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CHAPITRE IV

I/automatisme dans ses rapports avec la télépathie et l'extériorisation de l ame humaine.

Sommaire. — Différence qui existe entre V automatisme et la médiumnité. — Latèlepathie est l’actionà distance d'une âme sur une autre, sans intermédiaire matériel. — Ses formes diverses. — Impression télépathique sous forme de pressentiment. — Impression télépathique qui détermine une impulsion irrésistible. — Impression télépathique auditive pendant le sommeil ordinaire . — Impression télépathique visuelle à l'état normal . — Contrôle des faits par la S. P. R. — A nnonce d’une mort par récriture automatique . — Télégramme psychique en Russie . — Signature de l’esprit d'un vivant , obtenue par un médium. — Rapports de la télépathie et de l’automatisme. — Télégraphie intellectuelle. — En Amérique. — Evocation des personnes vivantes. — Les enseignements d'Allan Kardec. — Sensations auditive et tactile produites par une apparition. — Esprit d'une jeune personne habitant Paris se manifestant à St— Malo. — Identité d’un esprit incarné. — Résumé de tous l( s faits vus jusqu’alors qui ont conduit de T automatisme à la médiumnité .

Automatisme et médiumnité.

Dans toutes les variétés d’automatismes graphiques étudiées jusqu’alors, c’est toujours l’esprit du sujet qui est l’auteur des messages, même lorsque sa faculté n’est mise en œuvre que sous l’influence d’une suggestion extérieure, orale ou mentale, (écritures post hypnotiques de Lucie ou de Léonie, citées par M. Janet ou celles de MmS Newnham ) Maintenant, il nous faut examiner les cas où l’esprit du sujet est neutre et dans lesquels l’écriture nous fait connaître des idées étrangères à l’écrivain, émanant d’une autre intelligence vivante agissant à distance. La différence est profonde entre ces deux phénomènes, bien qu’ils se ressemblent beaucoup extérieurement, puisqu’ils se

traduisent extérieurement d’une façon identique par l’écriture mécanique.

Dans l’automatisme pur, c'est l'âme elle-même du sujet qui est active , qui agit spontanément, comme nous le faisons nousmêmes constamment, et c’est simplement la mémoire et le mode d’extériorisation de ces idées qui diffère ;au contraire, dansl’automatisme qui ne reproduit que des idées suggérées, l’esprit du sujet est passif ; il devient un véritable intermédiaire, un medium chargé de traduire par l’écriture des idées étrangères dont il n’est que le récepteur. Il importe peu, ait point de vue du mécanisme, que l’onde psychique qui lui parvient émane d’un vivant ou d’un mort ; le fait essentiel est qu’il soit capable de la reproduire graphiquement. Si donc nous pouvons montrer que l’action extra-sensorielle d’un esprit sur un autre peut s’objectiver par l’écriture, l’existence de la médiumnité sera incontestable. C'est ici que les travaux des psychologues anglais nous sont d’un grand secours, car ils ont mis hors de doute l’influence extrasensorielle qu’un être humain peut exercer sur un autre dans certaines conditions spéciales.

La télépathie.

L’action à distance de l’esprit d’un vivant sur un autre, sans intermédiaire matériel, constitue ce que l’on nomme la télépathie . La suggestion mentale n’est qu’un cas particulier d’une loi très générale dont la démonstration nous a été faite par la Société anglaise de Recherches psychiques Mais tandis que dans les expériences que nous avons relatées au chapitre précédent la pensée de l’opérateur, concentrée sur une idée spéciale, se transmet au sujet et éveille en lui une idée semblable, dans la télépathie, l’onde psychique qui émane de l’agent peut, en arrivant au percipient, subir des modifications assez variées et se présenter sous forme de pressentiment, d’impulsion irrésistible, de rêves, d’hallucinations visuelles, auditives ou tactiles. Nous n’avons pas à rechercher ici pourquoi de semblables modifications de la pensée étrangère sont produites, mais nous pouvons supposer que c’est au type sensoriel auquel appartient le percipient qu’elles sont dues. Nous savons (1) qu’il existe des types sensoriels bien différents les uns des autres, c’est-à-dire que certaines personnes utilisent plus volontiers, et même presque

(1) Voir page 39.

SUR LA MÉDIUMNITÉ

exclusivement, une classe particulière de sensations, tantôt visuelles, tantôt auditives, tantôt motrices. Chez tous ceux qui n’appartiennent pas au type indifférent, c’est-à dire qui n'usent pas indistinctement de toutes les sortes d’images, il se produit une spécification ; l’intelligence n’utilise qu’une espèce de sensations et néglige les autres, de manière qu’un écrivain, par exemple, verra idéalement se mouvoir les personnages de son récit, tandis qu’un autre les entendra causer.

Quand j’écris une scène, disait Legouvé à Scribe, j'entends ; vous, vous voye? •; à chaque phrase que j’écris, la voix du personnage qui parle frappe mon oreille. Vous qui êtes le théâtre même, vos acteurs marchent, s’agitent sous vos yeux ; je suis auditeur ; vous, spectateur. Rien de plus juste, dit Scribe : Savez-vous où je -suis quand j’écris une pièce ? Au milieu du parterre. (1)

D’autres sont des moteurs ; ils font usage, pour la mémoire, le raisonnement et toutes les autres opérations intellectuelles, d’images qui dérivent du mouvement. C’est très probablement chez ces personnes que l’on trouve les bons médiums mécaniques, la pensée ayant tendance à se traduire par les images motrices de l’écriture. Quoi qu’il en soit de notre hypothèse, ce qui demeure acquis, c’est la très grande variété des manifestations télépathiques.

Il serait bien intéressant de placer sous les yeux du lecteur une collection complète de ces phénomènes ; mais, ici encore, le cadre restreint de notre ouvrage 11e nous permet que quelques maigres citations; nous sommes donc obligés de renvoyer les personnes désireuses de pousser plus loin cette étude aux documents publiés par la Société Anglaise de Recherches psychiques, dont le livre français intitulé : Les hallucinations télépathiques (2) donne 1 50 extraits, pris parmi les 700 cas relatés dans l’édition anglaise The fa nias ms ofthe livingsy t les 2000 observations enregistrées dans les Proceedings .

De tout temps on a observé des phénomènes analogues, comme en fait foi la lecture des auteurs anciens. Mais les récits qui les relataient manquaient de cette précision scientifique méticuleuse, sans laquelle aucune narration ne parait digne de confiance. Cette lacune a été comblée par la Société de Recherches

(1) Bernard. De l'Aphasie, p. 50.

(3) Myers, Gurney et Podmore. Les Hallucinations télépathiques , traduction française par M. Marillier. Alcan Editeur. Voir également la collection des Annales Psychiques.

psychiques qui en a réuni un nombre considérable, qui les a vérifiés scrupuleusement, discuté la valeur des témoignages, éliminé ceux qui pouvaient s’expliquer par des causes naturelles ou qui n’étaient pas suffisamment appuyés par des' témoignages et des documents contemporains de l’événement relaté. C’est pour cela que ceux qui ont résisté à cet affinage sont absolument dignes de créance, et forment un recueil très riche d’observations scientifiques de la plus haute valeur. Nous sommes d’autant plus autorisés à leur attribuer ce caractère que d’autres enquêtes, faites récemment, comme celle de M Flammarion, confirment sur tous les pointsles conclusions des auteurs Anglais. Les voici : (1)

i° L’expérience prouve que la télépathie, c’est-à-dire la transmission des pensées et des sentiments d’un esprit à un autre sans l’intermédiaire des organes des sens, est un fait.

20 Le témoignage prouve que des personnes qui traversent quelque crise grave ou qui vont mourir apparaissent à leurs amis et à leurs parents, ou se font entendre par eux avec une fréquence telle que le hasard seul ne peut expliquer les faits.

30 Ces apparitions sont des exemples de l’action supra-sensible d’un esprit sur un autre.

Voici un seul exemple de chaque genre de ces phénomènes télépathiques, que le traducteur français du livre les Fantômes de vivants, appelle à tort des hallucinations télépathiques.

Impression télépathique sous forme de pressentiment.

M. leDrOllivier médecin à Hulgoat (Finistère) écrit : (2).

Le 10 octobre 1881, je fut appelé pour service médical à la campagne à trois lieues de chez moi. C’était au milieu de la nuit, une nuit très sombre. Je m’engageai dans un chemin creux, dominé par des arbres venant former une voûte au dessus de la route. La nuit était si noire que je ne voyais pas à conduire mon cheval. Je laissai l’animal se diriger suivant son insti et. Il était environ 9 heures; le sentier dans lequel je me trouvais était parsemé de grosses pierres rondes et présentait une pente très rapide. Le cheval allait au pas très lentement. Tout à coup les pieds de l’animal fléchissent et il tombe subitement, la bouche portant sur le sol. Je

(1) Les Hallucinations Télépathiques , p. 12.

(2) Les Hallucinations Télépathiques p. 77.

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