‹ Recherches sur la librairie de Charles VChapitre 165 sur 219 · LXV. [Des cinq joies Nostre-Dame · texte numérisé non relu

LXV. [Des cinq joies Nostre-Dame

Fol. 243. Dame de paradis, dame de tout le monde. (P. 761.) Fol. 243 v°. [Prière à Dieu.]

Dous Diex, qui sanz fin ies et sans mition. (P. 663.) A la fin : Ci finissent les Miracles Nostre-Dame.

Les textes sur lesquels s’appuie Gautier de Coinci et qu’il a développés dans ses vers sont inscrits sur les marges, avec l’indication des sources. C’est ainsi que les premières pages nous offrent ces citations ainsi rubriquées :

« Magister quidam dicit ; Gregorius dicit ; Seneca dicit ; Magister Petrus Abaelart ; Augustinus dicit ; Salomon dicit ; Unde dicitur; In evangelio legitur; Beda dicit; magister Bernardus; Jeronimus; Innocentius; Hyldebertus, Ceno-

monensis {sic) episcopus; Origenes; Ambrosius dicit; Ystoria dicit; Caro (Cato) secundus dicit; Ysidorus dicit. »

L’illustration du volume a déjà été signalée plus d’une fois, à l’occasion surtout des expositions parisiennes où il a figuré en 1867 et en 19041. On s’accorde à y voir un des chefs-d’œuvre de la peinture française du second tiers du xive siècle. Elle consiste, indépendamment d’un grand frontispice, en 77 miniatures dont la plupart mesurent 70 millimètres sur 64. Elles ont été reproduites au trait dans les deux ouvrages de l’abbé Poquet cités plus loin. L’une d’elles, celle du fol. 70 v°, représentant une ville italienne, a dû être exécutée par un peintre qui avait visité l’Italie. A la fin du volume, en tête de « saluts » et autres prières à la Vierge, on remarque tantôt un roi ou un prince (fol. 2S34, 237, 242 v°), tantôt une reine ou une princesse (fol. 232 v°, 235 v°, 238 v°, 241 , 242, 243 v°) à genoux, en prières devant une statue de la Vierge. De tels sujets sont bien à leur place dans un volume que nous savons, d’ailleurs, avoir été longtemps à l’usage de la famille royale et qui pourrait bien avoir été destiné à Jeanne de Bourgogne, femme de Philippe de Valois : le goût de cette reine pour les beaux livres est connu depuis déjà longtemps.

La composition du frontispice qui couvre une page entière au commencement du volume mérite d’être indiquée. C’est un grand tableau divisé en huit compartiments. Dans la partie intérieure, au milieu, le calvaire, et, sur les côtés, deux escaliers dont les degrés sont occupés par six lions à droite et six lions à gauche. Au-dessus du calvaire, la Vierge, assise sur un trône majestueux, tient l’enfant divin sur ses genoux; sept colombes, figurant les sept dons de l’Esprit-Saint, planent au-dessus du trône. Dans les deux compartiments latéraux du haut du tableau,

1. Il faut particulièrement citer un article d'Alfred Darcel inséré dans la Gazette des beaux-arts , septembre 1859, t. III, p. 278-291.

saint Pierre et saint Paul, assis l’un entre Isaïe et Osée, l’autre entre Jésus Sirach ( Filius Syrach ) et Samuel, tiennent déployées des banderoles couvertes de textes appliqués à la Vierge. Les deux compartiments latéraux du milieu sont remplis par six figures allégoriques des vertus de la Vierge : Humilitas, Prudentia, Sollicitudo, Verecundia, Virginitas, Obedientia. Ce tableau a été reproduit en lithographie dans le volume in-4° de l’abbé Poquet et dans celui d’Édouard Fleury.

Un mot seulement de quelques travaux dont le manuscrit de Soissons a été l’objet dans la seconde moitié du dernier siècle. Le plus considérable est celui de l’abbé Poquet. Ce savant archéologue a rendu un grand service en consacrant un volume in-4° à la publication de la plus grande partie des vers contenus dans le manuscrit du Séminaire de Soissons1; mais il est regrettable qu’il n’ait point tenu compte de l’ordre de ce manuscrit, qu’il n’ait pas même dressé une table de concordance et qu’il n’ait pas indiqué les pièces laissées de côté par des scrupules hors de propos dans un livre d’érudition.

Au même auteur nous devons un petit volume dans lequel sont reproduites au trait les petites miniatures du manuscrit, avec de courtes explications des sujets représentés2.

C’est d’après l’ouvrage de l’abbé Poquet que le texte du manuscrit de Soissons a été employé par MM. Warner3, Ward4 et Mussafia5.

1. Les Miracles de la sainte Vierge traduits et mis en vers par Gautier de Coiney, publiés par M. l’abbé Poquet. Paris, 1857, in-4“.

2. Les Miniatures des Miracles de la sainte Vierge , d’après le manuscrit de Gautier de Coiney. Reims, 1890, in-16.

B. Miracles de Nostre-Dame, collected by Jean Mielot (Westminster, 1885, in-fol.). — Publication héliotypique d’un manuscrit de la bibliothèque Bodléiennc.

4. Notice du ms. harléien 4401, dans Catalogue of romances in the Department of manuscripts in the Brilish Muséum , vol. II (1893), p. 717-727.

5. Ueber die von Gautier de Coiney benützten Quellen, dans Denkschriften

Alfred Darcel nous a donné une bonne appréciation des peintures du manuscrit dans un article inséré en 1 859 au tome III de la Gazette des beaux-arts, p. 278-291 .

Le même sujet a été traité par Édouard Fleury dans ses études sur Les Manuscrits à miniatures de la bibliothèque de Soissons 1 . A sa notice est jointe une lithographie du grand frontispice du manuscrit.

La musique des cantiques insérés dans le manuscrit a été l’objet d’observations de la part de Félix Clément, auteur d’un article intitulé : L’Harmonie au XIIIe siècle, et publié en 1 850 dans les Annales archéologiques de Didron, t. X, p. 69-80. Le même volume, en regard des pages 69, 155, 186 et 243, contient le fac-similé de quatre des pages de musique, celles qui contiennent les pièces commençant par les mots : De la sainte Leochade (fol. 111 v°) ; Ave gloriosa virginum (fol. 7 v° et 8); Mère de Dieu (fol. 115 v°).

Tout récemment, deux miniatures du manuscrit des Miracles ont été reproduites en phototypie dans le mémoire de M. S. C. Cockerell, The Hours of Yolande of Flanders 2 : celle du fol. 70 v° et celle du fol. 232 v°; toutes deux ont été signalées un peu plus haut; sur la première, le peintre a figuré une tour dont le caractère italien ne peut être méconnu.

Vie et passion de saint Denis.

« Li fet et la passion monseigneur saint Denis, la passion « de x mile martirs, la Véronique, les ans de la nativité « Nostre Seigneur, » c’est-à-dire Annales partant de la

des K. Akademie der Wissenschaften, Phil. Hist. Classe, XLIV, i Ab h. (Vienne).

Page 1