en préparation par M. le comte Auguste de Bastard. On y voit un seigneur, accompagné d'une suite nombreuse, qui se met en voyage ; une procession sort d'une porte fortifiée pour bénir les voyageurs ; au fond du tableau, deux hauteurs couronnées de châteaux. Cette miniature est à rapprocher de celle qui est au vol. 288 v^ des Petites heures du duc de Berry (ms. latin 18014 de la Bibliothèque nationale). Elle sert de frontispice à la prière qui est ordinairement intitulée : « Ad accipiendam viam suam in exitu domus, ville, vel castri, vel loci officium. »
Une page du manuscrit a été reproduite dans la lÀhrairie de Jean de France^ duc de Berry, Mon exemplaire de cet ouvrage contient le calque très bien exécuté de plusieurs des peintures du même livre.
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Troisième morceau.
L'existence de ce troisième morceau a été reconnue par M. Jean-J. Mâùrquet de Vasselot dans la bibliothèque de la famille Trivulce à Milan. M. le comte Paul Durrîeu nous fait espérer qu'il pourra Tétudier en même temps qu'il restituera l'ensemble du manuscrit si maltraité par le sort.
Je n'ai pas reconnu l'article qui concerne ce manuscrit dans Ténumération des livres d'heures manuscrits que M. Giulio Porro a signalés, sous le mot Officiumy p. 325-335 du Catalogo dei Codici manoeeritH délia Trivuhiana (Torino, 1884, in-8®).
108. J'ai essayé de démontrer que les Heures de Pucelle sont un charmant petit livre d'heures, de la collection, de la baronne Adolphe de Rothschild, et qui a pu appartenir à la mère du duc de Berry, Bonne de Luxembourg, duchesse de Normandie, morte peu de mois avant l'avènement de son mari au trône de France.
Jean Pucelle est le chef d'un atelier d'enlumineurs parisiens qui a fait 'connaître son nom par des notes insérées dans une Bible datée de 1327 et dans le Bréviaire de Belleville. — Voir ce que j'en ai dit dans ma Notice sur douze livres royaux^ p. 73-75. On trouvera des détails sur Jean Pucelle dans l'article XX-XXI des Notices sur les livres de Charles V qui sont parvenus jusqu'à nous.
110. Il est possible qu'à cet article de l'inventaire réponde le livre d'Heures conservé à l'Arsenal sous le n® 650. — Il se pourrait aussi que Jean Gauchier, cité dans cet article comme clerc des joyaux du duc de Berry, soit le même qu'un certain « Johannes Grancherii, alias d'Orléans, pictor », qui achetait des terrains à Bourges en 1410. — Voir une note de M. Jarry, dans le Bulletin n® 130 de la Société archéologique de t Orléanais, année 1886, p. 523.
110 bis. Je ne puis rien dire des Heures de Notre-Dame que le doc de Berry acheU en 1377 pour sa mère de lait (Guiffrey, II, p. 337), ni des Heures pour la copie desquelles il fit payer 20 livres tournois, la même année, à c maistre Jehan l'Escrivain, demonrant à Paris ». — Voir Ibid.
Je ne crois pas possible d'attribuer au duc de Berry un livre d'heures du xv* siècle, d'exécution assez médiocre, dans les enca^ drements duquel figurent plusieurs fois des banderoles portant la
devise LE TEMS YENRA; près de ces banderoles se voient , à plusieurs endroits, des animaux qu*à la rigueur on peut prendre pour des ours. Ce manuscrit» qui n*est probablement pas antérieur au milieu du xv* siècle, faisait partie de la bibliothèque du comte Neri de Campo Ligure, n® 213, de la vente faite à Milan en février 1897 par la librairie A. Genolini.
114. A la fin du ms. français 6271 on lit la note : « Ce livre est au duc de Berry. JEHAN. » — Les deux premiers livres de la Ckté de Dieu manquent dans le ms. 6271, de façon que nous ne pouvons pas apprécier la richesse du commencement signalée par Tlnventaire. M. le comte de Laborde se demande si le ms. 6271 ne répondrait pas plutôt à l'article 116 de Tlnventaire, ce qui n'est pas impossible, quoique ce ms. 6271 ne mérite guère d'être signalé comme « très richement historié au commencement et en plusieurs lieux ».
118. Le volume ainsi indiqué dans l'inventaire des livres du duc de Berry : « un livre de la Cité de Dieu, translaté en françois, finissant au X* livre inclus, où deffaillent les histoires et grandes lettres, » est conservé au Musée Condé. On y a gratté la signature et la note que le prince avait tracées sur le dernier feuillet. Les peintures et les grandes initiales, dont l'absence est indiquée dans l'inventaire, ont été exécutées dans la seconde moitié du xv* siècle, quand ce volume fut arrivé entre les mains d'Antoine de Chourses.
120 bis. Le Dialogue de saint Grégoire en français, qui a appartenu au duc de Berry, est à la bibliothèque royale de Belgique, n"* 1302 du catalogue du P. Van den Gheyn (t. Il, p. 264). On lit k la fin : c Ce livre est à Jehan, fils de roy de France, duc de Berry et d'Auvergne, conte de Poitou et d'Auvergne : JEHAN. — Le dit Monseigneur de Berry l'a donné à Monseigneur de Bourgogne. » — Voir mes Mélanges de paléographie, p. 230.
Ce manuscrit est ainsi mentionné dans un inventaire de l'année 1485:
« Ung moyen livre en parchemin, couvert de cuir noir, illuminé d'or et d'azur, intitulé : Le premier livre du Dialogue de saint Gré-> goire..., quemenchant ou second feuillet esperit dix huit^ et finissant nous mesmes aurons esté sacrifié à Dieu, Amen, et tout en la Un : Le dit Monseigneur de Berry l'a donné à Monseigneur de Bour^
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goingne. » (Barrois, Bibliothèque protypographique y p. 229^ n"* 1619«)
127. Le dictionnaire indiqué dans le n* 127 est un exemplaire du Répertoire moral de Pierre Bersuîre, qui est conservé à la Bibliothèque nationale sous les n** 8861-8863 du fonds latin. On y voit encore les armes d'Itier de Martreuil, évéque de Poitiers et chancelier du duc de Berry : sable fretté d'or.
129. L'opuscule de Christine de Pisan annoncé dans Tarticle 129 du présent Inventaire est intitulé : c Les Sept psaumes en françois allégorisés, » dans un manuscrit qui formait le n* 203 du fonds Barrois chez lord Ashbumham. Un exemplaire contemporain de la rédaction a été acquis vers 1895 par la Bibliothèque nationale^ où il a été classé sous le n^' 4792 dans le fonds français des Nouvelles acquisitions. Ce livret est rempli d'allusions à des événements du temps de'Charles VI; je Tai fait connaître dans les Notice» et extraits des manuscrits, t. XXXV, part. II, p. 551-560.
1S5. Nous savons, par le rôle de la dépense de Louis, duc d'Orléans, du mois d'avril 1398, que ce prince avait donné au duc de Berry le Livre de l'Empereur celestiel et le livre des Remèdes de chacune fortune et qu'il les avait fait couvrir avec luxe et orner de fermoirs d'or, qui avaient été payés 33 livres 5 sous tournois à l'orfèvre Hance Krest. — Voir ChampoUion, Les Ducs d'Orléans^ I, p. 126, et L. de Laborde, Us Ducs de Bourgogne, III, p. 157 et 188, n^"" 5823, 5826 et 5827.
138. Ce beau Décret en lettre boulonnaise parait bien avoir été l'exemplaire que les Bénédictins * avaient remarqué en 1727 dans la bibliothèque du chapitre d'Albi, et qui, suivant le comte de Bastard', devait avoir appartenu au duc de Berry et au cardinal d'Am-
boise
140. Le livre de Foi et de lois existait encore au xvi* siècle dans la Bibliothèque de la Sainte-Ghâpelle de Bourges. Il est indiqué par les mots : « De fide et legibus » dans l'inventaire du 17 novembre