‹ Recherches sur la morphogénèse de l'œil composé des ArthropodesChapitre 8 sur 33 · THIN · texte numérisé non relu

THIN

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Fig. 2. — Ommatidies de la Fourmi Cremastogaster Auberti (type d’ommatidie disposée pour la vision diurne par apposition). Les cellules sont dépigmentées ; leurs dimensions correspondent aux proportions réelles sur l'œil frais (X 1.500). — c o, cellules pigmentaires cornéagènes; p, cellules pigmentaires périphériques; c r, cellules cristalliniennes ; r, cellules rétiniennes; z, zone peu colorable entourant le rhabdome; rA, rhabdome ;

m, membrane basale. La figure de gauche (G') représente l’ommatidie moyenne du mâle, celle de droite (5) correspond à l’ouvrière.

disparaît au bout de quelques jours d'obscurité complète (voir en particulier l’intéressant travail de Lunrkes (1935) sur la Notonecte). L'ommatidie ainsi adaptée favorise par sa structure la canalisation

de la lumière dans son axe : la cornéule est très convexe, et le cristallin, conique, se trouve en contact direct avec l'apex du rhabdome, lequel est étroit, cylindrique (fig. de texte 2 et fig. r, pls-IV).

De telles dispositions se rencontrent chez la plupart des Insectes diurnes à gros yeux (Odonates, Hyménoptères, Diptères, Coléoptères Cicindélides), et, d’une façon moins typique, chez beaucoup d’autres Arthropodes. À propos du développement, on verra que ce type d’ommatidie est primitif et généralisé car la forme initiale du rhabdome est cylindrique et celle du cristallin conique dans tous les cas examinés.

Dans la vision par superposition, le pigment est diffus, et la lumière, arrivant obliquement, peut traverser plusieurs ommatidies. Les yeux typiques (fig. 10, pl. IV) montrent des facettes très peu convexes. Les cristallins sont cylindriques ou très faiblement coniques, chacun d’entre eux est largement séparé de la rétine par un étroit pédicule des cellules cristalliniennes. La rétinule est souvent divisée par un étranglement, qui sépare une ampoule distale nucléée et une zone proximale fusiforme. Le rabdome est court, large, souvent étoilé en section transversale. Parfois il est limité à la moitié distale de la rétinule (fig. Ad. &, pl. V). Ce type d'œil caractérise la majorité des Lépidoptères nocturnes, des Décapodes macroures et anomoures, et divers représentants des autres groupes. La perte de lumière y est réduite au minimum grâce à un tapis rétinien formé par les trachéoles et par un pigment clair (fapetum) étendu sur la membrane basale : le fond des yeux d'espèces nocturnes est souvent très réfléchissant.

3° Principales variations anatomiques.

L’œil composé apparaît, depuis les travaux de R. Hesse, comme un organe très homogène : l'unité structurale de l’'ommatidie des Arthropodes est bien établie. Les variations portent sur le nombre et l'activité fonctionnelle des cellules.

Facettes. — Leur nombre varie de 1 à 25.000 (*) mais leur taille

(:) On trouvera des listes de nombres de facettes dans les mémoires de NoruarrT (1880) et LEINEMANN (1904).

Francis Bernard. 2

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