C’est une autre carte avec cinq points noirs
13. Est-ce une autre carte avec beaucoup de points... rouge., un dix ?
14. Est-ce quelque chose de jaune et clair., je ne vois pas bien ..
Est ce une carte avec des points rouges.. Je ne vois pas.
13. Je vois quelque chose de blanc et noir. . . Je vois deux lignes.
Nous avons noté déjà que les sensations du magnétiseur sont bien exactement éprouvées par le sujet. Le mode de reproduction des dessins présente parfois des variations. Souventcc n’est qu’une partie de l’objet qui est reproduite ; quelquefois il y a renversement de droite à gauche ou de haut en bas. Mais on retrouve fréquemment quelques traits caractéristiques, ou des analogies qui témoignent qu’il y a eu action sur le cerveau du percipient. Par exemple, un 8 est reproduit sous forme d’une haltère. Des ciseaux sont représentés par deux grands cercles avec une barre au milieu. Au lieu d’un X,une croix. — Une tète de chat, tandis que le dessin représente l’animal vu de dos (i). Ou bien encore une seule lettre, un C. au lieu d’un A. et d’un B. entrelacés. Il arrive encore que la reproduction soit enjolivée de dessins fantaisistes qui n’existent pas dans l’original ; une simple Bêche, par exemple, sera dessinée avec des enroulements et des attributs héraldiques.
Suivant le professeur Barett, des transmissions de ce genre se produisent même quand les opérateurs sont séparés par une cloison. On fit une fois l’expérience suivante : on boucha les oreilles du sujet avec du mastic ; une taie d’oreiller fut tirée sur sa tète, et cependant la transmission de pensée réussit. On porta l’intervalle entre l’agent et le percipient à 30 pieds, de manière qu’ils fussent séparés par deux portes closes. Meme dans ces conditions, qui furent très sérieusement surveillées , V action psychique à distance se produisit.
Transmission delà VolontépendantPétat magnétique.
Le marquis de Fuységur raconte que son sujet Magdeleine, en somnambulisme et mise en rapport avec un M Mitouard, chimiste, obéissait aux ordres mentaux que celui-ci avait fait connaître préalablement aux assistants. Voici ce récit : (2)
Ayant donc mis Magdeleine en communication avec 1V1 . Mitouard, je la laissai à son entière disposition et me retirai dans un coin de la chambre. M. Mitouard, après l’avoir fai t marcher et s’asseoir, lui avoir fait prendre différents objets, tant sur la cheminée que sur les tables, ce qui, d’après la promptitude avec laquelle elle obe'issait à ses intentions, 111e faisait juger de la fermeté de leur direction, s’arrêta ; et
(1) Camille Flammarion — IJ Inconnu et les problèmes psychiques . — Voir page 353, des reproductions de dessins suggérés, mis en regard des originaux.
(2) Puységur — Du Magnétisme animal — p. 15-24.
SUR LA MEDIUMNITE
debout devant elle, sans faire aucun mouvement, il demeura profondément recueilli. Dans l’instant, la somnambule porte la main vers une poche de son habit, y pénètre jusqu’au fond, et en rapporte trois petits clous à vis qu’il y avait mis et qu’il avait eu, en effet, l’intention qu’elle allât y prendre.
Dans une séance, dit Lafontaine, on écrivait sur un morceau de papier le nom d’une dame ; on me communiquait le papier, et un instant après on voyait la somnambule se lever, prendre un bouquet et le porter à la dame indiquée ( 1). Signalons un phénomène observé par M. Beaunis, dont nous avons rapporté plus haut le témoignage. (2) Le professeur Beaunis était chez le Dr Liébault.
Le sujet est un jeune homme, très bon somnambule, bien portant, un peu timide. 11 accompagnait chez M. Liébau t sa cousine, très bonne somnambule aussi, et qui est traitée par l’hypnotisme pour des accidents nerveux. — M. Liébault endort le sujet et lui dit pendant son sommeil : — «A votre réveil, vous exécuterez l’ordre qui vous sera donné mentalement par les personnes présentes. » J’écris alors au crayon sur un papier ces mots : « Embrasser sa cousine. » Ces mots écrits, je montre le papier au Dr Liébault et aux quelques personnes présentes, en leur recommandant de le lire des yeux seulement et sans prononcer, même des lèvres, une seule des paroles qui s’y trouvent et j’ajoute: « A son réveil, vous penserez fortement à l’acte qu’il doit exécuter, sans rien dire et sans faire aucun signe qui puisse le mettre sur la voie. » On réveille le sujet et nous attendons tous les résultats de l’expérience.
Peu après son réveil, nous le voyons rire et se cacher la figure dans les mains, et ce manège continue quelque temps sans autre résultat. Je lui demande alors: Qu’avez-vous? — Rien. — A quoi pensez-vous? — Pas de réponse. — Vous savez, lui dis-je, que vous devez fai.e quelque chose h quoi nous pensons. Si vous ne voulez pas le faire, dites-nous au moins à quoi vous pensez. — Non. — Alors je lui dis: Si vous ne voulez pas le dire tout haut, dites-Ie moi tout bas à l'oreille, et je m’approche de lui. — « A embrasser ma cousine », me dit-il. Ma foi le premier pas fait, le reste de la suggestion s’accomplit de bonne grâce.
M. Ochorowicz, fort incrédule pendant longtemps, fut à même d’observer un . sujet sensible sur lequel il fit une certaine quantité d’expériences qui le convainquirent. En voici une : (3)
(1) Lafontaine. V Art de magnétiser . p. 99.
(2) H. Beaunis. Un fait de suggestion mentale . Revue Philosophique n 0 2 , 1886.
(3) Ochorowicz. La Suggestion mentale t p. 106.
24 Janvier
Le sujet est endormi sur le fauteuil.
Ordre suggéré mentalement.