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L’oreille gauche pincée. — Même résultat

24. On a mis du sel dans la bouche de M. Smith. — Wells s’écria : je n’aime pas à manger les bougies. » (Une idée suggérée sans doute par le mot bougie qui était prononcé devant lui, 3 minutes auparavant).

23. La poudre de gingembre très brûlante. — « Je n’aime pas les choses qui brûlent, pourquoi me donner du poivre comme cela?»

26. Du sel. — Qu’est-ce que c’est que cette confiture dégoûtante? »

27. L’absinthe de Judée. — « Vous me faites mal aux yeux. Je n’aime pas la moutarde. »

11 faut mentionner que dans ces deux dernières expériences, le goût de gingembre persiste et se confond avec les sensations nouvelles.

28. Le mollet droit pincé. — Wells se fâche et refuse de parler. Enfin il étend violemment la jambe droite et se frotte le mollet.

Après cette expérience, Wells devient tout à fait irrité et ne veut plus répondre aux questions, en disant que s’il continue à le faire on va continuer à le pincer. (Pendant ce temps, le mollet gauche de M. Smith a été continuellement pincé).

Donc, dit M. Ôchorowicz, sur vingt-quatre expériences concernant le tact, il y a en somme vingt succès. Parmi les quatre échecs, deux seulement pouvaient être prévus, car en tirant les cheveux on réussit rarement à produire un transfert. Une fois la réponse n’a pas été donnée, et une fois seulement elle a été fausse. Ces procès-verbaux ont été signés par MM. W. F. Barret, Edmond Gurney, F. W. H. Myers, Henry N. Ridley ; W. H. Stone ; Georges Wyld et F. Podmore.

La transmission des émotions et des sensations est donc très nette. Elle s’accomplit à distance, comme l’avaient signalé les anciens magnétiseurs (1) et comme l’a vérifié plus tard M. P. Janet. Voici son témoignage (2).

(1) Voir Lafontaine. Mémoires. T. 1. p. 157.

(2) P. Janet. Noies sur quelques faits de somnambulisme {Bulletin de la Société de Psychologie Physiolog . 1883. Fascile I.) et Revue Philosophique n° 8, Août 1 886.

SUR LA MÉDIUMNITÉ

Mmc. B...., semble éprouver la plupart des sensations ressenties par la personne qui l’a endormie. Elle croyait boire elle-même quand cette personne buvait. Elle reconnaissait toujours exactement la substance que je mettais dans ma bouche et distinguait parfaitement si je goûtais du sel, du poivre ou du sucre.

Nous avons remarqué que le phénomène se passe encore de même si je suis dans une autre chambre. Si même dans une autre chambre je me. pince fortement la jambe, elle pousse des cris et s’indigne qu’on la pince au bras ou au mollet. Enfin mon frère qui assistait à ces expériences et qui avait sur elle une singulière influence, car elle le confondait avec moi, essaya quelque chose de plus curieux. En se tenant dans une autre chambre , il se brûla fortement le bras, pendant que MmeB...était dans cette phase de somnambulisme léthargique (1) où elle ressent les suggestions mentales. Mme B... poussa des cris terribles et j’eus de la peine à la maintenir. Elle tenait son bras droit au-dessus du poignet et se plaignait d’y souffrir beaucoup Or, je ne savais pas moi-même exactement l’endroit où mon frère avait voulu se brûler. Ù était bien à cette place-là. Quand Mmo B... fut réveillée, je vis avec étonnement qu’elle serrait encore son poignet droit et se plaignait d’y souffrir beaucoup sans savoir pourquoi. Le lendemain elle soignait encore son bras avec des compresses d'eau fraîche , et, le soir, je constatai un gonflement et une grosseur très apparents à l’endroit exact où mon frère s’était brûlé; mais il faut remarquerqu’elle s’était touché et gratté le bras pendant lajournée. Ce phénomène de la communication des sensations 11e se produit qu’après une longue suite de séances et à la fin d’une séance qui a duré elle-même plusieurs heures : aussi ne l’ai-je pas revu une autre fois avec la même netteté.

Transmission des idées pendant l’état magnétique.

Nous savons aujourd’hui que dans certaines maladies nerveuses, les sujets en crise présentent des états -analogues au sommeil magnétique, (2) il n’est donc pas surprenant que l’on ait pu constater, parfois, la transmission de pensée entre les exorcistes et les malades que l’on croyait possédés du démon.

(1) Somnambulisme léthargique est une contradiction. Il s’agissait d’un état intermédiaire entre l’aïdéie (léthargie) et la polyidéïe, (somnambulisme), c’est-à-dire un état monoidéïque. (Note de M. Ochorowicz).

(2) Ch. Richet. L 'Homme et V Intelligence. — Les démoniaques d’autrefois , p. 297.

Les Usurbines de Loudun (1) ; lescamisards (2) ; les convulsionnaires de Saint-Médard offrent des exemples indéniables de cette transmission de pensée qui était prise pour une preuve certaine de la possession diabo ique. Citons un exemple peu connu, emprunté au DrDupouy (3):

Les religieuses du couvent d’Auxonne, au commandement ou meme sur l'ordre mental des exorcistes, tombaient en extase, et dans cet état, elles devenaient insensibles à la douleur, comme on le constata en enfonçant des aiguilles sous les ongles de la sœur Denise. L’évèque de Chalons rapporte que «toutes les dites filles, tant séculières que régulières, aunombre de dix-huit, avaient le don des langues et répondaient latin aux exorcistes faisant parfois des discours entiers en cette langue. Presque toutes ont témoigné avoir connaissance de l’intérieur et du secret de la pensée ce qui a paru particulièrement dans les commandements intérieurs qui leur ont été faits par les exorcistes en diverses occasions, auxquels elles ont obéi très exactement pour l’ordinaire, sans que les commandements fussent exprimés ni par des paroles ni par aucun signe extérieur . Ce dont ledit évêque a fait plusieurs expériences, entre autres sur la personne de Denise Pariset,à laquelle ayant fait commandement ^«5 fond de sa pensée, de le venir trouver pour être exorcisée, elle y est venue incontinent, quoique demeurant dans un quartier de la ville asse ç éloigné , disant au seigneur évêque qu’elle avait été commandée par lui de venir : ce qu’elle a fait plusieurs fois. (Nous verrons tout à l’heure des expériences analogues faites de nos jours) . Et encore en la personne de la sœur Jamin, novice, qui en sortant de l’exorcisme lui dit le commandement intérieur qu’il avait fait au démon pendant l’exorcisme. Et en la personne de la sœur Borthon,à laquelle ayant commandé mentalement, au plus fort de ses agitations, de venir se prosterner devant le Saint-Sacrement, le ventre contre terre et les bras étendus, elle exécuta le commandement au même instant qu’il eût été formé, avec une promptitude et une précipitation tout extraordinaires. » Voilà des démons bien sages et bien complaisants .

Puységur, apres sa découverte du somnambulisme, fut surpris de voir que son sujet répétait tout haut un air que lui fredonnait intérieurement (4) :

(1) Théâtre sacré des Cèvetines. — Dans Bertrand. — Le Magnétisme Animal p. 435.

(2) Théâtre sacré des Cèvennes. — * Dans Bertrand. — Le Magnétisme Animal .

(3) Dr Dupouy Sciences occultes et Physiologie psychique p. 104.

(4) Puysigur — Mémoires pour servir à l1 2 3 4 établissement du Magnétisme , p. 22, 29 et suiv.

SUR LA MEDIUMNITE

Quand il est dans l’état magnétique, dit encore le marquis, ce n’est plus un niais paysan sachant à peine répondre une phrase : c’est un être que je ne sais pas nommer. Je n'ai pas besoin de lui parler , je pense devant lui, il m'entend , il me répond. Vient-il quelqu’un dans sa chambre, il le voit si je veux. Il parle bien ; il dit les choses que je veux qu’il lui dise, non pas toujours telles que je les lui dicte , mais telles que la vérité l’exige. Quand il veut dire plus que je ne crois prudent qu’on en entende, alors j'arrête ses idées , ses phrases au milieu d’un mot , et je change son idée totalement.

Le Dr Petetin (i), d’abord adversaire du magnétisme, remarque sur une malade :

Que non seulement elle prévoyait ce qui devait lui arriver, mais formait-on une pensée sans la manifester par la parole , elle en était instruite aussitôt et exécutait ce qu’on avait l’intention de lui commander, comme si la détermination fut venue d’elle-mème ;quelquefois cependant elle priait de suspendre l’ordre mental ou de le révoquer, lorsque ce qu’on lui prescrivait était au dessus de ses forces ou qu’elle était fatiguée.

Deleuze dit : (2)

Lorsqu’on veut demander quelque chose aux somnambules, il faut exprimer sa volonté par des paroles. Les bons somnambules entendent sans qu’on leur parle. Mais pourquoi employer ce moyen sans nécessité ?

Charpignon (3) affirme en ces termes sa certitude sur la communication de pensée :

Nous avons maintes fois formé dans notre pensée des images fictives, et les somnambules que nous questionnions voyaient ces images comme des réalités. Nous avons souvent obtenu une parole, un signe, une action, d’après une demande mentale. D’autres adressant aux somnambules des questions en langues étrangères inconnues des magnétisés, ont obtenu des réponses indiquant non pas l’intelligence de l’idiome, mais de la pensée de celui qui parlait, car si l’expérimentateur parlait sans comprendre, le somnambule restait impuissant à saisir le sens de la question.

Nous pourrions multiplier ces témoignages en citantdes extraits empruntés auxouvragesdes DocteursTeste,Puel, Barrier, Cornet, Perronet, etc Nous préférons renvoyer le lecteur à l’ouvrage du

(1) Petetin — Mémoire sur la découverte des Phénomènes que présentent la catalepsie et le somnambulisme. Lyon, 1787.

(2) Deleuze — Introduction pratique sur le magnétisme animal — P. 1 2 3 3 5 *

(3) Charpignon — Physiologie , Méd. et Métaph. du Ma g . p. 325.

Docteur Ochorowicz : La suggestion mentale, auquel nous avons emprunté quelques-unes des citations précédentes. Nous préférons signaler les recherches contemporaines, et principalement celles de la Société de Recherches psychiques, qui ont démontré rigoureusement l’existence d’un rapport entre le magnétiseur et son sujet, par des expériences très complètes et très minutieuses .

La Société anglaise de Recherches psychiques.

Dans les Procecdings, nous trouvons des essais de toutes sortes de transmissions de pensée, faites sur des personnes différentes, dans des conditions excessivement variées, et par des comités d’investigateurs qui étudiaient d’une manière indépendante.

Les résultats de ces enquêtes sont concordants et affirment l’action d’un esprit sur un autre.

Une classe importante, et particulièrement intéressante de phénomènes, est celle où toute correspondance par les organes sensoriels étant écartée, le sujet cherche à reproduire un dessin exécuté par l’expérimentateur ou par un assistant ; dans ce dernier cas, il faut que la personne qui veut faire la transmission fixe le dessin avec la plus vive attention.

Parmi les membres qui prirent part à ces expériences, il faut citer : M. Gurney, psychologue; M. F. W. H. Myers, professeur à Cambridge ; Barett, professeur de physique à Dublin ; Balfour Stewart, professeur de physique à Manchester, membre de la Société Royale; le Dr Olivier Lodge, professeur de physique à Li verpool, membre delà Société Royale ; le Dr Herdman, professeur de Biologie à Liverpool;Guthrie professeur de physique à South- Kensington. Citons encore les Docteurs Shears, Hyla Grèves, le professeur Sidgwick et sa femme, et MM. Mabire et Schmoll.

Voici des exemples de transmissions d’images mentales qui ont eu lieu en présence de M Malcom Guthrie et du professeur Herdman. Le sujet, Mlle Relp, reste assis, et les objets choisis sont cachés par un rideau tendu derrière son dos. Les expériences ont lieu sans contact. L’agent fixe fortement les objets.

SUR LA MEDIUMNITE

Objet pensé.

1 . Papier rouge découpé en forme de coquetier, avec un œuf blanc dedans,

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