‹ Recherches sur la maison où Blaise Pascal est né et sur la fortune d'Etienne Pascal, son pèreChapitre 2 sur 4 · PAROISSE SAINT-PIERRE · texte numérisé non relu

PAROISSE SAINT-PIERRE

S'' Amahle Montorcier, marchand ^ M' Estienyie Pascal, eslu, M" Robert Peghoux, eshi^

Jean Pilon , holanger au four du s'' Pascal.

A la vue des trois premiers noms de mon plan de 1740, ma joie fut grande d'abord, mais de courte durée; car j'avais à m'expliquer comment les propriétaires et locataires des sept ou huit maisons qui , dans le plan , séparent la maison Montorcier de la maison de M. Pascal , n'auraient pas été assujétis aux charges municipales.

En consultant les registres de 1623, 1624,

1625 , 1628, 1629, 1630 ; j'y trouvai

les mêmes noms dans le môme ordre ; mais en poursuivant la série des noms et observant les professions indiquées, je remarquai bientôt des marchands ou marchandes de pots de terre, des merciers, et surtout des marchands de sabots : d'où je conclus que c'était.

non par la rue des Gras , quoique la principale de la paroisse Saint-Pierre, mais par la rue aujourd'hui encore dite des Chaussetiers , limite de la même paroisse, que commençait le dénombrement; que c'était, par conséquent, dans la rue des Chaussetiers qu'il fallait chercher la maison d'Et. Pascal.

Je ne me trompais point , ainsi que me l'a démontré l'examen subséquent de toute la suite des registres jusques en l'année 1785.

Avant d'aller plus loin , avant de donner suite à mes nouvelles conjectures, j'avais à détruire les inductions qu'on pouvait tirer contre elles du plan de 1740, et à me démontrer à moi-même que la maison y indiquée sous le nom de M. Pascal , n'était point celle que je cherchais. Je me hâtai donc de consulter le registre de 1740.

Par une circonstance toute particulière et fort heureuse , ce registre , ainsi que deux ou trois autres seulement entre plus de trois cents, portait en marge l'indication des quartiers et de quelques rues. Ces mots , Quartier de l'Evêché , placés en regard des premiers noms de la paroisse Saint-Pierre, confirmèrent ma conjecture , et m'assurèrent que , dans ce registre, comme je l'ai depuis remarqué dans tous les autres , sans exception , le dénombrement des citoyens commençait par le haut de la rue des Chaussetiers , continuait par la Croix des Gras, etc. Arrivé au quartier des Trois-Raisins (nom d'une enseigne d'auberge qui

a donné son nom à une rue) , je trouvai la maison de M. Potière et celle de M. Guillaume Pascal, marchand, personnage étranger à l'objet de mes recherches.

De ce moment, je me vis dans la véritable, dans la seule voie de la découverte de la vérité. J'ai donc repris depuis 1619 et continué jusqu'en 1785 , l'examen des registres de la capitation , et suivi avec curiosité et intérêt la succession des propriétaires et locataires depuis plus de deux siècles jusqu'à nos jours.

Là, j'ai bientôt reconnu, particulièrement par les registres de 1630 et 1730 (1),

1**. Que la maison par laquelle commençait le recensement des habitants de la paroisse contenait ordinairement deux locataires principaux , et quatre ou cinq locataires de chambres ou de boutiques peu considérables; par conséquent , que les six ou sept premiers noms de la liste des contribuables (parmi lesquels figure constamment au premier ou au second rang Etienne Pascal, et, depuis lui, Biaise Pascal, son frère et son successeur à la cour des aides) , appartenaient à la première maison de la paroisse dans l'ordre du recensement ;

2". Que cette maison , que je puis maintenant appeler la maison Pascal , est celle qui appartient au-

(1) Y. Pièces justificalives , IV

jourd'hui à M. Dauzat, entrepreneur de bâtiments , au haut de la rue des Chaussetiers , et dont l'entrée principale est aujourd'hui , comme elle était au temps de Pascal, dans le passage Vernines.

Elle était appuyée, au N. et à TE. , à l'Abbaye ou maison de l'Abbé de la Cathédra'e, qui, depuis l'aliénation des biens nationaux en 1793, a appartenu à M. G. Fressanges, et a été en grande partie démolie, en 1846, pour le passage ouvert, à cette époque, à l'angle S.-O. de la Cathédrale.

Dans la façade du midi, sur la rue des Chaussetiers, s'ouvraient jadis, au rez-de-chaussée, quatre boutiques, dont deux appartenaient peut-être à l'Abbé de la Cathédrale, comme un cabinet, aux trois étages de la maison , pénétrait dans la maison de l'Abbé.

L'identité de la maison se trouve établie par la succession non interrompue des possesseurs et locataires depuis le temps d'Etienne Pascal jusqu'à ce jour, constatée par les registres dont j'ai parlé et par des actes authentiques. Dans les premiers (je citerai seulement les noms principaux) , nous voyons à Etienne Pascal succéder son frère Biaise , oncle et parrain de l'auteur des Provinciales, qui lui succéda également comme second président à la cour des aides, à la date du il novembre 1634. On l'y voit jusqu'en 1637; puis Gilbert Trottier, bourgeois, et M. le président de Bosredon.

En IGi-ï, noble Pierre Redon, conseiller en la cour des aides;

En 1654, avec ce dernier, ]\P Etienne Legros, aussi conseiller en la même cour (1).

De 1658 à 1683, avec M. Legros, noble Jean Champflour; puis damoiselle Marie lloUet, veuve de ce dernier, occupe le même logement jusqu'en 1699.

Dès 1692, on y voit Pierre Piquard, puis sa veuve, puis le neveu de cette dernière, Antoine Roy, marchand.

Ici des actes authentiques viennent se joindre aux registres de la capitation pour établir l'identité en question.

La maison d'Antoine Roy se partage entre trois cohéritiers: Etienne Roy, frère du défunt, Pierre et autre Antoine Roy , ses neveux, représentant chacun un frère du défunt.

Etienne Roy , lieutenant du lieu de la Roche-Donnezat, à la date du 20 septembre 1749, vend sa portion à sieur Jean Jouvion , marchand ; le 3 décembre de la même année, Pierre Roy, bourgeois habitant de la Roche-Donnezat , vend la sienne au

(1) En 1632, je trouve, parmi les habitants de la maison, damoiselle Clauda Valette, veuve de Gérard de LoUier; et dans le rôle des bâtiments élrangers de 1677, M. Valette, de Rium, est indiqué comme propriétaire de la maison tenue , est-il dit, par M. Legros, conseiller en la Cour des Aides, et d'une boutique tenue par Puylever, rubautier.

sieur Jacques Chosserot, commis aux décimes, habitant de la ville de Clermont (1). Enfin la portion échue à Antoine Roy, est vendue au nommé Jean Gendre, tailleur d'habits, moyennant une rente de 90 hv. , par contrat du 28 avril 1750.

Dans les actes de vente , la maison est dite située rue des Chausseiiers , près l'évêché; elle est confinée par la rue des Chausseiiers , de midi ; la rue ou passage Vernines, de nuit et bise ; lamaison de l'abbaye de M. l'abbé de la Cathédrale , de jour; situation et confins qui ne peuvent s'appliquer qu'à la maison Dauzat.

La portion Jouvion , aile occidentale de la maison, après avoir passé par héritage à Barthélémy Tordeix, époux de Marie Jouvion, [est vendue à Sébastien Dardouillet (2). Revendue à N? Ury, elle passe enfin entre les mains de M. Dauzat , propriétaire actuel (3).

Les portions de Chosserot et Gendre avaient déjà été acquises par ce dernier, à la date du 23 février 1823 (4), du sieur Vigier-Latour , héritier de Chosserot , et acquéreur des droits d'un sieur

(1) Actes reçus Charia, notaire. — Ces pièces m'ont été obligeamment communiquées par M""-* Vigier.

(2) Eipinasse, notaire, 13 ventôse an xiii.

(3) Adjudication du -2i octobre 1839; actes des 25 et 30 juillet, et 25 novembre 1841; MoUie, notaire.

(i) M. Cbandezon , notaire à Clermont.

Andra , créancier hypothécaire des héritiers d'Antoine Roy (1).

La maison d'Etienne Pascal n'a malheureusement pas conservé son caractère ni son aspect extérieur. L'intérieur a dû être complètement dénaturé par suite du partage entre les héritiers d'Antoine Roy , s'il ne l'avait déjà été antérieurement.

La démolition de l'arcade , ancienne porte de la cité , entre l'évéché et la maison Pascal , nécessita , en l'an viii, la reconstruction d'une grande partie du mur méridional ; le propriétaire fut même obligé de reculer d'un mètre environ pour l'élargissem.ent de la rue ordonné par l'administration municipale.

En 1824, la façade ouest, et, en 1840 , la façade nord , ainsi que la tourelle contenant l'escalier, ont été reconstruites par les soins de M. Dauzat.

La vue de la maison d'Et. Pascal, jointe au présent mémoire , est prise du milieu du passage Vernines, vis-à-vis la porte d'entrée, qui n'a pas changé de place. Elle a été dessinée d'après les souvenirs de plusieurs personnes qui l'ont vue à peu près dans son ancien état, et la maison qui la joint à l'ouest de l'arcade Vernines, d'après nature. — Le lecteur est redevable de ce dessin au crayon fidèle et exercé de M. Em. Thibaud.

(1) Cession de droits , par Claude Andra , au proGl d'Antoine Vigier, dit Lalour, du 9 septembre 1703 ; Baptiste , notaire.

La publication récente des Pensées de Pascal, conformément aux manuscrits originaux, heureusement provoquée par M. Cousin (1) , si heureusement exécutée par M. Faugère (2) , a soulevé, au sujet de l'auteur, plusieurs questions, entre autres celle de sa fortune et de ce qu'on appellerait aujourd'hui sa position sociale (3).

Nous avons vu plus haut qu'Etienne Pascal, devenu veuf, vendit sa charge de second président à la Cour des Aides , et mit la plus grande partie de ses biens en rentes sur l'hôtel-de-ville de Paris, oii il se retira en 1632.

Les registres d'inscription des rentes sur l'hôtel-deville de Paris , renferment donc , dans le chiffre des revenus du père , l'élément le plus indispensable à la solution de la question soulevée au sujet du fds. J'ai fait chercher ces registres aux Archives de la Ville de Paris , du Ministère des finances , de la Cour des comptes , vainement jusqu'ici. Mais en l'absence de

(i) Rapport de rAcadémie française sur la nécessité d'uno nouvelle édition des Pensées de Pascal. Paris, 18i3, in-8o,

(2) Pensées, fragments et lettres de Biaise Pascal, publiés pour la première fois conformément aux manuscrits originaux, en grande partie inédits, par M. Faugère. Paris , Andrieus, 18ii, ■2 vol. iu-8o.

;3) Taugère. Pensées de Pascal, Introduction, p. Ixj.

ce document , les registres que j'ai eu occasion de consulter , renferment une indication précieuse , que je vais mettre sous les yeux des lecteurs : je veux parler de la part contributive d'Etienne Pascal aux charges communes de la ville de Clermont. — Donnons d'abord une idée générale de ces charges, et de la manière dont elles étaient réparties entre les habitants. — Je prends les rôles de 1622.

La somme totale de l'imposition municipale était de 18981 liv. 8* 6'^ (1) , à répartir entre 2074 têtes ou chefs de famille, habitant la ville ou les faubourgs.

(1) On sera peut-être bien aise de trouver ici l'emploi de cette somme ; voici ce détail :

Pour affaires communes 90P0'

Subvention 3120

Crue. Affaires du Tiers-Elal du bas pays d'Auvergne. ... 102

Un premier tiers de la delte de la ville 3175 6*6*

Iiilérêts de la detle (qui ëlait de 9525' 19') 595 5

Frais d'obtention des lettres d'imposition 300

Epices des tré^orie^s généraux 70

Plat et gratification de Mgr le duc de Clievreuse , gouverneur

de la province 210

Portion de la ville de Clermont dans le plat et gratification de GOOQi ordonné être payées à AI. le comte de Ponlgibaud,

lieutenant pour le roi au Bas-Auvergne 102

Portion de la ville de Clermont dans la somme de 23^31 1 Is 6', moitié de celle de qCS?' 3-, due par le bas-pays d'Auvergne

h. la ville de Sainl-Germain-Lembron /(S

Portion de la ville de Clermont dans les ^2000' des don et gratification dus h Mgr le duc de Chevreuse 610

Portion dan^ la crue de 22000' pour dettes du pays. . . . 530 Portion de la ville dans la somme de 9000 cl tant de livres , pour le débet des comptes de MM. les échevins, concernant

les aDFaires du pays 190

Levée desdites sommes à raison de 12 den. pour livres. . . 1128 9

Les veuves , les femmes séparées de biens , étaient comprises dans ce nombre (1).

La moyenne eut été de 9 liv. 3^ par tête; mais la répartition étant faite par les asséeurs suivant la fortune apparente des individus, il en résultait une inégalité dans les cotes , qui nous donne une idée aussi exacte que possible de la distribution de la richesse dans la ville de Clermont vers 1622.

Il n'y avait que deux cotes au-dessus de 200 liv. : 1°. La cote collective des chapitres de la Cathédrale, du Port, de Saint-Genès et de Saint-Pierre, qui était de 250 liv. 1

2". Celle de Hugues Poisson , seigneur

deDurtol, de 210 liv. 1

De 176 liv. à 200 liv. il y en avait 3

De 151 à 175 7

De 126 à 150 2

De 101 à 125 8

De 76 à 100 21

De 50 liv. 1^ à 75 40

De 40 liv. P à 50 27

De 30 liv. I*à40 37

(1) Ea muUipliant par 4^ le nombre des chefs de familles, on doit avoir à très peu près la population de la ville de Clermont à cette époque : = 9333 habitants.

Report. 14-7

De 20 liv. IȈ30 69

De 10 liv. I^à20 173

De 1 liv. à 10 1675

Au-dessous de 1 liv. 10 cotes seulement.

De 10« 3

De 15* 7

En tout. 2074 cotes.

Dans tout le registre je n'ai trouvé qu'un noble, f-jinsi qualifié; noble Charles de Pierre-Fite, s'" de Bosredon, président au bureau des finances, imposé à 120 liv. Cependant les nobles n'étaient point exempts de ce genre de contributions.

Parmi les membres de la cour des aides, au nombre de 14, le moins imposé payait 5 liv. 5*; le plus imposé, 178 liv.; la moyenne était 63 liv. 16^

Il y avait alors 20 avocats. Parmi eux , Jean Rigaud , imposé comme un simple portefaix ou comme un des plus humbles savetiers, ne payait qu'une livre, tandis que M. Deségaux était cotisé à 68 liv. Moyenne des avocats, 29 liv. 8^

De trente-deux procureurs, un payait 1 liv. 5*.; un 105 liv. Leur moyenne était de 16 liv. 10^

On comptait seulement trois docteurs-médecins; c'étaient MM. Bompart, qui devint médecin de Louis XIÏI; André et Ternier; mais douze chirur-

giens. Les premiers payaient, en moyenne , 131iv. 2% et les chirurgiens 9 liv. 3*.

Les 12 notaires payaient, en moyenne, 12 liv. 13**; le notaire apostolique, 31 liv.

La moyenne pour les marchands était fort élevée , elles cotes de 20, 30, 40 liv. n'étaient pas rares; celle de M. Eustache Pellissier montait à 95 liv.

Dans ce milieu , Estienne Pascal payait 74 liy. Il n'y avait , dans toute la ville de Clermont , que 42 contribuables plus imposés que lui.

Quelle était cette somme relativement nu revenu? Etait-ce le 20% le 15% le 12*^? question peut-être insoluble aujourd'hui. Ce qui est plus important à connaître, c'est le rapport de cette somme aux prix des objets de consommation et des diverses marchandises destinées à satisfaire les besoins des hommes à une époque où l'argent, moins abondant qu'aujourd'hui, avait plus de valeur.

La base principale , sinon la seule , pour cette évaluation , c'est le prix du blé , sur lequel se règle généralement celui des marchandises et des salaires.

Or, le prix moyen du blé , vers l'époque dont nous parlons, 1622, ayant été de 6 liv. 10* le setier, il s'ensuit qu'avec 74 liv. Estienne Pascal aurait pu acheter 1 1 setiers et demi de blé , lesquels coûteraient aujourd'hui, en prenant aussi la moyenne du prix du même setier à notre époque (26 fr.), environ 300 liv.

Les 74 liv. qu'Et. Pascal payait, seulement pour

les charges communales, représenteraient donc en\iron 300 fr. d'aujourd'hui (1).

Cette cote si élevée annonce une grande fortune , et placerait Et. Pascal parmi les habitants les plus riches de la cité. Mais n'oublions pas que l'impôt n'accuse que la fortune apparente , et qu'alors , comme aujourd'hui , les asséeurs ou répartiteurs ne pouvaient prendre en considération les dettes et charges connues ou inconnues des contribuables.

Quatre ans plus tard , 1 G26 , Et. Pascal achète une charge de second président à la cour des aides, pour laquelle il a à payer 31,600 liv. (auj. plus de 126,400 fr.) ; sa cote municipale, en 1629, s'élève à 84 hv. , descend à 72 en 1631 , en 1632 elle est de 124 liv. ; toujours indices d'une grande fortune; mais, il faut le dire, indices trompeurs.

Et ce qui témoigne de la gêne d'Et. Pascal , malgré cette fortune apparente , ce sont d'abord deux obligations qu'il contracte les 24 et 25 mai 1633; l'une de 1500 Hv. (minutes de Beauvais, notaire à Paris), l'autre de 1992 hv. 3« d'^ (minutes de Caron, également notaire à Paris); c'est surtout une promesse de sept vingt -deux livres dix-sept sous (auj. environ 571 fr.), qu'il souscrivit à M. Gérard Champflour, à la date du 1 5 novembre 1 632 , et qui ,

(1) Pour apprécier toutes les sommes ici mentionnées, il faut les multiplier par ^ et une légère frnciion.

malgré les réclamations de ce dernier, ne put être payée qu'après la mort d'Etienne Pascal arrivée en 1651 ; elle le fut , en 1652 , 20 ans après l'emprunt, par les soins de Biaise Pascal, son fds (1).

Et cet homme avait été, durant neuf années, intendant de Normandie (2) ; de 1639 à la fin de 1648, il avait eu , en quelque sorte , un pouvoir absolu dans cette province , oii régnaient les plus grands désordres ; Parala peccantibus provincia, comme aurait dit Tacite ; et où il eut, sous la protection des armes, à reformer tous les rôles des impôts . Mais, nouvel Agricola (3) , « il s'acquitta de son devoir avec toute la droiture et l'équité possible, ne voulant point que ceux qui étoient à lui reçussent rien de personne. Il renvoya même un de ses parens, qui étoit son secrétaire, pour avoir reçu quelque chose (4). » Il sortit de la province les mains pures, et reçut de la cour, dans des lettres de conseiller d'Etat, un haut témoignage de satisfaction (5).

(1) Renseignemeats puisés dans ua registre de famille , écrit de la main de M. G. Ciiampflour, qni m'a élé communiqué par M. Martial Champtlour.

(2) Les appointements annuels de l'intendant d'Auvergne étaient alors de 120001, qui équivalaient à 50,000 fr. environ de notre monnaie actuelle; les appointements de l'intendant de Normandie ne devaient pas être au-dessous.

^3) Primarn domum suam coercuit. Tac. Agric, 19.

(4) Recueil d'Utrecht, p. 2W.

(5) Les appointementu de conseiller d'£ial élaieul de 2000' par au.

Et s'il ne laissa pas à sa famille de ces grands biens qui , selon l'expérience de tous les temps , parviennent rarement à une troisième génération , il lui légua un impérissable héritage d'honneur, que préféra de beaucoup cette famille si vertueuse , si digne d'un tel père.

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