‹ Recherches sur la librairie de Charles VChapitre 158 sur 219 · Voir la seconde partie, p. 155* et 156*, n · texte numérisé non relu

Voir la seconde partie, p. 155* et 156*, n

crit du Séminaire de Soissons. Il a été fait dans la première moitié du xive siècle, il faut l’attribuer à cette école de calligraphes et d’enlumineurs dont s’enorgueillissait alors la ville de Paris, et à laquelle nous devons la Vie de saint Denis, le Bréviaire de Belleville, le Pentateuque de 1356 et tant d’autres chefs-d’œuvre. Le roi Jean le perdit avec tous ses bagages dans la déroute de Poitiers, Charles V le racheta des Anglais et le plaça dans sa librairie de la tour du Louvre. Jean, duc de Berry, le plus grand amateur de beaux livres du moyen âge, se le fit donner par son neveu Charles VI. A la mort du duc de Berry, ce volume dut être vendu pour éteindre une partie des dettes qui grevaient la succession du prince. Il fut offert le 2 octobre 1 635 à Henriette de Lorraine, qui mourut en 1 669 abbesse de Notre-Dame de Soissons. On ignore comment il sortit de l’abbaye de Notre-Dame, au commencement de la Dévolution, pour entrer un peu plus tard dans la bibliothèque du Séminaire de Soissons.

La communication que M. le supérieur du Séminaire de Soissons a bien voulu faire de ce manuscrit à la Bibliothèque nationale, en 1904, pour l’Exposition des Primitifs français, m’a fourni l’occasion de l’examiner à loisir, et je n’hésite pas à en insérer ici une description un peu détaillée :

Volume écrit sur du vélin très fin. 244 feuillets, y compris le feuillet blanc de la fin, plus deux feuillets préliminaires. — Dimensions des feuillets, 335 millimètres sur 223.

Ecriture disposée sur deux colonnes, d’une très grande élégance et d’une parfaite régularité, dont les caractères, comme le style des peintures, conviennent tout à fait au temps de Philippe de Valois. Une page en a été reproduite dans la collection de fac-similés destinés à l’enseignement de l’Ecole des chartes.

On n’a point encore exactement ni complètement fait connaître le contenu de ce beau manuscrit, ni signalé les parties qu’a laissées de côté l’abbé Poquet, et, comme il n’est point conservé dans un dépôt public, j’ai cru devoir en donner ici un dépouillement dans lequel j’ai fait entrer la rubrique et les premiers mots de chaque

morceau. En tète des articles j’ai ajouté, en chiffres romains, les numéros correspondants de la Table initiale* qui n’ont pas été reproduits dans le corps du volume. Cette table a dû être copiée d’après un exemplaire où, à la suite des Miracles de Notre-Dame, se trouvaient des « Vies de saintes » qui n’ont point été insérées dans le manuscrit de Soissons. Voici en quels termes la Table annonce ces Vies de saintes :

« Ci commencent les Vies de saintes.

« La vie et la passion sainte Katherine. LXVI.

La vie et la passion sainte Agnès. LXVII.

La vie sainte Cretine virge et martire. LXVIII.

La vie et la passion sainte Agace. LXIX.

La vie et la passion sainte Luce. LXX.

La vie a (sic) la sainte Magdalene. LXXI.

La vie de l’Egyptiane. LXXII.

La vie et la passion sainte Cecile. LXXIII.

La vie et la passion sainte Anastaise. LXXIIII.

La vie sainte Genevieve. LXXV.

La vie et la passion sainte Tecle. LXXVI.

La vie et la passion sainte Honorine. LXXVII.

La vie et la passion sainte Marguerite. LXXVIII.

La vie sainte Justine. LXXIX.

La conversion saint Cyprien et la penitance. LXXX.

La passion saint Cyprien et sainte Justine. LXXXI. »

Suit un dépouillement dans lequel on trouvera, à la fin des articles, les renvois à l’édition de l'abbé Poquet :

Deux feuillets préliminaires non cotés. Sur le premier, au recto, inscription rappelant l’hommage du livre à Madame de Lorraine, abbesse de Notre-Dame de Soissons, en 1645; au verso, grand frontispice, qui sera décrit plus loin, p. 303.

Sur le recto du second feuillet préliminaire, mauvais vers français sur le « saint soulier de la Vierge » .

I. Fol. 1. Ci commencent les Miracles de Nostre-Dame. (Rubrique de la Table qui semble s’appliquer à la Table même, au prologue et aux cantiques copiés sur les fol. 1-7.

... Fol. 2. [Prologue.] (Poquet, 3.)

A la loenge et à la gloire En ramembrance et en mémoire

1 . Le texte de cette table a été imprimé dans le livre de l'abbé Poquet, p. xxxn.

De la royne et de la dame

Cui je commant mon cors et m’ame.

... Fol. 4.JDerniers vers du prologue :]

La langue Gautier de Coinsi,

Qui pour s’amour commence ainsi.

Fol. 4. [Annonce des cantiques insérés dans l’ouvrage :]

Ainz qu’ovrir vueille le grant livre,

Qui moût me donne et moult me livre.

[Cantiques.] (P. 13.)

Fol. 4 v°. Amours qui bien set enchanter. (Cf. fol. 103.)

Quique face rotruange novele. (Cf. fol. 101 v°.)

Royne celestre (sic) buer fusses tu née.

(Cf. fol. 102 v».)

Fol. 5 v°. Talenz m’est pris orendroit qu’a moût haut ton. Efforcier m’estuet ma voiz.

Quant ces flouretes flour voi.

Pour conforter mon cuer et mon courage.

Ave gloriosa,

Virginum regina,

Vite generosa,

Vite medicina,

Clementie résina. (P. 755.)

II. Fol. 8 v°. Ici commencent les Miracles de Nostre-Dame. Premièrement de Théophile. (P. 29.)

Pour ceus esbatre et déporter.

III. Fol. 21. De saint Yldefonde arcevesque de Tholete. (P. 77.)

Un arcevesque out à Tholete.

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