‹ Recherches sur la librairie de Charles VChapitre 114 sur 219 · Voir Sist. lût. de la France, t. XXXI, p · texte numérisé non relu

Voir Sist. lût. de la France, t. XXXI, p

importante œuvre de peinture à l’aide de laquelle on ait essayé, au moyen âge, d’initier les fidèles au sens allégorique des Écritures. Sous ce titre de Bible moralisée, on désigne un énorme recueil de petits tableaux à côté desquels se sont juxtaposés des versets et des gloses explicatives.

L’ouvrage a dû être composé du temps et sous les auspices de saint Louis, comme l’indique un grand tableau final dans les débris d’un exemplaire contemporain, récemment passé en Amérique, dans la bibliothèque de M. Pierpont Morgan. Nous en conservons en Europe un exemplaire complet et contemporain, malheureusement dépourvu du tableau final et coupé en trois morceaux, le premier à Oxford1, le second à Paris2 et le dernier à Londres3. Outre cet exemplaire, qui est un des plus splendides manuscrits du moyen âge parvenus jusqu’à nous, il en existe un autre au Musée britannique, qui peut dater du commencement du xive siècle et dont les peintures sont en grisailles4.

La Bible moralisée fut traduite en français à la fin du xiv6 siècle, et, sous cette forme, la Bibliothèque nationale en possède deux exemplaires, de grand luxe, les nos 1 67 et 166 du fonds français. Le n° 167 a été fait pour le duc de Bourgogne ; l’origine première de l’autre est assez incertaine; nous savons seulement que les artistes du duc de Berry ont pu travailler à l’illustration des feuillets du commencement 5 .

1. N° 270 b du fonds bodléien (2937 du Catalogue de Bernard).

2. Ms. latin 11560. Une page a été reproduite en héliogravure dans l’Album paléographique de la Société de l’École des chartes, pl. XXX Vil.

3. Musée britannique, Harley, n- 1526 et 1527. Une page a été reproduite en

couleurs dans l’ouvrage de Warner, Illuminated mss. in the Bntish Muséum, 3e série, n° 8. Voir aussi l’ouvrage du même auteur, Reproductions frorn illuminated mss., 1'* série, n“ 22. .

4. Musée britannique, ms. addit. 18719. Deux pages sont en fac-similé dans le grand ouvrage du comte de Bastard, qui indique le manuscrit comme appartenant au Dr Démons.

5. Le fac-similé de trois pages du ms. 167 a été publié dans Le Manuscrit de Labitte, t. II, p. 90, 101 et 114; et celui du ms. 166, p. 117, 130 et 148.

Petit psautier de saint Louis.

Bibliothèque nationale, ms. latin 10525.

Ravissant manuscrit, qui a été exécuté peu de temps après que le roi fut revenu de sa première croisade. Je renvoie à ce que j’en ai dit dans la Notice sur douze livres royaux , p. 37-42. Il répond à cet article de l’inventaire du mobilier de Charles V dressé en 1 380 1 :

Item ung autre psaultier mendre, qui fut monseigneur saint Loys, très bien escript et noblement enluminé, et a grant quantité d’ystoires au commancemen du dit livre, et se commance ou second fueillet vas figuli. Ouquel a deux petitz fermouers d’or plaz, l’un esmaillé de France, et l’autre d’Evreux; à une pippe où il a ung très gros ballay et quatre très grosses perles.

L’origine du volume est d’ailleurs attestée par une note écrite sur le feuillet de garde. '

Cest psaultier fu saint Loys, et le donna la royne Jehanne d'Evreux au roy Charles, filz du roy Jehan, l’an de Nostre-Seigneur mil troys cens soissante et nuef; et le roy Charles présent2, filz dudit roy Charles, le donna à Madame Marie de France, sa fille, religieuse à Poyssi, le jour de la Saint-Michel l’an mil IIII0...3.

Sur ce volume, on peut consulter la Notice du Musée des souverains, par Barbey de Jouy (p. 42); une notice de M. Haseloff, insérée en 1900 dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de France (t. IX de la 6e série), et ma Notice sur douze livres royaux, p. 37-42.

Les 78 tableaux qui ornent ce Psautier ont été reproduits en phototypie par les soins de M. Omont4. Difïe-

Page 1