Gazette des beaux-arts, t. XX, p
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seule et même princesse en prières devant les images de saint Louis et de saint Louis de Marseille1. Suivant eux, cette dame serait Jeanne de Valois, sœur du roi Philippe de Valois, qui, après avoir été mariée à un comte de Hainaut, mourut en \ 352 dans le couvent de Fontenelle, au diocèse de Cambrai. Le double portrait aurait été peint après 1 349, date de la mort de Bonne de Luxembourg.
1. Bibliothèque nationale, Exposition de portraits peints et dessinés du XIIIe au XVIIe siècle. Catalogue (Paris, 1907, in-8”), p. 70.
Examen de prétendues lettres adressées a Gilles Malet par le roi Charles V et par Jean, duc de Berry.
Dans les pages que j’ai consacrées à Gilles Malet, le premier garde de la Librairie royale du Louvre, il n’a pas été question de deux lettres qui ont été citées pour montrer l’intimité des rapports qui ont existé entre le Roi et ce personnage. Je dois exposer les raisons qui m’ont empêché d’en faire usage.
Voici le texte de ces deux lettres :
Métré Gilet, Aiant métré Gervaiz 1 à faire pour certeine besoigne du livre de cirurgye de notre frère le duc d’Angou, nouz le ly voulonz byen permectre prandre avecquez ly à sen plaisir, et sy tost que sera sa dite besoigne finie le vouz remetre. Sy vouz mandonz que le ly envoisiez, et juquez vouz seit retourney le dit livre, sete letre vouz en tendra lieu de descharge. Escrit de notre main, au boiz de Vicenez, le xxie jour de may.
Charles.
(Au dos :) A métré Gilet Malet.
Gilet, ces deus Juiz que nous vous envoionz joint les presantez, nous sont veneuz presanter aucunz livrez, desquelz avonz lez unz reteneuz, ansanble notre frère le duc de Berry, pour en avoir eu plaisir en l’achat, toutevoiz en est aultrez dont ne savonz tant pryser la valeue que ne nouz en veilonz aviser avant que lez aseter. Si vous mandonz que, si tost sete letre reseue, lez veillez priser et nous en aviser le plus tost que vous porez et nous renvoisiez les diz
1. Maître Gervais Chrétien, physicien du roi Charles V, fondateur du collège qui porta son nom.
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Juiz pour que, selon se que en arez avisé, ly en fesienz poier l’argent. Escrit de notre main, à Paris, le xne jour de juing.
Charles.
La première de ces lettres est conservée à la bibliothèque municipale de Nantes1 dans le tome XII de la collection d’autographes qu’avait formée La Bouchère. La seconde fait partie du Musée Thomas Dobrée à Nantes2. Toutes les deux se trouvaient comprises dans un lot de 1 03 lettres vendues en 1846, au prix de 5,500 francs, à Charon, expert en autographes, par un certain Letellier, qui exploitait à Paris, rue Massillon, un fonds d’archives généalogiques3. Ce lot venait, disait-on, du cabinet du président d’Hozier, dernièrement décédé à Versailles4 5.
Charon commença à écouler quelques-unes des 103 lettres dans la vente de la collection de Laroche-Laearelle, en février 1847; l’authenticité en fut aussitôt contestée^ et a
1. Volume 668, pièce 5. — La pièce a figuré sous le n" 278 à la vente de la collection du baron de Trémont faite en décembre 1852.
2. Musée T. Dobrée , Autographes. Inventaire des lettres, chartes et pièces manuscrites (Nantes, 1901), p. 28, n° 170.
3. « Je déclare et atteste que les pièces autographes ci-après énoncées, provenant de mon Cabinet généalogique, ont été vendues par moi à M. Charon, savoir : Bayart, Charles V, Louis XII, François Ie1, Henri II, François II, Charles-Quint, Charles d’Orléans, Dunois, Duguesclin, Jacques Cœur, Agnès Sorel, Marie Stuart, Rabelais, Luther, Michel-Ange, Ambroise Paré, Cujas, Sully’ Charles de Bourgogne, Anne de Bretagne, Anne de Beaujeu, Diane de Poitiers, etc., etc.; lesquelles pièces autographes je lui garantis d’une bonne et parfaite authenticité. Paris, 1" octobre 1846. Signé : Letellier. » — Publié par l’expert Laverdet, à la p. vi du Catalogue de la belle collection de lettres autographes ( Supplément ) de feu le baron de Trémont, vendue à Paris en février 1853.
4. Ambroise-Louis-Marie d’Hozier, qui, avant la Révolution, avait été juge d’armes de France et président en la Cour des comptes, aides et finances de Normandie. Une partie considérable de son cabinet fut acquise par la Bibliothèque nationale en 1851. Voir Le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale, t. II, p. 301 et 302. — Laverdet, à l’endroit indiqué dans la note précédente, affirme que les noms des signataires des lettres achetées par Charon « se trouvaient écrits, sur les chemises des liasses qui les renfermaient, de la main même du président d’Hozier ».