‹ Recherches sur la librairie de Charles VChapitre 118 sur 219 · Éd. Labarte, p. 338, art · texte numérisé non relu

Éd. Labarte, p. 338, art

3. Le nom de Belleville désignait bien le personnage qui est généralement connu sous le nom d’Olivier de Clisson. Gaignières nous a conservé une charte de l’abbaye de Frontevrault qui mentionne en 1341 « Olivier, seigneur de Cli- « çon et de Belleville, chevalier, et Johanne, dame de Belleville, sa femme ». Ms. latin 5480, t. I, p. 37.

apprennent comment ce Bréviaire, donné par Charles YI à son gendre, Richard II, roi d’Angleterre, fut renvoyé par Henri IV, successeur de Richard II, à Jean, duc de Berry, lequel le donna à sa nièce, Marie de France, religieuse au couvent de Poissi.

Les 446 feuillets du tome I contiennent les morceaux suivants :

1° L’explication de plusieurs des peintures qui décorent le Bréviaire;

2° Le Calendrier, dont il ne subsiste plus que les mois de novembre et de décembre;

3° Le Psautier, incomplet de deux feuillets;

4° Des avertissements sur la composition du Bréviaire, sur la récitation des offices et la célébration des fêtes;

5° Le Propre des saints, depuis la Saint-André jusqu’à la Saint-Barnabé ; il manque au moins un feuillet;

6° Le Commun;

7° La partie d’hiver du Propre du temps.

Dans le tome II, composé de 430 feuillets, nous avons :

1° Les deux premiers mois du Calendrier;

2° Le Psautier, dont cinq feuillets ont été arrachés;

3° Le Propre du temps, à partir de la Trinité, au commencement duquel manque le début de l’office de la Trinité ;

4° Le Propre des saints, à partir de la Translation de saint Dominique, avec une lacune portant sur l’office de saint Pierre et de saint Paul;

5° Le Commun.

Les cinq premières pages du premier volume sont occupées par « l’Exposition des ymages des figures qui sunt u « Kalendier et u Sautier, et est proprement l’acordance du « Vieil Testament et du Nouvel ». On verra plus loin (notice XXXI), dans la notice sur les Heures d’Yolande de Flandre, en quoi consistent les figures de l’Accordance de

l’Ancien et du Nouveau Testament. Le texte de l’Explication a été publié par M. Marcel de Fréville dans les Nouvelles Archives de l’Art français i, et, d’après l’édition de M. de Fréville, dans le second volume du Catalogue des manuscrits de M. Henry Yates Thompson2.

Ce qui donne au Bréviaire de Belleville une valeur exceptionnelle, c’est le luxe de bon goût avec lequel il a été exécuté. Après les mutilations qu’il a subies, et sans parler des pages du calendrier, on y compte encore soixanteseize petites peintures, mesurant environ 50 centimètres de largeur sur 40 de hauteur. Outre ces tableaux, qui sont compris dans la justification même des colonnes, on trouve sur la marge inférieure des pages trente tableaux, dont le développement n’atteint pas moins de 1 1 0 millimètres en largeur. C’est à ces tableaux que fait allusion le rédacteur de l’inventaire de Charles Y dans cette phrase : « Et en sont « les fueillez par dehors (c’est-à-dire en dehors du cadre « réservé au texte) ystoriez à ymages. »

Les noms de trois artistes qui ont travaillé à la décoration du Bréviaire de Belleville nous ont été révélés par les restes de notes inscrites au bas de plusieurs pages pour établir le salaire qui revenait à chacun des coopérateurs. De ces notes que le couteau du relieur devait faire disparaître quand le volume était achevé, il subsiste encore des vestiges qui permettent de lire ces noms dans le premier volume, tout près du bord inférieur de différents feuillets :

Fol. 33. Mahiet. — J. Pucelle a baillé xx et m s. vi d.

Fol. 62. Ancelot, pro i p[ecia].

Fol. 268 et 300. J. Chevrier, pro i p[ecia].

Mahiet, J. Pucelle et Ancelet sont évidemment les trois enlumineurs dont les noms ont été tracés à la fin de la Bible

Page 1