INSTRUMENTS EMPLOYÉS
Les recherches sur la polarisation de la lumière des planètes ont été effectuées ‘en adaptant mon polarimètre aux trois instruments suivants : la grande lunette
l 1S d’ er in de l'Observatoire de Meudon, une lunette de 7 pouces anglais d’ouverture el 1
nn
télescope Cassegrain. Nous allons examiner rapidement les principales qualités
de ces instruments,
Grande lunelle. — L'objectif visuel du grand équatorial de l'Observatoire de Meudon mesure 85 centimètres d'ouverture et 16 mètres de distance focale. Il possède un achromatisme très satisfaisant pour les régions rouge, jaune et verte du spectre : le foyer s'allonge, au contraire, beaucoup dans l'extrême bleu. et le violet.
L'objectif présente des surfaces dont la taille est excellente, on ne lui a jamais trouvé aucun défaut permanent et, lorsque les conditions atmosphériques sont très favorables, il donne des images parfaites, nécessitant un grossissement de 800. J ai examiné la trempe des verres avec la lumière polarisée de l'atmosphère. La lunette était pointée, dans la journée, à go° du Soleil, sur un point du ciel entièrement dépourvu de nuages. L’oculaire était remplacé.par un nicol orienté de manière à affaiblir le plus possible la lumière.
On voyait alors une croix grise dont une des branches était dirigée sensiblement vers le Soleil. Cette croix n’était pas tout à fait régulière et ses branches se déformaient un peu lorsqu'on faisait varier l’orientation de l’objectif par rapport au Soleil.
La biréfringence n’était donc pas très symétrique. Pour chiffrer les erreurs qu’elle pouvait introduire, j'ai mesuré la polarisation d’un même point du ciel en plaçant le polarimètre alternativement, soit à l’extrémité oculaire de la lunette, soit à côté de celle-ci. La polarisation du ciel était voisine de 200 millièmes ; à travers l’objectif, elle était légèrement réduite d’une quantité inférieure à 2 millièmes. Les polarisations mesurées avec cet instrument sont donc entachées d’une erreur inférieure au centième de leur valeur. Les chiffres trouvés n'ayant pas, en général, dépassé 80 millièmes, je ne leur ai fait subir aucune correction,
Pelile lunelle. — Pour étudier la polarisation de l’ensemble d’une planète ou d’une fraction importante de son disque, j'ai souvent préféré à ce grand réfracteur une lunette beaucoup plus petite et plus maniable, pouvant être pointée rapidement afin d'utiliser de courtes éclaircies.
Son objectif mesure 0M,175 de diamètre et 2M,60 de foyer. La région du spectre pour laquelle il est achromatique s'étend plus loin dans le bleu, mais, en revanche, son spectre secondaire contient un peu de rouge. Les surfaces sont très satisfaisantes bien que l'examen en laboratoire, par la méthode de Foucault, révèle deux légères zones sans influence appréciable sur le pouvoir séparateur. Un gTOSSISSement de 200 était nécessaire pour voir les détails de l’image. Les mesures étaient
faites, le plus souvent, avec un oculaire grossissant 300 fois.