‹ Recherches sur la librairie de Charles VChapitre 157 sur 219 · Voir la seconde partie, p. 155*, n · texte numérisé non relu

Voir la seconde partie, p. 155*, n

On voit que les inventaires de Charles V et de Charles VI sont en parfaite harmonie avec ceux du duc de Berry, et que le manuscrit dont nous suivons les vicissitudes venait de la librairie du Louvre. Mais nous pouvons essayer de remonter encore plus haut. Dans les inventaires de Charles V et de Charles VI que j’ai cités1, l’article relatif aux Miracles de Notre-Dame contient une indication d’origine qui, pour être fort brève, n’en offre pas moins un très vif intérêt. Elle est ainsi conçue : Et furent rachetés des Anglais. Pour avoir le sens de ces mots, il faut nous transporter au Musée britannique et ouvrir la Bible historiale qui est cotée 19. D. II, dans le fonds du Roi. Au verso du troisième feuillet de garde, nous y lisons ces mots : « Cest « livre fut pris ove le roy de France à la bataille de Pey- « ters. Et le boum counte de Saresbirs, William Montague, « la acheta pur cent marsz, et le dona à sa compaigne, Eli- « zabeth, la bone countesse, que Dieu assoile. Et est con- « tinus dedeins le Bible enter, ove tixte et glose, le mestre « de histoires et incident, tout en memes le volyme. a Laquele livre la dite countesse assigna à ses executours « de le vendre pur xl livres. »

Ainsi voilà une Bible que les Anglais ont prise en 1356, à la journée de Poitiers, dans les bagages du roi de France. C’est que, suivant un usage qui s’est perpétué à la cour jusqu’au règne de François Ier, le roi Jean faisait toujours porter à sa suite une partie de sa petite bibliothèque. Nous sommes donc autorisés à conjecturer que le livre des Miracles de Notre-Dame se trouvait dans les coffres du roi, à côté de la Bible historiale, lors du désastre de Poitiers. Cette circonstance nous explique comment Charles V dut le retirer plus tard des mains des Anglais.

Maintenant, résumons en deux mots l’histoire du manus-

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