Années 1874-1875, p
n° 11935 du fonds latin de la Bibliothèque nationale, en caractères si ténus qu’au premier abord on pourrait les prendre pour de simples fioritures de calligraphie :
Jehan Pucelle, Anciot de Cens, Jaquet Maci : il hont enlumé ce || livre ci. Ceste lingne de vermeillon que vous veés fu escrite en l’an de grâce M. [| CCC et XXVII, en un jueudi, derrenier jour d’avril, veille de mai, v° die 1 .
Jean Pucelle devait être le chef de l’atelier où furent exécutées la Bible de 1327 et les Heures de Belleville. C’est le nom de cet artiste, qui, selon toute apparence, a servi à dénommer un admirable petit livre d’heures qui est ainsi désigné dans un des inventaires du duc de Berry 2 :
« Unes petites heures de Nostre Dame nommées les Heures « de Pucelle... »
M. Marcel Poète a très heureusement reconnu que Jean Pucelle figurait, à une date comprise entre 1319 et 1324, dans un compte de la confrérie de Saint- Jacques-aux-Pèlerins de Paris, comme auteur du sceau de cette confrérie.
J’ai décrit le Bréviaire de Belleville avec un peu plus de développements dans ma Notice sur douze livres royaux , p. 81-88. On y trouvera, planches XV-XVII, la reproduction en phototypie de trois pages du manuscrit. Une quatrième page a été reproduite dans le premier des fascicules offerts en 1899 au Roxburghe Club par M. Henry Yates Thompson sous le titre de : The book of Hours of Joan II, queen of Navarre, p. 6.
Bréviaire franciscain de Jeanne d’Évreux.
1. La page qui contient cette note est reproduite en phototypie dans ma Notice de douze livres royaux, pl. XIV.
2. Éd. de M. Cuiffrey, t. 1, p. 223, art. 850. — Je crois que cet article d’mventaire s’applique à un petit livre d’heures possédé , par M- la baronne Adolphe de Rothschild. Voir ma Notice de douze livres royaux, p. 67-75.
Musée Condé à Chantilly.
Petit volume qui fut copié et enluminé avec grand soin pour la reine Jeanne d’Évreux, femme du roi Charles le Bel, morte en 1371.
Il ne subsiste plus que le second volume de ce bréviaire, qui, après la mort de la reine, devint la propriété de Charles V, et qui est ainsi décrit dans l’Inventaire du mobilier royal en 1 380 1 :
Item un autre plus petit Bréviaire, en deux volumes et deux estuiz brodez, enluminez d’or et ystoriez de blanc et de noir, très bien escrips. Et se commence le second fueillet du premier volume qui habitat, et du second sum rex. Et sont les fueillez ystoriez. Et sont couvers de perles lozangées, de perles blanches et yndes. Et sont les fermouers du premier volume d’or à deux ymages, et du second d’or armoyez de France, l’un et l’autre d’Evreux. Et a ou premier volume une pippe d’or, où a ung saphir et ung ballay aux deux boutz, et une perle ou mylieu. Et sont en deux estuyz de broderie.
Ce second volume consiste en 462 feuillets de parchemin très mince. Il contient le calendrier (fol. 1), le psautier (fol. 7), le propre du temps à partir de Pâques (fol. 100), le propre des saints à partir de l’Annonciation (fol. 215) et le commun (fol. 429).
L’écriture est d’une parfaite régularité; le copiste a judicieusement employé deux types de grosseur différente : le plus gros pour les psaumes, les hymnes, les oraisons, les capitules et les leçons ; le plus petit pour les versets, les répons, les antiennes et les diverses indications liturgiques.
Dans la plupart des initiales de paragraphes on trouve, alternativement répétées, les armes de France, à fleurs de lis sans nombre, celles de Navarre et celles d’Évreux ; il y a environ 1 ,330 lettres ainsi décorées. De plus grandes ini-