Aich. nat., KK. 254, fol. 106 v
Outre ma notice, insérée en 1887 dans la Bibliothèque de V École des chartes (t. XLVIII, p, 526-534), on peut consulter une autre notice qui a paru dans la Revue du Bas-Poitou et qui a été tirée à part : Le Pontificat d'Etienne Loypeau (Vannes, 1895, in-8°).
95. A la suite de l'article 95, j'aurais pu enregistrer, comme livre venu de la chapelle du duc de Berry, un manuscrit portant les armes et la devise du duc de Berry, qui m'a été communiqué le 11 novembre 1892, mais qui m'a semblé devoir être écarté comme ayant subi de grossières falsifications tendant à le faire passer pour un livre du duc de Berry. Voici la note que j'avais prise quand le manuscrit passa sous mes yeux :
Volume petit in-folio, contenant les offices des grandes fêtes (messe et heures), qui a peut-être été fait pour Jean Cœur, archevêque de Bourges. L'office de saint Guillaume y tient une place très notable. Les armes de la famille Cœur, qu'on avait peintes sur beaucoup de feuillets, ont été frauduleusement recouverts des armes de Jean duc de Berry, avec la devise Le temps viendra. [Je me demande aujourd'hui si ce ne sont pas les armes des Cœur qu'on a essayé de superposer et d'ajouter à celles du duc de Berry.]
Le manuscrit paraît dater du règne de Louis XL
97. Feu M. de Champeaux m'a jadis remis une note sur un volume qui, disait-il, paraissait bien répondre à l'article 97. Il était alors conservé dans une bibliothèque de Belgique, peut-être à Anvers, et M. J. Destrée, conservateur du Musée royal d'antiquités de Bruxelles, se proposait d'en faire l'objet d'une étude.
98. Cet article se rapporte au ms. 719 (jadis 110) de la Bibliothèque royale de Belgique, que le duc de Berry donna au duc de Bourgogne et qui, après la mort de Jean sans peur, fut remis à la veuve de ce prince, Marguerite de Bavière, comme il est dit dans une note marginale de l'inventaire de 1420 (éd. de G. Doutrepont, p. 5, n" 6). — Voir la notice du P. Van den Ghen, dans le Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque royale de Belgique (t. I, p. 445 et 446), et la notice insérée dans mes Mélanges de paléographie, p. 295-302.
Les peintures de ce manuscrit ont été publiées à Harlem-Anvers, en 1905, dans le premier fascicule du Musée des enlumineurs. Les principales peintures sont de Jacquemart de Hesdin, comme l'a démontré M. Robert de Lasteyrie, dans le mémoire intitulé Les
Miniatures d'André Beauneveu et de Jacquemart de Hesdin [Monu" ments et mémoires de la Fondation Piot. 1896, t. III, p. 84 et suiv.). Plusieurs des peintures secondaires viennent d'être attribuées par le comte Paul Durrieu [Revue de VArt ancien et moderne, 1906, t. XIX, p. 404) au maître des Heures de Boucicaut, sans doute Jacques Coene.
Le chanoine Dehaisnes attribue à André Beauneveu les deux premières miniatures, et à Jacquemart de Hesdin 18 autres peintures; il a fait reproduire l'image de la Vierge et le portrait du duc de Berry.
Sans vouloir compléter la bibliographie de ce beau manuscrit, on peut citer un travail de Marchai dans les Bulletins de t Académie royale de Bruxelles, 1844, t. XI, part, i, p. 407-424; une notice insérée dans mes Mélanges de paléographie et de bibliographie, 1880, p. 295-303; les Recherches de W,3iUters sur T histoire de T école fla/nande de peinture, fascicule I, p. 57 (extrait des Bulletins de l'Académie royale de Belgique, 3® série, t. V, n° 2, 1883) et un long passage du livre de l'abbé Dehaisnes [Histoire de l'art dans la Flandre ai'ant le XV^ siècle, p. 252-254).
Le grand tableau de la Vierge, gravé par Ch. de Brou, se trouve dans l'ancien Catalogue des manuscrits de la bibliothèque royale des ducs de Bourgogne (Bruxelles, 1842), t. I, en regard de la p. lxxxix. — On trouvera dans Le Manuscrit d'Alphonse Labitte ' la reproduction du tableau du duc de Berry agenouillé aux pieds de saint André.
99^. Le plus somptueux des volumes mentionnés sur les inventaires du duc de Berry est le livre d'heures qui fut estimé 4,000 liv. tournois lors de l'ouverture de la succession, et qui est appelé tantôt Les belles grandes Heures de Monseigneur, tantôt Unes très grans moult belles et riches Heures. On comprend qu'il importe de déterminer à quel manuscrit doivent s'appliquer d'aussi pompeuses qualifications.
Le docteur Waagen ^, dans un ouvrage publié en 1839, avait, sur la foi de M. le comte de Bastard, admis qu'il s'agissait là du ms. latin 919 de la Bibliothèque nationale; mais depuis il est revenu sur
2. Je crois pouvoir donner place ici à une édition, considérablement augmentée, de la notice que j'avais consacrée en 1884 aux Belles grandes heures du duc de Berry dans la Gazette des beaux-arts.