POLARISATION DE LA LUMIÈRE GÉNÉRALE DE LA LUNE
Afn de fixer le caractère général de la Lune et de faciliter ultérieurement Sa comparaison avec les planètes, nous allons d’abord étudier l'ensemble de sa
lumière,
RO
Disposilif expérimental. — Pour cette étude, l’objectif de la lunette astronomique était remplacé par une lentille de 18 centimètres de foyer, placée dans le tube du polarimètre de manière que l’un de ses foyers coïncide avec la surface extérieure du polariscope. L'autre foyer était occupé par un diaphragme de 8 millimètres de diamètre.
Le polariscope était recouvert d’un œæilleton de 4 millimètres de diamètre, au centre duquel se formait une petite image de la Lune. L’œil, placé contre cet œilleton, recevait l’ensemble de la lumière de notre satellite et voyait les franges du polariscope se projeter sur l'image virtuelle du diaphragme située à l'infini.
Lorsque l’angle de vision était inférieur à 1200, les mesures pouvaient être effectuées facilement en pleine nuit, à n'importe quelle saison.
Quand, au contraire, il dépassait cette valeur, j'étais obligé d'observer, soit vers l’équinoxe de printemps, peu de temps après le coucher du Soleil, soit vers l’équinoxe d'automne, peu avant son lever. La lumière du ciel était quelquefois gênante; j'avais alors soin de l’affaiblir en substituant à l’œilleton une feuille de clinquant percée d’une ouverture en forme de croissant qui encadrait | image de la Lune. Grâce à ce dispositif, je n’ai pas eu besoin de compenser la polarisation atmosphérique : j'effectuais quelques mesures préliminaires dès que la Lune apparaissait à l'œil nu ; les chiffres trouvés variaient d’abord assez rapidement avec l'éclat du ciel, puis devenaient constants ; je commençais alors seulement les mesures proprement dites.
Quand l’angle de vision dépassait 1509, le croissant était extrêmement délié et l’œil ne recevait plus assez de lumière. Dans ce cas, je plaçais le polarimètre à l'extrémité oculaire de la grande lunette de Meudon, en supprimant la lentille et son diaphragme qui se trouvaient remplacés par l'objectif de o",83.
L'image du croissant avait 16 centimètres de diamètre, mais sa largeur était très faible; en particulier, pendant les soirées du 6 avril et du 5 mai 1924, elle mesurait, en son milieu, respectivement 6 millimètres et 3 millimètres ; J'effectuais alors une série de mesures en formant successivement sur l'œil l’image de divers segments du croissant. Leurs polarisations étaient assez voisines pour qu’il suffise d’en prendre la moyenne. |
Les mesures relatives aux très petits angles de vision ont été obtenues au cours de l’éclipse du 8 février 1925, où la Lune a traversé la partie nord du bord
de l’ombre.
Plan de polarisation. — Soixante et une observations ont été faites par cette méthode. Le plan de polarisation a toujours été trouvé, tantôt parallèle, tantôt normal au plan de vision, à quelques degrés près. Suivant les conventions établies page 5o, j'ai affecté aux proportions de lumière polarisée le signe + dans le pre-
mier cas et le signe — dans le second.
or
Proportion de lumière polarisée. — Les résultats obtenus sont résumés par
le tableau III. La courbe À, figure 8, décrite dans le sens de la flèche, montre comment varie la proportion de lumière polarisée au cours d’une lunaison,