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LUMIÈRE DIFFUSÉE DANS LA DIRECTION DE LA SOURCE

On peut s’attendre, a priori, à trouver, dans certains cas, une polarisation sensible, même pour la lumière diffusée exactement dans la direction de la source lumineuse.

Prenons, par exemple, un corps blanc, à surface vitreuse, éclairé et examiné sous une incidence très oblique. Les rayons qui tombent sur lui vont être polarisés par réfraction dans un plan normal au plan d incidence ; ils seront diffusés à l’intérieur du corps et en grande partie dépolarisés, mais, en revenant vers la source, ils subiront une nouvelle polarisation, de même sens que la première.

On peut expliquer ainsi la polarisation inverse trouvée par Salet (1) sur du grès fondu.

J'ai cherché si les minéraux usuels ne présentaient pas, à un moindre degré, un phénomène analogue.

Il était difficile d'examiner la lumière du corps dans une direction assez voisine de celle de la source pour annuler la polarisation par simple diffusion.

J'ai utilisé, pour cela, le goniomètre décrit précédemment, en plaçant la source très près du polarimètre, puis en le déplaçant dans le sens de l'axe du goniomètre, de manière que le plan de vision fasse, avec celui-ci, un angle de 459, l'angle de vision étant de 2030”.

La surface examinée qui était, soit celle d’une poudre, soit la cassure grossièrement plane d’un minéral, passait par l’axe du goniomètre et pouvait tourner autour de celui-ci. Un index, lié au corps, donnait l'angle que formait la normale à sa surface moyenne avec les rayons diffusés vers le polarimètre.

Tous les solides examinés dans ces conditions ont présenté une polarisation observable dans un plan normal au plan d'incidence.

La proportion de lumière polarisée croit avec l'incidence, à peu près suivant une parabole quand la surface est bien plane, suivant une loi plus linéaire quand la surface est irrégulière, On s’en rendra compte sur les courbes de la figure 4/ et sur le tableau XV, p.126, dont la dernière colonne donne les proportions de

(1) SALET, Thèse, 1910, p. 58.

= 124 = , : : Le à = le (e] lumière polarisée déduites de graphiques semblables, pour une incidence de 80°. Sous cette incidence, les poudres cristallines ont donné des polarisations de 2 à 12 millièmes, paraissant varier en sens inverse de la biréfringence des grains.

La polarisation des minéraux est très variable : très forte sur le grès quartzeux

Fig. 44 - Solides - Polarisation des rayons diffuegés vers la source

Angle d'incidence en degrés

(o) re) 680 80 - 0 30 60 90 Chlorure de sodium Chlorure de baryum Craie précipitée courbe B, fig. 29 courbe D , fig. 29 courbe 31 œ a 5 #0 al to) 4 :

a 15 Lo] £ © a 25 ra Sable Grès quartzeux Porphyre gris et rougo ë courbe D , fig. 36 courbe D , fig. 39 courbe À , fig. 58 à © (e] # 5 = Con | Fr 10 : | D Lave Lave Lave noire “ courbe À , fig. 40 courbe B , fig. 40 courbe G , fig. 41 #4 [o) [e) A . FES [ew

Lave pulvérisée Lave pulvérisée Lave pulvérisée courbe A!, fig. 40 courbe B!, fig. 40 courbe C', fig. 40 0 e Cendre Cenûre Cendre courbe B , fig. 42 courbe D , fig. 42 courbe 1 flip. 45

où elle atteint 25 millièmes, elle est de 9 à 13 sur les granits, 4 à 8 sur les laves en morceaux, 1 à 5 sur les laves pulvérisées, tandis que, sur les cendres volcaniques, elle est à peine sensible et ne dépasse pas 1 millième. Sur la neige, elle est d'environ 12 millièmes, variable avec l’état de fusion. Des corps à surface par- Hellement réfléchissante donnent des valeurs très élevées (100 millièmes pour le

carton bristol).

Res

Ces phénomènes semblent dus, comme nous l’avons dit précédemment, à une polarisation par réfraction.

D’autres corps présentent un phénomène d'apparence identique, mais dont le mécanisme est bien différent. En voici deux exemples :

En étudiant, au polarimètre, la lumière diffusée par une pelouse de gazon éclairéepar le Soleil, dont la hauteur était de 28, j'ai observé le faitsuivant: à50à gauche et à droite de l'ombre du polarimètre, la polarisation était korizontale, de 8 à 9 millièmes. A la même distance au-dessus de l’ombre, la polarisation était encore horizontale, mais beaucoup plus forte, de 17 millièmes. Les mesures, répétées en divers points de la pelouse, ont donné des résultats semblables.

On peut en déduire que l'herbe donnait, sous l’angle de vision de 5°, une polarisation négative de 4,5 millièmes à laquelle se superposait une polarisation horizontale de 13 millièmes.

Ce phénomène ne pouvait être dû qu’en partie à la polarisation de la lumière générale du ciel, car celle-ci était beaucoup moins intense que la lumière du Soleil et la polarisation qu’elle produisait dans l’ombre même du polarimètre était inférieure à 14 millièmes.

Dans ce cas, la polarisation, observée dans la direction de la source, peut être attribuée à la lumière qui a subi plusieurs diffusions ou plusieurs réflexions successives sur les brins d'herbe et qui doit être fortement polarisée, normalement à la direction de ces brins.

Une planchette de sapin, éclairée et observée de face, polarise la lumière dans un plan perpendiculaire aux fibres du bois. Il en est de même pour des cristaux de galène dont la cassure est inclinée sur un plan de clivage ; leur surface est couverte d’aspérités dont les arêtes ont, en général, une orientation commune ;

la lumière diffusée est polarisée normalement à cette orientation. ÿ

Etude des milieux troubles.

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