ANONYMES ET DIVERS
de l’historien Josèphe. La traduction française de l’ouvrage de cet auteur, qui doit dater de la fin du xiv6 siècle, n’entra dans la librairie du Louvre qu’en 1410, par suite de l’envoi qu’en fit alors le duc de Guyenne. Le duc de Berry a bien pu encourager l’auteur, jusqu’ici inconnu, de cette traduction. Il s’en fit faire deux beaux exemplaires1, dont le plus somptueux, inachevé au moment de la mort du prince, fut terminé sous le règne de Louis XI pour Jacques d’Armagnac, duc de Nemours. Les tableaux dont Jean Fouquet l’a enrichi en ont fait l’un des plus précieux monuments de la peinture française du xve siècle.
1. Voir la seconde partie de cet ouvrage, p. *308, notices 210-210 ter.
Prêts et dons de livres faits par Charles V.
Charles Y usait avec une véritable grandeur des trésors littéraires qu’il avait amassés. Il prêta différents manuscrits au duc d’Anjou1, au duc de Berry2, à Jean de Dormans, évêque de Beauvais3, et à Simon de Hesdin4.
Il donna à Philippe de Maisières la jouissance d’un très beau psautier en grand volume, écrit de grosse lettre ancienne5. Philippe de Maizières appréciait les beaux manuscrits : nous pouvons en juger par l’élégance du petit volume qu’il offrit à Richard II, roi d’Angleterre, et qu’on admire dans une des vitrines du Musée britannique6.
Le roi échangea quelques livres avec Jean de Cardaillac, patriarche d’Alexandrie7, avec Raoul de Presles8 et avec monseigneur d’Harcourt9. Il en offrit en pur don à son grand-oncle Philippe et à sa grand’tante Blanche, duc et duchesse d’Orléans10, à sa belle-sœur Marie de Bourbon,
1. Articles 21 et 92. — Il s’agit là de deux volumes particulièrement précieux : la Bible historiale, qui est maintenant au musée Méermanno-Westréenieii de La Haye, et de l’Apocalypse, qui fut un des modèles employés pour l’exécution de la grande tapisserie d’Angers.