ETUDE DE LA LUMIÈRE SOLAIRE
Avant d'aborder l’étude des planètes, nous allons examiner la source qui les éclaire. On admet, d’une manière générale, que la lumière du Soleil n’est pas polarisée ; mais cette conclusion n’avait pu être vérifiée, jusqu'ici, avec une précision supérieure au centième. J'ai examiné fréquemment la surface solaire avec mon polarimètre muni d’un verre noir et monté sur la lunette de 0,175 d'ouver-
(2) La même convention a été faite par SORET (Annales de physique et chimie, 14, 188, p. 503).
LA
ture, sans trouver sur cette surface aucune trace de polarisation. J’ai repris alors ces observations à l’aide d’une petite lunette de 20 millimètres d'ouverture, en faisant précéder mon polarimètre d’une glace mince. Gette glace était traversée par les rayons sous une incidence d’une dizaine de degrés et son plan d'incidence était perpendiculaire à celui de la première lame du polarimètre. Cet ensemble était pointé sur le Soleil et pouvait tourner facilement autour de axe commun du polarimètre et de la lunette. Dans ces conditions, le polarimètre accusait une proportion de lumière polarisée indépendante de son orientation et qui re-tait voisine de 2,5 millièmes à un millième près. La polarisation du Soleil est donc très inférieure à 1 p. 1 000 et ne doit sans doute pas atteindre deux ou trois millièmes. Elle ne peut alors exercer aucune influence sur les résultats relatifs aux planètes. J'ai répété ces mesures le 6 et le 7 août 1924 sur le Soleil couchant, à 2 degrés de l'horizon, par un ciel très transparent. Elles ont donné des polarisations inférieures à 0,5 millièmes. La réfraction des rayons à travers l'atmosphère ne polarise donc pas la lumière, ainsi qu’on pouvaitle prévoir, et il est possible de mesurer correctement la polarisation des planètes, aussi près de l’horizon que la transpa-
rence atmosphérique le permet.
La Lune.
Condilions d'observation. — L’angle de vision de la Lune varie dans de larges limites, grâce au mouvement de notre satellite autour de la Terre. Pourtant, à certaines oppositions, cet angle ne descend pas au-dessous de 5° environ, par suite de l’inclinaison de l'orbite lunaire ; un observateur, placé sur la Terre en un lieu déterminé, le voit s’annuler seulement au cours de certaines éclipses de Lune (voir p. 34).
D’autre part, lorsque la conjonction approche, la brillance du croissant diminue beaucoup plus vite que la loi de Lambert ne l'indiquerait ; la proximité du Soleil oblige, en outre, à observer dans la lumière du crépuscule ou de l'aurore et les mesures deviennent impossibles quand l'angle de vision dépasse 160.
Par contre, le grand diamètre apparent de notre satellite et l’absence d’atmosphère sensible à sa surface facilitent beaucoup l'observation séparée- des diverses parties de son sol.
J'ai pu effectuer des mesures entre o°21’ et 159026”.