Kunstwerke und Kunstler in Paris, p. 338 et
cette opinion, et dans un ouvrage plus récent' il a essayé de démontrer que les Belles grandes Heures du duc de Berry étaient, non pas le ms. latin 919, mais le livre d'heures possédé parle duc d'Aumale, dont il sera bientôt question.
Voyons donc quelles conditions doit remplir un manuscrit pour répondre à la description que les inventaires du xv® siècle nous ont laissée des Belles grandes Heures. L'expression très grand employée dans l'inventaire de l'année 1413 suffirait pour exclure un volume de la taille du manuscrit de Chantilly; mais elle est d'une merveilleuse justesse, si on l'applique au ms. 919, dont les dimensions sont tout à fait extraordinaires pour un livre d'heures : 397 millimètres sur 295. — Le même inventaire de 1413 nous apprend que les Très grandes Heures renfermaient les heures de Notre-Dame, les sept psaumes, les heures de la Croix et du Saint-Esprit, un second texte des heures de la Passion et du Saint-Esprit, et enfin l'office des morts. Il serait impossible de mieux définir le contenu du ms. 919, dans lequel nous trouvons, à la suite du calendrier (fol. 1-6) :
1° Les heures de Notre-Dame (fol. 8-42 v°) ;
2° Les sept psaumes de la pénitence et les litanies des saints (fol. 45-52);
3° Les petites heures de la Crojx (fol. 53-55 \°) et les petites heures du Saint-Esprit (fol. 56-58) ;
4° Les grandes heures de la Passion (fol. 61-85 v°), et les grandes heures du Saint-Esprit (fol. 86-101) ;
5° L'office des morts (fol. 106-123 V).
Un dernier détail lève tous les doutes qui pourraient encore rester dans notre esprit : le mot flamine, suivant l'inventaire de l'année 1413, se lisait au commencement du second feuillet de l'office de Notre-Dame dans les Très grandes Heures du duc de Berry. Or, le ms. 919 nous offre, au haut du deuxième feuillet des heures de Notre-Dame (fol. 9 du ms.), les mots flamine sacro qui tecum...
Pour compléter ces renseignements et pour déterminer le nombre des tableaux que renfermaient les Belles grandes Heures, je dois ajouter ici quelques détails relatifs aux travaux dont le ms. 919 fut l'objet sous le règne de Charles VHL Elles sont empruntées à un compte de l'argenterie du roi, de l'année 1488 ^ :
A Jehan Estienne, cousturier suivant la court dudit seigneur, la somme de quatorze livres huit solz neuf deniers tournois, qui deue lui estoit pour son paiement d'une aulne de veloux cramoisi double, achapté de lui le deuxiesme
1. Galleries and Cabinets of art of Great-Britain, p. 249, note.