e série, t. III, p
tribution du livre à la reine Ingeburge et démontrée la fausseté des notes généalogiques.
Les deux peintures du fol. 34 ont été reproduites en héliogravure dans le tome I du Catalogue des manuscrits du Musée Condé. — Trois autres pages ont été héliogravées par M. Dujardin et forment les trois premières planches de ma Notice de douze livres royaux.
Psautier de l’abbaye de Peterborough.
Bibliothèque royale de Belgique, n° 593. — Magnifique psautier, orné de nombreuses miniatures, tout écrit en lettres d’or, d’azur et de vermillon, à l’usage de l’abbaye de Peterborough, dont la dédicace est marquée dans le calendrier au 28 septembre. — Indiqué dans les anciens inventaires : A. 879, B. 882, D. 560, E. 592. Porté dans E. 950 comme enlevé de la librairie vers l’année 1414. — L’article de l’inventaire de 1411 est ainsi conçu :
Item un psaultier très bel, tout escript de lettre d’or et d’asur et de vermeillon, et sont les aiz brodez des armes de Bourgongne, et y est le sacre des roys d’Angleterre, à une chemise blanche de toille, à deux fermoirs d’argent de grosse lettre de forme, en latin, commençans ou ne foillet du psaultier dit nobis bona, et ou derrenier Dominus vobiscum.
Le dernier feuillet a disparu par suite de l’enlèvement de la fin du volume, qui contenait le sacre des rois d’Angleterre.
Voir la description de ce manuscrit dans mes Mélanges de paléographie et de bibliographie, p. 197-205, et dans le Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque royale de Belgique, par J. Van den Gheyn, t. I, p. 375.
Ce dernier auteur a consacré au Psautier de Peterborough une notice plus développée, qui accompagne la reproduc-
tion de ce manuscrit dans le Musée des Enluminures1 . Il s’est principalement attaché à y faire connaître une suite de miniatures allégoriques sur les rapports entre l’Ancien et le Nouveau Testament.
A ces miniatures sont ajoutés des vers latins expliquant les allégories bibliques dont se sont tant préoccupés les théologiens, les poètes palinodiques et les artistes des derniers siècles du moyen âge. Le R. P. Van den Gheyn a mis à contribution les recherches deM. Montague Rhode James, publiées dans les Cambridge Antiquarian Society’s communications 2.
De ces recherches, il résulte que les tableaux du manuscrit et les légendes en vers qui en expliquent le sujet avaient été, pour la plupart, copiés d’après les fresques du chœur de l’église abbatiale de Peterborough, et qu’une suite de tableaux et d’inscriptions analogues existe ou a existé sur les vitraux de la cathédrale de Cantorbéry.
Le Psautier de Peterborough rentre donc dans la catégorie des livres d’images consacrés aux harmonies de l’Ancien et du Nouveau Testament. Ce n’était pas le seul manuscrit qui représentât ce genre d’ouvrages dans la bibliothèque de Charles Y, où se trouvait, entre autres3, suivant le catalogue de Gilles Malet : « La Rible historiée, « toute en ymages, qui fu de la royne Jehanne d’Evreux, « historiée toute à ymages et toute figurée, » manuscrit qui parait avoir disparu, et dont un double pourrait bien être le volume qui porte à la bibliothèque nationale le n° 9561 du fonds français4. Mais on y chercherait vainement la mention de la grande Rible moralisée, la plus
1 . Fascicule intitulé : Le Psautier de Peterborough , par J. van den Gheyn, conservateur à la bibliothèque royale de Belgique. H. Kleinmann et C", Haarlem, imprimeurs-éditeurs, in-fol., 16 p. et 33 pl.