‹ Recherches Sur La Nature Du Faux Bulbe Des Ophrydées Ou Ophrydo-BulbeChapitre 4 sur 4 · SÉANCE OU 9 NOVEMBRE · texte numérisé non relu

SÉANCE OU 9 NOVEMBRE

poudre à plusieurs racines, non-seulement parce que l'on y trouve un grand nombre de colonnes fibro-vasculaires isolées dans le tissu cellulaire de la masse, mais surtout parce que chez les faux bulbes, dits palmés (qui présentent des transitions à la forme des bulbes entiers), la masse se divise réellement en plusieurs véritables racines. Cette masse radiculaire n’est pas libre, elle est enveloppée dans une poche membraneuse adhérente, provenant d’une prolongation en cul-de-sac ou éperon de la base des feuilles externes du bourgeon axillaire, qui constitue le faux bulbe. — Le pédicelle creux plus ou moins long qui unit le faux bulbe à la plante mère n’est autre chose que la première partie de l’éperon qui reste vide, et est ouvert à sa naissance dans la cavité des feuilles emboîtées dont il est un appendice. Ce pédicelle est donc de nature foliaire; néanmoins, là où plusieurs feuilles sont soudées entre elles et présentent au-dessus de leur insertion un bourgeon qui émet une sorte de raphé, ainsi que cela a lieu chez les ophrydo-bulbes, l’ensemble des feuilles soudées constitue une sorte d'axe ébauché ou rudimentaire. — Le mot éperon, employé pour désigner ce cul-de-sac, est le même que l’on emploie pour désigner des prolongations analogues chez les pétales; ici, il s’agit de plusieurs éperons invaginés comme ceux de l’Ancolie à fleurs doubles; seulement, ils appartiennent à des feuilles foliacées, et ils sont soudés d’une part entre eux, et d’autre part à la base de la partie terminale et renflée du bourgeon, qui est entraînée dans le fond de la cavité. — M. Germain de Saint-Pierre considère le tubercule du Drosera décrit par M. Planchon comme ayant plus de rapports avec le tubercule du Ficaria qu’avec le faux bulbe des Ophrydées; il en différé surtout par son pédicelle, qui est un véritable rhizome plein, et muni dans sa longueur de feuilles squamiformes.

M. Chatin demande si l’extrémité inférieure que M. Germain de Saint-Pierre appelle éperon ne serait pas le résultat de la soudure des bases des feuilles du bourgeon; il en serait certain s’il y avait réellement analogie, comme on l a dit, entre les bulbes du Drosera et ceux des Orchidées. Il rappelle que, dans YHydrocharis, les bulbilles qui servent à la reproduction de cette plante présentent un Surgeon à base féculente, dans lequel on voit de petites feuilles au

s om d’une masse parenchymateuse.

M. Germain de Saint-Pierre répond qu’il s’est en effet efforcé de démontrer que le sac qui renferme la partie antérieure du bourgeon axillaire et sa masse radiculaire, est constitué par une prolongation en forme d’éperon des feuilles externes de ce même bourgeon.

M. le Président, afin de résumer et de clore le débat, demande

66à SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE.

d’abord «à M. Planchon si, pour lui, le pédicelle du bulbe du Drosera est un axe ou un appendice.

M. Planchon répond qu’il le considère comme un axe.

M. le Président demande ensuite à M. Germain de Saint-Pierre si, pour lui, le pédicelle du bulbe des Orchidées est un axe ou un appendice.

M. Germain de Saint-Pierre répond qu’il ne saurait formuler sa pensée ni par le mot appendice, ni par le mot axe; le pédicelle creux du faux bulbe des Ophrydées est, pour lui, constitué par une réunion de plusieurs feuilles soudées, dont l’ensemble constitue une formation axile rudimentaire.

M. Menière trouve que cette longue discussion a peu éclairci la question. Il pense que pour se faire une juste idée de la structure du bulbe des Orchidées, il faudrait ne pas se borner à examiner quelques espèces terrestres et indigènes, mais étudier les formes et les transitions successives offertes par la famille tout entière. Il lui semble que la théorie de M. Germain de Saint-Pierre n’explique pas les phénomènes que présentent les Orchidées exotiques. M. Menière ajoute que, cette année, un pied d ’Angrœcum maculalum a fructifié dans les serres du jardin de l’Ecole de médecine; ses graines se sont semées d’ellesmêmes et germent en ce moment.

M. Germain de Saint-Pierre répond :

Que dans sa communication il a jeté un coup d’œil rapide sur la structure des pseudo-bulbes des Orchidées épiphytes et de quelques espèces indigènes qui sont d’une nature analogue ( Liparis , Malaxis , Epipogium ); mais que l’objet spécial de son travail est l’étude du mode de développement du taux bulbe des Orchidées indigènes de la section des Ophrydées. Ces faux bulbes ne présentent dans leur structure aucune analogie, même éloignée, avec celle des bourgeons charnus ou des bases de tiges renflées en masses charnues des Orchidées épiphytes, et l'étude de l’un des deux modes de structure ne saurait contribuer à éclairer l’autre. — Le nombre des espèces indigènes des Orchidées de la section des Ophrydées est d’ailleurs assez considérable, et les nuances qui existent dans le mode de végétation de ces espèces assez variées, pour que M. Germain de Saint-Pierre, qui a poursuivi pendant

plusieurs années cette etude, ait pu parvenir à des conclusions générales sur

ce point de l’organographie des Orchidées.

eciiai*

M. de Schœnefeld, secrétaire, dépose sur le bureau des

filions de Lemna arrhiza, envoyés par M. Viaud-Grandmarais, et

donne lecture de la communication suivante, adressée à la Société :

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