LES LIVRES DE LA REINE ISABEAU
Stephen Scrope. Ce dernier ouvrage, publié en 1 904 pour le Roxburghe Club, contient la reproduction de la miniature qui, dans le ms. harléien, se trouve en tête de l’Épître d’Othéa.
On pourrait encore citer un autre manuscrit du Musée britannique1 venu probablement de la reine Isabeau de Bavière : un exemplaire des Vies de saint Louis et de Philippe le Hardi par Guillaume de Nangis; le frontispice en est publié en autotypie dans la première série des Reproductions from illuminated manuscripts, plate xxvin.
Mais je ne dois pas m’attarder à parler des goûts de la reine Isabeau. Ce qu’on en pourrait dire ne doit pas me faire oublier qu’il s’agit ici d’expliquer la décadence et la ruine de la librairie du Louvre au commencement du xve siècle. Si le magnifique dépôt créé par Charles V n’avait été mis à contribution que pour satisfaire la curiosité de Charles VI et d’Isabeau de Bavière, le mal n’aurait pas été irréparable; il fut sans remède du jour où l’on tira du Louvre, comme d’un magasin commun, tout ce qui était à la convenance des membres de la famille royale.
A l’avènement de Charles VI, le duc d’Anjou se fît remettre près de quarante ouvrages soigneusement choisis parmi les plus beaux exemplaires de la librairie royale : Gilles Malet lui en livra quatorze le 7 octobre 1 3802, treize le 22 novembre suivant3, et quatre au mois de mars 1 381 4 5. Le 3 mai de la même année, il lui bailla ce qu’il avait de la traduction de la Bible commencée par Jean de Sy°; l’un
1. Royal ms. 18. B. ni. Sur ce manuscrit, voir mes Notes sur quelques manuscrits du Musée britannique. Paris, 1878, p. 36, n“ x. (Extrait des Mémoires de la Société de l’histoire de Paris, t. IV.)
2. Inventaire des livres de Charles V, articles 115, 248, 296, 471, 481, 484, 501, 523, 854, 881, 899, 906, 978 et 1015.
3. Articles 151, 295, 298, 386, 391, 395, 398, 408, 415, 417, 772, 857 et 1155.