JEAN DE BRUGES
ISTUD OPUS PICTUM FÜIT AD PRECEPTUM ET HONOREM ILLUSTRIS PRINCIPIS Karoli, REGIS Francie, etatis sue tricesimo quinto ET REGNI SUI OCTAVO, ET JoHANNES DE BrüGIS, PICTOR REGIS PREDICTI, FECIT HANC PICTURAM PROPRIA SUA MANU.
Au sujet de Jean de Bruges, je me borne à citer un texte emprunté aux comptes de Jean, duc de Berry1 :
A Jehan de Barges [sic), paintre et varlet de chambre du Roy nostre sire, pour don à lui fait par monseigneur le duc de la somme de vixx fi'an s, pour les bons services qu’il lui a faiz en faisant certaines pourtraitures pour mondit seigneur, par son mandement adreçant aux gens des comptes de mondit seigneur, donné le ve jour de mars CCG IIIIXX, et lettres closes escriptes de la propre main de mondit seigneur, données le xe jour de janvier l’an MCCCLXXVIII, vixx frans.
La peine que le duc de Berry prenait d’écrire de sa propre main pour presser le paiement d’une somme due à Jean de Bruges montre en quelle estime il tenait cet artiste.
1. Archives nationales, KK. 242, fol. 102. Je dois la communication de ce texte à mon ami M. Henri Moranvillé.
Traducteurs.
Il n’entre pas dans mon plan de passer en revue les ouvrages qui ont été composés en France sous le règne de Charles V et dont plusieurs des auteurs ont dû être encouragés par des subventions du roi. Je rappellerai seulement d’un mot le Songe du verger, à la composition duquel il paraît s’être vivement intéressé, et dont le manuscrit original, portant jadis la signature royale, est conservé au Musée britannique1; deux ouvrages (les Vies des papes2 et un Commentaire sur la règle de saint Benoît3), dont l’auteur, son chapelain et ambassadeur, Pierre Bohier, lui fit hommage, en les faisant précéder d’épîtres dédicatoires ; et un petit « traictié de l’estât, science et pratique de l’art « de bergerie », dont il existe plusieurs éditions gothiques4 * * et qui se présente comme une œuvre composée en 1379, sur l’ordre du roi, par le bon berger Jean de Brie.
Si je laisse de côté l’histoire générale des lettres et des sciences au temps de Charles V, je dois entrer dans quelques détails sur les traductions qu’il fit exécuter d’un assez grand nombre de textes latins dont il voulait que les clercs ne fussent pas seuls à tirer parti. Le caractère