Ibid., p
10. Ibid., p. 7-27. J’ai ajouté à la liste de Vallet de Viriville plusieurs noms consignés dans les comptes de la reine Isabeau, registre KK 41 des Archives nationales.
LA LIBRAIRIE SOUS CHARLES VI
de Rez, libraire; Gervaisot de Deuil, écrivain de lettre de forme, en 1401 ; et Haincelin, peintre, en 1403. Ce fut Isabeau de Bavière, et non Isabelle d’Aragon, femme de Philippe le Hardi1, qui fit mettre un exemplaire de la Somme le roi dans l’église des Innocens à Paris, afin que ceste matière fust sceue comme souveraine de touz ceulx qui là le vouldroient lire2 ». Ce fut encore pour la reine Isabeau que fut faite en 1398 une traduction de la Passion, dont il y a deux exemplaires à Bruxelles3 et à Munich4; un troisième a formé le n° 71 de l’Appendice de la bibliothèque du comte d’ Ashburnham .
Un des plus beaux manuscrits que la reine Isabeau ait possédés est l’exemplaire des poésies de Christine de Pisan que l’auteur lui offrit entre les années 1410 et 1415 et qui est conservé au Musée britannique dans le fonds Harley, n° 4431 . Jaquette de Luxembourg, femme du duc de Bedford, qui l’a possédé, a mis sa signature sur le premier feuillet de garde. Le frontispice, qui représente la reine Isabeau, recevant le livre des mains de Christine, dans un somptueux appartement, en présence des dames de sa cour, a été reproduit dans l’ouvrage de Henry Shaw5 et dans le tome III des Œuvres poétiques de Christine de Pisan, où le fac-similé accompagne une note de M. Paul Meyer. Il faut voir aussi sur ce beau manuscrit l’Introduction de M. George F. Warner à The Epistle of Othea to Hector, translated front the french of Christine de Pisan by
1. Comme l’ayaient cru Quétif et Échard ( Script . ord. Prædic., t. I, p. 387), dont la conjecture a été consignée sans observation dans YHist. litt. de la France, t. XIX, p. 399. Ce qui prouve que cette conjecture est inadmissible, c’est que le manuscrit dont il s’agit n’est certainement pas du xiii* siècle.