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FAVÜS ÜRCÉOLAIRE, COMBATTU SANS SUCCÈS BAR DÉS MOYENS

Divers. — diatMèse Tubeèculèusë.— mort. — autopsie cadavérique. ( Observation recueillie par M. MAGNAN , interne du pavillon Saint-Mathieu en 1 851 .)

Bouvet (Prosper), dix-huit ans, journalier, né à Frânchos (Eure-et-Loir J , est entré dans le service le 28 février S85l. Sa mère est morte il y a fort longtemps ; Il ignore de quelle maladie ; il a encore son père et un frère, tous deux bien portants. Quant à lui, sa santé a toujours été bonne jusqu’à l’àge de douze ans. A cette époque il s’est développé sur sa tête des boutons qui se sont élargis, et ont fini par prendre l’aspect de godèis cbmnie cèüx (fui

existent aujourd’hui. It n’a suivi aucun traitement jusqu’à F âge de seize ans, et, pendant cette période, il a vécu dan s son pays, continuant à travailler, mangeant et dormant bien, et ayant conservé ses forces.

Il est venu à Paris, vers la fin de 1849, et êst entré à F hôpital Saint-Louis dans le service de M. Cazenave, qui l’a gard ï pendant quatorze mois. Le traitement que Ce médecin lui a fait suivre consistait en tisane de chicorée sauvage, cataplasmes de fécule, bains alcalins tous les deux jours, et à l’intérieur de l’huile dé foie de morue qu’il n’a pu supporter que pendant une semaine. Èepuis lors il a maigri et beaucoup perdu de ses forces. M. Cazenave l’a renvoyé dans lés derniers jours de janvier; il ne restait plus, assure-t-il, aucune croûte sur la tète; un mois apres elles ont reparu.

Etat actuel (à mars). — Au sommet de la tète on trouve des godets au nombre de quarante à cinquante, d’une couleur jaune serin fort remarquable. Les uns sont isolés, les autres groupés par sept ou huit; ces derniers moins régulièrement arrondis que les autres; les plus gros ont la largeur d’une lentille au moins ; les plus petits celle d’une tête d’épingle. Tous sont constitués par des croûtes saillantes au-dessus du niveau de la peau ; presque toutes laissent passer un ou plusieurs cheveux à travers leur épaisseur; çà et là on rencontre quelques croûtes sanguines. En avant et en arrière on rencontre la même matière concrète, mais agglutinée aux cheveux, surtout en arrière; en avant elle est plus disséminée, moins épaisse, moins jaune et sous forme de poussière. Celte éruption est le siège d’un prurit beaucoup plus intense la nuit que le jour. La tête exhale une odeur forte, très nauséabonde ; les cheveux apparaissent rares et par touffes isolées; dans leur intervalle, la peau est rosée et luisante. En arrière, les cheveux sont encore assez abondants; niais en avant, on n’en rencontre que très peu. Actuellement il n’y a aucune suppuration, aucune humidité.

Etat général On ne constate rien du côté de la poitrine. L’appétit est moindre depuis son séjour à Paris. Les forces sont diminuées.

Traitement . — (10 mars) Cataplasmes sur la tète de suifhydrate de chaux. — (12 mars) Sous l’in fluence de ce moyen, les cheveux sont détruits, les godets ont disparu.— On fait des lotions sur les parties malades avec la teinture d’iode.

1 li mars.— continuation des lotions iodées.— La tête se nettoie, les godets restants sont déprimés, effacés.

17 mars. — On continue tous les deux jours à badigeonner la tête avec la solution iodée et on applique des cataplasmes pour faire tomber les croûtes.

23 mars.— Les applications d’iode ont déterminé une rougeur érysipélateuse sur le cuir chevelu. On les suspend aujourd’hui.— Poudre d’amidon.

24 mars.— On applique de nouveau la teinture d’iode, tous les deux jours.

7 avril.— L’amélioration continue. Les croûtes faveuses sont plus superficielles, plus minces et disséminées. Le cuir chevelu est moins rouge ; il semble qu’il s’habitue au contact de l’iode. Le malade prend aussi depuis quinze jours du sirop d’iodure de fer à la dose de 30 grammes par jour.

8 avril. — On cesse aujourd’hui tout traitement.

24 avril. — Il reste des pellicules. On applique de nouveau de l’iode tous les trois jours.

9 mai.— Apparition d’un godet très petit , mais bien caractérisé : çà et là points blanchâtres indiquant une nouvelle poussée.

24 août. — L’emploi de l’iode a été continué pendant longtemps, et la tête paraissait débarrassée ; mais depuis trois semaines environ que les frictions sont supprimées, les godets n’ont pas cessé de se développer. Aujourd’hui ils sont très beaux, très nombreux, ont la forme et la colora-

îion jaune de ceux que portait le malade à son entrée, mais plus larges.

25 août, — Alcoolature de renoncule 0, 30 centigrammes. On continue ce traitement pendant quelque temps en augmentant graduellement les doses de ce médicament.

o octobre.— Les godets ont repoussé et sont aujourd’hui plus beaux que jamais, on prescrit un traitement nouveau.

Les godets , ayant été préalablement balayés par un cataplasme, on prescrit la décoction et la pommade de suie. On lave la tète avec la décoction et on applique ensuite la pommade.

22 novembre.— On suspend la pommade à la suie qui a nettoyé la tête, et l’on ne fait aucune application afin de voir si les godets ne reparaîtront plus.

8 décembre.— Les godets reparaissent de plus bel. On prescrit la pommade épilatoire avec la chaux et le sulfure d’ arsénié.

21 janvier.— On a enlevé deux godets siégeant au sommet de la tète. Une dépression existait à la peau, à la place qu’ils occupaient, et sa surface était rouge.

22 janvier.— La dépression n’existe plus, mais la coloration rouge persiste.

26 janvier. — Le malade ne prend que delà tisane de houblon. 11 a eu des vomissements assez abondants. On administre une eau gazeuse.— Il a des sueurs la nuit, dort peu, tousse ; son expectoration ne présente rien de particulier à noter. La pression sous les clavicules est très douloureuse, surtout à gauche; résistance aux doigts et moins de sonorité à la percussion dans la région sous-claviculaire gauche ; à l’auscultation on perçoit une respiration rude des deux côtés, mais plus prononcée à gauche qu’à droite;— expiration prolongée très marquée à gauche.— Le malade n’a plus de vomissements, mais il a fréquemment des nausées. 11 n’a pas d’appétit et est atteint d’une diarrhée que rien ne peut ar-

rêter. Il est pâle, maigre ; ses forces diminuent. Il ne se lève presque jamais.

27 janvier. — Le malade a toujours de la diarrhée, mais elle est moins forte. — L’appétit se fait un peu sentir. Le malade demande des aliments.

29 janvier. — Le malade se trouvait bien ce matin, il n’avait pas eu de selle depuis hier à midi. Il a demandé et mangé une portion. — Trois garde-robes dans la journée. A midi frisson violent. La peau est sèche, brûlante, Le pouls à 90, petit et faible ; — point de nausées, point de céphalalgie. — (Eau de gomme sucrée, — diascordium 2 grammes malin et soir, — diète.)

31 janvier. — Vomissements de matière verte, porracée (fragments de glace , diète absolue).

6 février. — On remarque qu’un des godets arrachés le Si janvier reparaît, et qu’il y a déjà quelques jours qu’il a dû commnecer à se développer; un cheveu traverse son centre.

1U février. — L’état du malade va chaque jour en empirant; vomissements, diarrhée, douleurs vives au dessous des clavicules ; pouls vite et petit , peau brûlante, tristesse, abattement. Muguet sur la pointe et les parties latérales de la langue.

Jusqu’au 21 février, jour de sa mort, ce malade a conservé l’intégrité de ses facultés intellectuelles. On a remarqué, sous les croûtes faveuses, un suintement sanguinolent, assez abondant même pour que Ton fût obligé de le changer de bonnet deux fois par jour.

Autopsie. — Thorax , hépatisation du lobe inférieur du poumon gauche. Tubercules infiltrés au sommet des poumons, mais surtout à gauche. — Abdomen : adhérence de tous les viscères entre eux et des deux feuillets du péritoine. — Tubercules à la surface de tous les organes (péritonite tuberculeuse). Ganglions mésentériques hypertrophiés, rouges, infiltrés de matière tuberculeuse. — Foie gras. — Injection de la muqueuse stomacale. — Crâne : les

téguments crâniens détachés offrent à la surface profonde des taches rougeâtres qui correspondent aux croûtes alvéolaires ; l’infiltration sanguine a même pénétré dans certains points jusqu’au périoste. — Le cuir chevelu sous-jacent aux

croûtes est excessivement aminci.

Je n’ai rapporté cette observation que pour montrer combien, avant l’application de mon nouveau traitement, je flottais incertain, sans guide, sans règle, et combien toute thérapeutique est impuissante en dehors de l’épilation. Le favus se jouait bien aussi de mes efforts à cette époque, et quand je le croyais guéri, il réapparaissait plus brillant et plus vivace que jamais.

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