‹ Recherches sur la librairie de Charles VChapitre 174 sur 219 · Ms. français 2700, fol · texte numérisé non relu

Ms. français 2700, fol

Les Fables Ysopet et le Bestiaire d’amours.

Bibliothèque nationale, ms. français 1 521 3.

Copie du commencement du xive siècle.

Mentionné dans les inventaires de la librairie du Louvre jusqu’à celui de l’année 1413 inclusivement (A. 1 21 , B. 1 22, D. 75, E. 74). Ainsi décrit dans l’inventaire de 1411 :

Item les Fables Ysopet, le Bestiaire maistre Richart de Furnival d’amours, historié et rymé en françois, escript de lettre de forme, commençant ou ne foillet hors en trait , et ou derrenier or vous di je belle; couvert de cuir rouge à deux fermouers de laton.

Ce volume dut sortir de la librairie du Louvre avant l’année 1424.

APPENDICE

Les Livres du roi Jean.

Le roi Jean tenait de sa mère Jeanne de Bourgogne le goût qu’il témoigna toujours pour les livres. Les Heures dans lesquelles il apprit à lire étaient assez belles pour que son fils, le duc de Berry, les conservât soigneusement dans sa riche bibliothèque1. Quand il n’était encore que duc de Normandie, de 1332 à 1350, il avait un grand bréviaire en deux volumes, « très beaux, très bien écrits et bien « enluminés2 ». Ce fut également avant de monter sur le trône qu’il reçut de Jean de Vignay une traduction des Échecs moralisés3, qu’il emprunta de Pierre Des Essarts un roman du Saint-Graal4 * *, et qu’il acheta de Thomas de

1. « Unes heures esquelles le roy Jehan, pere de monseigneur, apprist à lire...; lesquelles le roy de Sicile donna à monseigneur le xxii9 jour d’octobre l’an mil .CCCC. et VII; et depuis y a fait faire monseigneur deux fermouers d’or, esmaillez à ses armes, à une pipe de mesmes, garnie d’un balay, pesant environ x caraz et deux perles, et par dessus une chemise de drap de damas violet, doublé de tiercelin noir; lesquielx fermouers et pipe ainsi garnie, avec ladicte chemise, ont cousté de Baude de Guy uiix:x: frans. » Inventaire de Jean , duc de Berry, éd. Gurffrey, t. I, p. 257, n” 968.

2. Inventaire du mobilier de Charles V, éd. Labarte, p. 336, n“ 3279.

3. Voir plus haut, p. 259, les notices du ms. 434 de Besancon et du ms. français 1728. Cf. P. Meyer, Romania, 1896, p. 407.

4. On lit à la lin du ms. français 770 : « Cest livre est sire Pierre Des Essars,

« qui le presta et envoia à monss. le duc de Normandie par Geuffrin Nivelle de

« Bernville, clerc mestre Martin de Mellou. »

LES LIVRES DU ROI JEAN

Maubeuge1, libraire demeurant à Paris, pour 14 florins d’or, un livre français de Moralités sur la Bible2. On a voulu voir le duc Jean dans le duc de Normandie, que l’auteur d’un dialogue sur les substances a pris pour interlocuteur3; mais il est aujourd’hui démontré que ce dialogue est l’œuvre de Guillaume de Conches, l’un des maîtres de

Henri II, duc de Normandie4.

Le règne de Jean fut marqué par plusieurs grandes entreprises littéraires auxquelles ce roi accorda de généreux encouragements. Telle est la traduction de Tite-Live qu’il fît faire à Pierre Bersuire. L’exemplaire original de cette traduction, possédé par le roi, paraît être le volume d’après lequel maître Jeannin de Rouen transcrivit, en U AO, pour un échevin de Metz, le Tite-Live qui porte le n° 266 dans la bibliothèque de sir Thomas Phillipps. Jeannin de Rouen a raconté comme il suit les vicissitudes par lesquelles était passé le manuscrit qui lui servait de modèle :

Le roy Jehan de France fist escripre cestui livre et translater de latin en romant, lequel roy le donnoit à Marie, sa fille, duchesse de Bar, marquise du Pont et dame de Cassel, que le dit roy Jehan de France ot de la royne Bonne, sa femme, qui fust fille au bon roy Jehan de Behaingne; et de la ditte duchesse revint en la main du duc Edouart de Bar, son filz; et puis revint le dit livre en la main du duc Edouart de Bar, son filz; et puis revint le dit livre en la main de Loys frère au dit duc Edouart, cardinal et duc de Bar; lequel

1 C’est sans doute le libraire auquel nous devons les chroniques classées sous le n» 10 132 du fonds français : « Cy commencent les Cromques des roys « de France, depuis le temps des premiers roys qui i furent, dusques au temps « du roy Phelippe qui fu filz Phelippe li Biaux et frère le roy Looys, lesqueles « pierres Honnorez, du Nuef-Chastel en Normendie, fist escnre et ordener en « la manière que elles sont, selonc l'ordenance des Croniques de Saint-Denis a « meTtre Thommas de Maubuege, demorant en rue nueve Nostre Dame de « Paris l’an de grâce Nostre Seingneur nul CCC et XVIII. » o voir un peu plus loin les extraits du compte KK 7 des Archives nationMes. 3. Mém. hist. sur la bibliothèque du roi, p. n, en tête du tome > 1 [du Catalogue des livres imprimés. Le manuscrit consulte par Boivin est le n 6638 du

f°4d Voir, "dans Mém. de la Soc. des antiq. de Norm., 3S série, t. II, p. 399 a 430, la notice de M. Charma sur Guillaume de Conches.

APPENDICE

dit cardinal duc de Bar donnoit la ditte duchie de Bar et ses seignouries à René, filz du roy Loys de Secille et duc d’Anjou, lequel dit roy Loys ot le dit René de la fille du roy d’Arragon et fille de la royne Yolant, fille du duc Robert de Bar et de la dessus ditte Marie, fille du dit roy Jehan de France, que fuit femme du dit duc Robert de Bar, lequel dit René, roy de Secille et de Jérusalem, duc d’Anjou, de Bar et de Lothraine, quant il voult aler en son royalme de Secille, pour prendre la succession qui ly estoit escheute de par le roy Loys, son ainsné frère, donnoit cestui dit livre à honnourey chevalier messire Robert de Baudrecourt et bailly de Chalmont. Et le dit messire Robert le prestoit à Jehan de Yy, l’eschevin, filz de feu messire Jehan de Vy, chevalier, lequel dit Jehan de Vy le fist contre escripre par maistre Jehannin de Rouen, l’escripvain. Et fust le dit livre enluminés par maistre Henry d’Orquevaulz et fust parfait et affenis en l’an mil 1111e et XL...1.

Telle est encore la Bible française avec commentaires, dont il confia l’exécution à maître Jean de Sy2 3 et dont les frais furent mis à la charge des Juifs. La Bible ne fut jamais achevée, mais nous en avons un fragment assez considérable dans le n° 15397 du fonds français, qui comprend la majeure partie d’une traduction et d’une exposition du Pentateuque, avec les Testaments des douze patriarches, d’après la version latine de Robert Grosse- Teste, et avec un petit traité de Tannée 1 356 sur les âges du monde . Ce manuscrit, copie avec le plus grand soin,

1. Durrieu, Les Manuscrits à peintures de Sir Thomas Phillipps, dans Bibliothèque de l’Ecole des chartes , 1889, t. L, p. 426, n° XXXIY.

2 Sur Jean de Sy, ou de Cis, auteur d’une traduction de la Consolation de Boèce, voir S. Berger, La Bible française, p. 238-243. Voici dans quels termes 1 Inventan-e de Gilles Malet annonce les morceaux du travail de Jean de Sy que Charles V avait recueillis : « Un volume ouquel sont contenus aucuns des « livres de la Bible en françois, c’est assavoir les cinq livres Salomon, Ysaie,

« et de Jeremie jusques au xvm* chapitre, et l’exposicion sur iceulx faite par « maistre Jehan de Sy, du commandement du roi Jehan, dont Dieux ait l’ame « Un autre volume ouquel sont contenus les cinq livres de Moyse, Josué et le « premier chapitre du livre des Juges. » (A. 12 et 13, B. 12 et 13.) - « Soixante « deux caiers de la Bible que commença maistre Jehan de Sy, et laquelle fai-

(a^'m Tm)6) 16 rW Jehan’ qUe °n a fait escripre aus desPens des Juifs- »

3. « Qui couple les ans du tiers aage avec le premier et le secont, il a m»

LES LIVRES DU ROI JEAN

devait recevoir des enluminures, dont quelques-unes seulement sont esquissées ou ébauchées : il ne faut pas de grands efforts d’imagination pour entrevoir quelle en eût été la magnificence s’il eût été terminé; d’après lui, on peut encore, jusqu’à un certain point, se faire une idée de cette « très belle Bible, toute historiée, que fîst faire le roi « Jehan, couverte de drap d’or à Agnus Dei », et qui, sous le règne de Charles Y, fut mise au château de Vincennes1.

Un des artistes qui durent travailler à ces somptueux ouvrages se nommait Jean de Montmartre2; il est qualifié d’enlumineur dans un compte de 1 351 3. Le roi avait alors un autre enlumineur en titre, Jean Susanne, qui, conformément à un mandement du 30 octobre 1350, recevait deux sous parisis de gages par jour, plus une somme de cent sous par an pour ses robes4. Si, comme c’est vraisemblable, l’un de ces deux artistes est l’auteur des pein-

viiic et xiiii ans ; et qui couple le quart, il a im” 11e et l ; et qui couple le cinquiesme aage à euls, il a mr vu0 et xxn ans ; et qui couple le darnier, il a v“ mc et xxviii ans; et qui ajouste le miliaire de Jhesu Crist, ce sont vi" iiiic et iiiib et iiii en l’an LVI. Explicit sus Genesim. »

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